‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 2)Chapitre 47 sur 77 · DU VI EN NOVEMBRE · texte numérisé non relu

DU VI EN NOVEMBRE

(Mémoires de Granvelle, XV, 187.)

Le prince de Condé , Tadmiral et Andelot s'estoyent joinctz ensemble soub couleur des riopces qu'a faict ledict Andelot en Lorraine, pour machiner quelque chose contre Dieu et contre leur roy, estans assistez du mareschal de Montmorenci, qu'est lung des plus malheureux homme et subject que le roy aye après le chancelier. Lequel chancelier a esté en grande soubçqn que sa saincteté le vouloit faire tuer par le moyen de Fabricio Servillon^ et du vice-légat sortant, de laquelle il est rentré en plus grande, qu'est que mons"" deCaceres^ gentilhomme bien cathofique, l'a voulu tuer' et en a demandé licence au Voy, et s'est oflFert de gecter tous leà hùguenotz hors de Provence ; à quoy l'on n'a voulu consentir,- pour non vouloir rompre l'édîct d'Orléans. Lesdicts seigneur roy et sa mère ne se déclarreront aulcunement jusques après avoir visité tout le royaume, et s'asseurer

* Par une lettre du 33 octobre, le prévôt Morillon annonce au cardinal que t les « estatz de Brabant accordarent, le xx de « ce naois , Tayde , avec conditions de rele- «nir des deniers d'icelle vu miHe florins, « et que son $il(èze, dedans six mois, obtiena droit à Rome la suppression des unions » (de certaines abbayes aux nouveaux sièges épiscopaux). { Corre^ondance , I, i83. )

* Serbelloni. ïl était frère de Gabriel, qui se distingua comme ^néral d^artillerie dans les guerces de Tinsurreclion des Pays-Bas; lui-tâême était gouverneur de Fél^t d'Avignon depuis 1 &60. Six ans après, nommé général de rÉ^lîse, il se rendit k Rome , où il mourut peu après.

' Le comte de Carcés, Tûn des chefs de^ catholiques en Provence.

d'icelluy^ Encoires qu'à ces téméraires huguenotz Ton aye faict grandes oflEres, si ne les peult Ton faire sortir de Tholoze. Les François se siiadeât et font compte que , à la prochaine diette que Tempereur veult tenir, ilz veulent demander l'investiture de Metz, que leur doibt estre donnée, selon la promesse qu'ilz dient Ton leur en a faict.

AU BARON DE BOLWILLER

( Mémoires de Granvelle , XV, 4o-4 a • )

BaudoQCoort, 7 novembre i564.

Monsieur. .... Les vi^ mil escuz seront, comme je tiens pour certain , Targent que l'électeur de Saxen envoyé au roy de Dannemarche, son beaul-frère, etpeult-être ne sera la somme si grande; et sur ce point ne sçauroye dire aultre chose que le contenu en mes précédentes. Je tiens qu à la fin le sieur Pîetre Oss vous viendra trouver, et lors j'espère que vous entendrez de luy plus certainement le fondement de Temprinse; et jusques lors n'en sçauroye dire aussy aultre chose , ni veulx répliquer sur les lettres de mons' de Sillières , pour en avoir dict assez

Quant à ce de Torlonne, je vous ai jà dict que j'ay faict au roy les remonstrances que son altèze m'a commandé , et que j'ay entendu depuis par voz lettres estre de son intention. La response que j'ay eu bien tard, je l'ay faict entendre à son altèze, luy envoyant les lettres des mains de sa majesté pour elle ; et, respondant à sa majesté, je l'ay adverty de la response que son altèze me fit , mais non

pas à là vérité des particulières répliques de mons" de Sillières contenues en ce qu'il vous a escript, pour que telles choses ne se pregnent sy bien^ ny font tel eSeci par lettres comme quand il y a personne qui les peult proposer et réplicquer; ce que je feroye fort voulentiers si j'estoye là, et ne me grèvera jamais de m'employer au service de son altèze» n'est que, comme j'ay dict, en chose où, sans luy faire service, je pourroye recepvoir dommage, qu est ce que j*ay tousjours dict sur le faict de Dannemarche; et vouldroye en beaucoup de choses luy pouvoir aultrement correspondre que de donner lettres pour lettres, et la servir d'effectz. Mais, comme vous sçavez, ce sont choses qui se peuvent mal de sy loing, et, comme vous avez veu mes lettres, je pense que vous avez cogneu que j'ay dict fort franchement advis de ce qu^il m'a semblé et j'ay entendu; et ne doibt Ton trouver estrange sy, es choses où je ne voy remède, je ne m'avance de parler; et cecy suffit, et vous prie que ce soit pour vous.

Je suis encores en cela, que la diette se feï'oit plus authorisément si nostre maistre estoit en Flandres, et congnoist le dommage que et la chrestienté en général et les affaires de sa majesté en particulier reçoipvent de la dîlation de ceste venue, et ne m'en suis teu; car il y a plus de trois ans que j'en faiz très-grande instance, et que j'ay fort vivement procuré que madame de Parme , et plusieurs aultres dois lors, en ayent sollicité sa majesté, laquelle dict tousjours qu elle le désire et cognoît le besoing, et tousjours, de temps à aultre, a donné excuses de sa dilation.

