Livre VIL — Les sauveurs se sauveront. Lux
« Chaque pièce porte en titre son titre spécial et son numéro d'ordre en chiffre romain. Quelques pièces n'ont pas de titre. On se bornera à mettre en tête le chiffre d'ordre. Épargner l'espace. Faire le moins de vide et de blanc possible. Faire des pages de 31 ou 32 vers format, Napoléon le Petit, mais justification différente; moins de marge; peu importe la beauté matérielle du volume; avant tout, il faut qu'il soit petit '.
<( Pour le blanc des entre-strophes et des alinéas ordinaires, se borner à une interligne d'une ligne;
1. Sans doute pour qu'il soit plus portatif, plus facile à dissimuler en poche. Excellente précaution ! — Relisez, dans les Mémoires (\c Rocheforl, cités plus haut, l'anecdole relative aux bustes en plâtre de l'Rnipereur, dans lesquels on cachait adroitement les numéros de la Lanterne.
LES MANl'SCUITS DK VICTOIl HIGO. 57
quelquefois il y a dans les pièces, outre les alinéas, des divisions intérieures marquées par des chiffres romains; pour ces divisions avec chiffres, faire le blanc double.
« Quand un vers est long et dépasse la justification, il ne faut pas le replier. L'auteur s'y oppose absolument. Il faut entrer dans la garniture. Très essentiel : toujours mettre le vers dans toute sa longueur.
« Afin d'éviter les allées et venues d'épreuves et de gagner du temps, le manuscrit a été revu avec grand soin; il faudra corriger minutieusement et collationner les épreuves sur le manuscrit, de manière à n'envoyer à l'auteur que des épreuves déjà tellement correctes qu'il puisse, après les avoir revues, y mettre son bon à tirer et ne jamais demander deux épreuves de la môme feuille. De cette façon, on ira vite. C'est ce qu'il faut. — Secret et célérité. — Toute l'affaire est là.
« Pour l'édition expurgée , si l'on corrige les épreuves avec le soin le plus minutieux sur le bon à tirer, on pourra se dispenser d'envoyer des épreuves à l'auteur. Quand il y aura un vers ou plusieurs vers retranchés, il faudra mettre autant de lignes de points que de vers, et quand il y aura un mot ou deux supprimés dans un vers, autant de points que de lettres. »
Telle est l'économie générale de l'ouvrage. Essentiel, accessoire, Hugo n'oublie rien, comme on voit
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Le génie pratique ne lui a pas plus manqué que le génie poétique. L'art de la mise en scène, de la mise en valeur et de la mise au point n'avait guère de mystères pour lui.
Il nous reste à parcourir le corps môme du livre en fixant, par un tableau méthodique, les points capitaux qui commandent l'attention (litres, dates, modifications principales).
Prologue Nox. Titres proposés : Jeux de prince ; le 2 décembre 1 Soi , pièce assez remaniée. Notons même une partie où le premier jet, raturé, est indéchiffrable; ce sont les deux strophes :
Nous nous partagerons, mon oncle et moi, l'histoire... Je me cramponnt; à lui. C'est moi qui suis le maître...
Le début primilif, tout à fait différent, en était :
Prince, debout! la nuit s'ouvre; comme un abîme. C'est (lu jour d'Austerlilz «ju'il faut dater ton crime. Viens, lève-toi !
La pièce s'achevait d'abord à la fin de la division VIII {Sinisti'e, a reparu sous le ciel étoile/). Elle était datée là : 10-22 novembre., Jersey '. Puis, Hugo a ajouté en marge, à l'encre bleue, une neuvième division (conclusion en six vers) : c'est une sorte d'apostrophe, d'invocation à la Muse, sur ce thème: Facit indignaiio versus.
^. Hugo, avons-nous dit, marquait le quantième précis du mois. L'édition porte l'indication du mois seulement.
LKS MANISCIUTS DK VICTOH HIGO. 59
La pièce I du premier livre était, à l'origine, notablement plus longue; l'auteur a supprimé plusieurs strophes, au début. La date est : 30 mars. Jersey (et non : août 1853). — La pièce suivante (I, 2, Toulon) est signée sur le manuscrit : Jersey, 28 octobre 1852; et on lit sur l'édition : Écrit en arrivant à Bruxelles, 12 décembre 1851.
