A PHILIPPE H
Baudoncourtf 13 octobre r564*
Avec la lettré que votre majesté m'a envoyée par M. de Chantonnay lùon frère , j'ai reçu l'avis du docteur MoIÎDa sur la pégociation qu'il serait convenable d'entamer avec les Suisses au sujet du Milanais , ainsi que les pièces relatives à cette matière. Maintenant que votre majesté m'ordonne de lui faire connaître ma propre opinion sur le même objet , je désirerais bien avoir entre mains les papiers que j'ai laissés en Flandre, surtout l'acte constitutif de la ligue héréditaire, en allemand (ce traité étant rédigé dans cette langue) , afin d^étre à même d'en saisir le sens véritable plus facilement que dans les traductions latine, française
que son comprendidos en la dich^ liga hereditaria , que no por las traductiones que délia hay en latin, en frances y en italiano; aunque sobre e^to no quiero hazer fundamento, sinodezir solamente en este passo que demas de por las razones y consideraciones muy bien apuntadas en el escripto del dicho Molina, hevistô siempre entenderse la dicha liga desta manera que comprehende los herederos y succèssores de los que la tractâron, qualesquiera que sean, y por esto se Uama hereditaria, ny se que jamas se baya dexado de cumplir por uuestra parte aquello à que esta nos obliga, y que assî mesmo debaio délia quedan comprendidos todos los estados y senorios que entànces posseyan. las partes y que despues ban adquiridô. En si tambien comprehende lo que los herederos y successores ban havido despues, podria baver mas dificultad ; pero yo se que por parte de S. M. Ces* s^ m* siempre se ha entendido desta manera que fuesse comprendido, porque quando ha havido aparencia de que los exércitos del rey de Francia en los quales havia Suyços , quisiessen ynvadir, 6 los
TRADUCTKMf.
et italienne qui en ont été faites. Sans prétendre me baser exclusivement sur-ce titre, je dirai ici, qu'indépendamment des motifs et des considérations si bien déduites dans Técrit de Molina» j'ai vu constamment la ligue s'entendre de telle manière qu'elle comprend les héritiers et successeurs, quels qu'ils puissen^tre, de ceux qui l'ont primitivement conclue , d'où elle est appelée héréditaire; et pour ce qui me concerne, je ne sache pas que nous ayons manqué jamais à une seule des obligations qu'elle nous impose; elle comprend aussi tous les états et domaines possédés par les parties contractantes et ceux qu'elles ont pu acquérir par là suite. Quant à la question de savoir si la ligue embrasse également ce que les héritiers et successeurs ont acquis eux-mêmes postérieurement, elle pourrait présenter plus de difficultés. Tout ce que je sais , c'est que l'intention de l'empereur défunt, de sainte mémoire, a été constamment que le texte fût interprété dans ce sens; aussi, chaque fois que, de son temps, les armées françaises, dans lesquelles se trouvaient des troupes suisses, ont fait mine d'envahir, soit les Pays-Bas, soit le Milanais, on a envoyé avertir les colonels et capitaines dé cette nation qu'ils aient à retirer leurs troupes sous un prétexte- quelconque , et à ne point mettre le pied
Papes Baxos, 6 el estado de Milan, se ha embiado ordinariamente â advertir à les coroneles y capitanes suyços por alguna via y expediente que se rétirassen y no entrassen en los dichos estados , por no hazer contra la liga hereditaria ; y à sus superiores se embiava à hazer instancia para que mandassen revocar los dichos coroneles y capitanes, 6 proveyësseki que no hiziessen dano à los estados posseydos por S. M. , como comprendidos en la liga hereditaria; y que si han entrado, con quan de poco espacio fuesse la entrada, se embiava à dar quexas, con pretender que castigassen su gente, y por contrario, la escusavan ellos lo mejor que podian armàndose de la capitulacion que tenian con Francia , aunque muchas vezes tambien han embiado cartas y hecho prohibrciones à su gente dé no entrar en los estados de S. M.; pero esto succedia «egun como estavan contëntos 6 descontentos de la una parte y de la otra, teniendo continuamente gran fin à que sus sàbditos no perdiessen las pensiones que del un principe 6 del otro tenian.
TAADCCTIOlf.
sur ces territoires ^ afin de ne porter aucune atteinte aux stipulations de la ligue héréditaire. En même temps on faisait des instances auprès de leurs supérieurs pour qu'ils rappelassent ces colonels et capitaines, ou que du moins ceux-ci reçussent Tordre le plus formel de ne causer aucun dommage aux pays soumis à Tobéissance de sa majesté, comme étant compris dans cette m^me ligue. Que s'ils y pénétraient, quelque bref qu'eût été leur séjour, on adressait des plaintes aux gouvernements cantonaux, avec réquisition de punir leurs sujets contrevenants; eux, au contraire, les excusaient de tout leur pouvoir, se fondant sur les traités qu'ils avaient avec la France. U est vrai, néanmoins, qu'ils ont plus d'une fois envoyé des lettres et fait défense à leurs soldats d'entrer hostilement dans les provinces qui obéissaient à sa majesté ; mais ib agissaient dans ces divers cas selon qu'ils étaient plus ou moins satisfaits d« chacune des deux parties belligérantes, ne cessant de veiller, avant et par-dessus tout, k ce que leurs sujets ne perdissent point les pensions qu'ils recevaient d'un prince ou de l'autre.
S'engager dans une démarche qui pût directement ou indirectement rompre la ligue héréditaire serait d'abord la perte et la ruine manifeste du comté de
Ponerse en cosa que pudlesse directa 6 indirectamenle romper la dicha liga hereditaria , demas que séria la ruina y manifiesta pérdida deste estado y condado de Borgona , pues con la sombra delos Suyços se ha valido hastaqui con loô Franceses, es cierto que volveria la plâtica que mucbo ha huvo entre France^es y Suyços de repartir eple estado entre si, de manera que lo xpie esté de la parte de las montanas fuesse para los Suyços y lo Uauo para los Franceses, por acomodarse cada uno de lo que mas i proposito y veiino le fuesse. Y pretenden los Suyços para lo désle condado, que cada ano les paga una suma por reconoscimiento del amparo que tiene en su jMX)tectipn , no tener otra obligacion sino de no dar gente contra él y de ayudar con Franceses con cartas de favor y mensagero^ solamente ; y aunque se va buscando muchos anos ha , con la comodidad que bay por la vezindad, para que en casa de invasion nos ayuden con algun numéro de gente, cresciéndoles la suma quet^da ano se les da, hastaqui no se ha podido ballar coyuntura para alcançarlo, que como
TAADUCnOlf.
Bourgogoe, puisque le nom seul des Suisses nous a servi, jusqu'à ce jour^ à protéger le pays contre la France; mais ce serait encore fournir à elle et aux autres une occasion infaillible de remettre sur le tapis Tanden projet ^ de partager entre eux cette province , de telle manière que la partie située du côté des montagnes appartint aux cantons, et la plaine aux Français, chacun s*accommodant ainsi de ce qui serait le plus à sa convenance et dans son voisinage.
Une circonstance à remarquer à ce sujet, c'est que les Suisses, en échange de la somme que le comté leur paye annuellement pour la reconnaissance de la protectiotf qu'il en reçoit^, prétendent n'être obligés à autre chose, si ce n'est de ne point fournir de troupes pour l'envahir, et d'appuyer seulement par des lettres de recommandation, et au besoin par des messages officieux, les doléances du gouvernement de Franche-Comté auprès de celui de France. De même, bien que l'opportunité du voisinage nous ait engagés déjà depuis longtemps i faire des dé-
' (Qu* avait proposé Louis XI.) — * Appelée en style ordinaire de chancellerie, gracieuse recênnaistànne. ^
los Franceses tienen aUi muchos pensionarios, siempre bay quien lo e&torva pomendo tiempo en medio, y hay travajo grande en entretenerios, aunque deste estado sacpien gran comodidad, assi de trigo eomo de sai y de otras cosas , y creo para mi que una de las que les mantiene en nuestro favor aun contra Francia, es bolgar eilos mas de tenemos pbr vezmos que no à Franceses.
