A HENRI II, ROI DE FRANCE
SERVANT DE RÉPONSE À CELLE QUE CE MONARQUE ECRIVIT DANS LE MOIS D'AOÛT 1 553 AUX PRINCES D'ALLEMAGNE CONTRE L'EMPEREUR CHARLES-QUINT.
Sire, la grandeur des rois inspire naturellement aux personnes placées audessous d'eux le désir de connaître d'une manière spéciale leurs actions les plus remarquables et d'étudier leur caractère. Tel a été le motif qui m'a déterminé à de semblables recherches sur le puissant François Ier, votre père, et sur votre majesté elle-même, et le résultat de ce travail a été d'exciter en moi une vive impatience de les servir de tout mon pouvoir. Mais que peuvent attendre d'aussi
ral de todos los que los conocen, que es acatallosy amallos? Y connesso de mi poca possibilidad que no puedo mostrar el amor que á vuestra real persona tengo, sino con dolerme quando beo que los consejos que vuestra Alt. toma no succeden conforme á la voluntad y al fin que V. A. pretende. Pocos dias a que vi una carta de V. Alt. firmada de su nombre, impressa y publicada en su ciudad de Paris, en la qual pretendía persuadir á los estados de Alemania algunas faltas que en el emperador Carlos Vo le parecía aver, y por esta via, ya que algunos particulares estavan alterados, alterar todos los otros con el desamor que con aquella persuasion cobrarían. Y aunque los enemigos, (generalmente hablo, por que desta regla se an de sacar los reyes) hacen bien en procurar de poner en mala opinion á los que tienen por contrarios, pareceme que lo deben hacer con grandes consideraciones y mucha prudencia, por que no les succeda persuadir lo contrario délo que quieren; délo qual es buen exemplo esta carta de que aquí hago mención, porque poniendo nombre al im-
TRADDCTION.
puissants princes d'un homme faible comme moi, si ce n'est de le voir grossir le nombre de ceux qui les aiment et les vénèrent? Aussi , plein du sentiment de mon insuffisance , je me hâte d'avouer qu'il ne me reste d'autre moyen de témoigner mon affection à votre royale personne, qu'en lui manifestant la peine que j'éprouve lorsque je vois ses démarches obtenir un résultat tout différent de celui qu'elle se propose. C'est ainsi que j'ai lu tout récemment une lettre de votre majesté, signée de son nom, imprimée et publiée à Paris, par laquelle elle cherche à démontrer aux états de l'Allemagne certaines fautes qu'elle a cru remarquer dans la conduite de l'empereur Charles-Quint; profitant par cette voie des fâcheuses dispositions où se trouvaient déjà certaines personnes à l'égard de ce monarque, pour augmenter le nombre de ses ennemis particuliers au moyen des sentiments de défiance et de haine que ferait naître cette persuasion. Je sais que les rivaux, généralement parlant (car les rois doivent faire exception à cette règle), agissent dans leurs intérêts, en cherchant à se dénigrer les uns les autres; néanmoins ils doivent, à mon avis, le faire avec beaucoup de réserve et de prudence, pour ne pas s'exposer à prouver tout le contraire de ce qu'ils ont en vue. Telle est, par
perador de poco clemente y codicioso para sí, hace bolber ios ojos á las obras para ber si concuerdan con las palabras de la carta, y cierto, como la grandeça de su señorío a sido mayor que la de nadie, en algunos tiempos a avido algunos alborotos y bullicios en los quales se pudiera ver si era assy qual lo pintan; mas en las revoluciones que la gente común hiço en España, aunque las opprimici con la gran tuerca de sus armas facilmente, las perdonó con la grandeça de su clemencia, y assy cosa alguna que pareciesse crueldad ni aun rigor de justicia no se vio, y puédese decir que sus fiscos no por esso fueron acrescentados, antes ninguno de los que conocieron su pecado dejó de ser perdonado, y no solo perdonado, mas restituido al mismo amor que antes que ubiesse cometido el delito le tenia. Por ser carta esta y con brevedad trataré en ella de pocos exemplos. Notoria cosa es la rébellion de Gante, la qual succedió sin otra occasion, sino solamente con el desseo y amor de imitar á Veneçia en la manera de su señorío: esta pudo castigar el