Pour Dieu, n'adventurez vostre personne si la peste est à Hagnaw, et plustôt tenez-vous en quelque lieu plus près , mais non dangereux, doiz lequel vous puissiés avoir meilleure correspondence , et remédier audict Hagnaw aux affaires de la religion, s'ilz en ont besoing

Quand vous aiurez vos papiers, je vous prie de m'^nvoyer, comme vous m'escripvez, le mémorial touchant Metz : ce seroit bien ung grand mal que monsieur le prince de Condé y myst le pied

Vous avez trèsrgrande raison de dire que ce qu'est advenu en An-

vers debvroit tant plus ouvrir les yeulx au roy nostre maistre, pour luy faire cognoisti'e la nécessité de sa venue; n'est que de Flandre^, pour luy donnera entendre que tout va bien maintenant, ilz luy escrtpvent que ce qu est passé là n'est grand chose : mais, à moy, il nie semble que c'est trop, et que sa majesté, de raison, le doibt considérer.

Ce sont Êibles ce que Ton dict que je doibge aller à Naples pour vice-roy. Il y a un vice-roy bien homme de bien\ et à l'instance duquel Ireschement le royaume a accordé ung million d escuz pour

le roy et lx mil escuz pour monseigneur nostre prince Sy

est-ce que je ne puis synon vous mercyejr très-aflFectueuscment le bien que vous me souhaittez.

Je ne me veuix équiparer à monseigneur le cardinal de Lorrayne, ny me soucye beaucoup de ce que aulcungs sans fondement peuvent dire. Ma fin, c'est de servir à Dieu et à mon maistre où l'on me vouldra employer, et surtout seroye plus content d'être en mon église pour y rendre le debvoir, sans me mesler d'affaires aultres que de procurer, à mon pouvoir, le bien et repoz publique et la conservation de la religion

Je vous mercye très-affectueusement la copie que vous mîavez envoyé des lettres de mons' de Sillières, et je suis esbéhy, comme vouis, de ce qu'il dict du mariage de mons' le prince de Parme , le vous escripvant comme chose nouvelle, y ayant tant de tenips que je vous en ay adverty et que luy avez escript; ny sçay quel grand discours il puisse faire sur .ce.

Je n'ay rien entendu que l'on ayt donné à don Joaa d'Austrice le duché de Gheldres, ny n'est apparent, ny le croys.

Swendi a heu congé pour aller au service de l'empereur,, demeurant joinctement aux gaiges du roy nostre maistre , et ne pense pas que ce congé soit esté révocqué, ny que Ton l'ait rappelé à sy grande

* Don Parafai! Henriquez de Ribera, commencement de 1671, que le cardinal duc d*Alca]a, promu à cette dignité en de Granvelle fut appelé à lui succéder. 1559. Ce n'est qu'à sa mort, arrivée au

diligence comme Toii. Tescript ; et je sçay qu'il a esçript à madame de Parme, il ny a pas longtemps, sans &ire mention quelconque d -aller aux Pays-Bas, où a^ussy Ton ne la appelle.

Je ne sçay quejles sont les practiques dont le seigneur don Francès doibt avoir escript» que ceulx de Genèye tiennent aux frontières de Lorrayne et d'AUemaigne pour l'acereue de leur religion, synon les ordinaires, et aussy n'ay-je lettres dudit seigneur don Francès, il y a deux mois.. ... et ce qui clost nostre communication, c'est que ceulx que j'envoye vers Lyon sont bannys et empeschés de pouvoir entrer quasy en toutes les villes et villaiges de ce conté , à cause de la peste, sy grande garde y mest Ton ; de manière que Ton ha peyne

de trouver gens quy veullent pourter lettres Bien a l'on ad-

verty monsieur de Vergy que les practiques de ceuk de Genève sont de mettre la peste en ce pays , s'ik peuvent , comme ila l'on faict aux terres de M. de Savoye, et sont esté prins prisonniers et exécutez aulcuns à Chambéry, quy, de la part de ceulx de Genève, faisoient ce

beaul office Et me recommandant affectueusement, etc. De

Baudoncourt,^ ce vu* de novembre 1 564-

A LA DUCHESSE DE PARME

(Mémoires de GranveUe, XV, 63.)

Baudoncourt, lo novembre i56i.

Madame, ceux def Dole ont, comm'ilz dient^ eu quelque advertissemeijLque Ton contînuoit, tant devers l'empereur moderne que à Rome, foire potu^suyte pour obtenir que réalement Ion ayt université à Besançon; et combien que ce seroit tien ce que jdus convien-

m PAPIERS D'ÉTAT

droit à img collège que feu monsieur de Granvelle éxlifia et fonda audit Besançon, pour l'institution des curez S où Ton lict journellement, à peu de fruictà faulte d'auditeurs, sy est-ce que, considérant les raisons qu'ont mébu sa majesté de soliciter l'empeschement de ladite université, il me semble que c'est à très-grande raison; par où je ne veulx délaisser de sup]f)lier très-humblement votre altèze pour leur satisfaire , ores que je ne sçay estre de besoing, qu'il lui plaise faire dé«pescber lettres tatit à sa majesté impériale que au cardinal Pacheco ^, à l'effet qu'ils prétendent et désirent; ce tjue se fera aisément, si l'on veidtreveoir celles que, par deux fois pour le moings, l'on a escript à feu sa majesté impériale' et au comendador-maior de Castille*. Et n'estant ceste à aidtre fin, etc. De Bauldoncourt, ce x,*de novembre 1 564.

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