Pediries que declaren el estado de Milan ser comprendido en la liga hereditaria, que es el primer punto que V. M. propone en su carto, aunque havida esta declaracion pareceria que terniamos un gran punto gan.ado, pues se sabe la obligacion que en este caso les daria la liga bereditaiia, y que pareceria que esto excluyria que en la reservacioQ que bazen de ias confederaciones mas viejas no se cornprendiesse la de Francia, siendo assi que la primera de las nuestras se tracté primeramente por intervencion del rey Ludovico con,el emperador (?) Sigismundo, y despues sîn intervencion de los Franceses con el mesmo Sigismundo, mas esta fué personal solamente, y la
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marches pour obtenir d'eux quelques secours de troupes en cas d'invasion , sous Toffre d'augmenter la somme que nous leur payons chaque année, jusqu'ici nous n'avons pu trouver le moment favorable pour les y déterminer. C'est que les Français ont en Suisse un grand nombre de pensionnaires, parmi lesquels il se rencontre toujours quelques personnages disposés à susciter des obstacles et à retarder les résolutions. De plus, fl y a beaucoup à faire pour maintenir les chefs des cantons dans nos intérêts, malgré les avantages que retirent leurs sujets de notre Bourgogne, sous le rapport du blé, du sel et d'une foule d'autres objets de commerce. Pour mon compte, j^ai la conviction que l'un des principaui^ motifs qui les retiennent attachés à notre parti , même et contrairement à celui des Français, c'est qu'ils préfèrent de beaucoup notre voisinage au leur.
Obtenir d'eux qu'ils déclarent le Milanais compris dans la ligue héréditaire, première condition proposée par votre majesté dans sa lettre, ce serait, à ce qu'il semble d'abord, un grand point dé gagné. En effet, on sait les obligations que leur imposerait dans ce cas la ligue héréditaire, en paraissant exclure par le fait leur traité avec la France de la réserve qu'ils font des confédérations plus
postrera con el emperador Maximîiiano, y con el emperador N. S. s** m' en tiempo que ténia solàmente titulo de archiduque y de principe de Espana para herederos y successores, y por lo que posseyan y ternian despues, como arriba digo, y -que la de Francia se hizo despues; todavia, debaxo de emienda, me paresceria mejorno pedir esta déclaracion, por noponeren dubda Ib.que hastaqui se ka tenido y presupuesto por claro, quanto mas que se ha de considerar que aqui se tracta con multitud y puebio, y que desta gente una parte, y quizà la mayor, tiene inclinacion â Franceses por las muchas pensiones que dellos reciben, y sabidose por estos que se négocia esta déclaracion, sabrànlo los Franceses, que procurarân de estorvar que no se haga, y parescerà que perderemos lo que tenemos entre manos, quanto mas que aunque hiziessen ia déclaracion, bien que ya
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anciennes, puisque la première des nôtres fut stipulée d'abord par rentrêmise du roi Louis (XI) avec Fempereur (?) Sigismond^ et postérieurement avec le même, sans Tintervention de la France. Celle-ci était personnelle seulement, j'en conviens, mais une subséquente et dernière fut conclue avec l'empereur Maximilien et l'empereur défunt de sainte mémoire , lorsque celui-ci n'était encore qu'archiduc d'Autriche et prince d'Espagne , tant pour leurs héritiers et successeurs qu£ pour les états qu'ils possédaient et pourraient posséder par la suite , ainsi que je l'ai dit précédemment*, et celle de France est postérieure. Toutefois, sauf meilleur avis, je n'opinerais point pour demander cette déclaration ', dans la crainte de remettre en question ce qui a été considéré jusqu'ici comme indubitable.
Il faut remarquer encore que nous traitops avec une masse d'individus , je dirais un peuple tout entier, dont une partie, peut-être la plus nombreuse, indine pour la France à raison des pensiops qu'elle en reçoit. Celle-ci , venant à
^ Granvelle a voulu parler ici, i"* du 1478, sans aucune intervention fran-
iraité^ïonclu k Senlis le 1 1 juin 1 47a > sous çaise.
le nom d* union héréditaire, entre Tarchiduc ' Cette confédération fut signée à Bade
Sigismond d'Autriche et les cantons, par en Argovie^ le 7 janvier i5i 1 .
Tentremise deLoui^ XI,eta^de celui de * (Interprétative de la ligue hérédi-
Zurich , defr 1 3 octobre 1 ^7 7 et 24 janvier taire. )
no se podrà obtener àntes que acaben su liga con Francia (la quai négociai! agora con mucho fervory i ello anduvoVieilleviUe; y porque se declaràron los Suyços de no querer tractar ninguna cosa fasta que fuessen pagados de lo que se les deve, han buscado Franceses todas las vias que han podido extraordinarias y les han émbiado dineros, no se si enteramente todo lo devido, mas bien se que han pâssado grandes sumaspor est^condado, ni se lès ha podido èstorvar porque se resintieran dello» y Ï03 Franceses y los mismos Suyços, ny sirviera de otra cosa intentar de estprvaiies el passo, pues assi como assi lo embiaran porotra via) pretenderàn siempre que tal dedaracion baya de ser debaxo de la réserva de lo àntes capitulado con^rancia, assi que la compréhension les obligarà solo i que no hagan gùerra al estado de Milan, mas no porque si àntes de la dedaracion han pro*
apprendre que Ton songe à obtenir la dédaration dont je*parle , ne tarderait pas à en informer les Français, qui, de leur côté, chercheraient à y mettre obstacle, et nous semblerions perdre ce que nous avons entre les mains. Ce que j'avance est d'autant plus vrai , que cette même déclaration ne pourra être obtenue avant la conclusion de Tailiance française, dont la négociation est poussée très-vivement à cette heure, et pour laquelle, VidUeVille a été dépéché. Déplus, les Suisses ayant déclaré qu'ils ne prêteraient loreille à aucune espèce de traité jusqu'au payement de tout ce qui leur est dû , les Français ont cherché à leur faire passer de l'argent par toutes les voies, m&me les plus extraordinaires, et leur ont transmis, sinon la totalité de leurs répétitions, du moins de très-forts à-compte, qu'ils ont envoyés par le comté de Bourgogne , et l'on n'a pas dâ y mettre obstacle, pour ne pas mécoijtenter à la fois la France ainsi que les cantons. D'ailleurs, on n'eût rien gagné à la fermeture des passages ^ vu que les Suisses en eussent trouvé un autre.
Supposant même le cas où la dédaration serait faite conformémeut à nos intentions, les Suisses prétendront toujours qu'elle est sans préjudice des traités antérieurs conclus avec le roi, ajoutant qu'ils sont uniquement obligés à nç point porter la guerre dans le Milanais, mais non point dans le cas où, avant la signature de la déclaration , ils auraient promis aux Français de les aider envers et contre tous, à ne pas le faire contre Milan, cette villç se trouvant, par une décla-
PAPICRS D*éTAT. — VIIÏ. ' 5l
nretido â Franceses de servirles contra quien quiera , no lo puedan hazer contra Milan que por nueva deciaracîon hecha despues de la liga de Francia séria comprendido en la dicha liga hereditaria , la quai compréhension dirân haver sido hecha en lo que ^e puede sin prejuyzio de lo capitulado con Francia, pretendiendo que lo han re* servado assi , por donde verniamos à no haver hecfao nada.
De hazer liga ofensiva y defensiva, demas jji^ la dificultad que en ello havrà y en concertarse sobre la ayuda que la una parte havrâ de dar à la otra (allende que no se como querràn venir en esto los Suyços no teniendo ellos aparencia de guerra de présente , sino es à entre si, 6 con el duque de Savoya, à quien temerin poco solo, no ie pudiendo ny V. M. ny Franceses ayudar por las ligas que con elles tienen , y siendo aparente por juyzio universal de todo el mundo que àntes podria tener guerra V. M, con alguno) no se tampoco como querràn dexarse persuadir à tal liga con la quai séria poca la ganancia que tuviessen, àntes los que professan las armas entre ellos y
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ration nouvelle, faite postérieorement à la ligue de France, comprise dans ladite ligue héréditaire; or ils soutiendront que cette compréhension a été stipulée sans préjudice des traités avec la France, prétendant qu*ils ont (ait des réserves en ce sens, d'où il résulterait en définitive que nous aurions complètement perdu notre temps. .
Quant à la formation d'une ligue offensive et défensive, elle présenterait plusieurs inconvénients : d'abord la difllculté de l'organiser, puis celle de se concerter sur rq>pui que chacune des parties devrait prêter à Tautra De plus, je ne vois pas trop comment les Suisses pourraient y consentir, aujourd'hui surtout qu'il n'y a pour eux aucune apparence de guerre, si ce n'est entre eux, ou avec le duc de Savoie, cpi'ils craignent peu lui seul , ce prince ne pouvant recevoir de secours ni de votre majesté ni de la France, à raison des alliances de l'une et de l'autre avec les Suisses, et votre majesté, elle-même étant exposée, suivant l'opinion universelle, à se trouver inopinément engagée dans une guerre pour son propre compte.