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exemple, la situation dans laquelle votre majesté s'est placée par la publication de la lettre dont il s'agit. En accusant l'empereur de rigueur excessive et de cupidité , ces imputations engagent naturellement à jeter les yeux sur sa conduite, afin de vérifier si elle est de nature à les justifier. Comme l'étendue de ses domaines est de beaucoup supérieure à celle de tous les états voisins, les troubles et révoltes ont dû y être plus fréquents , et l'on a pu s'assurer si , à l'époque de ces perturbations, il avait manifesté réellement le caractère que votre majesté lui attribue. Car il est avéré que si, dans les séditions excitées en Espagne par la populace, il a fait usage de la force qu'il avait en main pour rétablir l'ordre et la tranquillité, sa clémence a achevé son œuvre; il est également certain qu'on n'a jamais remarqué dans sa conduite , à cette époque, le moindre trait qui ressemblât à de la cruauté, ni même à une justice rigoureuse, et que son trésor n'y a rien gagné, attendu que tous ceux qui ont avoué leur faute ont de suite obtenu non-seulement leur pardon , mais encore le retour de l'affection de Charles au même degré qu'ils la pos sédaient auparavant. Les limites de cette lettre m'obligent de me restreindre à un petit nombre d'exemples. Tout le monde connaît la révolte de Gand, qui
emperador justamente con matar muchos, y dalles géneros de muertes muy crueles, pues en aquella tierra por pequeños delitos los dan assy, y su clemencia no lo consintió executar mas furia de aquella que fuera vicio contra su justicia dejalla de executar.
Cierto estoy que el rey Francisco de Francia, en la rébellion y desacato de Burdeos usó de clemencia, pues no castigó quantos selo merecían; mas no por esso dejó de castigar á muchos mas que el emperador en las revoluciones sobredichas, y á nuevos géneros de muertes, lo qual siempre parece demasiada aspereça; mas no por esso es jusgado por mí ni por nadie por persona cruel, que cierto quienquiera que lo conoció no pudo dejar de entender su benignidad y agradable conversación, pues á ninguno le a negado; antes muchas veces acaeció en su mismo palacio Memorancy que aora es condestable, y Bryon que también fué almirante de Francia, tratar el uno contra el otro grandes enemistades, y su mansedumbre
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n'eut d'autre motif que le désir d'organiser un gouvernement semblable à celui de Venise. L'empereur aurait pu, à bon droit, la comprimer par le supplice des nombreux coupables: car tel est l'usage dans ces contrées, où des châtiments cruels sont infligés même à de légers délits; et pourtant sa clémence fut telle qu'il se borna strictement au genre et au nombre de peines qu'il n'aurait pu se dispenser d'infliger sans léser les droits de la justice. A la vérité je m'empresse de reconnaître que le roi François Ier, lors de la rébellion et des troubles de Bordeaux , fit preuve de générosité , en s'abstenant de punir tous ceux qui méritaient des peines rigoureuses; mais il n'en est pas moins vrai que le nombre des châtiments infligés dans cette occasion surpasse de beaucoup celui des actes semblables ordonnés par l'empereur clans le cours des révolutions dont j'ai parlé plus haut, et qu'en outre on fit usage de nouveaux genres de mort, ce qui entraîne toujours l'idée de rigueur excessive. Malgré cela, ni moi ni personne n'accuserons jamais le feu roi de cruauté, car il n'est aucun de ceux qui l'ont connu qui ne rende hommage, à sa bonté , à sa douceur et à cette affabilité qui s'étendait à tous. Cela est si vrai, qu'on a vu souvent dans son palais Montmorency, actuellement connétable, et Bryon, ancien amiral de France, machiner l'un contre
dissimularlas todas, tanto que no faltaron malos juicios que lo accusáron por flogedad.
Y pues esta carta se escribió á los Alemanes, raçon es de poner los exemplos que allá hacen acordar de cómo el emperador a tratado con ellos. Quanto á lo primero, siendo rey de grandes estados y señoríos do facilmente se recogen grandes exércitos y muy fuertes, nunca se aprobechó destos, sino solamente de ser rey de Alemania: y si alguna vez, aun para bien de los mismos Alemanes, se a aprobechado de las fuerças de otra nación, era con tanta templanca que, quando mucho, traya una legión de Españoles donde avia cinco ó seis de Alemanes; todo esto á fin de quitalles el temor de que no pensassen que los quería suçitar ni apropriar ninguna cosa suya para sí, mas de aquello que sus mismas leyes permitían; las quales siempre entre sus bassallos a conserbado de tal manera que, aunque son muchas las provincias de su señorío, y muy diversas costumbres
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l'autre différentes perfidies que leur dictait leur haine mutuelle, et François fermer les yeux sur tous ces désordres, au point que des gens malintentionnés l'accusèrent d'avoir manqué d'énergie dans ces circonstances.
