BRETON
A très-haut, très-excellent, très-puissant prince, nostre très-chier et trèsamé bon frère, cousin et allyé l’empereur des Romains, tousjours auguste, roi des Espaignes, etc.
L’EMPEREUR
A SON AMBASSADEUR EN FRANCE
(Mémoires deGranvelle, II, 35.)
Bruxelles, 24 juin i53i.
Vénérable, chier et féal : Nostre cousin l’évesque de Tournay nous a remonstré comme l’on ayt dépesché lectres patentes , de part le roy très-chrestien , nostre bon frère, pour assouper^a pension que luy doibt l’évesque de Chartres, à l’occasion du différend, estant entre nostre cousin le cardinal de Bourbon2 et le prothonotaire d’Egmont, touchant l’abbaie de Sainct-Amand , dont ledict Sr cardinal prétend estre remis en la jouissance , en vertu des traictez de paix; jà çoit ce que ladite prétendue restitution de possession ne puist
1 Supprimer. était fils de François, comte de Vendôme ,
i Louis , évêque de Laon , archevêque et de Marie de Luxembourg, de Sens et cardinal, mort en 1 556. Il
avoir fondemment par lesdits traictez de paix, actendu la contradiction dudict prothonotaire d’Egmont, prétendant droit au bénéfice, mesme la renunciation expresse faicte par ledict cardinal, et aultres causes et raisons déduictes ou procès contre ledict cardinal. Et trouvons tel dépesche fort estrange , actendu ce que dessus , et que plus est que nous avons auffert aux poursuivans et solliciteurs pour ledict Sr cardinal luy faire administrer bonne et briefve justice, voyres iuy favoriser si avant que par raison et honnesteté le pourrions faire; et ne pouvons croire que ledict dépesche soit faict du sceu dudict Sr roy, ou du moings qu’il ay entendu comme la chose est passée. Si vous requérons et ordonnons très-acertes veoir la coppie dudict dépesche, laquelle va joincte à ceste, ensemble l’escript desdictes remonstrances, et, avec l’information que desjà avez dudict affaire, le remonstrer audict Sr roy très-chrétien, et luy requérez vouloir faire annuler ledict dépesche et pourveoyr que, nonobstant icelluy, ledict évesque de Tournay soit payé de sadicte pension, comme la raison veult, et nous advertissez de ce qu’en sera faict. A tant, etc. Escript en nostre ville de Bruxelles, le xxime de juing 1 53 1 .