Je ne vois pas non plus comment les cantons se prêteraient i un arrangeog^nt
4a4 PAPIERS D'ÉTAT
ayuda, séria, à mi juyzio, salvo mejor parecer, la mas conveniente forma, porque auDque pusiessen la reservacion de otras ligas, no podria obrar contra lo Uanamente expressado, que séria de dar socorro contra quien quiera que quisiessen ynvadir el eetado de Milan; y quando se pudiesse incluyr en esta liga algun canton de los hèreges , me pareceria tanto mejor por quitar qualquier sombra que no solo los Suyços protestant.es, mas aim los Alemanes de la mesma religion pudiessen tener; y para atraerlos à esta liga.se les podria dezir que ya son obligados à ello por la hereditaria, presuponiendo que siempre se ha eiitendidô assi y se entiende, y èstar firme en esto, que se veria como se declararian en ello, y si negassen porfiadamente esta compréhension , que los mintstros estuviessen siempre en este presupuesto sin apartarse dél, por tenerlo alomenos assi como cosa indecisa; mas aun en esta tercêra manera temo que dificilmente querràn venir los Suyços, porque los que ordinariamente dan la gente de guerra à los Franceses no son los de Berna, ny muchos otros de
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le plus d'avantages, moyeilnant toutefois que ce duché devrait, en revanche, leur prêter secours en cas d'invasion ; ce moyen serait, à mon avis, le plus convenable de tous, parce que, même en admettant la réserve des autres alliances, celle<;i ne pourrait déroger aux conventions établies , en vertu desquelles les Suisses sont tenus de protéger ce pays contre quiconque chercherait à l'envahir. Si l'on pouvait engager dans cette ligue quelques-uns des cantons hérétiques , la chose n'en vaudrait que mieux, afin de dissiper les appréhensions qui pourraient exister, noiï-seulement chez ces confédérés eux-mêmes, mais encore parmi les protestants d'Allemagne. En outre, afin de les décider d'une manière plus efiBcace, on pourrait leur faire entendre que cette obligation existe déjà par le fait seul de la ligue héréditaire, présupposant que tel a toujours été et tel est encore le sens des termes de ce traité, et persistant invariablement dans cette opinion. On verrait ainsi quelle serait leur détermination finale , et s'ils s'obstinaient à nier la proposition dont je viens de parler, les ministres , de leur côté, s'attacheraient à la défendre, sans en dévier jamais un seul instant, afin de maintenir au moins la question sur un pied douteux. Je craindrais toutefois encore que lesdits Suisses
les desviados delafee, que se muestran senaladamente 16s dichos de Berna mas escrupùlosos en bazer guerra contra christianos, àntes dan los soldados à los Franceses los catholicos entre los quales tîenen los dichos Franceses sus principales pensionarios, que harin quanto
Yo me acuerdo de haver muy muchas vezes visto proponer à S. M. Ces. s** m' por quantos ejnbaxadores y ministres se han embiado alla estas ligas con Suyços, movidos quanto A si por buen zelo, mas solicitados por algunos particulares Suyços interessados , y que ô eran ofendidos de Franceses, 6 que dellos no tenian pension, y por haverias de S. M.; mas en fin al apretar del negocio se venia à bâtir con la dlficultad que hay de tractar con una tal republica govemada enteramente por pueblo, la quai se sosliene en si y en sus tierras por la ygualdad ^e hay entrellos, justicia , favor que se hazen los unos i los otros, y ser el pays fuerte démontanas, donde por sus passos estrechos su infant eria vale, y temen poco la cavalleria de los estrangeros , y para tractar con ellos séria menester mucho dinero para comprar los votos, siéndoles licito vender sus opiniones pùblicamente y su afection en lo que toca à estrangeros, y tambien séria menester pagar quantas pensiones los Franceses alli pagan, 6 la mayor parte , que es muy gran suma, sacando de
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prendre i avance sur elle et envahir $es états de concert avec ia France , d où s^ensuivraient de bien fôcheases conséquences , que votre majesté peut prévœr dans sa prudence.
Je me souviens d'avoir ouï très-souvent proposer à Tempereur défunt, par les ambassadeurs. et ministres qu'il envoyait en Suisse, une ligue avec les cantons; ces hommes d'état, ag^sant en ce qui les concernait, de la meilleure foi du monde, cédaient néanmoins, quoique à leur insu, aux sollicitations intéressées de certains individus de cette nation ; les uns qui avaient à se plaindre des Français, les autres qui, ne recevant d'eux aucune pension ou gratification, aspiraient à avoir part aux bienfaits de sa majesté. Mais chaque fois que Ton discotait sérieusement la mesure, on venait échouer contre la diffic^ulté qu'il y a de traiter avec cette confédération de républiques et leurs gouvernements populaires, qui se soutient dans leurs' territoires, grâce à l'égalité qui règne entre tous, et à la justice ainsi qu'à l'appui mutuel qu'ils se prêtent; grâce à la nature d'un pays couvert de montagnes, dont les défilés servent à merveille leurs troupes de pied, tandis qu'ils leur rendent peu redoutable la cavalerie de l'ennemi. De plus, si l'on voulait négocier avec eux, il faudrait beaucoup d'aigent pour acheter les suffrages
suservicio poeo provecho, y haziéndose à los Alemanes contrarios; 6 i los que tienen las dichas pensioaes no les faltarà forma coq que, con alîento de Franceses, puedan estorvar qualqùier negoclacion de V. M. que sea destaqualidad,y«iendo pensionarios, 6 deviéndoseles algo , no es menester faitarles à sus tiempos, porque al mejor punto ,
mantengan la buena voiuntad de lo général y que por su medio se«epa[ lo que pasâa, y con esto ayudar à este condado de Borgona i estorvar las plàticas de los Franceses, 6 alomenos en su tiempo, sino del todo romper sus designos, procurar de diferirlos y ponerles dificultad en ellos, haver sus carias de los Suyços para revocar su gente, ganar algunos de los que van â servicio deFrancià, sise puede, y assi con poco gastq y destreza vjJerse lo mejor que sea possible con ellos. Y à la verdad, salvo œejor juyzio» me estaria aun en esto, y tractaria la liga de Milan confonne â la vieja, para que huviesse mucho comercio, y dândoles alguna comodidad de vitualla que la ban menester por teneries enbenevolencia y con freno y à la menos costa y dano del estado que se pudiesse. Remitiéndome siempre à la correction deV. M., y â mejor parecer, no dire mas sino que N. S* guarde , etc.
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de fortes dépenses avec beaucoup d'ennuis, d*einbarras et peu de profit. Le moyen que Ton employait constamment avec eux était d'entretenir des rapports de bienveillance par lettres, et quelquefois par des députations; de leur rendre service autant que possible, de s'assurer de leur alliance; de témoigner que Ton fait grand cas de leur amitié; d'avoir un petit nombre de pensionnaires bien rétribués, avec charge de maintenir leurs citoyens dans des dispositions favorables , et par le canal desquels on était informé de ce qui se passait; d'aider le gouvernement du comté de Bourgogne à neutraliser les intrigues françaises, tout au moins, lorsque l'occasion s'en présente, sinon à les déjouer complètement, du moins à y mettre des entraves et en retarder l'exécution; enfin d'obtenir des cantons, s'il est possible, ^es lettres pour rappeler leui*s soldats, gagner quelques-uns de ceux qui s'engagent au service de la France, se maintenir ainsi, à peu de frais et avçc adresse, sur le meilleur pied possible à leur égard*
Pour moi-, sauf meilleur avis, je persisterais encore dans cette opinion, et négocierais la ligue de Milan sur le même pied que celle dite héréditaire, afin d'étendre les rapports de commerce, fournissant aux Suisses les provisions de bouche dont ils ont besoin et cherchant à les maintenir dans de bonnes dispositions à notre égard , avec le moins de dépense et de dommage possible pour la Franche-Comté. Je* soumets toutefois mon opinion particulière sur ce point aux lumières et à là prudence de votre majesté, et terminerai en priant N. S.
