EL REY DON FELIPE
AL EMBAJADOR RENARD.
(Ambassades de Renard , V, 5.)
Bruselas, á 2 de mayo 1 556 '.
El Rey,
Simon Renard, del nuestro consejo, y nuestro embaxador : Por parte de la república de Genova hé sido informado que los Franceses que están en Córcega, no obstante la tregua, y contra el tenor y forma della, atienden á proceder en aquella ysla como en tiempo de guerra, y han batido ultimamente un lugar llamado Herbalonga, y han hecho jurar fidelidad á todos los del cabo Corso, y perseveran todavía en la fortificación de Sanct-Florencio , y detienen dos naves de aquella ciudad, que estos días después de la data de la tregua tomaron, la una de las quales llevaron á Marsella, y la ottra al Ayaço, lo qual todo, como está dicho, es contra la dicha capitulación déla tregua, y que ni Jordan Ursino , ni los demás entienden observarla , sino tienen nueva y expressa orden del rey, pidiéndome por parte de la dicha república que os mandasse scrivir para que hiziessedes instancia sobre el remedio de todo ello. Y porque yo tengo á la dicha república la
1 Les Français qui sont en Corse vien- fractions àia trêve, le roi d'Espagne s'em-
nent , au mépris de la trêve , de s'emparer presse de le faire , autant par l'intérêt qu'il
d'Herbalonga; ils ont fait jurer fidélité à porte aux Génois que parce qu'ils sont
la population du cap Corse, continuent à compris dans ce traité. Renard sollicitera
fortifier Saint-Florent , et se sont emparés auprès du roi de France des ordres précis
de deux navires de cette ville. Chargé par pour son exécution et le redressement des
la république de Gênes de réclamer au griefs actuels, près du roi très-chrétien contre de telles in-
voluntad que vos sabeys, como lo requiere la afficion que me tienen, y la buena y verdadera amistad que entre nosotros ay, y he de dessear y procurar el bien de sus cosas como de las proprias, tanto mas en esta que es tan justa y devida, por ser ellos nombrados y comprehendidos expressamente en la dicha tregua, como nuestros amigos y aliados, y aver de gozar ellos del beneficio della, yo os encargo y mando que, luego en recibiendo esta, hableys con el rey y con los que mas conviniere, y les hagays entender lo que en Córcega passa, y se ha inovado contra el tenor y forma de la dicha tregua, y le pidays con toda la instancia possible que mande, si ya. . . . se hecho, que allí, como en las otras parles se observe y guarde la dicha tregua enteramente, como la razón lo requiere, y assi mismo que haga reparar y restituyr en su lugar lo que se ha hecho e intentado después de la data de la dicha tregua, y que cesse la fortificación del dicho Sanct-Florencio, y lo dcxen á los de la dicha república libremente, pues fué ocupado, y començado á fortificar despues de la data de la tregua, y ha de estar y quedar en el término y estado que estava al tiempo que aquella se assentò, y assimismo en lo de la restitución de las naves, y reparación délos daños que por parte de sus capitanes y ministros se han hecho á los dichos Ginoveses, pues tenemos por cierto que estaréis informado dellos por lo que os avrán scripto, usando tal diligencia en ello, que en todo caso se haga y provea lo que conviene á la dicha república, como si fuesse cosa nuestra propria, pues en el mismo grado tenemos lo que les toca, y assi me haréis muy particular servicio en usar en esto mucho cuydado, solicitud y diligencia, y en avisarme délo que sobre ello se abrá proveydo, por que quiero entenderlo. De Bruselas, á dos de mayo mdlvj.
YO EL REY
Por mandado de su magestad :
GONÇALO PEREZ.
L'AMBASSADEUR RENARD
AU DUC DE SAVOIE
(Ambassades de Renard, V, 7.)
Saint-Dié-sur-Loire, 6 mai 1 556.
