AU PAPE PAUL IV
Sans date [21 août 1 556].
Très-saint père, j'ai reçu le bref que vous m'avez envoyé par Dominique del Nero , et appris en même temps de sa bouche les différentes commissions qu'il avait à me faire , c'est-à-dire les excuses et prétextes dont vous cherchez à couvrir une foule de démarches, aussi injurieuses que nuisibles au roi mon maître, au sujet desquelles j'avais envoyé faire des représentations à votre sainteté par le comte de Saint- Valentin }. Les réponses que j'ai obtenues n'étant point d'une nature satisfaisante , je n'ai pas jugé nécessaire de pousser plus loin la discussion , surtout depuis que V. S. a mis le comble à ses torts par de nouvelles et
1 Jules Tolfa, comte de San-Valentino.
basten á satisfazer y á excusar lo hecho , no me ha parescido necessario usar de otra replica , mayormente haviendo vuestra santitad procedido á cosas mas prejudiciales y agravios mas pesados, que muestran abiertamente que tal sea la voluntad y intención de vuestra santitad ; y porque vuestra santitad me quiere persuadir que yo deponga las armas , sin offrescer por su parte ninguna seguridad á las cosas, dominios y estados de su magestad, que es lo que solamente se pretende, me ha parescido por mi postrera excusación y justificación embiar con esta á Pirrho de l'Offredo, cavallero napolitano, para hazer saber á V. S. loque por otras mias algunas vezes he hecho. Y es que siendo la majestad Cesarea y el rey Philippe, mis señores, obedientissimos y verdaderos defensores de la santa sede apostólica, hasta agora han dissimulado y suffrido muchas offensas de vuestra santitad, cada una de las quales ha dado justa occasion de se resentir de la manera que convenia; haviendo vuestra santitad dende el principio de su pontificado començado á opprimir, perseguir, encarcerar y privar de sus bienes los servidores, criados y af-
TRADUCTION
plus graves offenses, qui ne peuvent plus laisser aucun doute sur ses intentions véritables. Cependant , comme V. S. voudrait m'amener à déposer les armes , sans me fournir elle-même aucune garantie pour la sûreté des états et domaines de S. M. , seul objet qui nous occupe, j'ai adopté un dernier moyen de conciliation, en dépêchant Pirrho del Offredo1, gentilhomme napolitain, porteur de la présente lettre , laquelle est destinée à mettre de nouveau sous les yeux de V. S. quelques-uns des sujets de plaintes dont je l'ai précédemment entretenue. Voici les principaux et plus importants : S. M. I. et le roi Philippe, mes seigneurs et maîtres, tous deux fils obéissants et loyaux défenseurs du saint -siège apostolique, ont cru devoir jusqu'ici endurer dans le silence, de la part de V. S., un nombre infini d'injures et d'outrages, quoique chacun d'eux eût suffi pour exciter leur plus légitime ressentiment. En effet, dès les premiers jours de son pontificat, V. S. a commencé à persécuter, opprimer, incarcérer et dépouiller de leurs