La lettre dont je me plains ayant été adressée aux princes d'Allemagne, il est juste de rappeler ici les faits qui peuvent servir à donner une idée de la conduite de l'empereur à leur égard. Et d'abord, ce monarque, quoique possédant les plus vastes états, qui pouvaient aisément fournir de nombreuses et puissantes armées. n'a jamais songé à tirer parti de ces dernières; il s'est borné à jouir de son titre de roi d'Allemagne. Si quelquefois, dans l'intérêt même de l'empire, il y a introduit des troupes d'une autre nation , il l'a fait avec tant de réserve et déménagement . qu'il se trouvait au plus une légion d'Espagnols sur cinq ousix d'Allemands; etcela dans la seule vue de prévenir toute crainte de leur part qu'il songeât à accroître ses prérogatives à leurs dépens et au delà de ses droits légitimes. Quant aux lois fondamentales des différents états de sa monarchie , il a mis un tel soin à les observer, qu'au milieu de cette multitude de provinces qui la composent, et malgré cette variété presque infinie de mœurs, de langues, d'usages et de coutumes qui les distingue, chacune d'entre elles a pu croire qu'elle obéissait à un roi né clans
y lenguas y leyes, ninguna a entendido que tiene rey sino naturai de la misma provincia; assy que esto a usado en Alemania, donde las rebelliones de sus subditos le dieron occasion de algún rigor mas recio, pues fueron armas las que las amansaron; pero que hombre ubo muerto ni de quien se hiço justicia, confessando ellos mismos merecían pena, pues voluntariamente se le benían á sus prisiones, ni que patrimonios, assi del imperio como de los particulares, se an visto añadidos á los estados del emperador? Tanbien el duque de Cleves experimentó la clemencia y benignidad del Cesar, el qual aviendo recibido muchos beneficios y mercedes de S. M. tomó officio de protector del ducado de Gueldres con muy pequeño interés y aprobechamiento, para estorvar que aquella provincia no viniesse á la obediencia del emperador, como debía por derecho y por justicia : y aunque le tubo tomado el ducado de Juliers y le pudo tomar fácilmente el de Cleves, y quando el exército del rey
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son sein. Cette clémence dont jai parlé, il l'a fait éclater partout en Allemagne, où les révoltes des sujets l'ont mis dans la nécessité de recourir aux voies de rigueur, et de les comprimer par les armes. El cependant, quel est l'homme qui a été puni de mort ou livré au supplice? Mesure qui , après tout, eût été bien légitime, puisque les coupables confessaient eux-mêmes qu'ils méritaient la mort et se constituaient volontairement prisonniers1. Quels sont les domaines appartenant à l'Empire , quels sont les biens des particuliers dont l'empereur ait ordonné la confiscation à son profit? Le duc de Clèves a connu par expérience la bonté el la clémence de Charles. Ce prince , au mépris des bienfaits sans nombre qu'il avait reçus de lui, s'était constitué le protecteur du duché de Gueldres , sans aucun motif d'intérêt ni d'utilité personnelle, mais uniquement pour empêcher que celte province ne fît soumission à l'empereur, ainsi qu'elle le devait en droit et justice. Et pourtant, quoique sa majesté se fût emparé du duché de Juliers, et eût pu lui enlever celui de Clèves avec la même facilité , quoique l'armée du roi trèschrétien, qui s'était déclaré en faveur du duc, fût rentrée en France à la nouvelle
Allusion à l'électeur Jean-Frédéric et au landgrave Philippe.
christiano Francisco , su valedor, supo la venida del emperador era ya buelto á Francia para probeerse de gente y de armas, no solamente no pretendió adelantarse como él lo merecia, mas le perdonó sus culpas, y le restituyó lo que le avia tomado.
