A MARIE, REINE DOUAIRIÈRE DE HONGRIE
(Ambassades de Renard, III, 286.)
Sans date [août 1 553 ].
Madame, j'ay congneu la singulière recommandation en laquelle avez tousjours eu mes affaires, tant par deux voz lettres, la première du xxiiic du moys de juin, avant le trespas de mon S&' et frère, le roy Edouard, à cuy Dieu face mercy; la seconde du xxnc de juillet dernier, que par ce que les ambassadeurs de l'empereur lez mov m'ont déclairé, et le soing qu'avez tenu pour favorizer mon advénement à ceste coronne mis es difficultez qu'avez bien entendu, ensemble du contentement et plaisir que ce vous a esté d'entendre que mon bon droit soit esté esclarci et maintenu, qui accroist l'obligation je vous dois pour les bons offices dont avez tousjours usé par le passé, et la bonne affection qui continue envers moy et confie ferez à l'advenir, à laquelle je correspondray par tous moiens et services que sçauriez attendre et désirer de vostre plus affectionnée et obligée ; vous merciant affectueusement vostre bonne souvenance , vous priant m'excuser si ne vous ay plus tôt faict sçavoir de mes nouvelles; mais les empesebemens où je me retreuve en sont esté cause, comme l'entendrez plus amplement de millor Owards, que je despescheray à sa majesté deans deux ou troys jours, qui vous visitera de ma part à cestuy effect. Me recommandant affectueusement à vostre bonne grâce , priant le Créateur vouloir préserver vostre santé et donner accomplissement de vos vertueux désirs.
L'entièrement vostre humble cousine, MARIE, royne d'Angleterre.
L'AMBASSADEUR RENARD
A L'ÉVÊQUE D'ARRAS
( Ambassades de Renard, III, 3o2.)
Sans date [8 septembre 1 553 1.
Monseigneur, à l'audience dernière au lieu de Richemont, sur la divise de mariaige, je dériva le propoz sur Courlenay et sur le bruict qu'estoit par deçà du mariaige de la royne et de luy, pour esclarcir davantaige si elle le vouloit, à personne de ce royaulme, laquelle me dict n'avoir jamais parlé audict Cortenay sinon quant elle luy lit grâce, et qu'elle ne congnoissoit personne en Angleterre à cuy elle voulsit allier, me interrogant si l'empereur s'estoit résolu et si avoit advisé sur personnaige duisant à ladicte alliance. A laquelle je dis que sa majesté ne m'en avoit escript aulcune chose et queje préveois sadicte majesté ne se résoldroit facillcment sur ce poinct, pour estre difficile de treuver personnaige d'eaige si médiocre qu'elle le pourroit désirer, qui ne fût trop viez ou trop jeusne et qui fût correspondant à sa grandeur; queje l'asseurois sadicte majesté useroit en cecy d'oiîice de vray père, et qui luy seroit plus aisé luv donner conseil si elle luy faisoit entendre son inclination, pour ce qui la confirmeroit, si elle le treuvoit propre et convenable, ou la divertiroit, par raisons fondées, d'icelle. Que, quant à moy, en mon particulier, j'avois pensé à plusieurs princes catholiques, tant du sang de vostre majesté, de France, des potentatz d'Italie que d'aillieurs, comme en son alteze l'archiduc d'Austrice , prince de Piedmont, les aisnés de Florence et Ferrare, le Sr daulphin, qui est aujourd'hui seul de sang royal, et aultres qui sont en apparence de mariaige;
mais que si elle prenoit l'eaige de vingt-sept à vingt-huitz ans pour trop jeusne, je n'en sçavois aulcun de telle médiocrité d'eaige; et des aultres princes qui seroient d'aultre plus hault eaige, je ne sçavoys aulcungs qui ne fût de trop hault eaige ou indisposé. Sur quoy elle me dict incontinant que son alteze estoit mariée à la princesse de Portugal, fdle de la royne douairière de France; à ce respondis queje ne créois que le mariaige fût conclud, que j'en avois ouy parler avant les guerres, mais que sa majesté avoit esté empeschée, puys le commencement d'icelles, à traicter les armes et non mariaige, et son alteze avoit esté au mesme travail et occupation. Sur ce ladicte royne me dict qu'elle estoit toute fâchiée que son alteze eust esposé la princesse de Portugal pour estre si prouchaine parente à son alteze, et que ceulx que j'avoys nommez estoient bien jeusnes, et qu'elle seroit bien mère à