1 De l'illustre maison des marquis de Trevico.
ficionados de sus magestades, y haviendo despues solicitado y importunado principes , potentados y señorías de cristianos á entrar en la liga consigo, á daño de los estados, dominios y reynos de sus magdes; mandando tomar sus correos, y de sus ministros, quitándoles y abriéndoles los despachos que llevavan , cosa que solamente los enemigos suelen hazer; ha también vuestra santitad favorescido, ayudado, y dado officios, beneficios y gobiernos á los delinquentes y rebeldes de las dichas magestades, serviéndose dellos en cargos y lugares de donde pueden causar desasossiego á sus estados y reynos; demás desto vuestra sanctitad ha hecho venir gente francesa y estrangera en las tierras de la yglesia, sin poderse coniecturar otro sino una intención dañada de querer occupar este reyno; lo quai se confirma con ver que vuestra santitad secretamente ha levantado gente de pié y de cavallo , y embiado buena parte della á los confines; y, no cessando de su propósito, ha mandado tomar en prisión, y tormentar cruelmente á Juan Antonio de Tassis, maestro de postas, quitándole aquel officio que sus magestades y sus antecesso-
TRADUCTION
biens les sujets, serviteurs et amis de leurs majestés, n'ayant cessé, depuis cette époque , de solliciter, et même importuner, les princes et autres potentats de la chrétienté, afin de les associer à une ligue essentiellement préjudiciable aux états, domaines et royaumes de ces deux monarques ; faisant arrêter leurs courriers et ceux de leurs ministres, enlevant les dépêches dont ils étaient porteurs, les ouvrant et en prenant connaissance, chose qui ne se pratique jamais qu'entre ennemis déclarés. V. S. a également accordé faveur et protection, conféré des bénéfices et des dignités aux sujets coupables et rebelles de leurs majestés, les plaçant en tels postes et lieux d'où ils pouvaient facilement semer le désordre dans les états de leurs anciens maîtres. Non contente d'user de procédés si étranges, elle a encore introduit dans les terres de l'église des troupes françaises et étrangères, sans qu'il fût possible d'assigner à cette démarche une autre intention que celle plus que reprehensible de s'emparer du royaume de Naples , ainsi que le prouvent suffisamment encore ces levées secrètes d'infanterie et de cavalerie, dont une portion considérable a été envoyée sur les frontières. C'est aussi par suite de ces
res han acostumbrado siempre tener en Roma; de lo qual no contento ha carcerado y mal tractado á Garcilasso de la Vega, criado de su magestad, que havia sido embiado á vuestra santitad á los effeetos que bien save. Ha publicamente dicho muchas vezes palabras tan pesadas en prejuyzio de sus magestades que no convenían á la decencia y amor paternal de summo pontífice; todo lo quai, y otras muchas cosas, como está dicho, se ha suffrido mas por el respecto que se ha tenido á la santa sede apostólica y al bien público, que no por otra causa, sperando siempre que vuestra santitad huviesse de reconoscerse y tomar mejor camino, no pudiendo persuadirse nadie que vuestra santitad, por beneficiar y engrandescer sus debdos, quisiesse estorbar la quiete de la cristiandad y d'essa santa sede, especialmente en estos tiempos tan llenos de herejías y dañadas opiniones, á las quales fuera mas justo y conveniente attender, para desaraygarlas y corregirlas , que no pensar de offender sin ninguna causa á sus magestades. Empero , viendo que la cosa passa tan adelante, y que ha permitido vuestra santitad que en su presencia el
TRADUCTION