Todo esto hace advertir la carta de V. Alteza y no es este el menor daño, sino os perjudicessádes mas en otra cosa de mayor importancia; porque quien verá al duque Juan Federico presso en battalla con las armas en la mano contra su rey y su señor, y al Lansgrave presso en su prisión, y estos tales vivos y restituidos en sus estados, sin averies tomado para sí ninguna cosa dello, que no lo jusgue á gran clemencia y caridad ? y por íuerca jusgará lo contrario quien viere que V. Alteza que tanto ama á los Alemanes y los dessea su libertad, sin aver título de señorear ninguna cosa en el imperio, tiene presso al duque de Lorena y su estado, haviendo sido su abuelo y sus passados grandes serbidores de los vuestros y de vues-
TBADOCTIOX.
de l'arrivée de l'empereur, afin d'augmenter ses forces, non-seulement Charle* n'agit pointa son égard suivant toute la rigueur de son bon droit, mais encore il lui pardonna ses méfaits , et lui rendit tout ce qu'il lui avait enlevé.
Tels sont les souvenirs qu'évoque naturellement la lettre de votre majesté. Toutefois, il n'y aurait encore là qu'un demi-mal, si vous ne vous nuisiez à vousmême dans une circonstance bien autrement importante. En effet, qui pourra voir le duc Jean-Frédéric, pris les armes à la main dans une bataille qu'il livrait à son seigneur et maître, et le landgrave longtemps captif comme lui, rendus l'un et l'autre à la liberté et à la vie , remis dans la possession pleine et entière de leurs, états , sans reconnaître dans une pareille conduite une clémence et une magnanimité dignes des plus grands éloges? Mais ne sera-t-on pas forcé de qualifier la vôtre d'une manière bien différente, en vous voyant, sire, vous qui témoignez une si grande affection aux Allemands , et prenez un si vif intérêt à leur liberté , retenir prisonnierle duc de Lorraine et occuper ses états1, quoique vous n'ayez sureuxaucun droit de suzeraineté, et cela, sans égard pour les services rendus par son aïeul
1 Ces événements eurent lieu en avril i55a.
tro padre , y seyendo él tan niño que por sí ninguna culpa podia tener, ni de su señorío averos jamas hecho guerra ni desservido? Offensa es esta de todo el imperio, pues está obligado á restituirlo en su libertad y estado. Cómo le persuadirán á los Alemanes que el emperador los desama, perdonándoles sus peccados, y V. Alteza los ama, opprimiendo á los que nunca contra él peccáron? Y cómo crecerán el amor que V. Alteza les tiene, no queriendo consentir que el emperador aproprie ninguna cosa del imperio para sí, si ven que procurais con los Alemanes que veis armados que vayan á executar enemistades suyas particulares á Inspruck, que es fin de Alemania hacia Italia, y vos entrais por la parte de Francia á occupar las ciudades y villas del imperio que no se recelaban de tal enemigo? Cierto aquí no se alabará el amor que vos tenéis á Alemania, mas alabarse a la sagacidad vuestra, pues os aprobechais de la barbaria
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et ses ancêtres aux rois vos prédécesseurs et à vous-même; sans égard pour l'âge du duc lui-même, trop jeune pour avoir des torts personnels envers votre majesté , et qui jamais par lui ni par les siens ne vous a suscité de guerre ni rendu aucun mauvais office. Un pareil procédé est injurieux pour l'empire tout entier, qui se trouve dans l'obligation de faire rendre au duc, son vassal, sa liberté et ses états. Comment pourra-t-on persuader maintenant aux Allemands que l'empereur n'a pour eux aucun attachement, lorsqu'ils en reçoivent le pardon de leurs fautes; et que votre majesté, au contraire, leur est sincèrement dévouée, quand ils la voient opprimer ceux qui jamais n'ont eu aucun tort à son égard? Comment eux, qui résistent à l'empereur lorsqu'il semble vouloir approprier à son usage la moindre chose appartenant à l'empire, pourront-ils croire à l'intérêt que vous dites leur porter, quand ils vous voient employer les troupes allemandes à l'exécution de votre vengeance particulière dans la ville d'Inspruck , limitrophe de l'Italie , tandis que vous pénétrez vous-même en Allemagne du côté de la France, afin de vous saisir de certaines places appartenant à l'empire , qui étaient loin d'appréhender un pareil ennemi? Certes, s'il est impossible d'accorder des éloges à votre amour pour cette contrée , on ne saurait du moins en refuser à la sagacité dont vous faites preuve en profitant de la confiance illimitée de ses princes pour éloigner ceux qui étaient en état de veiller à sa défense et les envoyer quel-