no verlas yr assi , y todavia he cailado dende los 8 de junio acâ, mas no callara si pensara que e\ dezir huvîera de aprovechar, y sino fiiera que de Flândes me escriven que en las cartas que ay se embian se escrive que todo va bien, y lo veo tambien por lo que escriven â los ministros â todas partes, quiçâ que aun agora no dixera nada, mas avisanme que ny aun el pobre présidente osa dezir palabra en contrario desto, sino que escrive lo que le mandan, y que reprcsentando él lo que se devria escrivir por la verdad, le dizen que no es bien indignar à S. M. contra los estados, que séria hazeries mala obra. Y yo digo que la mala obra la hazen los que no procuran que sirvan de manera que escriviendo la vèrdad no tenga S. M. de que quejarse delloa, sino de que darles muy muchas gracias. Y esto de escrivir i S. M. y no dezirle la verdad es adormentarle y aiexar el remedio tan necessario , y temo siempre lo que mais adelante pudiesse succéder, y las tantas cosas que se dizen no sin probable so^echa, y dizese
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poir de remède. C'est une chose bien dure que l*obIigatioD de se taire pour celui qui, désirant voir marcher convenablement les affaires de son maître, a la douleur d'être frustré dans son attente; et pourtant j'ai dâ garder un silence pareil depuis le 8 juin dernier: mais bien certainement je ne Taurais point fait si j'eusse pensé être utile en ouvrant la bouche, et si on ne m'eût fait savoir de Flandre que, dans les lettres écrites au roi , de ce pays , on affirme que tout va bien , comme je le vois suffisamment , du reste , par les renseignements fournis de toutes parts aux ministres. Malgré cela, peut-être, je n'eusse point encore parlé en ce moment, si on ne m'eût affirmé que le pauvre président lui-même n'ose dire un mot pour détruire une opinion pareille, mais se borne à écrire ce qu on lui commande, et que , lorsqu'il ose réclamer en faveur de la vérité, on lui répond que ce u'esl pas bien d'indisposer sa majesté contre les Pays-Bas, auxquels on rend de cette manière le plus mauvais office. Pour moi, je dis que ceux qui s'imposent vérilablement un devmr détestable sont ceux qui ne veillent pas à ce que l'on s^sse dans cette province de telle sorte , qu'en disant au roi l'exacte vérité il ait, non pas des plaintes, mais des remerciments sincères à leur adresser à tous.Quant à cette méthode d'écrire au coi sans lui donner une juste connaissance de l'état des choses , cela ne sert qu'à
ordinariamente que pocas vezes hay tanto humo sin algun fu^go; y viendo el présidente esto, esta muy resoiuto en quererse yr si S. M. se io coiisiente, y assi me lo escrive ; no se si por alli haze instancia
que con él se podia hazer si à Espana y va, que si le dejan Uegar à la corte él provarà de hazer de las suyas y danar aUi; y dende alli tambien, si se quisiere pui^^, yo daré harta esto£si & los fiscales, como i S. M. lo escrivo, para que contra él se pueda procéder, y acuerdo à v. m^ que es bien algunas vezes hazer lo que se dize de açotar el perro delatite del leon, porque yo le digo que en como con él se hiziere va quiçà mas ai servicio de S. M. de lo que alla se podrian imaginar; senaladamente por ei exemplo, no solo en Flindes, mas aun en otros estados de S. M., bueno es tomar por su justificacion testimonio negativo de aquellos senores; mas dexemos de hablar deste hombre, que quedo corrido quando pienso en io que se le ba
çufrido
Doy gracias à Dios de que todos estén buenos, y el principe N. S. ya libre de las tercianas que ùltimamente tuvo; él les guarde à todos, pues en sus vidas y conservacion nos va tanto. Buena pro haga al senor principe d'Eboli la mayordoma; ya yo se que no puede ser otramente que de su grandeza no tengan algunos contentamiento y otros no; una cosa se dezir que de su grandeza y privança me ha pa-
qu'il ne se mit point en route, ou que, s'il part, il n'aille pas bien loin. Dans le cas néanmoins où il se déciderait sérieusement à ce voyage , je prie votre seigneurie de bien examiner conmient on agira à son égard , et de se rappeler ce que son altesse écrivait il y a plus de deux ans, et ce que j'écrivais moi-même dès lors sar le parti qu'il y aurait à prendre à son égard, dans le cas où il irait en Espagne; car, si on le laisse arriver à la cour, il cherchera indubitablement à faire des siennes et à y jeter le trouble dans les esprits. Que s'il veut paraître devant ses juges, je me chaîne , ainsi que je l'écris à sa majesté, de fournir d'ici aux fiscaux assez d'étoffe popr procéder contre lai. Je profiterai de cette occasion pour rappeler à votre seigneurie qu'il est quelquefois bien de fouetter, comme l'on dit, le chien devant le loup * car la manière dont on se conduira envers cet homme tire peut-être beaucoup plus à conséquence pour le service de sa majesté qu'on ne saurait se l'imaginer en Espagne, surtout sous le rapport de l'exemple, non-seulement en Flandre, mais encore dans les autres parties des états de sa majesté. C'est
recido que ba usado siempre muy modestamente, que es cosa que da contentamieûto à los que bien lo consideran, y ba salido muy bien, y â gusto de mucbos , que à su alteza pongan en ios negocios , pues tanto importa que se baga dende estos sus anos à tractarios y tambien i menear las armas, y tractar cosas dignàs de tan gran principe, y que con su tiempo ba de ser senor de tan grandes estados; plega Dios saïga tal como yo lo desseo y como sus vassallos lo bavemos tanto me-
nester
Gran nueva ba sido la del Penon, y tengo esperança que aprovecbari para quitar en parte el atrevimiento de aigunos, y assi entiendo que no falta quien procure de extenuarlo, y de dar & entender que es muy poca cosa por abaxar la autboridad que S. M. ba ganado en ello; Dios, como espero, k) remediarà todo, mas esmenesterque nos ayudemos, que de otra manera temo que no lo querria bazer i soles. Y ba sido muy buena determinacion de embiar la armada sobre C6rsega para quitar de àlli à San-Pedro Corso àntes que mas se arraygue, y si muy brevemente no se dedaran Franceses en su favor, no temà, à lo que entiendo, forma de poderse sustentar, y pienso que no se
TRADOCnONv
vraiment une bonne idée de sa part de baser sa justification sur le témoignage négatif des seignemrs ; mais laissons de côté cet homme , étant confus , comme je le suis, au dernier point , lorsque je songe à tout ce que Ton a souffert de lui.
Le reste de cette longue dépêche offire moins d*intérèt, et, sauf le passage traduit plus bas , une simple analyse suflGra pour en donner une idée. Granvelle remercie Gonzalo Pérez de son attention à lui tnmsmettre des nouvelles fort intéressantes pour lui, par exemple Theureux accouchement de la reine, 4e rétablissement du roi et celui du prince don Carlos. Le cardinal voit avec le {dus grand plaisir ce demir admis par son père à la participation des affaires publiques, et s*iniiier ainsi de bonne heure aux connaissances qui lui sont indispensables pour Tadministration d'une vaste monarchie. Le succès de fexpédition du Penon de Vdet aura sans doute une heureuse influence sur les affaires , quoique certaines gens , dans un but facile h saisir, s'attachent à en rabaisser Timportance. Quant à San-Pietro, il ne saurait tenir longtemps en Corse si les Français ne viennent à son aide, et il est plus que probable qu'ils n'oseront pas se permettre une manifestation de ce genre.
osaràn declarar por élen estetiempo, viendo lo que dello con razon podria succéder, siendo cosa que en ninguna manera se devria çufrir ny dissimular si tal hiziessen.
Una cosa dexo de escrivir à S. M. por ser auii la plàtipa muy fresca^ y no tan ade]ante que dello se puedatener firme esperança; y es que el baron de Polweiier, que tiene deudo en alguna manera con S. S., con 6rden de su beatitud y por medio del cardenai de Alla Emps ha emprendido de tractar con el duque de Wurtemberg con grandissimo secreto (y assi pido por merced que se guarde, que de otra manera se esconderia de aqui adelante el dicho Polweiler de mi) , de reduzir el dicho duque y otros desviados de la fee à la religion cathôlica y obediencla de la sede apostolica, con assegurarles la hazienda que tienen de la iglesia , que se diessen algunas pensiones à los predicantes, y entretenimiento con que pudiessen vivir honradamente, por ganarlos, que tuviessen la comunion sab utrcufue, y que sus dérigos que lo quisiessen hazer se casassen, salvo las dignidades, y les
TRADUCTION
Il est une chose dont je m'abstiens ponr le moment de faire part à sa majesté, parce que la détermination est trop récente encore et la négociation trop peu avancée pour qu on puisse fonder sur elle une ferme espérance. Voici le Eût que je livre a votre seigneurie, sous la réserve de la discrétion la plus grande « car autrement la source des communications serait désormais tarie pour moi. Le baron de Bolwiller, qui a quelques relations de parenté avecle pape, a entrépris, par ordre de sa sainteté et par l'entremise du cardinal d'Altemps ^ , de négocier dans le plus grand secret avec le duc de Wurtemberg le retour de ce prince et des autres dissidents à la foi catholique et à Fobéissance au saint-siége. Le prix de cette démarche de leur part serait la cession qui leur serait faite des biens de Téglise dont ils se trouvent possesseurs , des pensions assurées aux prédicants pour les mettre en état de vivre d'une manière honorable, la concession de la communion sous les deux espèces, et à ceux des prêtres qui voudraient en faire usage, la permission de se marier, en exceptant toutefois les dignitaires et chanoines des églises
^ Marc Sitlieh. (Voir tome VI, page 627, et le présent volume, page i58.)
canonigos de yglesias cathédrales, los quales no querrian Al émanes que se casassen, porque los nobles de Alemana con esta hazienda entretienen sus hemianos y deudos para que se mantengan las casas
cosas positivas, haziendo aun positivo todo quanto se les aatojasse, que ya el consegero del dicho duque que vino i entender la propuesta toc6 en si tambien en lo del pui^atorio y veneracion de los santos les dexarian en sus opiniones. La respuesta del duque no es aun venida; esperança tengo que yo la sabré, y de lo que supiere no faltaré de avisar à v. m^* Yo voy entreteniendo ai baron de Polwei- 1er porque con su medio siempre se descubre algo« y esta esperandolo que por su hermano se hari, y tiene la memoria de su negocio y pretension por la empresa que bizo en Bressa tan viva , que jamas me escrive sin que dello baga ima coleta
Demas de lo que à S. M« escrivo, me avisan de Flindes algunos particulares en gran secreto que tenga el principe d^Oranges plàtica de casar su hermana con el rey de Denamarca ; mas yo.no lo puedo créer, ni me se imaginar como este negocio « si se intentase, pudiesse tener aparencia de salida.