mêmes dispositions sinistres qu'elle a fait jeter dans les fers et tourmenter cruellement Jean-Antoine de Taxis, maître des postes, le dépouillant d'un office que ses ancêtres avaient toujours exercé à Rome, et dont leurs majestés l'avaient pourvu; faisant de même emprisonner et maltraiter Garcilasso de la Vega, serviteur du roi, envoyé auprès de V. S. pour certain sujet qu'elle n'a pas oublié sans doute. Enfin, dans plusieurs circonstances, elle a tenu publiquement des propos très-injurieux à S. M., et aussi peu convenables à la dignité d'un souverain pontife qu'à la charité dont toutes ses actions doivent porter l'empreinte. Ces offenses et une foule d'autres ont été patiemment endurées, je le repète, beaucoup plus par égard pour le saint-siége apostolique et le bien des peuples, que pour tout autre motif; mais surtout dans l'espoir que V. S. finirait par reconnaître ses torts , et se déterminerait à suivre une autre ligne de conduite. Personne, en effet, ne pouvait se persuader que, dans le but unique d'élever les siens, elle consentît à troubler la paix de la chrétienté et du saint-siége lui-même, particulièrement à une époque où de toutes parts surgissent tant d'hérésies, tant de damnables
procurador y abogado fiscal d'essa santa sede ayan hecho en consistono tan injusta, iniqua y temeraria instancia y demanda que al rey mi señor fuesse quitado el reyno , acceptando y consintiendo á aquella vuestra santitad, con dezir que lo proveeria á su tiempo; y viendo que en el monitorio despachado contra Ascanio déla Cornia, vuestra santitad publica á su magestad por enemigo d'essa santa sede, y que al conde de Sainct- Valentin en público ha dicho contra las mismas personas de sus magestades muy feas palabras; conosciendo que claramente muestra mala satisfacción de la tregua hecha, siendo tan provechosa y necessaria á toda la cristiandad, y que no se contenta de acrescentar y engrandescer sus debdos con el medio y buena voluntad de su magestad, haviéndose offrescido tantas vezes hazerlo de su propria hazienda y patrimonio, en lo que se da á entender abiertamente que su dessiño no es otro que de offender á su magestad, como también lo ha mostrado antes de ser hecho summo pontífice, quando en tiempo de los rumores de Ñapóles no faltó de
TRADUCTION
opinions, qu'il eût été plus juste el plus convenable de s'attacher à combattre et à détruire, que de songer à offenser leurs majestés sans aucune espèce de motifs. Cependant, voyant que les choses ont été poussées encore plus loin, et que V. S. a permis qu'en sa présence le procureur et l'avocat fiscal du saint-siége fissent , au sein du consistoire , la téméraire et inique proposition d'enlever au roi mon maître le royaume de Naples1, autorisant elle-même un tel excès par sa réponse, qu'elle y pourvoirait en temps et lieu; voyant, en outre, que, dans lemonitoire lancé contre Ascanio de la Cornia2, elle déclare le roi d'Espagne ennemi du saintsiége; informé qu'elle a tenu publiquement, devant le comte de Saint-Valentin, les propos les plus injurieux à la personne de leurs majestés; sachant de même, à n'en pas douter, le dépit que lui cause la conclusion de la trêve si nécessaire à toute la chrétienté, et que, pour élever et enrichir les siens, elle
1 Sous le prétexte qu'il était tombé en Devenu suspect au pape et condamné par
commise. l'inquisition , il s'était retiré près du duc
* Ascanio de la Cornia, gouverneur de d'Albe, qui le fit maréchal de camp dans
Velletri et excellent homme de guerre. son armée.
aconsejar y solicitar á papa Paulo IIIo á la invasion del reyno, con persuadirle que no perdiesse tal coniunctura, Estando pues las cosas sobre dichas en el estado que están, y. conosciéndose claramente que délias no se puede esperar otro sino la perdida de la reputación, estados y reynos de su magestad, después de haver usado con vuestra santitad de todos los cumplimientos y términos que se han visto, haviendo vuestra santitad reduzido ultimamente á su magestad en tan estrecha y extrema necessidad que, si qualquiera muy obediente hijo fuesse desta manera por el proprio padre opprimido y tractado, no podria dexar de se defender y quitarle las armas conque le quiere offender, no pudiendo faltar á la obligación que tengo como ministro, á cuyo cargo están los estados de su magestad en Italia, seré forçado proveerme para la defensión dellos, procurando, con el favor y ayuda de Dios, quitar á vuestra santitad las fuerças de les offender, en aquella mejor manera que pudiere. Y aunque pudiera excusarme de semejantes justificaciones, haviéndo-
TRADÜCTION.