dellos , apartando á los que tenían armas de la defensa de su imperio, embiándolos á estorbar el emperador que no lo defendiesse; y mas que barbaros serán sino entienden que os aprobechásteis de sus armas para contra ellos mismos, cosa que nunca el emperador supo bacer. Verdad es que V. Alteza lo hiço muy bien quando á petición de algunos señores particulares se bolbió á Spira, loqual yo apruebo y alabo; mas el retener á Mets y dar á entender al mundo todo que no quisisteis tomar lo que no podíais conserbar, y que esta fué la causa de no passar adelante... Mucbas cosas acusa el vulgo á los reyes sin entender el mal y el bien que en ellas ay, loqual algunas veces procede de lo que los de sus consejos dicen al pueblo para enemistados con ellos, como emos visto muchas veces algunos del consejo del emperador decir palabras de enemistad contra el rey cbristianissimo de Francia, y por el consiguiente otros del consejo del rey
que part où leur présence empêchait l'empereur d'y veiller lui-même. Ce peuple est vraiment bien aveugle s'il ne s'aperçoit pas que vous avez tourné contre luimême ses propres forces , chose que jamais l'empereur n'a osé entreprendre. Il est vrai que votre majesté agit avec beaucoup de mesure lorsque , à la demande de quelques seigneurs particuliers, elle revint à Spire, démarche que j'approuve et loue pour ma part; mais retenir Metz , et donner à entendre au monde entier que vous n'avez point voulu prendre ce que vous ne pouviez conserver, et que tel
a été le motif qui vous a empêché de passer outre1
Il arrive fréquemment que le vulgaire fait un crime aux rois de certaines choses dont il est incapable d'apprécier le bon ou le mauvais côté , et cela provient quelquefois des bruits que des conseillers malintentionnés à leur égard se plaisent à propager. C'est ainsi que nous avons vu assez souvent des ministres de l'empereur tenir des propos fâcheux sur le compte du roi de France, et des membres du conseil de sa majesté très-chrétienne se laisser aller en revanche à des récrimi-
Cette dernière phrase , littéralement cune plus ou moins considérable, qui doil
traduite, offre quelque chose d'incomplet, être attribuée à la négligence du copiste
même sous le rapport grammatical; il y a de l'époque, la présente lettre n'élant point
sans doute dans le texte espagnol une la- autographe.
de Francia decir palabras de indignación contra el emperador, justando las intenciones de reyes tan poderosos y tan buenos. Y assi el emperador es acusado de que por codicia suya muebe guerras y las hace, y nunca, como en estos exemplos é mostrado, se halló obra que pueda llamarse codicia, antes aver gastado mucha summa de dineros por conservar haciendas agenas, hasta restituir el reyno de Tunes á un Moro, que otro le avia echado del; y desta manera veo accusar á los reyes de Francia de mover facilmente guerras y bullicios contra el emperador, lo que á mi parecer está hecho con mejor consejo y con mas prudencia que tienen los accusadores; que cierto está que teniendo un competidor de tanta grandeça, y de tanta riqueça y estados, y señoríos, es necessario levantar algunos humos para que no bea claramente las fuerças que tiene, y deste remedio se an aprobechado otros reyes que an combatido con otros mayores. Pero también seria de parecer que estas alas no pasassen
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nations injurieuses envers l'empereur, osant ainsi les uns et les autres s eriger en juges des intentions de princes aussi puissants et aussi recommandables. Par exemple , on reproche à l'empereur de susciter et entreprendre des guerres par pure convoitise, tandis qu'il est impossible, comme je l'ai prouvé plus haut, de signaler dans toute sa conduite un seul trait propre à justifier de pareilles imputations , à moins toutefois que l'on ne considère comme telles les dépenses considérables qu'il a faites pour aider certains hauts personnages à conserver ce qui leur appartenait; c'est ainsi qu'il a favorisé la tentative du roi de Tunis pour recouvrer la possession de ses états, dont un autre prince more l'avait dépouillé. De même , j'entends accuser les rois de France de susciter, pour de légers motifs, des guerres et des embarras à l'empereur, et pourtant, à mon avis, ils ont fait preuve en pareil cas d'une prudence et d'une sagacité qui doivent confondre celles des accusateurs. En effet , n'est-il pas évident qu'ayant en face d'eux un rival si redoutable par ses richesses , sa puissance, le nombre et l'importance de ses états et possessions, il est de leur intérêt de soulever une fumée qui l'empêche de voir clairement toutes les forces dont il peut disposer; et tel est le stratagème également misen œuvre par d'autres potentats dans leurs luttes avec des ennemis trop puissants. Néanmoins je serais d'avis que l'on usât plus sobrement à l'avenir de pareils moyens; car, en vou-