tous eulx, et qu'elle estoit plus eaigée que son alteze de douze ans , joinct que son alteze vouldroit demeurer en Espaigne, et administrer ses aultres pays et provinces, et que sa majesté scet la difficulté que ceul de par deçà ont tousjours mis sur mariaige de prince estrangier avec fdle d'Angleterre , qui eust aultre royaulme en charge et administration. Que jà du vivant du feu roy Henry, son père, l'on pourparla de plusieurs alliances, tant en Espaigne que France, et que, pour la mesme raison, elles n'eurent effect; et du coustel de France, l'affection contraire que les deux nations ont tousjours eu fût occasion principale que l'on n'y entendît : car aultrement l'on proposoit le feu duc d'Orléans, qui n' avoit royaulme; adjoustant qu'elle tient sa majesté avoir regard à la demeurance en l'administration du royaulme , et difficultez qui sont esté menés et dont sa majesté est amplement informée et ne la conseillera d'accepter parti ou personnaige qu'elle ne l'ayt veu et ouy parler. Et poursuyvant ce propos, je luy réplicqua que je confiois entièrement que, puisque le mariaige consiste de deux parties, sa majesté désirera bien qu'elle advise de soy-mesme qui luy sera plus aggréable et myeulx à propoz, et que, pour la grande affection je congnoys sa majesté luy pourte,
PAPIEBS D'ÉTAT. IV. l3
elle vouldroit que le personnaige fût qualifié de toutes les vertuz, eaige et conditions qu'elle sçauroit désirer, tenant principal regard à sa satisfaction, utilité publicque et à sa postérité, si plaît à Dieu quelle ayt enfans. Que quant à son alteze et aultres princes que j'avoys nommez, ilz m'estoient venu en mémoire pour estre ceulx queje povoys congnoistre dignes de telle alliance ; que quant à son alteze je ne le pouvoys teuir l, pour le grand sens, jugement, expérience et modération reluisans en luy, et pour estre jà viez marié aiant ung iilz, l'infant d'Espaigne nommé Charles, jà eaigé de six à sept ans; et, sans attendre la fin de ces propoz, elle jura que jamais elle n'avoit senti esguillon de ce que l'on appelle amor, ny entré en pensement de volupté , et qu'elle n'avoit jamais pensé à mariaige sinon depuys que a pieu à Dieu lapromovoir à la couronne, et que celluy qu'elle fera sera contre sa propre affection , pour le respect de la chose publicque; qu'elle se tient toute assurée sa majesté aura considération à ce qu'elle m'a dict et quelle désire l'obéir et complaire en tout et par tout comme son propre père; qu'elle n'oseroit entrer en propoz de mariaige avec ceulx de son conseil, que fault, le cas advenant, que vienne de la meute de sa majesté; que vray est que les dames quilz sont à l'entour d'elle ne luy preschent d'aultre chose sinon de mariaige, mais son conseil, en général ou particulier, ne luy en a jamais tenu propoz.
Qu'est pour fin de ce qu'est passé quant audict mariaige , n'aiant peu perdre l'occasion de luy en parler en ces termes ; sur quoy ne m'eslargiray davantaige, pour ce que sa majesté et vous pourrez considérer où tendent ses propoz. Seullement vous supplieray peser les occasions que Ion pourra avoir pour poursuyr cecy, si tant est que sa majesté le commande; car d'avoir audience particulière, il seroit difficile sans que j'entre en suspition envers mes collègues, et jà je m'aperçois que l'ambassadeur Sceffhe m'aprins en jalousie pour troys occasions : que j'ay tenu les propoz 2 où il a esté de besoing es audiences; pour avoir mis la main à la plume et avoir parlé à la royne 1 (Taire?) — 2 (Porté la parole.)
en appari; et s'en est descouvert en présence des aultres collègues, quilz ont faict des excuses et quilz m'ont commandé faire les offices susdicts : et certes il se fourcompte s'il pense que je veulle courir sur son office , car vous sçavez que s'est toute la crainte que j ay en ce monde.
J'ay faict mention dudict mariaige le plus coramment qui m'a esté possible es lettres de l'empereur, pour les considérations touchez en voz lettres, et feray [le mesme] à l'advenir.
L'AMBASSADEUR RENARD
A L'ÉVÊQUE D'ARRAS
(Ambassades de Renard, III, 3io.)
Sans date [9 septembre 1 553].