I, 4, Aux morts du 4 décembre. — Le premier titre, bifîé, avec un point d'interrogation en marge, était ainsi libellé : A des passants qui ont disparu le 4 décembre (?). La troisième strophe a été ôtée : on la retrouve dans les notes de l'édition ne varlelur (Toi, marchand, tu pensais à ton navire en charge...).
Date du manuscrit : 10 novembre, Jersey.
I, 7. Ad majorcm Dei gloriam. — Projet de titre, raturé : Le parti noir, avec ce schéma :
L'épigraphe — tirée d'un discours ambitieux et menaçant du P. Roothaan, général des jésuites, à la conférence de Chieri — manque sur le manuscrit. Date exacte : 8 novembre 1852. Peu de corrections à signaler.
I, 8. L'admirable pièce A un martyr, dont l'épigraphe, figurant sur un fragment de journal découpé et collé, est un simple extrait des Annales de la pro-
00 PAPIKIIS D'AITRKFOIS.
pagaiion de la Foi relatant le supplice d'un missionnaire (lu Tonkin, Bonnard, décapité le d'^'- mai 185^, après trois ans d'absence, renferme une strophe retranchée depuis. C'était la cinquième avant-dernière : elle venait immédiatement après le vers : Et le cri qu'il poussa, Lamma Sabacthani! — Voici, pour mémoire, cette strophe, d'ailleurs sensiblement inférieure aux autres, et qui prolongeait encore une imprécation déjà démesurée contre les prêtres indignes et coupables de simonie [Ils livrent au bandit... — Jls vendent l'arche auguste... — Ils vendent au brigand... — Ils vendent ses genoux meurtris...) :
[Variante : le croyant prosterné)
Ils vendent la candeur du croyant qui contemple,
Et les saints tressaillant dans l'ombre où sont leurs os,
Ji'n'usalem qui tremble, et le voile du temple
Dont ils ont, accroupis, recousu les morceaux ' !
I, 9. L'art et le peujde. • — Le titre primitif était simplement : Chanson.
I, 11. Sur le manuscrit, la division I se place après la division II : le signe marquant l'interversion donne l'ordre suivi dans l'impression définitive; ce qui semble prouver que, parfois, l'idée copieusement développée plus tard se présente d'abord à l'esprit du poète comme un thème bien délimité, circonscrit, et môme un peu sec. Il avait,
I. Hugo, d'ordinaii'f, ne met, pan de majuscules au début des vers, sauf, naturellement, quand le premier mol du vers est précédé i)ar un point linal.
au préalable, écrit ces deux strophes du n° II {0 peuples douloureux, il faut bien quon vous venge/... Tant qu'un gueux forcera les bouches à se taire...) pour en constituer une courte pièce à part, qu'il avait signée et datée (la date, 13 novembre, Jersey, est bifîée) ; puis il les a encadrées dans d'autres, en étendant sa pièce, qui atteint alors 54 vers.
I, 12. Carte d'Europe. — Ce titre est absent du manuscrit, ainsi que la note de la seconde strophe {sac de Brescia) . Modifications nombreuses , en marge. Date : 5 novembre 1832.
I, 14. Le titre du manuscrit : Le réveil (?) a disparu dans l'édition. Pour cette pièce, comme pour la plupart des autres, le nombre des vers est spécifié par un tout petit chiffre, placé au bas de la page.
I, 13. Confrontations. — Titre ajouté, absent du manuscrit. Date : 30 (et non : 5) janvier 1832.
Livre deuxième [L ordre rétabli). — Sur le manuscrit, en tête de chaque livre, comme nous l'avons observé plus haut, se trouve la Table des matières, avec le compte des vers par pièces, et le total; ici : 632 vers. Le titre et la table sont au dos d'un exemplaire de la fameuse proclamation du 31 octobre 1852.
II, 1. Idylles. — Ici, grande hésitation sur le choix du titre : Miserere (ce mot est, comme on sait, le refrain de la pièce, entonné successivement par les caves de Lille, les greniers de Rouen, Bruxelles, Londres, Jersey, les pontons, Lambessa, Cayenne et le cimetière Montmartre), Miserere, Fêtes partout,
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Chanson, n'ont pas subsisté. Le premier jet de la première strophe n'a point été maintenu (voir aux Notes de la petite édition ne varielur, p. 372). Dans un des refrains (Bruxelles, Londres, Belle-Isle, Jersey), le nom de Belle-Isle ne fii:^ure pas sur le manuscrit. — Date du manuscrit : 7 avril 1853.
