‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 3)Chapitre 75 sur 127 · IV. CONTENU DE LA QUATRIEME PIECE · texte numérisé non relu

IV. CONTENU DE LA QUATRIEME PIECE

L'empereur et roi.

Considérant que l'état de Piombino est la clef de la Toscane, et offre à des

facilidad los que no tenian sana intención podian inquietar la Italia, y considerando de quanta ruina y incendio seria para toda ella si Franceses, como lo designavan, pusieran el pié en el dicho estado, lo qual les pudiera succeder facilmente el año pasado de quarenta y tres, assi por la venida que entonces hizo la armada del Turco á su instiguacion y instancia, como por hallarse abierto, sin fortiíicar, y desproveydo de gente, municiones, artillería, y sin remedio de poderlo Jacomo sexto, señor del dicho estado, proveer, por no tener facultad ni forma para ello, por estar muy empeñado, allende de ser el dicho señor moço, y de poca experiencia, y governado por su madre, y el cardenal Salviati , su tio, los quales eran poco aficionados á nuestro servicio, y que, en aquel tiempo el papa Paulo tenia designios sobre el dicho estado, con color de cierto matrimonio; y que, demás destos inconvenientes, que todos concernían al bien público, quietud, y sosiego de la Italia, porque nos, por nuestro dever, dignidad y officio,

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gens mal intentionnés toute espèce de facilités pour inquiéter l'Italie ; considérant aussi les désastres et même la ruine totale réservés à cet état si les Français avaient pu réussir dans leur projet d'invasion, ce qui leur était devenu facile en Tannée i5/i3, tant par l'arrivée de la flotte turque qui devait les seconder dans cette entreprise , que par la situation du pays même, alors ouvert de toutes parts, dénué de fortifications, dépourvu de troupes, de munitions et d'artillerie; ne pouvant, d'ailleurs, fonder aucun espoir de concours sur le seigneur Jacques VI \ maitre de cet état, très-jeune encore et sans expérience , fort embarrassé dans ses propres affaires, influencé par sa mère et le cardinal Salviati son oncle, tous deux peu affectionnés à nos intérêts, sans compter même les vues que, dans ce temps-là, le pape Paul [III] avait jetées sur Piombino sous prétexte de certain mariage; réfléchissant, en outre, qua ces considérations, toutes relatives au bien public et à la tranquillité de l'Italie, auxquels notre office, notre dignité et notre devoir nous obligent de veiller, se joignait en même temps le soin particulier des états que nous possédons dans la Péninsule , leur situation étant telle qu'à l'aide des ports qui s'y trouvent, les ennemis pourraient infester les

Jacques VI, de la maison d' Apiano, succède a son père en i5A5, et meurt en 1 568.

eramos obligado á mirar, se juntava también lo que tocava á nuestro particular de los estados que teníamos en ella, por estar el dicho estado en parte y sitio por los puertos que tiene, de donde los enemigos podían infestar losreynos de Ñapóles y Sicilia, y impedir el comercio y navegación de España, determinamos por occurrir á los dichos inconvenientes y daños irreparables, siendo, por dispusiçion de derecho , permitido á un príncipe permutar un estado por la seguridad y quiete pública, de tomar, como tomamos el dicho stado de Piombino en nuestras manos, con fin de guardarlo, y defenderlo, y dar á su dueño equivalente recompensa en propriedad, vasallos y renta, en la parte de nuestros reynos y señoríos que mejor pareciesse, y fuesse á su satisfacción; de la qual recompensa se comencó luego á tratar, assi por medio de nuestro embexador en Roma , como de algunas otras personas y gentileshombres de nuestra casa , que expressamente para ello embiámos; y no se haviendo seguido el efecto, por no haver venido en ello el dicho señor, ni su madre y tio , que entonces eran vivos, la cosa quedó assi imperfecta, y á cargo del duque de Flo-

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royaumes de Naples et de Sicile, entraver le commerce et la navigation vers l'Espagne; voulant obvier à tous ces inconvénients et prévenir des maux irreparables; nous fondant, d'un autre côté, sur le principe du droit qui autorise un prince à échanger un état contre un autre, lorsque la sécurité et le repos public l'exigent : nous avions résolu de prendre en nos mains, comme nous l'avons pris en effet , ledit état de Piombino pour le garder et défendre , donnant à son seigneur naturel une compensation équivalente en territoire, vassaux et revenus dans la partie de nos pays et domaines qu'il trouverait le mieux à sa convenance. On s'occupa dès lors de négocier cet échange , tant par l'entremise de notre ambassadeur à Rome , que de quelques autres personnages et gentilshommes de notre maison que nous avions spécialement délégués à cet effet. Mais , l'affaire n'ayant pu se terminer selon nos désirs, à cause de l'opposition qu'y mirent ledit seigneur, ainsi que sa mère et son oncle, les choses demeurèrent en l'état , et le duc de Florence fut, comme auparavant, chargé de fournir les munitions, comme aussi de solder les troupes nécessaires à la garde et défense dudit pays.

rencia, la provision de las municiones, y paga del sueldo de la gente que era necessaria para su guarda y defensión, á quien nos pareció encomendarlo, assi por la vezindad y aparejo que ternia, estando tan á la mano, como porque ya en tiempo de Jacobo quinto, padre del señor que oy es, avia començado á socorrerle, y ayudarle, á buena quenta, con alguna quantidad.