Monseigneur, comme je scey l'original des lettres que j'escriptz au roy tumbera es mains de vostre altèze, je ne feray du contenu redicte, que seroit superflue; seulement adjousteray-je que, aiant négotié avec le roy de France, je luy fiz les recommendations trèsaffectueuses de vostre altèze, et que, comme en ceste première audience je ne désiroys l'attédier de beaulcoup de négotiations, ainsi je remectois à luy déclairer ce que j'avoys de charge de vostre altèze à la première audience qui lui plairoit me donner. A quoy il respondit que, quant je vouldrois, il seroit tousjours prest pour me ouyr, et s'accommoderoit à toutes choses raisonnables. A ladite audience je mectray en avant l'article de mon instruction concernant vostre altèze, et feray ce à quoy le debvoir m'oblige, et dont serez incontinent adverty.
Oultre ce, je supplie très-humblement vostre altèze ne s'endormir aulcunement pendant la tresve , ains tenir main à ce que l'on ne soit prévenu.
J'envoie à vostre altèze aulcuns livres nouvellement imprimez, où treuverez la vérité n'avoir lieu. A tant, monseigneur, etc. A Sainct- Dié, ce 6 de may 1 556.
L'AMBASSADEUR RENARD
A PHILIPPE II
(Ambassades de Renard, V, 8-9.)
Saint-Dié , 8 mai 1 556.
Sire, estant arrivé à Orléans, que fut le pénultième du moys passé, je rencontray ung chevaulcheur d'Estampes, que le Sr connestable envoioit au-devant de moy avec lettres, par lesquelles il m'advertissoit comme le roy estoit party de Bloiz pour aller à Chambourg1, où il séjourneroit six ou septz jours, et que, si me treuvois lassé du chemin, je pouvois venir à petite journée à Sainct-Dié, où il m'avoit donné logis, qu'est une petite lieue dudict Chambourg. Ce néantmoins le lendemain, dernier dudict moys, j'arrivay audict Sainct-Dié, et le lendemain j'advertiz ledict Sr connestable de mon arrivée audict lieu, et que, comme je ne me sentois aultrement traveillé du chemin, quant il luy plairoit me faire avoir audience devers le roy, je luy déclairerois ma charge et luy baiserois les mains. Et n'y eust ordre d'avoir ladicte audience jusques au quatrième de ce moys, tant pour le remuement de ladicte court, que pour avoir esté le roy en la maison du filz du Sr de Garginet, à trois lieues dudict Chambourg, que, pour ce je tiens, il attendoit quelque responce de Basse-Fontaine sur les affaires de Piémont, pour lesquelx le Sr de Morette a esté envoie par le Sr de Brissac par deçà.
Et audict quatrième, que me fut assigné, le roy envoia au-devant de moy l'évesque d'Arie 2 et le Sr de Lansac 3 ; puys estant en une
1 Chambord. — s Jacques du Broullat 3 Louis de Saint-Gelais , sieur de Lan-
de Balonville, qui, s'étant prononcé pour sac. la réforme, fut privé de son siège en 1 562.
chambre réservée audict Chambourg pour les ambassadeurs, et aiant prins une robe, je fuz conduict devers le Sr conneslable, que me fit ung accueil courtois, honorable et favorable, estant sorty de sa chambre pour me recepvoir; aulquel je fiz entendre l'occasion de ma venue en ce royaulme, pour servir vouz majestez impériale et royalle d'ambassadeur ordinaire, pour faire les offices deuz et requis; que vouzdictes majestez m'avoient enchargé m'adresser principalement à luy pour encheminer ladicte ambassade et commission , pour la confiance qu'elles ont de luy, le tenant pour studieux amateur de paix et qui désire le repoz de la chrestienté : suyvant l'instruction de vostre majesté, avec tous propos persuasifz; qui deust tenir main à l'observance de la tresve, à l'exécution du dispositif en icelle et à promouvoir les choses à final appaisement, soubz espoir duquel s'estoit traicté la tresve, ratifiée et jurée ; que de la part de vouz majestez elle seroit observée, comme jà, par eifect, elles avoient commencé par réparation et restitution des prinses de bateaulx et navires prins puys la date d'icelle, tant en Espaigne que en Flandres; que, pour ce commencement, je ne voulois aultrement entrer en négotiation, ains les remettre à la première audience, sinon que comme troys moys passoient le cinquiesme de ce moys que la tresve avoit esté arrestée et conclute, ainsy avant l'expiration d'iceulx plusieurs avoient désiré d'estre nommez et comprins en icelle pour joyr du bénéfice d'icelle, luy exhibant l'acte pour ce m'envoie depuys mon partement, pour estre insinué et m'en donner certification *. Et oultre icelluy, le requérant pourvoir sur la restitution des navires retenues par les ministres du roy, et aussy des esclaves et foursaires et aultres articles contenuz ou mémoire que luy donnay par escript, aiant joinct une certification en espaignol, par laquelle il appert comme en Espaigne l'on a rendu plusieurs navires françoys aux subjectz dudict sieur roy de France prins puys la date de ladicte tresve , pour inviter le conseil dudict sieur roy à réciproque restitution ; et avant tout œuvre je luy fiz