De muchas partes me confirman , que très bermanas del emperador tengan todavia fin de retirarse en un monesterio, mâs que los bermanos no buelgan dello , y que por esto querrian ellas escoger lugar fuere de sus estados y que ban tractado de baverle en Baviera cerca de su bermana . . , . .
TRADUCTIOlf,
sans les ministres du pape Paul [III] et Télecieur de MayeDce^ qui se mirent à la traverse, soupçonnant Tempereur de tendre secrètement à quelque autre fin. Quant à la communion sous les deux espèces et au mariage des prêtres ayant charge d*àmes, une pareille concession m^a toujours semblé présenter de graves inconvénients;-car fort probablement les hérétiques ne s'en tiendraient pas là' et formeraient encore d'autres demandes non moins graves et selon leur convenance. Déjà même le conseiller envoyé par le duc de Wurtemberg^ pour prendre connais-
longtemps le centre principal de son acti- réformateurs de TÂllemagne , immédiate-
vité et de ses travaux. Son érudition théo- ment après Luther et Mélanchthon.
logique, son esprit pénétrant et sa piété ' Le cardinal Albert de Brandebourg,
sans fard lent placé au troisième rang des * Henri Joham de M undolsbeim.
Aqui ha venido uno Uamado Oracio Malaspina, que con cartascontrahecbas de S. M* procuré de sacar del recifaidor gênerai destos estados seys mil scudos con dar i entender que trabia comission de mucha importancia y que no se podia detener y que por esto le despachasse brevemente^ 6 dàndole dos dineros, 6 no dindoselos, con tanto que le diesse certificacion de baver recibido las cédulas de S. M., porque la falta 6 dilacion no se le pudiese imputar; recurriô à mi ei pobre tbesorero barto congoxado, no sabiendo lo que se baria. El estilo de las cartas me parecia sospecboso, mas este buen bombre dava à entender que la mucba prissa havia -sido causa de que fuessen desta manem , y rebuso al principio de venir donde yo estava, que à la sazon era en Besançon, diziendo que no ténia orden de conferir comigo sobre su comission, que era importantissima y secretissima, mas en fin tuvimos forma para bazeiie venir en todo caso à Besançon para que itoe bablasse con esperança que se le diô de que ya se contava el dineroy assi vino, y à los primeros interrogatorios estuvo saldo. Hizele escrivir mucbas cartas por reconoscer mejor su mano, y al segundo dia le dixe daramente que las que él traya diziendo que eran de S- M, eran faisas; por donde escrive, como v. m^ verâ, que puesyo dezia que eran faisas, S. M. le embiasse otras verdaderas, y estava tan
TRADOCnON .
sance de la proposidoD priDcipale a demandé si , en ce qni concerne le pui|[atoire et le culte rendu aux saints, on leur laisserait la liberté d'opinions. On n'a point encore reça ia réponse do dac; j*espère la connaître promptement, et ne manquerai point de faire part à votre seigneurie de ce que j'aurai appris à ce sujet. En attendant, j'entretiens une correspondance avec le baron de Bolwiller, par Tentremise duquel on découvre toujours quelque chose : il attend ce que Ton fera pour son frère , et a tellement présent à la mémoire le souvenir de son affaire et de sa prétention pour l'expédition tentée par lui en Bresse , qu'il ne m'écrit jamais sans ajouter quelque postscriptum à ce sujet.
Bruit d*un mariage, auquel le cardinal n'ajoute point de créance, entre la sœur du prince d*Orange et le roi de Danemark. Trois des sœurs de l'empereur annoncent l'in-
resoluto que procuro de ponerme miedo dd deflftervicio que hasia i S. M. en detenerle , mas como no me suelo espantar de semejantes personages apretéle con interrogatorios de manera que mostrindcJe claro que en muchas cosas se contradezia, y que si no declarava la verdad me forçaria à hazérsela dezir por otras vias yino en fin à dezir lo que havia , y que el ha via servldo y que el duque de Sessa le havia senalado entretenimiento en Milan, mas que como no era pagado la necessidad le bavia constrenido à buscar este expediente y que el mesmo havia hecho las carias en Salines, y el sello en Milan un platero llamado Pompeo, el quai dezia que vivia en la plaça de los Mercantes, y mas me dixo que la abilidad que en esto de escrivir ténia era tanta que si queria escrivirle una plana delante, me la contraharia de manera que yo no supiesse escoger quai era de mi mano, y â mi me pareciô esta abilidad de que se alabava mucho en su prejuyzio, pues usando él mal délia, escapindose un tal hombre podia cada dia bazer grandes veilaqueri as, y por esto le mandé prender por los de Besançon y le hize despues remitir à Dole , con escrivir luego i Milan por cartas duplicadas que procurassen de coger el platero, que dezia baver becbo el sello, y de alli & algun tiempo me embiaron los del senado uno de los secretarios de las caiisas criminales con avisarme que no havian ballado tal platero, mas que desseavan mucho que el dicho secretario pudiesse examinar al preso sobre algunas otras falsedades que en el estado de Milan bavia hecho y especialmente en prejuyzio de un mercader cuyas cartas y firmas contrahizo de manera -que sobre ellas le dieron 700, 6 800 scudos, y luego escrivi i los de Dole, los quales le admitieron al examen del dicho preso y confessé que era él el que havia hecho aquella fabificacion, y tam-
TRADOGTION.
tention de se retirer dans un monastère; mais, comme leurs frères s*y opposent , elles songent à sortir des états d'Autriche pour exécuter leur projet, et dans ce but elles ont déjÀ fait choix d*un couvent en Bayière. La lettre se termine par de longs détails sur un soi disant Horace Malespina , qui , au moyen d*une fausse lettre attribuée à Gonzalo Ferez
bien confessé otra por donde recîbio dei cardenal de Augusta^ y de
que esto se aclare, y de lo que huviere avisaré i v, m**. Con esta yrân las cartas que contrahizo para el thesorero, y la patente que él mesmo se havia hecho uombrindose el coude Gesare de Pompei , otras para el <^rdenal de Lorena , y las que en Besançon le mandé escrivîr para S. M., para el duque de Savoya à quien dezia que venia remitido, y para v. m^, y una carta de mano <le v, m^ que ha hurtado no se à quien fingiendo que à él fîiesse escripta , que como vi que en lo borrado hablava de la ulixea me ayudô para convencerle, porque el buen hombre dezia que en las palabras borradas en los despachos que v. m^ verà se comprendia el secreto del negocio , y creo que aquella era su dechado para contrabazer la letra y firma de V. m^. Y va assimesmo en el emboltorio el séllo contrahecho ; el senado témicuydado de hazer las diligencias en Italia por ver si sera menester examinar este hombre en otras cosas, y si se hallaràn los forjadores de los sellos ,6 otros que con él tengan intelligencia , y entretanto se guarda vivo ; ha dado à los de Dole una sùplica para S. M. à la quai v. m^ informarà del negocio, y avisari si huviere ay algo sobre que quieraû que sea examinado , y si querràn que se guarde mas tiempo, 6 si se procédera à hazer justicia; mas una cosa quiero dezir à v. m^ que le parecerà muy buena, y es que me afirman que los Franceses tienen uno tambien maestro de contrabazer firmas y escripturas, y que le guardan vivo y le tractan bien por servirse dél si algun tiempo le huviessen menester para contrabazer cartas, porque vea V. M. si son hombres de provision y las buenas entranas y intenciones que deven tener
TRADUCTION
A ce propos, le cardinal rapporte qu'en France, à ce quon lui assure, il s^est renoonlré un faussaire si parfiBÛtement habile dans Tart de la contrefiiçon des écrits et des signatures, qu*il lui a été fidl grâce de la vie, et qu*on le gardera même avec soin pour utiliser son talent dans Toccasion ^
1 Dans sa réponse du 3 février i56S, Pérei «quoique pourtant des pareils sujets ne soient dit qu'il ne serait pas md de garder Maiespine , « bien rares, Dieu merci , dans aucune contrée. » «pour remployer en quelque bonne occasion, [Mém, de GratweUt, XVI, 16 1> 162.)