ne veut plus s'étayer de l'appui du roi, malgré ses offres si souvent réitérées d'y contribuer de ses deniers et de son propre domaine: ce qui prouve clairement son dessein d'ajouter de nouvelles offenses à celles qu'elle s'est déjà permises envers S. M., avant même d'être élevéeau pontificat, lorsque, àl'époque des troubles de Naples, elle ne ménagea aucune sollicitation auprès du pape Paul III pour que, saisissant une conjoncture aussi favorable, il se rendît maître de ce royaume. Les eboses étant donc venues au point que je viens d'exposer, sans qu'il soit désormais possible de leur assigner d'autre issue que la ruine totale de la réputation des états et royaumes de S. M. , après avoir usé envers V. S. de tous les procédés et ménagements que ebacun connaît, ce qui ne l'a pas empêchée de se laisser aller tout récemment encore à de telles extrémités à l'égard de S. M. , que le fils le plus respectueux, exposé par son père à de tels sévices, ne pourrait se dispenser, dans l'intérêt d'une légitime défense , d'aviser aux moyens de le mettre dans l'impossibilité de lui nuire davantage; ne pouvant non plus manquer à mes devoirs, comme ministre chargé du gouvernement des états de S. M. en Italie , je me verrai contraint de prendre des mesures pour leur protection , et de travailler, avec l'aide
las hecho tantas vezes con vuestra santitad; todavía, como zeloso de la quiete de la cristiandad, y desseoso que la trabajada Italia resciba algún descanso, y por el acatamiento y reverencia que sé que tienen sus majestades á essa santa sede, hé querido agora postreramente supplicar y importunar á vuestra santitad, echándome á los pies, que sea servido mirar á los infinitos trabajos y acotes, con los quales Nuestro Señor ha permitido que aya sido trabajada la cristiandad; las inumerables miserias, las calamitades y extrema necessidad en las quales, no sin sospecha de pestilencia, se halla; los increybles daños, las insuffribles destruiciones, los crueles homicidios, con manifiesto peligro de la pérdida de las almas, los saqueos, incendios, despoblaciones de cibdades y tierras; los estupros, adulterios, y los otros infinitos males que nascen de las guerras, sin podellos excusar, y como buen pastor se contente de dexar á parte le odio y pensamiento que tiene de offender á sus magestades en sus reynos y estados, y sea servido de abracar y rescebir con caridad y paterno amor á la magestad del rey mi señor, el qual, si-
TRADUCTION
et faveur de Dieu , à mettre, selon mon pouvoir, V. S. hors d'état de leur occasionner désormais ie moindre dommage. J'aurais pu facilement me dispenser d'entrer dans tous ces détails, après les lui avoir déjà tant de fois retracés; cependant le zèle qui m'anime pour le repos de la chrétienté , mon désir de voir la malheureuse Italie se relever de ses pertes, le respect et la déférence que j'ai toujours vu témoigner au saint-siége par LL. MM., m'engagent à supplier une dernière fois V. S. et à lui demander avec instances, en me prosternant à ses pieds, de vouloir bien jeter ses regards sur les maux sans nombre dont Notre -Seigneur afflige depuis quelque temps la chrétienté : misères de toutes sortes, calamités, nécessités pressantes, sans parler du fléau de la peste qui la menace; ravages sans exemple , destructions inouïes, homicides d'autant plus cruels qu'ils exposent les âmes à un péril imminent; pillages, incendies, dévastations de villes et de territoires, viols, adultères, et mille autres désordres que la guerre entraîne après elle, sans en justifier aucun. QueV. S., semblable au bon pasteur, renonçant à sa haine età ses projets sinistres contre LL. MM., daigne recevoir dans ses bras et accueillir pa-
guiendo las pisadas de su padre, ha siempre offrescido, y de nuebo ofïresce la propria persona con todas sus fuerças en servicio d'essa santa sede; y pues que el omnipotente y summo Dios, al cabo de tan largos trabajos, sobrepujando con su bondad y misericordia a los infinitos nuestros pecados, ha sido servido darnos el descanso y necessario remedio y quiete de la tregua, no quiera vuestra santitad , con el pensamiento y desseo d'engrandescer sus debdos ( pu- .diendo, como he dicho, hazello con buena voluntad de su magestad en el regno , con quiete perpetua , como su magestad le oflresce), estorbar el bien que ha concedido á la cristiandad , mas antes, como verdadero pastor, diputado á apascentar, y no dexar devorar las ovejas que tiene á cargo, permita que el pueblo cristiano, después de tantos y tan continos daños que ha padescido , pueda gozar d'esta bendita gracia, respirando y descansando en la tregua, y en la sperança que tiene de paz perpetua; y siendo vuestra santitad, como es razón y yo spero, desto servido, le supplico que con los convenientes y débitos medios y maneras mande assegurar á su magestad