1 Cette pièce n'existe pas dans le recueil des négociations de Renard.
les recommandations enjoinctes, luy présentant les lettres de crédence
de vostre majesté.
Surquoy il remercia très-humblement vouz majestez de la bonne opinion qu'elles ont conceu de luy, appelant Dieu et sa conscience à tesmoing s'il y a personne en ce monde qui luy ai gaignié advantaige es choses quilz ont concerné la paix et repoz de la chrestienté, avec le service touttesfoys de son maistre, ne que plus la désire, signantment entre vouz majestez : estimant que quant serez daccordz, toute la reste sera forcée d'y tumber et suyvre ; que l'eaige où il se treuve, et le service de Dieu en premier lieu, et les dons et biens de fortune desquelx il a esté servy qui fut pourveu en ce monde, en estats, en honneur, en biens temporelz et faveur de son maistre, luy aiant donné tant d'enfans par lesquelx il peut continuer sa postérité et maison, ne permectent il soit ingrat, sinon traveiller pour le bien de sa foy et religion, laquelle est tant intéressée par les guerres d'entre les princes chrestiens, comme chascun congnoist ; que, suyvant sa juste inclination, il fera tout le debvoir possible pour convertir le nom de tresve en effect de perpétuelle paix et réunion de parfaicte amitié, et dont je pourray donner tesmoignaige que ladicte tresve sera effectuée réaiment de la part dudict Sr roy. Me déclairant, le roy avoir eu contentement de l'élection qu'il avoit pieu à vostre majesté faire de moy pour venir par deçà, tant pour estre imbuz aulcunement des affaires, pour avoir vacqué à ladicte tresve, que pour aultres considérations, plustost par courtoisie que capacité que je retreuve en moy. Adjoustant qui négotiera avec moy franchement et ouvertement selon les occurrens et sans dissimulation, et que je fait le semblable : me disant que jestois le bien venu, usant des cérémonies ordinaires à la réception des ambassadeurs; et le jour devant il m'avoit envoie de la venaison de la chasse du roy.
Quant à l'acte où estoient nommez ceulx quilz désirent estre comprins en la tresve, il en avoit aussy faict ung qu'il me vouloit délivrer, et qui a esté envoie à Basse-Fontaine pour le présenter à vostre ma-
jesté1, et que acte me seroit donné de madicte présentation ; et promptement appella l'Aubespine, luy ordonnant ainsi le faire, lequel aussy me dona ledict escript de la nomination et compréhension d'aulcungs que ledict sieur roy de France désiroit estre participans du fruit de ladicte tresve, dont ledict connestable avoit parlé à l'instant ouquel, comme je m'apperceuz, il n'y avoit nomé que troys ou quatre personnes. Et pendant queje parlois au sieur cardinal de Loraine, ledict l'Aubespine me vint demander ledict escrit pour despescher mon acte , qui me renvoia depuys amplifié de plusieurs; et sans l'accepter, je dis que j'en advertirois vostre majesté et luy envoieroys ledict escript, laquelle poura veoir si l'on y a adjousté, le confrontant avec celluy que Basse-Fontaine aura présenté par delà : pour ce que, estant empesché le visiter, je ne pus veoir particulièrement le contenu dudict escript. Et quant aux aultres articles contenuz oudict mémorial, il y seroit pourveu convenablement, m'estant délibéré de négotier par escript avec eulx pour toute seurté.