II, 2. Au peuple. — Cette pièce, au refrain lugubre (« Lazare! Lazare! Lazare! Lève-toi! »), devait d'abord s'appeler : Paroles dites au bord d'une tombe. Peu de corrections et de retouches. A noter la date : 9 novembre, Jersey (sur l'édition : mai 1853) ; il n'est pas rare, encore un coup, que les dates ne concordent nullement dans les deux cas.
II, 3. — Ce récit d'un réalisme si pathétique [Souvenir de la nuit du -1) oiïVe un curieux modèle de recherche harmonique sur les deux vers, d'une si noble venue, que consacre ainsi le texte définitif :
Nous nous lai-sioiis, (Iclxml cl uiavcs, rlia|icau bas, TremblaiiL devant ce deuil (judii ne console pas.
Le poète a longuement travaillé, tâtonné. Voici quels étaient le premier et le second jets, — assez plats, en somme :
1° Nous nous laisiniis. drlniut, une laiiiic dans l'œil, — Etlespliis ri'iiiicsrd'iii's liciiililairiii di'\a,nt ce deuil.
2" Nous étions cluipeau bas, muets, près du fauteuil; I.cs plus fermes tremblaient devant ce sombre deuil.
II, G. L'autre président. — I^'ojel de titre : Indignatii). \jii(sla dernière strophe ilc la division IIL
une strophe enfin abandonnée , après plusieurs essais raturés; et cette décision semble heureuse. Peut-être affaiblissait-elle cette clausule énergique et dédaigneuse : « On ne sait ce que c'est. Cest quelque vieille honte Dont le nom s'est perdu! — » La voici, néanmoins, telle quelle, toujours à titre de document, et pour réjouir les partisans du conseil de Boileau, que Victor Hugo ne pratiquait guère : « Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
Complice dans le crime, il eût rempli sa tache. Mais le chef sur son nom promena le charbon. Il n'a pas daigné faire im traître avec ce lâche, Jl a dit : « A quoi bon? »
II, 7. A l" obéissance passive (304 vers). — Premiers titres proposés : Aux janissaires, A V armée. Retouches nombreuses, et, en général, bien inspirées. En marge (division II), une strophe biffée, assez remarquable, et digne, croyons-nous, d'être reproduite ici :
La bravoure, ajoutant à l'homme une coudée, {Variante : dans tous les camps)
Était alors partout, n'est-il pas vrai, Vemlée,
0 vieux pays breton? [raille,
Pour vaincre un bastion, pour rompre une mu- Pour prendre cent canons vomissant la mitraille, Il suffit d'un bâton !
Au revers de quelques stances de la division IV, on lit une invitation à prendre le thé, court et banal billet, signé Adèle Victor Hugo. — Une
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partie de la division VII a été copiée par une autre main; dans cette division, deux strophes supprimées.
Livre troisième [La famille restaurée), — toujours au dos de ladite proclamation, avec la table des matières et le calcul des vers (790).
III, 2. Lliomme a ri. — L'entrefilet des Journaux élyséens , août 1852, qui sert d'épigraphe, a été découpé et collé en tête de la pièce. — Voici comment la fin de cette brève et haletante invective s'était d'abord présentée à l'esprit du poète. On lit sur le manuscrit, avec, en marge, la mention réservé :
Tu dis : je ne sens rien; et, poursuivant ton rôle, Tu fais semblant de rire avec un rire amer; Mais je tiens le fer rouge et vois fumer la cliair.
La date du manuscrit est : 30 octobre 1852. L'édition porte : Jersey, août 1852.
III, 4. Ainù les plus abjects... — La pièce se terminait primitivement au vers 70 [Le droit de nous donner un maUre, ô tas de brutes?), lequel précédait immédiatement la date : 4^ mai 1853, Jersey. Puis, l'auteur ajouta les vingt-huit vers de développement qui suivent.
III, 7. — Le litre [l/yi bon bourgeois dans sa maison) manque sur le manuscrit, et l'épigraphe, tirée de Thien-ci-Khi , ou , comme l'orthographie Hugo, Tien-ki-Chi, lettré chinois, est collée sur un morceau
de papier, à la marge. Le début, écrit en marge, olTre une plaisante correction :
11 est certains bourgeois, prêtres du dieu Boutique, Plus voisins de Chrysès que de Caton d'Utique...