Monseigneur, j'ay veu ce que m'avez escript par voz dernières lectres, et avant que les recepvoir j'estois en la mesme opinion que je congnoys avez choisi, pour aultant que l'on afferme par deçà le mariaige de son alteze estre tant avancé qui n'y a moien de l'excuser; et si ainsy est, la négotiation pourroit divertir la volunté que la royne a de suyvre le conseil et advis de sa majesté, laquelle est fort désireuse de sçavoir sa résolution et quel personnaige il proposera pour l'alliance. Car quant elle voit le secrétaire de Sceifne, elle l'interroge si nous avons receu aulcunes lettres de sa majesté, et si nous avons aulcune chose à luy dire; et, selon que j'ay colligé des propoz que ledict Sceifne a tenu, il semble qu'elle et aulcungs de son conseil aspirent au parti du roy des Romains1. Car, comme l'on divisoit du
Depuis le 27 janvier i5^7 ce monarque était veuf d'Anne de Bohême et de Hongrie , fille du roi Wladislas.
mariaige de ladicte royne, et que l'on partait que, si son alteze n'estoit marié, ledict mariage seroit convenable et à propoz pour les royaulmes et peys d'un coustel et d'aultre, il dict que sçavoit que ceulx de par deçà ne désiroient aulcunement sa majesté ou son alteze, et qui désiroient plustôt le roy des Romains ou l'archiduc , tant pour craindre le gouvernement d'Espaignolz que pour la religion ; ce qui ne dict sans l'avoir ouy d'aulcungs de ceulx du conseil. Et d'aultre lieu il m'a esté certifié que l'on a tenu propoz à ladicte royne, que son alteze ne joïra des peys d'embas, après la mort de sáchele majesté, sans grande diffi culte, ains que le roy de Bohême y est désiré et son alteze et Espaignolz haïz , que sont préadvertissemens ausquelz debvez penser plus que en chose du monde, pour prévenir telz desseingz et pourveoir en temps deu à l'asseurance de la sucession de sa majesté, comme je tiens avez faict et faictes, et réunir ces deux princes, si y jugez quelque altération , et les nations d'Espaigne et Flandres : car en ce seul point consiste la perfection de vostre traveil et labeur.
Et comme que en soit, je congnoys ladicte royne tant facille, tant bonne, tant peu expérimentée des choses du monde et d'estat, tant novice en toute chose , et ceulx de par deçà tant subjeetz à l'avarice, que, si l'on les veult practiquer et racheter de présens et promesses, l'on les convertira où l'on vouldra, par ung seul moien que l'on leur proposera de députer quatre d'eulx pour, en l'absence de la royne, administrer le royaulrne; et quelque exception ou condition qu'elle remonstre de vouloir veoir le personnaige, quant l'on luy remonstrera ce que sa majesté en a escript, elle ne insistera en ce. Et pour vous dire confidemment ce que me semble d'elle, je suys en opinion que si Dieu ne la garde, elle se treuvera trompée et abusée, soit par practiques des Francoys, soit par conspirations particulières de ceulx du peys, soit par poison ou aultrement; et est à craindre grandement madame Elisabeth , qu'est ung esprit plain d'incantation, et comme j'entend elle gecte jà ses yeulx sur Cortenay pour alliance, pour congnoistre la mère dudict Cortenay
avoir bon accès envers la royne et qu'elle couche ordinairement avec elle : qu'est ung très-grand dangier, et prévois une menée qui se dresse par amys de Cortenay, qui est suyvie de la pluspart de la noblesse, qui pourroit troubler avec le temps les affaires de la royne. Et n'est sans occasion la crédence que le Sr de Gyé a devers ledict Cortenay du roy de France ; aussy m'est suspecte ta retraicte du conte de Pembroc qui s'en va en une sienne maison qui a au peys, et ce que l'on dit que Paiget se veult aussy retirer de court, et que Maçon est de la partie; car tout cecy joinct ensemble, avec la malvaise et jaleuse intelligence du coustel de son conseil, la feront précipiter une matinée, et elle ne pense aultre chose sinon à remectre la messe et religion au-dessus, que luy conciterà plusieurs assaulx, si Dieu ne la préserve.
Ce que je vous discours voulentiers, à ce que congnoissez les humeurs et estât présent de ses affaires pour en faire part à sa majesté, si bon vous semble; et comme j'entend vostre intention, je temporizeray le pourparlement de mariaige avec moiens que ne treuverez maulvais, pour luy confirmer que les propoz que luy ay tenuz sont esté de ma meute. Car à la première commodité je délibère, si le treuvez bon, de luy dire que j'entend le bruict du mariaige de son alteze avec l'infante de Portugal continuer, et que je n'en puys sçavoir aulcune nouvelle du coustel d'Espaigne pour remectre la chose en son entier, et adviserai les moiens convenables pour la retirer de la veue du parti qu'elle pouroit prandre, pour préparer les choses où sa majesté désirera les encliner.