de humos adelante, porque queriendo passar de estos límites que digo, se pierden los que son menos poderosos; y assy que guerra mayor a podido el emperador hacer á Francia que la que el rey mismo se hico á sí y á sus provincias en traer los Turcos á ellos? porque la paga de las galeras que el Turco le embiava era tan eccessiva que disminuyó grande parte de los tesoros del rey, y los Turcos avian de ser sustentados en Francia con mucho regalo y licencia, pues se les avia de dar puerto de que ellos fuesen señores, y parte en aquella provincia donde habitassen; y si alguna fuerça cometían en los mismos de la provincia y en sus mugeres, no se castigava ni aun se vedava ; y lo peor de todo convertir las iglesias do se adoraba á Cristo en mosquitas abominables, y verse en Francia hacer los Turcos fiestas por el cristiano que renegaba nuestra santa fé. Assi que todos estos incombinientes para la hacienda y para el alma trae consigo el querer hacer guerra contra el mas poderoso,
lant dépasser les justes limites, ceux qui sont les plus faibles finissent par se perdre. Ainsi , quelle guerre plus désastreuse l'empereur a-t-il pu susciter à la France que celle que le roi s'est faite à lui-même et à ses états en y appelant les Turcs? La solde des galères fournies par ceux-ci était si exorbitante qu'elle absorba une grande partie des trésors du roi. Les Turcs exigeaient de plus un entretien fort dispendieux, et s'arrogeaient une liberté illimitée; car on était tenu de leur abandonner un port dont ils fussent entièrement maîtres, et toute espèce de droits surla province dans laquelle ils avaient choisi leur établissement. En conséquence, lorsqu'il leur arrivait d'exercer quelque acte de violence contre les sujets du roi au milieu desquels ils vivaient, ou de faire quelque insulte aux femmes, on ne songeait ni à châtier de pareils excès, ni à en prévenir le retour. Mais la chose sans comparaison la plus révoltante, c'était de voir convertir les églises destinées au culte de Jésus-Christ en abominables mosquées , et célébrer publiquement en France par des musulmans des fêtes et des réjouissances à l'occasion du chrétien qui reniait notre sainte foi. Tels sont pourtant les dangers qu'entraîne pour le corps et pour l'àme une aveugle obstination à faire la guerre à un rival plus puissant; car il est bien certain que l'amitié des Turcs est si dispendieuse , même sous le rapport de famour-propre, que celui qui y a recours semble plutôt leur
pues para la honrra cierto que la amistad del Turco es tan costosa que el que se aprobedla della mas parece su tributario que amigo y inferior que igual, á lo menos connessa esto mismo al enemigo contra quien trae tales soccorros.
Alabada sentencia fué la que dijo Poro rey en la India, que aconsejándole los suyos que se juntasse con los otros reyes de la India para resistir á Alejandro la entrada en ella , dijo : « No quiero ser rey, sino puedo tanto como Alejandro » y puesto caso que este coraçon tan atrevido lo llebó á la battalla y se perdió , tanbien fué causa que Alejandro lo estimasse tanto que no solamente le restituyó á su reyno, mas le acrecentó otros mayores, y preció mas la battalla porque le dio tal amigo, que por la vitoria que en ella ubó.
Necessario es estar advertidos los reyes que tanto se an de preciar de las mercas humanas quanto no perjudique á las cosas divinas, pues aquellos mismos consejos que nosotros tomamos y desseamos, despues de alcançados succeden en daño nuestro , que tal es Dios
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tributaire que leur ami , leur inférieur plutôt que leur égal : tels sont du moins les aveux faits à son ennemi par le prince qui avait employé contre lui de pareils auxiliaires.
C'est une pensée bien remarquable que la réponse de Porus , roi des Indes , à ceux qui lui conseillaient de s'unir aux rois ses voisins pour disputer à Alexandre l'entrée de cette région : « Je ne veux pas être roi si je ne suis de force à me mesurer avec Alexandre. » Et, bien que ce cœur magnanime vit tromper ses efforts dans la bataille où l'en traîna son ardeur, le vainqueur conçut pour lui tant d'estime que non-seulement il lui rendit son royaume , mais y ajouta encore d'autres états, faisant plus de cas de sa victoire pour l'ami qu'elle lui avait procuré que pour le succès obtenu par ses armes.