Or, avant d'opter pour Chrysès, le poète avait hésité entre Rothschild etFalstaff! Singulier assemblage! Au surplus, on peut fréquemment — et nous y reviendrons plus tard — signaler chez Hugo les hésitations les plus bizarres, les plus inattendues, sur le choix des noms propres.
III, 8. Splendeurs (titre primitif, biffé : Beautés du deux décentbre). — La pièce, presque sans aucune rature, est évidemment recopiée au net. La date (Jersey, nov. 1852) se chercherait vainement sur le manuscrit. — Par contre, la pièce suivante (III, 9, Joyeuse vie) se présente sous l'aspect d'un brouillon noirci de surcharges, où abondent les intercalations , remaniements , amplifications et additions marginales de toute espèce.
III, 10. L'empereur s' amuse, chanson : souvenir, sans doute inconscient, du titre de son drame sur François I". — Projet de titre : Joyeuse vie; titre qu'il a fini par conférer à là pièce précédente.
Date du manuscrit : 25 janvier 1853. L'édition porte : décembre 1853.
III, 15. Le bord de la mer. — Dans ce dialogue contre la tyrannie, le nom d'IIarmodius, un des
60 l'APIKMS D'AI'THKFOIS.
interlocuteurs, a remplacé celui d'Archylas. Plusieurs additions marginales.
Livre quatrième {La religion glorifiée; — toujours aveo sa table complète). Le titre de la pièce 1 {Sacer esto) manque sur le manuscrit.
IV. 2 {Ce que le poète se disait en / 848 ; à 01.). — Vieille écriture. La pièce est datée : 27 nov. 1848, sur le manuscrit. L'édition porte simplement : Paris, juillet.
IV, 3 {Les commissions mixtes). — Le manuscrit ajoute, avec un point interrogatif : des Juges (?). Date du manuscrit : 7 mai, Jersey. Date de l'édition : Bruxelles, juillet 1852. Ainsi, ni la localité, ni la date ne concordent de part et d'autre.
IV, 4 (.4 des journalistes de robe courte). — On lit, près de cette appellation définitivement conservée : A ces gens-là, jésuites. Plusieurs strophes ont été biffées.
IV, 5 [Quelqu'un). — Date du manuscrit : 10 décembre 1832 , Jersey. L'édition porte : Londres , août 1852. Premier titre, raturé : Portrait; de même qu'à la pièce n° 7 {Un autre), fort remaniée h la fin^ Celle-ci, très amplifiée en marge, présente sur le manuscrit, vers le milieu, une strophe de qualre vers, supprimée depuis, et que nous jugeons utile de citer. Elle renferme un coup do patte contre Guizot, dont la politique conservatrice el rétrograde
1. Cet autre, c'est Voiiillot, i|ii"il nomnio •■ simple jésuite et triple gueux ».
LES MANUSCRITS DK VICTOR HUGO. fi 7
irrita plusieurs fois Hugo pair de France, notamment le jour où il parla en faveur des Polonais, pour empêcher Cracovie de devenir autrichienne, et pour obliger le ministère à protester contre cette inique violation des droits des peuples (discours prononcé en juin 184G, sur les affaires de Gallicie) :
Il souriait de faire arrondir sa sacoche {Variantes : protestant, ce payen..,.) Par Guizot, huguenot qui payait ses credo. Quêtant et trahissant, il mêlait dans sa poche La solde du mouchard aux profits du bedeau.
IV, 8. Déjà nommé. — A noter, dans l'édition ne varie fur in- 18, ce vers peu satisfaisant, et non conforme à l'édition de 1853 et au manuscrit, lesquels donnent abjection :
Suprême adjonctionl riant avec Voltaire, Votant pour Escobar!
IV, 9 (écriture ancienne). — A signaler, dans l'édition ne varietur in-lS^ une erreur de date. Elle donne : Paris , 31 décembre 1 844. Minuit. Il faut lire , comme dans l'édition de 1853 : 31 décembre i 848. Minuit. — La méprise provient probablement de ce que le poète, fidèle à sa coutume, a marqué en un petit chiffre 44, à côté de la date, le nombre des vers de la pièce. Il y a donc eu confusion.
IV, 10. Aube, pièce visiblement transcrite au net, avait pour premier titre, très analogue : Ecrit au point du jour. Aube a paru plus concis.
IV, 11. Date de l'édition : Bruxelles, mai 1852. Sur le manuscrit : 20 mai, Jersey.