Después de lo qual, haviendo succedido la guerra de Germania, contra los desviados de la fée, y forçadonos la necessidad con que entonces nos hallávamos á buscar dinero para proseguir y acavar la empresa , tomamos prestados del dicho duque ciento y cinquenta mil escudos, con otorgarle por ellos una cédula dada en Lançuet á los ¡o de agosto de 46, por la qual le prometíamos, debaxo de nuestra palabra real, de dar orden como, dentro de cierto tiempo, el dicho duque de Florencia huviesse el dicho estado de Piombino para sí y sus successores , con pacto de retro-vendendo , pagando lo que justamente valiesse, con quedarnos obligado á la dicha recompensa del señor; hasta que finalmente, el año de cinquenta y dos, tornando á

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Différents motifs avaient appelé notre choix sur lui : d'abord son voisinage immédiat, et les ressources qu'il avait sous la main; ensuite les secours que, déjà du temps de Jacques V, père du seigneur actuel , il avait commencé à lui donner à compte de ceux qu'il lui avait promis.

A cette époque survint la guerre d'Allemagne contre les dévoyés de la foi ; la nécessité d'argent où nous étions alors nous ayant forcé de recourir au crédit , pour faire face aux dépenses de l'entreprise et la terminer heureusement , nous empruntâmes au duc de Florence cent cinquante mille écus sur un billet daté de Landshut, le 10 août i546, par lequel nous promettions, sur notre parole royale, de lui remettre dans un certain temps ledit Piombino pour lui et ses successeurs , avec clause de réméré, c'est-à-dire nous réservant la faculté de le retirer en nos mains pour sa juste valeur, et toujours moyennant compensation en faveur de son propriétaire légitime. Telle était la situation des affaires, lorsqu'en l'année i55a la flotte turque parut de nouveau sur les eôtes de Toscane, avec l'intention de s'emparer de ce pays, et ensuite, à l'aide du projet qu'avaient

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venir la dicha armada del Turco con designio, á lo que se entendió, de señorearse de aquel stado, para, con las pláticas que Franceses tenían de invadir y ocupar la ciudad y dominio de Sena, como lo hiziéron, infestar la Italia, y damnificar los estados que en ella tenemos.

Visto que no havia otra forma para guardar y defender el de Piombino, attento que nos hallávamos entonces occupado en la Germania contra el rebelde duque Mauricio, nos resolvimos de encomendarle del todo el dicho estado al dicho duque de Florencia, que ya tenia, y havia por nuestra orden fortificado la isla de la Elba, como á persona tan áfectionada y confidente nuestra, y que mejor que nadie (por tener.su tierra tan á la mano, como dicho es) podia suportar y continuar los gastos que requeria la guarda y defensa del, con condición que nos le restituyria, á toda nuestra requisición , satisfaziéndolc los gastos que assi huviesse hecho.

Y como quiera que deseando que se cumpliese con el dicho señor de Piombino, y duque de Florencia, por cuya parte se nos hazía continua instancia, para la effectuacion de la dicha cédula, sobre que

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formé les Français d'occuper la ville et le territoire de Sienne [comme ils l'exécutèrent en effet] , d'infester l'Italie et de ravager tous les états que nous possédons dans cette péninsule.

Nous voyant alors dans l'impuissance de garder et défendre celui de Piombino, préoccupé essentiellement du soin de poursuivre le duc Maurice, devenu rebelle, nous résolûmes de faire un nouvel abandon de ce pays au duc de Florence, qui déjà, par nos ordres, avait occupé et fortifié l'île d'Elbe, comme à un personnage jouissant de toute notre affection et notre confiance, et qui mieux que tout autre (vu la situation de son propre territoire, ainsi que nous l'avons dit) pouvait continuer à supporter les dépenses nécessitées par la garde et défense de Piombino ; mais sous la réserve qu'il nous le remettrait à première réquisition , moyennant le remboursement de toutes ses avances.

Désirant en finir sur ce point avec le seigneur de Piombino , avec le duc de Florence lui-même, qui ne cessait de réclamer l'exécution de notre traité, comme aussi avec le pape Jules III, qui nous avait écrit à ce sujet, nous faisant de conti-

