‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 125 sur 153 · A FRANÇOIS BONVALOT, SON AMBASSADEUR EN FRANCE · texte numérisé non relu

A FRANÇOIS BONVALOT, SON AMBASSADEUR EN FRANCE

(Mémoires de Gran velle, II, 3 1-32.)

Gand, 1 5 juin i53i.

Vénérable, chier et féal ; Ceste sera en responce des vostres des xiv et pénultième du mois passé, h et ix du présent; et quant à ce que concerne la charge qu’avoit le Sr de Praet devers le roy très-chrétien , nostre bon frère , au faict du concilie, puisqu’il ne vous en a esté faict semblant depuis le partement dudict Sr de Praet , l’on peult juger tant plus le peu d’effect que l’on en doibt attendre , et est assez vraysemblable que le retour à Rome du cardinal de Grammont a esté fondé entre anltres choses à ceste occasion, et les propoz qu’il a tenu par chemin l’ont assez dénoté , pensant par ce moien et avec la dissimulation dudict concilie , et entretenant la chose en ces termes , avoir le pape obligé et nous tenir en suspens. Et puisque voyons faulte de bonne volunté de tous coustez quant audict concilie , et la continuation de dillacion sans apparence d’effect, et que entre tems les hérésies pulullent journellement et s’extendent en la Germanie , et dont l’inconvénient pourroit advenir irréparable à toute la diresti eneté, avons résolu de, en postposant noz affaires, mectre sus une diète impériale et retourner en Allemaigne deans la fin du prouchain aoust au plus tard, pour là tenir et adviser se se pourra trouver quel-

que moyen ou expédient pour du moings empescher et obvyer à plus grand inconvénient, et bailler tel ordre que faire se pourra ès aultres choses et affaires de la Germanie , en attendant si meilleur volenté et opportunité s’addonera audict concilie; et en escripvons audict sainct-père de nostre main lectre dont vous envoyons la copie, et de ce que sur ce dépeschons à nostre ambassadeur vers sa saincteté , pour vostre information seullement de la chose comme elle passe, sans faire mention desdictes coppies. Aussi escripvons, quant à ceste détermination de retourner en Allemaigne tenir ladicte diète, à la royne , madame nostre meilleur seur, par les lectres de nostre main que vont avec cestes ; nous vous envoyons aussi une lectre de crédence pour en advertir de nostre part ledit Sr roy, par manière de confidence, et afin de luy donner à entendre que désirons de le faire tousjours participant de noz nouvelles et affaires, et mesmes de ceulx que empourtent au bien de nostre foy et de la républicque chrestienne , non faisant doubte de sa bonne et entière affection en ce ; et selon qu’il viendra au propoz de parler dudit concilie , luy pourrez dire que confions que ledict sainct-père, de son cousté, considérera la nécessité qu’il en est, et1 de sa part y tiendra la main, selon qu’il a tousjours déclaré y estre affectionné et qu’il en congnoit la nécessité; parsistant civilement, comme les divises s’adonneront, à ce que luy en fut dit au partement dudit Sr de Praet. Et se par adventure ledict Sr roy venoit à parler de ce que entendons de faire après ladicte journée, et du chemin que vouldrons prendre dois là, direz n’en avoir riens entendu, ny pensez que y aions riens résolu, pour estre chose deppendant de nostre besoingne à ladite diète et succès des affaires, mais que vous tenez bien pour certain que de temps à aultre l’advertirons de noz nouvelles ; vous desmêlant au surplus de ce , et ayant bon regard d’entendre, tant des propoz dudict Sr roy que de ceulx de sa court, et par tous moiens, comme sera prinse ceste nostre résolution, et ce qu’ilz en jugeront , pour du tout nous advertir le plus tôt que pourrez, ensemble de toutes aultres nouvelles que entendrez, 1 (Que lui roi?)

selon la diligence qu’avez en ce accoustumé , et le debvoir qu’en faictes continuellement, signamment par voz susdites lectres, que avons à très-agréable service.

Et quant aux aultres particuliers affaires mencionnés en voz susdictes lectres, pour estre sur nostre parlement, remectons de les faire entendre quant serons arrivez à Bruxelles, pour vous en respondre et mander ce que aurez à y besoingner, par le premier dépesche ; et en remectant aussi l’affaire de Portugal aux lectres communes à vous et le Sr de Courbaron , sera la fin de ceste. A tant, etc. Escript en Gand , le xve de juing 1 53 1 .

L’EMPEREUR

A SON AMBASSADEUR EN FRANCE ET AU SIEUR DE COURBARON ( Mémoires de Granvelle , II , 33.)

Gand, i5 juin i53i.

Vénérable, chiers et féaulx : Nous avons receuz voz lectres communes et particulières, et par icelles entendu l’arrivée de vous, le Sr de Courbaron , communication eue sur vostre charge avec l’ambassadeur de Portugal, exposition d’icelle au roi très-chrétien, nostre bon frère, et le bon debvoir que en ce avez faict, que tenons à très-agréable service; et ne faisons doubte que continuerez au bien, bonne direction et adresse de l’affaire, et que assisterez ledict ambassadeur de Portugal en sa poursuitte , et tiendrez la main au bon effect de sa charge par tous moiens convenables et possibles ; auquel direz que encoires le recommandons très-affectueusement, par les lectres que escripvons de nostre main , à la royne madame nostre

meilleur seur, en responce des siennes , faisant mention de se vouloir emploier de tout son pouvoir auxdictes affaires, comme ne faisons doubte quelle fera de très-bon cueur. Et désirons d’entendre quelle aura esté la responce sur l’escript baillé par ledict ambassadeur audiet Sr roy, et s’il y aura chose qui semble à vous et audict ambassadeur que doyons faire plus oultre, en quoy ne deffauldrons. A tant, etc.

Escript en Gand, le xve de juing 1 53 1 .

FRANÇOIS F

A CHARLES V

(Mémoires de Granvelle, II, 37.)

Paris, 22 juin i53i.

Très-hault, très-excellent et très-puissant prince, notre très-chier et très-amé bon frère, cousin et allyé , salut, amour et fraternelle dilection. Pour austant que nous avons accordé à nostre amé et féal chambellan ordinaire, le sieur de Morette, nostre ambassadeur près de vous, qu’il s’en puisse revenir devers nous; à ceste cause nous avons bien voulu dépescher nostre amé et féal conseillier et maistre desrequestes ordinaire de nostre hostel, le sieur de Velly, pourtour de ceste , pour aller en son lieu résider auprès de vous , auquel avons donné charge expresse de vous dire et exposer aucunes choses de nostre part, dont nous vous prions le vouloir entièrement croire, ainsi que vous vouldriez faire nous-mesmes : en quoy faisant , vous nous ferez plésir très-agréable. Et à tant, très-hault, très-excellent et trèspuissant prince , nostre très-chier et très-amé bon frère , cousin et

PAPIERS D’ÉTAT allye , nous supplions le Créateur vous avoir en sa très-saincte et digne garde. Escript à Paris, le xxne jour de juing mil vc xxxi.

Vostre bon frère, cousin et allié.

FRANÇOYS

Et plus bas :

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