Je me souviens que mon excellent et vénéré
Legouez s’en servait encore au lycée Condorcet il y quinzaine d’années.
maître a une
. La Predace de la première édition est datée de novembre 1813 (librairie Delalain).
FRÉDÉRIC DÜBNER .
claire, elle a fait loi pendant de longues années dans les établissements scolaires; après moins de quarante ans, elle atteignait déjà sa cinquantième édition.
Ce fut à ce volume favorisé du sort que Dübner s’en prit de la déchéance des études grecques dans son pays d’élection. Les brochures qu’il publia et les lettres qu’il écrivit en haut lieu, à ce propos, constituent le plus étrange document qu’on puisse imaginer d’inquiétude, de turbulence et d’envie. Sincère sans doute au fond, et qu’il s’y mêlât ou non — nous n’avons pas à le rechercher - — quelque souvenir des relations qui avaient pu exister entre Burnouf et Dübner, quand, auprès de son éminent devancier touchant au terme d une longue carrière, en possession de tous les honneurs universitaires et académiques, le jeune philologue allemand n était qu’un modeste débutant et un assez petit sire, l’opinion de Dübner sur les livres de Burnouf s’exprime avec l’accent d’une animosité personnelle. Et le manque de tact, l’outrecuidance agressive, rappellent trop souvent les polémiques de ces érudits du xvie siècle, si admirés par Dübner, et de qui le pédantisme et l’intolérance égalaient trop souvent les lumières et surtout les prétentions.
M. Duruy, nommé ministre de l’Instruction publique le 23 juin 1863, avait à peine eu le temps de s’installer rue de Grenelle, que le terrible Fr. Dübner prenait la respectueuse liberté de mettre sous les
PAPIERS D’AUTREFOIS
yeux de Son Excellence deux brochures imprimées en 1858, mais non publiées, parce qu’au moment où elles devaient paraître M. Rouland avait créé la Commission des livres classiques. « J’attendais, explique Dübner, de cette commission amplement tout l'effet qu’auraient pu produire mes modestes brochures pour la question qui y est traitée, et je les supprimais résolument, La question ne fut reprise qu’en 1862 à propos du rapport de M. Rouland sur le Code pharmaceutique, rapport qui m'engagea à lui adresser une lettre tirée à cinquante exemplaires et non mise en circulation b » Et il se disculpait, en terminant, du reproche qu’on lui avait lait d’avoir un goût excessif pour une publicité que les circonstances ne rendaient pas absolument nécessaire.
Moins de quinze jours après, il revient à la charge, il jette des cris d'alarme pour attirer l’attention sur la crise à laquelle il est urgent de remédier 2.
Monsieur le ministre, s’écrie-t-il, j’ai appris avec
1863. Lettre inédite