est venu vers nous, nous asseurant qu'il savoit ung lieu où il y avoit six cens milz escuz, lesquelx le duc de Saxe, électeur, vouloit faire tenir à son beau-frère, Toccupateur de Dannemarcq; et s'o£Broit ledict personnaige ruer sus ledict argent en nostre fabveiu* : ce que Madame ma commandé vous advertyr, pour sur ce avoir vostre advis. Quant à moy, je le pèse fort pour les considérations suivantes : en premier lieu, en cas qu'il le rue sus, estant entre les mains des Saxons, nous nous attirons Tinimytié de l'électeur sur les bras; puis la difficulté de mectre Taisent à sauveté, après l'avoir saisy, est fort grande, sans ce qu'il est à doubter qu'il sera partout recherché et répété ; et estant descouvert que ce soit faict à nostre adveu , l'office ne sera treuvé aulcunement bon : car il est yraysemblable que l'autheur de ce négoce vouldra avoir son reffuge vers nous , et diroit-on que serions recélateurs de telles gens, et pourrions tumber au mesme inconvénient que ceulx de Wymar pour la faveur qu'ilz ont faict à Crompach. Ce qu'est considérable, veu Tassiète où nous sûmes et que sûmes si mal prestz; et aussy qu'en partie monsieur est prince d'empire ^ D'aultre part, s'il est rué sus entre les mains du Dannois, il y aura grandissime difficulté de saulver ledict argent et le mectre entre noz mains, veu la distance des lieux, en danger d'estre rescoux^ et nous décelé; que seroit faire une grande levée de boucliers sans aulcun fruict. A quoy celluy qui veult entreprendre ce négoce, voyant la jalousye qu'avons de nostre réputation, s'offire de faire cest acte en nom du Suédois; néantmoins reviendroit le proffit à nous, comme il dict. Mais certes telles gens, encoires qu'ilz soyent de service pour ung coup, sy estce qu'ilz me sont fort suspectz, de sorte que n'en sçay que dire, sinon que ce serait ung grand coup de baston donné à noz ennemys (en l'obtenant) , et ung grand prouffit et avancement pour nous: tant plus que je suis en doubte que cest argent demeure au lieu où il est, non tant pour s'en servir contre le Suédois comme contre nous, en cas que voulsissions remuer. Et cecy ne dictz-je poinct sans fundement, veu la grande craincte qu'ilz ont de nous, avec les advan-
' ( Le duc de Lorraine. ) — * (Repris.)
tageuses oceasions qui â6 présentent ^ joinot le bruict universel qui court de nostre entreprinse^ que infaiUibkiment je me persuade Tamas de cest aident estre contre nous. Parquoy le ruer sus à nostre adyantaige me sembleroit d'ung costé bien convenable ; remectant néantmoins le tout à vostre bon jugement.
LE PRÉVÔT MORILLON
( Lettres de Morillon , 1 , 1 75-1 77. )
. Bruxelles, là octobre i564'
Monseigneur, j'ay sentu une joie extrême, entendant par la lettre escripte de vostre main, comme vostre illustrissime seigneurie est bien av^c le maistre et ses principaulx ministres; car quant cela est^ Ton achève facilement avec le demeurant. Je lay bien amplement cognu par la copie des lettres de sa majesté qu'il a pleut à vostre sei* gneurie me communicquer, dont je la mercie ung million de fois. Certes elle m'a merveilleusement resjouy, véant à plain le respect que sa majesté voz tient, le si particulier compte qu'elle yot donne de ses affaires, et comme elle vous recommande iceulx, pour, tant icy que aillieurs, les encheminer et guider. Je suis seur que si auicuns sçavoient l'estime où sa majesté vous tient, ilz seroient bien esbahiz ; mais il n'est besoing : car, comme vostre seigneurie dit , il causeroit plus d'envie, et ne le ignorent Homes et Montigny; car Bave me dit que Candiano, qui a esté icy^ luy a compté la cholère où le roy fust contre Bornes, lorsque prendant congié et chargeant sur vous , il ne luy sçavoit rendre cause pourquoy, encores que S. M. la
luy demanda bien à certes, qui ne (ust jamais veu si altéré que lors. Que dirat-il de ce qu'est passé depuis et contre sa volunté et auctoxité ? et que diront les seigneurs si Homes le leur at celé ?
Je renvoie à vostre seigneurie ladite copie^ que n'est sortie de mes mains. Je Tay leut de mot àauhre (encores que mal) au président, qui en at esté fort joyeulx , et j'espère qu'elles luy rendront ceur : car je me suis apperçu qu'il at esté depuis plus délibéré. Bave les a leut en ma présence et personne aultre. Aussi ne s'en est extraict une seulle sillabe, ce que je vous asseure , monseigneur, sur ma vie. Et me samble que aiant par dessus lesdictes lettres encore d'aultres plus amiables, combien que cestes le sont au possible, vostre seigneurie peult bien dormir in ntramque awrem.
Je suis bien aise que le maistre trouve bonne vostre délibération et le fondement d'icelle. Et quant l'on me demande de vostre retour, je le remectz à la venue de sa majesté. Bien ditz-je quelque bon mot aux amyz, desquelz il y en a qui se donnent grande peine et regrettent vostre sortie d'icy. Mais il me samble qu'ils l'entendent peu; et quant à moy, tant que je viens plus avant, tant la treuvé-je milleure et prudtntement advisée, et suis seur que les saiges cy-après l'attribueront à grande vertu et magnanimité, aiant si modestement cédé à ceulx qui désiroient l'administration , leur faisant la place belle , affin que le maistre iust servi , et que l'on ne chai^e&t sur vous la faulte de l'accord de Fayde que se doibt de jour à aultre concludre , mais encores ne l'est-elle ce jourd'huy. Touttefois le prince d'Orenge y rend grand peine, et vat journellement vers les estatz. Louvain, Boisle-Duc et ceste ville ont miz ung monde de conditions que l'on leur accorde, donnant et quictant en général et particulier tout ce qu'ilz sçaivent demander. Et Anvers, qu'avoit accordé simplement, véant que les aultres se portent si bien, y at prins goust, et aussi propose des conditions, aactore Masio, que l'on me dit avoir faict cest office ce pendant qu'il at esté en ceste ville pour la Sainct-Michiel. Et passant tout cela, ne sont encores achevé, et s'y retrouve chascun jour nouvelle difficulté. Les seigneurs trouvent touttes conditions
bonnes^ car ils veuleiit avoir l'ayde, quoy qu'il en soit; mais il coustera chier au maistre, car, ce que me desplait, son auctorité y vat, sur laquelle les estatz de Brabant empiettent journellement, veoir la tiennent soubz pied. Il ne chault à Schetz quelle maison brusle. Il y a de
et que les marchanU espaiguolz et italiens auront desjà escript, et que les lettres sont bien loing d'icy. Alonzo del Canto ^ le sçait fort bien, et m'en tint propos devant la chambre de son altèze, lorsque je y fuz la première fois. Je fuz marri qu'il m'aborda là à cause du soubson, et me retiriz aussitost que je apperceuz le conte d'Egmont ^ duquel je ne fuz veu. Il me dit que Renard avoit bien grand espoir d'avoir estât en Espaigne.