TRADUCTION
ternellement le roi mon maître, qui, suivant les traces de son auguste prédécesseur, a constamment offert , comme il l'offre encore, sa personne et ses biens au service du saint-siége ; et puisque le Dieu tout- puissant , après les maux infinis qui nous ont accablés et malgré nos offenses sans nombre, sacrifiant les droits de sa justice à ceux de sa miséricorde, nous accorde le bienfait d'une trêve réparatrice et si nécessaire, V. S., pour le seul but d'agrandir les siens (ce qu'elle peut faire d'ailleurs, comme je l'ai déjà dit, avec la coopération de S. M. et sans troubler la paix publique) ne doit pas priver la chrétienté d'un aussi grand bienfait; tout au contraire, semblable au bon pasteur qui paît les brebis confiées à sa garde , loin de les laisser dévorer, elle doit permettre que le peuple chrétien , se reposant de ses angoisses passées, savoure à longs traits les douceurs de cette trêve, heureux augure d'une paix solide et durable. Dans le cas où, comme la raison le réclame et ainsi que je l'espère de sa modération, V. S. daignerait se rendre à mes humbles instances, je la supplie de donner à S. M. l'assurance la plus positive et la plus formelle qu'elle ne cherchera jamais directement ou indi-
de no le offender ni hazer offender en el reyno, ny otros estados, y dominios suyos, satisfaziendo particularmente á todo lo sobredicho, y proveyendo á los daños que podrian succeder; que yo, en nombre de su magestad , me ofresco prontissimamente hacer lo mismo, certificando y assegurando que su magestad no pretende ningún interesse ni otra cosa de vuestra santitad, ni tiene intención de disminuir un pelo el dominio y estado de la santa sede apostólica, y que él y sus servidores y afisionados no dessean otra cosa que quedar seguros que vuestra santitad no aya de inquietar ni molestar á su magestad en sus estados y reynos; y assi yo protesto á Dios y á vuestra santitad, y á todo el mundo junto, que si vuestra santitad, sin declaración de tiempo , no quiere quedar servido de hacer y exercer lo sobredicho, yo pensaré en defender el reyno á su magestad en las mejores maneras que pudiere, y los males que dello resultaren , hayan sobre el alma y conciencia de vuestra santitad.
TRADUCTION
rectementà lui nuire, soit dans le royaume de Naples , soit dans ses autres états et possessions, prenant, en outre, des mesures efficaces pour réparer le passé, et prévenir le retour d'excès semblables à ceux dont j'ai dû me plaindre. De mon côté, je suis prêt à donner à V. S. , au nom du roi mon maître, les mêmes assurances en ce qui la concerne, lui certifiant et protestant que S. M. n'entretient à son égard aucune disposition hostile, et que, loin de songer à diminuer de l'épaisseur d'un cheveu l'autorité et les possessions du saint-siége apostolique, lui, ses alliés et ses serviteurs ne demandent autre chose que l'assurance de voir les pays et possessions de la couronne d'Espagne inviolablement respectés. Quoi qu'il en soit, je déclare, devant Dieu et à la face du monde entier, que si V. S. refuse de faire droit à mes sollicitations, je me verrai forcé de pourvoir à la sûreté des états du roi mon maître par les moyens les plus efficaces, et, s'il en résulte quelques désastreuses conséquences , qu'elles retombent sur lame et conscience de V. S., qui en aura été le premier moteur.
En attendant, je la supplie de communiquer cette lettre au sacré collège, en lui laissant toute liberté d'exprimer franchement son avis sur les propositions qu'elle renferme. J'ai la certitude que non-seulement il ne fera rien pour éloi-
Todo lo sobredicho recibiré yo muy grand merced que vuestra santitad mande comunicar con el sto sacro collegio, dándole libertad para que pueda decir lo que siente, que estoy cierto que no solo no desbiarán á vuestra santitad del camino de la paz e quietud (la qual su magestad y ministros summamente dessean ) , mas que, como pilares y ánimos de essa santa yglessia , ayudarán á procurarla.
Para lo qua!, con grandissima instancia quedo rogando á Nuestro Señor para que ponga en el ánimo de vuestra santitad que se siga y alcance, de manera que con tranquilidad y amor nos pueda todos mandar, y nos otros, como es justo, obedecerá su beatissima persona, á quien Dios guarde por tantos años como la cristiandad a menester. De vuestra santitad que sus muy santos pies besa.