Il n'y a que une difficulté, en ce qu'est que l'on ne peult avoir accès devers elle quant l'on veult, et mestre Schefne est entré en jalousie de ce que j'ay eu audience particulière d'elle par deux fois, que j'ay porté les propoz es audiences publicques et particulières qu'avons eu par deçà, et que mesrs mes collègues m'ont commandé mectre la main à la plume ; et semble audict Schefne que je veuille entumber sur sa commission, à quoy je n'ay jamais pensé, ains seullement au bon et entier debvoir que je dois au très-
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humble service de sa majesté et à l'obéissance que vous dois, et vous en appelle à tesmoing : vous suppliant, monseigneur, me justifier par les effectz et me révocquer bientost de cette commission, puisqu'elle est achevée.
Je ne puys délaisser de rapeler ce que escripvois à sa majesté touchant les propoz que le roy de France a tenu à Chaligny l d'enlremectre la royne en la paix ; à ce que si vous semble convenir ou que sa majesté le désire, l'on luy puisse faire escripre à Vothon pour tirer plus ample déclaration dudict roy, et descouvrir ses force ou foiblesse et aultres nécessitez qui le peuvent forcer à demander paix.
LEVEQUE D'ARRAS
A L'AMBASSADEUR RENARD
(Ambassades de Renard, III, 46-^7- )
iMons, i3 septembre 1 553.
Monsieur le lieutenant : Oultre ce que vous verrez par le contenu des lettres communes de sa majesté pour vous troys, je ne veulx délaisser de satisfaire aux deux que vous m'avez escript des vin0 et ixc de ce moys, desquelles j'ay faict le mesme que des précédentes, communicant et lisant le tout à sa majesté, laquelle ha entière satisfaction du bon, prudent et discret debvoir que vous rendez en la négociation, en laquelle vous ne pouviés passer plus avant de ce que vous avez laict jusques à oyres , synon en entretenant la voulenté et affection de la royne, que vous n'eussiés d'icy plus expresse commission pour
Ani bassadeur d'Angleterre en France. Saint-Légier. Chaligny élait chevalier de François rie Noailles, dans ses Ambas- l'ordre d'Angleterre, sades , tome II, page ii4, le nomma
passer oultre, laquelle l'on ne vous eust sceu donner, pour non sçavoir de certain jusques où l'on estoit passé en la négociation de mariaige avec la fille de la royne Eleonor, et en cas que d'icelluy l'on fust encoires libre, quelle seroit la voulenté J d'Espaigne quanl à cestuy icy, dont sadicte majesté a esté esclarcye par une lettre du prince venue d'Espaigne parterre, il y a seullement deux jours, par laquelle le prince advertit de certain que le mariaige n'estoil encoires conclu, et que la résolution s'en diffère à couleur de consulter sadicte majesté, à laquelle il remect de traicter celui avec Marie, si bon luy semble; soubmectant du tout sa voulenté à ce qu'elle treuvera pour le mieulx, démonstrant toutesfois de le désirer trèsfort. Sur quoy sa majesté se détermine de passer avant en ceste négociation, et de le faire proposer de sa part à la royne, selon que vous entendrez par aultres lettres que sadicte majesté, par le premier, vous escripra; et ha communiqué ce point à la reine de Hongrie et à de Praet, comme chose nouvelle et sans faire mención de ce que
et 2 jusques à oyres en ont escript, chose qu'il convieni
demeure à tousjours secrette pour infinitz respectz. Et quant vous en escriprez, respondant aux lettres de sadicte majesté, que ce soit sur le fondement d'icelles et sans prandre l'eauve de plus hault; et s'est résolu tant plus l'empereur rappeler voz collègues, afin que aulcung d'iceulx ne vous y traversa ou bien empescha, s'y estans montrez peu affectionnez , et pour non si bien entendre le cours de ceste négociation, et pour aussi que vous garderez mieulx le secret qu'est tant requis et ne se pourroit faire, passant ceste négociation par plusieurs mains. Et ceste négociation est tant importante que qui en pourra venir à chief, il vos en pourra résulter tant de proffit et de réputation, que vous vous debvrez tenir pour heureux d'y estre employé, sans faire scruppule quelconque de séjournre par delà pour maintenant et jusques l'on voye quelle sera l'yssue, puisque lors tousjours serez-vous à temps pour, si vostre santé ne le peult comporter, faire lors instance pour vostre rappel.