Ce faict,je fuz conduict par ledict Sr connestable devers ledict sieur roy, aulquel je présentay les lettres de vouz maj estez et déclairav la crédence approchant celle contenue en ladicte instruction, qui, pour substantial de son propos, me dit qui observera et fera observer et exécuter ladicte tresve selon qu'elle a estée jurée; qui correspondra à l'amitié par tous offices que l'on sçauroit désirer, et que, si cinq ans ne souffisent, il prolongera la tresve d'aultant que l'on vouldra'2
1 L'acte portant dénomination « de ceux « néiice d'icelle » est daté de Chambord ,
«des serviteurs, amyz et alliez du roy de le 3 mai. (V. Ambassades de Renard, IV,
«France, qui doibvent estre compris au- fol. 77.) « dict traité de la tresve, et jouyr du bé- " Le reste manque.
(Ambassades de Renard, IV, 218-220.)
[Saint-Dié, 8 mai 1 556.1
Sire, arrivant en ce royaulme, j'ay avec le soing et curiosité nécessaires enfoncé Testât présent des affaires dudict royaulme, pour accompaigner ce premier mon despesche d'advertissemens considérables et satisfaire au point de l'instruction de vostre majesté sur ce. Ayant treuvé que le roy de France a condescendu à la tresve et cessation d'armes par nécessité, ne treuvant plus moien de tirer de son peuple argent ou finance pour plus longuement souldoier la guerre; estant le peuple sy appauvri des exactions et contributions, tant ordinaires et extraordinaires, empruntz des rentes, deniers clers, vaisselles et aultres semblables meubles; estans les changeurs et bancquiers si en arrière par le grand crédit qu'ilz ont fait; estant le païs si déforni d'argent, pour avoir esté tiré hors d'icelluy es lieux où la guerre et gens de guerre se sont levez et entretenuz ; estans les églises et ecclésiastiques si rechastrées par les décimes et accreues de décimes et aultres impositions, comme des cloches et calices; estant la noblesse si pauvre et desacredité pour les contributions, pour avoir servy aux bans et rière-bans, pour avoir au service du roy et longs véaiges soubstenu grandz fraiz ; pour estre les demaines du roy du tout venduz et toutes les inventions de finances mises en exécution, ne lui restans que les tailles ordinaires, jà pour la pluspart engaigées aux bancquiers, et ausquelles le même peuple n'a moien fournir; tellement que, non pour la volunté que ledict S1 roy
eust au bien de paix, ains pour respirer et remettre son peuple du désespoir où l'on le veoit, a consentu ladicte tresve, de laquelle tous les estatz dudict royaulme ont heu et ont telle resjouyssance que vostre majesté peult discovrir et considérer; et, par le contraire, si elle se rompoit, la désolation leur seroit d'austant plus calamiteuse, que l'espoir de paix et repos leur auroit causé d'allegrie. Et selon ce, je puis certifier à vostre majesté queje ne vois apparance ou fondement qu'elle puisse estre observée de leur coustel, sinon tandis que la nécessité les contrendra , ny qu'elle doige servir pour encheminer les choses à final appaisement des troubles dont la crestienté reçoit l'intérest notoire.
Je visitay l'admirai de Chastillon, qui arriva à Paris le mesme jour que je y entray. Il me tint propos aultres que je n'attendois, se complaingnant et répétant1 la négotiation du Sr d'Arras, conseilliers Tisnacq et Bruxelles touchant la rançon et délivrance des prisonniers , disant que l'interprétation du second traicté accordé pour lesdictz prisonniers ne seroit aggréable au roy, comme jentendrois dudict Sr roy, et que, contre son grez, il en avoit adverty, selon qu'il le dict audict Sr d'Arras. Et oultre ce que tant s'en fault que vostre majesté luy ay gratifié de la liberté de son frère , ce qu'il n'eust accepté aulcunement sans paier rançon, que, après que le cardinal de Trente l'a eu mis en plus de liberté qu'il n'estoit, ledici Sr d'Arras a fait escrire par le chastellain de Milan qu'il fut reserré, et qu'il a esté mis en la roguette2, ou lieu qu'il estoit en une chambre; qu'il nestimoit l'on deust ainsi traicter son frère, estant ledict admirai venu devers vostre majesté pour si bonne et saincte euvre, et en laquelle il a tenu la main plus que l'on ne pense, et contre l'opinion de plusieurs de la court de France, comme avec le temps je le pourrois entendre. Que le roy est prince qui veult tenir sa parolle et désireux de paix et amytié; mais, si s'apperceoit que l'on procède si aigrement en chose de telle qualité, il ne pourra délaisser faire le semblable, comme ne pouvant souffrir chose que irrite sa grandeur
1 (Réprouvant ?) - Prison dure, cachot.