La pièce IV, 12, manque au manuscrit. Elle est dédiée à quatre prisonniers après leur condamnation : Paul Meurice, Auguste Vacquerie, Charles Hugo, François- Victor Hugo, rédacteurs de V Evénement. François-Victor avait repris dans ce journal, sous la direction de son père, la campagne pour l'abolition de la peine de mort; et un article trop vif lui avait valu, malgré une superbe plaidoirie de son père, un arrêt sévère : deux ans de prison. Le poète écrit à sa femme, de Bruxelles, le samedi 14 février 1852 : « Dis à Auguste, dis à Meurice et à Victor que je leur ferai les vers qu'ils veulent. C'est bien le moins que je jette quelques strophes à travers leurs barreaux ^ » La pièce est datée : Conciergerie, novembre 1851.
IV, 13. On loge à la nuit. — Premier litre : Le tapisfranc. Date du manuscrit : 1" février 1852; sur l'édition : nov. 1852. Beaucoup de menues corrections de détail sur des fragments de papier bleu rapportés sur la feuille blanche.
Livre cinquième [L'autorité est sacrée). — Sur le manuscrit, contrairement à son usage, le poète a négligé de dresser la table des matières de ce livre.
La pièce V, 2 {Chanson), est transcrite deux fois, sur doux feuillets successifs (n"* 130 et 131), delà main d'Hugo.
\. Lollre publiée par la Uivue de Paris (lo janvier 1898).
La pièce V, 3, si fameuse, Le manteau impérial, a été recopiée. Le premier vers [Oh! vous dont le travail es<7o^e.^..)étaitd'aborcl:«Vous qui travaillez dans la joie!... » La date (Jersey, juin 1853) manque sur le manuscrit.
La pièce V, 4 [Tout s'en va), où figurent tant de personnages divers, la Raison, le Droit, l'Honneur, Alceste, la Chanson, une Plume, la Pitié, la Poésie, l'Aigle, etc., est presque triplée par les additions marginales.
V, 5 [0 drapeau de Wagram!...). — Titre supprimé et marqué d'un point d'interrogation : {Après avoir lu le rapport Troplong)"^ K noter deux dates différentes de celle de l'édition (laquelleporte : Jersey, juin 1853) : novembre, Jersey, et octobre 1849. C'est donc, de toute évidence, une ancienne pièce, datée à nouveau.
V, 7. Les grands corps de l'Etat. — Premier titre : [Sur le Sénat)?
La pièce V, 9 {Le chant de ceux qui s'en vont sur mer, air breton), est une mise au net. — Date de l'édition : En mer, 1" août 1852. Sur le manuscrit : Jersey, 31 juillet 1853.
La pièce suivante (V, 10) est une des plus remaniées, des plus bouleversées, du recueil. Il y a môme deux brouillons pour le début (feuillets 141 et 142); au revers du feuillet 141, on lit un premier jet, très raturé, de la Chanson sur l'air de Malbrouck [Chant du sacre). Le titre actuel {A un qui veut se détacher) a remplacé l'indication du manuscrit : Montalembert.
70 l'AI'IKIlS d'autrefois.
Une strophe, biffée el marquée d'un point d'interrogation (la sixième de la première division : Reste! — Si c'est un antre où ceux qui font le mal...) se trouve reproduite dans les Notes. — La pièce primitive finissait après la division IV* (après le vers : « Grandit Tombre des arbres ! ») : on lit là la date : 22 janvier; et, au bout de la partie ajoutée (division V), la date : 2i janvier. Beaucoup d'additions marginales. — De même, L' Expiation (V, 13), également très corrigée, se terminait au début de la division VI , après le vers Et VOcéan rendit son cercueil à la France, où se lit la date, 14 novembre 1847, tandis que celle du bout de la pièce est : Jersey, 25-30 novembre 1852. Il est clair que le poète n'avait d'abord prétendu que rappeler, en guise de leçon morale, les désastres de Napoléon I" depuis l'expédition de Russie. La peinture indignée de la cour de Napoléon III, qui occupe les divisions VI et VII, a été annexée après coup, de manière à modifier le sens général de l'œuvre, aboutissant à former un long morceau de 382 vers. — Les trois premières strophes de la division V semblent, pareillement, postérieures à la conception initiale. Livre sixième {La stabilité est assurée). — Celui-là a sa table détaillée. Au bout de la première pièce, qui paraît recopiée {Napoléon III), cette glose : « C'est aujourd'hui, trente et un mai 1833, que je finis ce livre. Il est onze heures du matin. »