Et pour revenir au président, j'entendz de Hopperusqull se délibère monstrer les dentz , qu'est depuis qu'il a veu ce que le roy escript à vostre seigneurie illustrissime. Mais je craincs que cela se rabatera bientost. « Riirsus queritur non dari colloquium nisi présente Armenteros. » Il l'at trop longuement comporté, et il debvoit dire de la première heure « quod sui principis negotia graviora noUet tractare coram eo « qui juramento non teneretur, nisi rex aliud juberet. Sed periit illi " apud Parmensem ducissam auctoritas, quse non facile recuperabitur; « dispeream si ipsa non tintïeat Titelmannum et del Campo , qui in « dies, etiam iUa invita, ante fores cubiculi ejus versantur. Et quod « mihi maxime placet , Egmondus multum timet Titelmannum, » Si ledit président heust tenu bon , « esset summo loco, » qu'il recouvrera avec difficulté ou poinct. Aussi l'on faict toutes les expéditions que Ton peult par actes, pour n'avoir que faire du sceaul. Et entre aultres s'est ainsi donné une lotterie à ung bancquerotte soubz la signature de son altèze et le ^ greffier Gilles', vostre compère, que s'aflFoliera poiur advancher les gens de celle-ci. Je pense bien qu'il en prend aussi une lippée. Le principal* en peult lever jusques à mi" mil flo-
« fa9t le jour de Saint -François est adveoii ^ Cet inquisiteur i était un homme rond
« par conspiration de XV ou XVI bélitreshol* let fort attaché au cardinal.» (Voir les
«landoisqui aboient conclu par ensemble Lettres du prévôt Morillon, tome VIO,
ude jecter pierres et empescher l'exécu- page i49-)
•• Uon, comme ils ont iaict. Les complices ' (Du*)
< sont rattaincz à Dordrecht et Amsterdam , ^ Jean Gilles , Tun des greflSers du con-
«. que conferment ce que dessus. » ( Coires- seil des finances.
pondance de Morillon, 1 , 1 85- 1 86 ; voiraussi * ( La duchesse de Parme ? )
le n'^CXXXlV ci-après.)
rins, et ainsi d'atiltres. Et ne l'a sceuie président Viglius ny Hopperus jusques je leur ay dit.
Vostre seigneurie faict fort bien de non s'eslongner de ia duchesse, puisque elle ne le faict. Elle at bien mal à la testée Le président et Hopperus en sçavent quelque chose ; mais je ne le puis entendre. Je leur ay dit et à Bave plus d'une fois , et passé trois mois , le raesme que vous m'escripvez, que au boull de xv joints vous seriez avec elle comme devant.
Tay fort bien noté et n oblieray les offices que se poulront faire commodément vers telz qui sçauront semer
Le président m'a compté que, durant son voiage, son altèze a receu lettres de Swendi que sont esté leutes au conseil d'estat , « qù» habent in summa » que TAllemaigne est paisible, congratulant que Testât de par deçà vat si bien , ne doubtant la continuation de bien en miéulx , puisque ceulx que l'administrent sont si aggréables au peuple 9 et que tous, roys et princes, doibvent estre soigneulx de faire administrer par gens acceptez du peuple ; et encores que ceulx qui sont esté heussent l'expérience et dextérité, que touttefois, pour n'avoir esté agréables, il n'y aurat que bien, puisqu'ilz se sont retirez, les tenir esloignez. Pour le second, que son altèze soit modérée en ce de la religion, sans user de sévérité, tant pour gaigner l'amour des subjectz que seront plus affectionnez, que mectre les princes de Allemaigne hors de subçon, pensantz que par ce l'on tend plus avant. De quoy se mesle cet ingrat baboin ? ToutteÊDis jamais phis saiges lectresl II accoustre bien les roys et princes, s'ilz doibvent choisir ou retenir ministres au goust du peuple, et sçait fort peu le mal que la relaxation * des édictz at porté à la religion. Si le président heust peu tenir Icsdictes lettres, il heust à vostre seigneurie envoie le double; mais il n'at esté creu* de les voir, ny les deux que dernièrement vostre seigneurie at envoie & son altèze, que a dit au conseil d'estat la communicquation que Sturmius et le conte
' En mai^ est écrit de la main de ^ (Relâchement.)
M. de Granvelle : MorbusfiUL ' (Admis.)
d'Oldemboui^ ont heu ensamble, sans faire mention t a quo habe-
ret, » et at prié le prince d'Orenges dy avoir Fœil dessus.
Les seigneurs ont trouvé bonne rassemblée que d^Andrenies ^ at tenu , « tum quia ducem Arscotanum odiunt , tum ut habeant socium. >•
Je tienz que les commissaires^ feront ce qu^ilz poulront pour tost achever, puis qu'ilz ne treuvent le désordre tel que Ton les avoit informé Moron emploura ses vacations à quelque chose, puisqu'il sert si bien MM. de Rye, qui alumeront le feu qu'ils ne sçauront estaindre.
J'ay envoie vos lettres à Tarchevesque de Cambray, que sont fort bien pour non s'embarasser, trop de luy; ce qu'il cherche est que chascun face pour luy, et luy rien pour personne.
Votre seig™ touche le marquiz de Berghes au vif. « Sed hœc est cecitas » des estatz de Brabant et de ceux d'Anvers, que ne consultent ny entendent , et s'attachent ad ce qu'ilz ne debvroient et laissent ce que conviendroit. Et serviront fort bien les deux poinctz pour emboucher soubz main ceulx qu'il convient
L'on est fort après pour regarder aux debtes ', et de suspendre touttes pensions, ronger^ g^g^s ; ^^ aidcungs ne seront hors d'advis de casser les consaulx que coustent tant; et mect l'on en avant de contraindre tous rentiers à consentir la réduction de leurs rentes qu'ilz ont sur le domaine au denier xx, que fera perdre son crédict . au roy et engendrera grande crierie. Je pense bien que la noblesse l'approuvera « ut idem sequatur. »
Il seroit mieulx que l'on n'accordist tant de conditions sur les aydes ; mais il faidt lesser faire aux saiges et user du dit de vostre seigneurie, «quod scis etiam. » Et me recommandant, etc. De Bruxelles, ce xmi* d'octobre 1 56 A.
* Chaiies de Rivel, seigneur d* André- * (Envoyés en Franche -Comté.} Voir
gnies , qui avait eu une querelle de table leurs instructions dans les Mémoires de
avec le duc d'Arschot. H se prononça Tun Granvelle, XIV, iSS-iSg. des premiers en faveur de la confédération * (Du roy.)
de i566. * (Rogner.)
LE BARON DE BOLWILLER
( Mémoires de Granvelle , XIV, 809 - 3 1 a . )
Fiorimont, 16 octobre i56d.
Monseigneur, pour responce aux lettres qu'il vous a pieu m'escripre du vu® de ce mois, sera en premier lieu vous remercyer trèshumblement des novelles qu'à vostre bon accoustumé me faictes part, et vous advertyr comme, le xii* d'icelluy, j'ay receu de la majesté de l'Empereur lettres, comme aussi aultres de monseigneur l'archiduc Charles* Quant ad ce qu'il vous playct toucher au faict de
mondit s»^ l'archiduc Charles, ce que j'ai veu concerner au bien de ses affaires, j'en ay tousjours adverty monseigneur l'archiduc Ferdinand son frère , comme mon seigneur et maître , mais avec clausule que , si luy sembloit bon, le faire entendre à mondict seigneur l'archiduc Charles; et pour austant qu'en la lettre susmentionnée, ledict seigneur archiduc Charles me requiert que je doibge prendre à cueur son bien et proffit, je luy envoyé ung sommaire de ce que je y voidz convenir; mais ce sera par premièrement l'envoyer a mondict seigneur l'archiduc Ferdinand, pour, si le treuve bon, luy faire tenir. Et, entre aultre, véant qu'il désire continuer au mariaîge d'Escosse, et ce que vous m'avez desjà touché par quelques voz lettres que y ayderiez volentiers, aussi que teniés que, pour ce qu'il touchoit le bien universel, et particulièrement es pays d'embas, sa majesté catholicque y assisteroit si elle en estoit requise, j'ay conseillé à mondict sei-
^ Ces lettres {Mémoires, XIV, 3 1 3-3 14) sont de pure courtoisie.
gneur Tarchiduc Charles qu'il doibt traicler avec ledict seigneur roy sur ce faict par vostre main; en quoy ayderoit fort, et seroit bien à propos ce que mons' de Chantonay, vostre frère, vad ambassadeur en court impériale, et Tamité quest entre nous deux. Car ainsi pourra ledict seigneur archiduc Charles traicter par ledict sieur vostre frère et moy emprez de vous, et vous par aprez avec sadicte majesté catholicque; et pour ce, je vouldroye supplier de m'advertir si vostre volenté sera estée telle.