también nos escrivió papa Julio tertio, haziendo sobre ello muchos officios con nuestros embaxadores, y representándonos entre otras cosas que, dándose este estado al duque, se quitaría á los potentados de Italia la sospecha que tenian de que, juntándose este stado con el de Sena, nos queriamos hazer poco á poco señor de la Italia; embiámos ultimamente al regente don Bernaldo de Bolea, del nuestro supremo consejo de la corona de Aragon, con todos los poderes y recaudos necessarios, para que, averiguadas las quentas que reciprocamente havia entre nos, y el dicho duque, y el señor del stado, se vendiesse aquel al duque, con el dicho pacto de poderse redimir, tomándosele en quenta lo que se le deve, assi de los dichos ciento y cinquenta mil escudos, y lo que después prestó para la guerra de Sena, como de lo demás que huviese prestado al señor, y gastado en la guarda del dicho estado ; y que se tratasse juntamente con el dicho señor déla recompensa que se le huviesse de señalar, ofreciéndosela tal y tan aventajada, de que con razón se deviesse de satisfazer. En fin, despues de averse entendido muchos dias en estas cosas, se huvo de

nuelles instances par ses ambassadeurs, et nous représentant particulièrement que, si nous cédions cet état au duc, les souverains de l'Italie seraient délivrés de la crainte continuelle qu'ils avaient de nous voir, par la réunion de l'état de Piombino avec celui de Sienne, nous acheminer à la conquête de l'Italie entière : nous envoyâmes dernièrement le régent don Bernard de Bolea , membre de notre conseil suprême de la couronne d'Aragon , muni de toutes les instructions et pouvoirs nécessaires pour vérifier les comptes qui restaient à régler entre nous, le seigneur de Piombino et le duc de Florence, rendre à ce dernier l'état en question , avec clause de réméré , portant en diminution du prix stipulé les dettes à notre charge, tant lesdits cent cinquante mille écus et l'emprunt contracté à son profit pour la guerre de Sienne, que ses autres propres créances sur le seigneur de Piombino, et les déboursés par lui faits pour la défense de cet état; enfin pour traiter avec ledit seigneur de l'indemnité par lui prétendue, lui faisant à ce sujet des offres telles qu'il pût raisonnablement s'en contenter. Néanmoins, après plusieurs jours employés à ces négociations, le régent dut s'en re-

venir el dicho regente, sin haver podido tomar resolución, ni apuntamiento alguno con el uno , ni con el otro , ni seguirse el efeto que tanto deseávamos; por donde el negocio ha quedado imperfecto, y nos con no poca pena y congoxa de ver el poco fruto que han obrado nuestras diligencias, que son las que humanamente se han podido hazer, para proveer á la seguridad y quietud de Italia, y á la indemnidad y desagravio del dicho señor, el qual se halla al presente desposeydo de su estado , y sin haverle dado la recompensa , que es cosa de no pequeña consideración.

Por lo qual, siendo este negocio de los que sumamente nos premen, como lo requiere la calidad del, y haviendo dexado el peso de todos los otros públicos y particulares nuestros al serenissimo rey príncipe don Felipe, nuestro muy caro y muy amado hijo, queremos que también le quede y muy particular y expresso desto de Piombino, para que se haga, provea y remedie, como es justo y conviene, para el descargo de nuestra consciencia. Declaramos por el presente

tourner sans avoir pu finir ni avec l'un ni avec l'autre , et arriver à une conclusion qui était l'objet de nos vœux. Nous nous trouvons donc au même point que précédemment , et de plus avec le regret de voir l'inutilité de tous les efforts par nous tentés pour assurer, d'une part, la tranquillité de l'Italie, et de l'autre, afin de donner satisfaction audit seigneur de Piombino maintenant dépossédé de ses états et privé du dédommagement auquel il a droit : circonstance qui n'est pas d'un léger poids pour nous.

Toutes ces choses bien considérées, la négociation dont s'agit étant du nombre de celles qui nous tiennent le plus à cœur, comme nous avons abandonné au serenissime roi, le prince don Philippe , notre très-cher et très-aimé fds, la charge de toutes nos affaires publiques et particulières, nous lui remettons également, et d'une manière expresse, celle qui concerne Piombino, afin qu'elle se traite et termine selon la justice et comme l'exige notre conscience. Nous déclarons en outre, par le présent chapitre et codicille, que notre volonté bien arrêtée est que ledit serenissime roi, à qui nous recommandons instamment le soin de cette affaire , s'occupe , sans perte de temps et dans le plus court délai , de l'amener à

capítulo y addicion ser nuestra voluntad determinada que el dicho serenísimo rey, á quien selo rogamos y encargamos con el mayor encarecimiento que podemos, vea de entender y proveer que, con toda brevedad que mas fuere possible, y dentro de muy breve spacio de tiempo, se tome algún buen assiento y conclusion en este negocio, de manera que agora, sea restituyendo el dicho estado á Jacomo sexto, su señor, con cumplir con el duque de Florencia por los medios que se hallarán mas convenibles, ó dándose al dicho señor la equivalente recompensa á su razonable contentamiento, como siempre ha sido nuestra intención, y se deve, ó guardando el dicho serenísimo rey príncipe, nuestro hijo, el dicho estado para sí, con cumplir con el uno y con el otro en la manera susodicha, ambos queden justamente satisfechos, y nuestra consciencia descargada, como lo confiamos enteramente del dicho serenísimo rey, nuestro hijo, y él nos lo ha assegurado, y ofrecido expressamente. Datum en Bruselas, á xim del mes de enero i556.

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