Don FERNANDO ALVARES DE TOLEDO,
Duque de Alba.
traduction.
gner V. S. de ces pensées de modération et de paix qui animent S. M. et ses ministres par-dessus tout, mais que, fidèle à la mission conservatrice qu'il a reçue de l'église universelle , il s'emploiera de tout son pouvoir pour les lui faire adopter.
Je supplie instamment Dieu Notre-Seigneur de diriger de telle sorte l'esprit de V. S., quelle se détermine pour le meilleur parti, afin qu'elle puisse, avec l'affection d'un père et au sein d'une tranquillité parfaite, exercer sur nous son autorité, et que, de notre côté, nous ne cessions de lui témoigner le respect et la soumission qui lui sont dus.
Je termine en priant Dieu de conserver à V. S. le plus longtemps possible une existence nécessaire au bien de l'église, et baise respectueusement ses pieds sacrés.
Don FERDINAND ALVARES DE TOLÈDE, Duc d'Albe.
PHILIPPE II
A L'AMBASSADEUR RENARD
(Ambassades de Renard, V, 98.)
Gand, 27 août 1 556.
Ce monarque adresse à Renard « le quahier de la modération de la ranchón des « prisonniers de guerre franchois , » concertée avec l'ambassadeur Basse-Fontaine , en même temps que l'acte pour leur mise en liberté , lorsqu'ils auront acquitté cette rançon, « oultre leurs despens de bouche et aullres extraordinaires. »
LE DUC DE SAVOIE
A L' AMBASSADEUR RENARD
(Ambassades de Renard, V, 99. J
Bruxelles, 27 août i556.
Réclamation qu'il doit présenter au connétable contre le gouverneur d'Ivois, « usant de propos braves » envers celui d'Arlon , et voulant attirer à sa juridiction le comté de Chimay, qui, selon la trêve, doit demeurer sous la souveraineté du roi d'Espagne.
L'AMBASSADEUR RENARD
A PHILIPPE II
(Ambassades de Renard , V, 100.)
Moret, 27 août 1 556.
Sire, j'envoie à vostre majesté les lettres que le connestable de France m'a escriptes, désirant que je allisse devers liiy pour négotier le faict des prisonniers, pensant que j'en eusse quelque charge el advis; mais, comme je n'ay eu commandement de vostre majesté sur ce, je me suys excusé par dire que je n'avois receu lettres de vostre majesté dudict négoce, et que, incontinant j'en auroys nouvelle, je ne fauldroys satisfaire à ce qui me seroit commandé.
Aussy ledict sieur connestable m'a adverti , par son secrétaire basque, comme le conte de Lude1, gouverneur de Baïonne, a faict arrester audict Baïonne le filz du duc de Vege, par commandement du Sr de Vendosme, et soubz prétexte qu'il auroit escript audict S1-' de Lude que l'on auroit retenu et arresté en Espaigne ung gentilhomme françoys, sans le nommer, combien que j'aye interrogé le messagier sur ce , et que le roy de France en estant adverti a incontinant despeché ung corrier exprès audict Sr de Lude, pour le faire relascher et mectre en liberté , avec commandement de le favorablement recuillir2. Mais j'entend que le connestable avoit commandé ledict arrest, il y a quelques jours , sur le Sr duc de Cèse3 et aultres seigneurs d'Espaigne quilz passeroient par ce royaulme, et avant que son filz fût en liberté, et que l'on a arresté ledict de Vege, en
' Guy de Daillon , comte du Lude. ' (Sessa.)
2 Voir le n° CCXIX ci-après.
intention de le retenir si le filz dudict connestable ne fût esté délivré. De ce vostre majesté poura colliger la volunté et la seurté que l'on doit prandre en leurs parolles.
Aussv ai-je discovré qu'ilz pouroient avoir faict ledict arrest, pour, en casque l'on surprint le légat Caraffa, le retenir pour contrevenche. Comme qu'il en soit , s'est acte d'hostilité et contraire à la trefve , d'aultant mesme que je tiens l'on n'a arresté aulcung Françoys en Espaigne.