ou la diminue; dérivant le bon acueil que vostre majesté luy a fait à particulier resentement, et duquel l'on peult tirer ce que j'ay prémis de la volunté qu'ilz ont à la paix et entretien desdictes tresves. Auquel je répondiz que je festois venu treuver, non pour négocier ains pour le visiter, sçavoir quant le roy partiroit de Bloiz, où je treuverois la court, et remercier la souvenance qu'il eust de moy de me faire visiter quant il fut à Bruxelles et entendist que j'estois malade ; et que, quant à ce que concerne la négotiation dudict Sr d'Arras et desdicts seigneurs conseilliers, il n'y avoit pourquoy l'on s'en deust douloir ny du fait des prisonniers, pour ce que, deans le temps accourdé, l'on les a mis à rançon, et si satisfont à icelle et aux traictez, non-seullement deans le temps de trois mois choisiz, ains plustost, ilz seront relâchez, et pourveu ilz facent le semblable des nostres; en ce n'y a interprétation que celle qu'est civile, raisonnable et conforme à toute honnesteté. Que, si l'on a informé le roy aultrement, l'effect mettra la vérité devant les yeulx ; que je creois vostre majesté luy avoit donné occasion de contentement, tant en ce que deppendoit de la charge qu'il avoit et la personne qu'il représentoit, comme en ce que le pouvoit concerner particulièrement; que je ne sçavois l'on eust reserré son frère; que, si ainsi estoit, il convenoit qu'il y eust raison pourquoy cela soit esté ainsi disposé ; qu'il ne convenoit nullement nommer ou mesler le Sr d'Arras en particulier, car il n'auroit esté fait de privé auctorité, ains du conseil; qu'il pourroit estre ledict Sr d'Andelost auroit abusé de ladicte liberté, ou que aultre chose seroit venu à congnoissance que je ne pouvois adiviner ; que je ne pensoy il voulsit entrer en ceste opinion, que de penser donner loix à ce que deppend des affaires de vostre majesté; qui sçavoit assez ledict Sr d'Andelost estre prisonnier du feu Sr Francisque de Beaulmont, et conséquemment la rançon appartenir à ses vesve et héritiers; que vostre majesté ne luy pouvoit gratifier dadvantaige que de leur commander le mettre à rançon ; que, s'il eust demandé ladicte rançon à vostre majesté, ou plus grand chose, vostre majesté est prince de telle magnanimité et libéralité,
qu'elle ne luy auroit refuse la paier pour luy ; que ses propos estoient aulcunement estranges de mesler les choses publicques avec les particulières; que je ne pensoy le roy se deust arrester à telles particularitez, attendu ce que dessus; que j'avois bien entendu l'on avoil reserré noz prisonniers en la Bastille , et que l'on ne permettoit personne parler à eulx, les tenans es lieux estroictz où ils gardent prisonniers criminclz ; que je ne doubtois l'on en useroit ainsi envers les leurs. Sur quoy il se reprint et radoulcit, déclairant la grande humanité de vostre majesté, l'honneur que luy a voit fait, et accueil
favorable que jamais il n'eust en penser demander1
Aulcungs subjectz de vostre majesté, quilz ont négotié avant mon arrivée en ceste court touchant la restitution d'aulcungs bateaulx, ont heu pour response que, quant vostre majesté aura satisfaict à ce qu'a esté innové depuis la tresve en Piedmont, l'on les pourvoira selon que l'on treuvera convenir. Si me répondent par ces termes au mémorial que j'ay donné, je leur réplicqueray ce que me semblera mieulx à propos et pertinant