Les rois doivent bien se pénétrer de cette vérité, que toute l'importance qu'ils attachent aux ressources humaines ne doit pas leur faire perdre de vue la nécessité de recourir à la bonté divine. En effet, nous voyons souvent les choses que nous avions le plus ardemment désirées, une fois obtenues, tourner à notre désavantagent cela parce que Dieu veut.au moyen de telles expériences, nous
que por experiencias permitiendo que nos benga lo que pedimos, nos enseña quan poco saben nuestras voluntades escoger lo que nos cumple.
Cierto gran contentamiento fué entrar ciento y veinte o ciento y treinta galeras del Turco en el puerto de Tolón, luego que llegaron; mas después de visto el poco daño que hicieron al emperador contra quien le trujéron, y lo mucho que costaban al rey de Francia, no pudieron sino tener grandissimo descontentamiento de aver alcançado este desseo.
Bien podría ser que como esta carta declara con amigable libertad los eííectos que hace la vuestra, me notássedes por tan inclinado al emperador que de buena voluntad alabo sus obras; mas como no digo sino cosas notorias de que todo el mundo es testigo, no se debe V. A. escandaliçar de mis palabras, pues la verdad es la que las ordena, y no amor ni desamor, y si algún peccado ay de aficcion , es de la que tengo áV. A. pesándome mucho, como ya é dicho, que
apprendre combien peu nous sommes capables de choisir ce qui nous convient réellement. Ainsi, ce fut pour les Français un grand sujet de joie de voir entrer dans le port de Toulon cent vingt à cent trente galères turques venant à leur secours ; mais lorsqu'ils eurent pu apprécier le peu de tort quelles firent à l'empereur contre qui on les avait appelées et les dépenses énormes qu'elles occasionnaient au roi, ils durent singulièrement regretter l'accomplissement de leur désir. La liberté toute familière avec laquelle je vous signale dans cette lettre les effets qu'a produits la vôtre pourrait facilement vous porter à croire que j'incline en faveur de l'empereur, dont je cbercbe à tout prix à rehausser le mérite; mais, comme je n'avance ici que des faits notoires et dont l'univers entier a connaissance, votre majesté ne doit point se formaliser d'un langage que me dicte l'amour seul de la vérité et non aucune partialité dans mes affections; tout au contraire, et si elles m'entraînent de préférence d'un côté quelconque, c'est vers vous, sire, queje ne puis voir sans peine, ainsi que je le disais plus haut, manquer totalement le but que vous vous proposez. Car, si les expressions de votre lettre ne réussissent point à diminuer l'attachement que l'on porte à l'empereur,
vuestros consejos no alcancen lo que dessais; que cierto es que tales palabras como las de vuestra carta, si el mundo no las recibe para desamar al emperador, no escusarán á V. A. la escusacion de ser mas amigo de ladrar que de morder, pues se aprobedla del remedio que mugeres muy flacas suelen aprobechar contra los que malquieren. Y assi siempre é visto que las palabras que en Homero passan el rey Agamemnon y Achiles son improprias de personas reales, y aun de caballeros y aun soldados. Pero porque V. A. no me jusgue que con desamor é hablado lo de hasta aquí, digo que por mi parte esta carta será tan secreta que si por la vuestra no se descubre, nadie terna noticia della sino solo V. A. á quien desseo gracia y acrecentamiento de honrra y fama.
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elles feront du moins accuser votre majesté d'aimer mieux aboyer que mordre, puisqu'elle emploie le moyen dont les femmes font usage, lorsqu'elles se sentent les plus faibles, contre ceux à qui elles en veulent. Pour ma part, j'ai toujours considéré les reproches qu'échangent , dans Homère, le roi Agamemnon et Achille comme tout à fait indignes non-seulement de personnes royales, mais encore de chevaliers et de soldats. Cependant, pour prouver à votre majesté qu'aucune intention désobligeante contre elle ne m'a fait agir dans cette circonstance, je lui promets de tenir tellement secret le contenu de cette lettre , que , si elle ne la révèle volontairement , personne au monde n'en aura connaissance qu'elle-même a qui je souhaite accroissement d'honneur, de réputation et de toute espèce de prospérités.
MAME, REINE D'ANGLETERRE