(Du prince.) — s Noms propres qui n'ont pu être déchiffrés.
Et pour le coup n'yra la lettre susdicte puisqu'elle doibt estre pour vous seul, et je croys bien que le désir que les aultres ont de retourner sera cause qu'après avoir la licence que présentement l'on leur envoyé pour s'en revenir, ilz n'y vouldront faire long séjour. Et puisque Schefne n'a escript à qui que ce soit pour contredire le congé que cy-devant il a demandé, l'on prent l'instance qu'il en ha faict pour bonne, et le rappelle-1'on sans plus de mistère; et certes, luy présent, il vous fût esté impossible de bien conduyre ceste négociation et avec le secret requis.
Je suis de vostre opinion que la lettre que la royne demande générale touchant son mariaige, telle qu'elle vouloit monstrer à son conseil, ne pouvoit servir ny estre à propoz jusques après le parlement; et puisque, comme vous verrez par ce que vous sera escript, l'on prétend de préalablement scavoir à part son intention quant à sondict mariaige et du prince , cela donnera temps pour adviser ce que, selon ce, se debvra faire quant à ladicte lettre générale.
Vous faictes mención par voz lettres que vous n'estiés d'advisque don Diego de Mendoça1 deust parler de ce mariaige synon à madame Glarence2; mais vous ne m'escripvez s'il luy en ha parlé ou non, ny ce que fut proposé ny la responce, ny si vous-mesmes luy en avez tenu propoz ou assentu quelque chose de la volente d'icelle, que toutesfois sadicte majesté désireroit bien sçavoir
Ce m'a esté plaisir de veoir par vos lettres que les ambassadeurs anglois retournez par delà ayent contentement du favorable receuil que Ion leur ha icy faict, et mesmes qu'ilz soyent satisfaictz du peu que j'ay peu faire en leur endroict; en quoy, oultre le respect de leurs personnes, celluy de la royne vault bien que en ceste court l'on face en leur endroit quelque chose extraordinaire , et plus de ce que l'on ha accoustumé à l'endroit des aultres.
1 Envoyé par Philippe pour féliciter la mère Marguerite, de George, duc de Cláreme sur son avènement. rence, père des rois Edouard IV et Ri-
' Probablement la sœur ou la nièce du chard III. cardinal Pôle , issue comme lui , par sa
Je vous envoyé des troys saínetes unctions que demande ia royne1, que sont celles que ordinairement je porte avec moy pour m'en servir es consécrations que quelquesfois il me convient faire ; et vous prie excuser vers la royne que le vase ne soit plus aorné , car ayant faict tout ce que m'a esté possible pour en faire faire ung non veaul , tel que j'eusse voulsu pour debvoir venir entre ses mains, je n'ay trouvé nul maistre qui se soit voulu obliger à l'achever à moindre temps que de troys sepmaines, que fût esté trop tard pour lors l'envoyer, et ay mieulx aymé accomplir son commandement grossement, que de me mectre en hazard de, pour vouloir mieulx faire, arriver tard.
Vous avez escript par voz précédentes que le roy de France mesmes avoit solicité l'ambassadeur de la royne afin qu'elle s'entremît de solliciter la paix; et pour descouvrir ce que les François sur ce point peullent avoir en l'estomach, sa majesté treuveroit bon que vous tinssiés main devers la royne à ce que, pour estre chose tant convenable à dames de se démonstrer désireuses de paix, y faire de son coustel tout le bon office qu'elle pourra, procurant de faire déclairer les François plus avant de ce qu'ilz debvront faire pour parvenir à ladicte paix, laquelle ilz reserchent de plusieurs coustelz ; mais ilz la vouldroient plus à leur advantaige et telle qu'elle ne nous conviendroit. Mais si eulx se vouloient acomoder à la raison, comme homme ecclésiastique et à qui les troubles de la chrestienté deullent, je désireroye nous voir en une bonne paix; et pour vous dire le tout, aussi ne la vouldrois-je, si elle n'estoit bien à nostre advantaige. Et à tant, etc. De Montz, ce xme de septembre i553.
Vostre bon confrère et amy, L'ÉVESQUE D'ARRAS
Ce chrême béni, envoyé de Bruxelles, ronnement de la reine, qui eut lieu le devait servir clans la cérémonie du cou- 3o septembre.
PAPIERS D'ETAT. IV. i £