Je voidz que ne suis seul d'estre en peine de ne recevoir beaulcop de novelles pour le danger de peste, lequel m'a réduict en ce lieu tant im propice pour cela ; mais comme ceulx du régiment d'Angnessey me sollicitent de retourner en mon gouvernement, pour cause que, dez la mort du prescheur catholicque d'Agnau\ aulcuns particuliers dudict Agnau ont faict requeste à leur magistrat de leur faire avoir un prédicant de la novelie religion et pour leur administrer le sacrement sab ntraqne specie, et lequel magistrat avoit cbncédé et obtempéré , et de faict prié monsieur le duc de Wirtemberç pour les en pourveoir^, par où il estoit à craindre la perdition de ladite ville, je me doubte que je ne soye forcé de me retreuver par delà, mesmes en ung cloistre deux petites lieues d' Agnau, où se
sont retirez les gens du conte de Bische * Mais j'attendray en-
coires ce que je pourray, pour veoir si ce renfreschissement de temps apportera mélioration
Touchant ce que j'ay rescrrpt à Rome, je n'ay encoires de nulle part response, et puisque le prince que sçavez ne me respond , je vous
* I Fort docte personnaige, •suivant une lettre du baron au cardinal, du 5 précédent n lui mandait déjà • que ceux d*A- « gnau sont en bransie s*ils doibvent prentdre la nouvelle religion ou non, • ajou« tant que • si mons' Tarchiduc (Ferdinand) « y veut entendre , lui-même les en gardera « fort bien. » [Mémoires de Granvelie, XIV, 198.)
* Ce piince, déférant à la denutnde, ût passer à Haguenau Tun de ses plus savants théologiens, le D' Jacques André», qui devint prévôt de Téglise et chancelier de Tuniversité de Tubingue.
' La maison de Bitche s*éteignit avec le comte Jacques, mort en 1670, laissant une fille unique , Marie-Louise, qui s*allia dans la maison des comtes de Hanau.
vouidroye prier, comme je faii^ de me donner conseil si je Ten doibtz solliciter. ....
Ce que m'escripvez de monseigneur Tarchiduc Ferdinand, au faict de la soubçon quon a , etc. {sk), monseigneur, en cela et en toute
ne peult perdre (en cas de non bien succéder), sinon payer pour trois cens hommes le gaige d'ung mois , pour armes viii^ talardz , huict cens escuz pour aultre chose, et faire que les garnisons des environs, subjectz à sadicte majesté , comme Théonville et aultres fortz , jusques à trois milz hommes, viennent, à une heure que Ion leur dira, en une place sur ce recogneue et assignée près dudict Metz. Mais si sa majesté ne vouioit faire ladicte emprinse en son nom, ne que Ton sceust qui seroit Fautheur qui conduyra, ny quil sera le chief, il faufdroit tousjours payer ce que dessus, les corseletz, picques, halebardes et arqueboiizes de gens de guerre, jeusques audict nombre de troiz milz, que Ton treuveroit Csicilement et propres à la besoingne, et quelques huict milz escuz pour contenter ceste course; et en cas de bon succez , payer lesdits gens de guerre pour ung mois. S'il ne succède, Ton reprendra les armes, ausquelles Ton ne peult gueires perdre : mais quant aux vm™ escuz, ils seront perduz. Et si je voyoye et fusse asseuré que par mes mains Ton voulsist exécuter ladicte em^ prinse , je feray ung discours des moyens que j'ay, que je suis sehur Ton treuvera la chose fort fésable, le tout à Tayde de Dieu : bien entendu que ladicte emprinse se doibt mettre en œuvre en jLemps sec.
Je vous remercyei très-humblement de ce que me faictes si grande part des nouvelles d'Angleterre, en quoyje vous prie de continuer; et me send)le, ad ce que j'en voidz , que la majesté catholicque debvroit tant plustost procurer ce mariaige d^Escosse , véaût que la royne d'Angleterre se démonstre tant insolente en son endroict.
Je ne sçay si Sturmius et Gaspar Gamaut sont mortz , car je n'ay jamais depuis eu nouvelles d'eulx; et j'en doubteroye quelque chose, tant pour ce que l'on meurt fort à Strasburg, que pour ce que j'ay envoyé trois ou quattre fois en la maison dudict Sturmius, sans que j'aye nouvelles de rien : j'en sçauray toutesfois en brief la vérité.
Je suis très-aise de la venue de mons' de Chantonnay vostre frère, en bonne santé et si bien contant de la majesté catholicque
Ce sont de très-bonnes novelles poiur la chrestienté de la prihse du Pignon de Velès dont il vous a pieu m'advertyr, que je vous re-
mercye très-humblement, desquelles je n'ay beaulcop moyen pour rheuïe me revancher, et par ainsi finissant ceste, etc. Dez Florymont, ce XVI* en octobre 1 564.
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loir aussi, et ont donné en oultre une requeste fort générale \ pour quasi de tout anéantir Tinquisition et jurisdiction ecclésiasticque , laquelle ceidx du* privé conseil ont trouvé de fort mauvais goust, et a Ton esté d'advis de faire sur îcelle communiquer avec eulx et entendre de plus près leur intention. Ce pendant Titelmannus est icy, pour respondre à ce qu*ilz voiddront mettre et dire à sa chaîne , et se trouve son altèze bien empeschée , comme nous luy représentons rintention de sa majesté, et que d'aultre costel Ton luy mect en avant les inconvéniens et dangiers esquelz Ton viendra tomber par rinquisition et rigueur jusques icy usé contre ceulx qui ne prétendent, comme ils disent, que pouvoir demourer en la liberté de leurs consciences. Et fut par aucuns, ces jours passez, fort louée la prudence d un que V. I. S. cognoistra par le stil, escripvant à son altèze et discourant les affaires d'Alemaigne , qui suadoit le mesmes , adjoustant quelque article qui samble toucher V. I. S. et moy, conune icelle verra par l'extrait ci-joinct^ ; et à la longue je ne vois que sçaurons drapper ' avec ceulx qui présentement gaignent le crédit , et ne trouvent riens bon du pied que cy-devant Ton a suyvy en la conduicte des affaires publiques.
Mons*" de Berlaymont est de retour, mais en guères meilleur crédit vers son altèze que fnoy, sinon qu'il a plus libre audience « et « potest loqui cum illa sine arbitro, quod mihi raro contingit. »
L'on a adverty sa majesté de ce qu'est advenu en Anvers, l'exténuant le plus qu'on peult ; mais je tiens que Del Canto et aultres ne taisront riens; et faict grandement i craindre qu'on verra en brief, tant illecques que aultre part, par ceste impunité accroistre l'audace de ces canailles, que après se laissera mal réprimer.
Les souldartz de Valenciennes se licentient; la ville y contribue vingt mille florins, et demeure plesgé pour sèze mille, combien que
* Mémoires de GranveUe, XIV, 3a 7 et Flandre. — ' Voir Tannexe B, «ortie de
3a8. Les pièces qui vonl suivre, A et B, la plume de Lazare Scbweodi. — ' Aller,
ont paru devoir rendre inutile lapublica- marcher d'accord, tion de la requête des quatre membres de
ce dernier poînût de la plesgerie n est encoires de tout cler : Dieu vueiile que désormais ils soyent plus saiges et ne retournent à leur nature , voyant nostre povreté et comme la chose passe en Anvers ; et pourrons icy bien veoir le mesme jeu, si Ton procède à la punition de ceulx qui sont icy détenuz bien longtemps, pour cause des hérésies et contravention des placcartz.
Nous pensions ceste sepmaine veoir la fin des aydes de Brabant; mais les prélatz y mectent nouvelle difficulté, ne se tenans assez asseurez de ce que sa majesté a promis de procurer la révocation des unions, se plaindans de quelques propoz que Sonnius doibt avoir tenu, et ne se fient aussi à V. I. S., et craindent que le pape se laissera persuader de non y consentir. Je ne sçay à la fin ce que ce sera, voyant tant de changemens journellement es opinions de noz estatz de Brabant.
Je pense que j^estois quite de la déposition que Renard avoit requis que j'eusse à faire sur les rapportz faictz du procès de Quiclet ; mais comme s^n altèze y a insisté et ordonné de luy donner par escript ce que je pouvois sçavoir, je suis esté constrainct de y obéyr ; mais ne me y suis pas fort eslargy, me référant à ce que se pourra trouver à la greffé de la court du parlement de Boui^ongne , et par le sommaire recueil de tout dressé par le feu conseiller Hontzocht, duquel luy a donné copie qui ne faict guères à son avantaige. L'on tient icy ^'il sera jà arrivé en Espaigne, où, s'il peult, nous suscitera des fâcheries, si le roy ne tient bon; et certes si mess^ d'Espaigne verront le seul sommaire que desus, ilz jugeront facilement comment feu l'empereur et le roy sont esté serviz pendant ses ambassades.
Son altèze m'envoya ces jours passez vostre lettre en crédence du prévost d'Aire, avec la reqUeste pour la possession des limites; et depuis luy ramentevant icelle, me dist que il convenoit encoires avoir pacience jusques que le faict des aydes soit achevé; et, suyvant ce, j'ay paour que ce sera à la longue, et que quant ores l'on aura l'accord des vieilles aydes, l'on vouldra user du mesme prétext
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pour celle de Fentretenement des garnisons Et à tant, etc. De
Bruxelles, ce 18 d'octobre i564.