SUCCESSEUR DE GONSALVE DE CORDQITE , SURNOMMÉ LE GRAND CAPITAINE
Burgos, 22 mai i5o8
Illustre et révérend comte et châtelain d’ Amposta , notre très-cher cousin , vice-roi et lieutenant général ; nous avons lu vos lettres du 6 de ce mois , c’està-dire celle en caractères ordinaires et celle en chiffres ; vous nous y annonciez de longs détails sur 1 affaire du bref que le messager du pape vous a présenté; mais il faut que les membres de notre conseil qui résident auprès de vous aient
residen, devierà quedar por olvido, porque no vino aca. Pero por lo que nos escriviò micer Zonch entendimos todo el dicho caso , y también lo que pasó sóbrelo de la Caba. De todo lo qual havemos recebido grande alteración, enojó, y sentimiento; y estamos muy maravillados y mal contento de vos, viendo de quanta importancia y perjuyzio nuestro, y de nuestras preeminencias y dignidad real, era el auto que fizó el cursor apostólico ; mayormente siendo aucto de fecho y contraderecho, y no hé visto fazer en nuestra memoria á ningún rey, ni vicerey de my reyno ; porque vos no fizistes también de hecho , mandando ahorcar el cursor que vos la presentó ? que claro sta, que no solamente en ese reyno, si el papa sabe que en España y Françia le han de consentir fazer semejante aucto que ese, que le farà por acrecentar su jurisdiction. Mas los buenos vicereyes atajanlo v remedíanlo de la manera que hé dicho, y con un castigo que fagan en un semejante caso, nunca mas se osan fazer otros, como antiguamente en algunos casos se vió por experiencia. Pero aviendo procedido las descommuniones que se dexáron presentar al comissario apostólico en lo de la Caba, claro estava que viendo que se sufria lo uno se havia de atrever á lo otro. Nos escribimos sobre este caso á
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totalement perdu de vue cette dépêche , car elle ne nous est point parvenue. Quoi qu’il en soit, une lettre de Zonch nous a mis au courant de cette affaire, ainsi que de celle concernant le monastère de la Caba. Nous vous peindrions difficilement l’indignation qu’a excitée en nous cette nouvelle, comme aussi la surprise et le mécontentement que nous a causés votre conduite dans une circonstance où nos prérogatives et notre dignité royale étaient si gravement compromises par la démarche de l’envoyé apostolique , démarche violente , contraire à tous principes d’équité, et qu’on ne s’est jamais permise, de mémoire d’homme , à l’égard d’aucun roi ou vice-roi de ces états. Pourquoi n’avez-vous pas aussi répondu sur' le même ton, en faisant pendre le messager qui vous a pi’ésenté le bref? car il est évident que si de pareils actes demeurent impunis , le pape les renouvellera non-seulement dans ce royaume, mais encore en Espagne et en France, pour étendre plus loin sa juridiction. Mais les bons vice-rois savent
Gerónimo de Vicq, nuestro embaxador en corte de Roma, lo que veréys por las copias que van con la presente; y estamos muy determinado, si su santidad no revoca luego el breve, y los autos por virtud dél fechos , de le quitar la obediencia de todos los reynos de la corona de Castilla y Aragon, y de hazer otras provisiones convenientes á caso tan grave, y de tanta importancia. Lo que ay aveys de fazer sobre ello es que si, quando esta reciviéredes, no aveys embiado á Roma los embaxadores que en la carta de micer Zonch y en las de los otros dize que queríades embiar, que no los embieys en ninguna manera, porque seria enflaquezery dañar mucho el negocio; y si los aveys embiado , que luego á la hora les escrivays que se buelvan sin fablar al papa, ni a nadie en la negociación : y si por ventura huviéren començado á fablar, vuelvan á ese reyno sin fablar mas , y sin despedirse, ni dezir nada. Y vos fazed extrema diligenza por fazer prender el cursor que vos presentó el dicho breve , si estuviere en ese reyno ; y si le pudiéredes haver, fazed que renuncie , y se aparte con acto de la presentación que fizó del dicho breve, y mandad le luego ahorcar.
couper court au mal et y porter remède de la manière que je vous ai dite; et avec un châtiment sévère infligé à propos on prévient le retour des abus, ainsi que l’expérience l’a souvent démontré à des époques antérieures. Tout le mal vient de ce qu’on a permis précédemment au commissaire apostolique de présenter la bulle de l’excommunication prononcée dans l’affaire de la Caba; car il est clair qu’en souffrant cette première démarche on autorisait par-là même la seconde. Vous verrez, par les copies qui accompagnent la présente lettre, ce que nous écrivons sur cette affaire à Jérôme de Vicq, notre ambassadeur à la cour de Rome. En attendant, nous sommes bien décidé, dans le cas où sa sainteté n’annulerait pas de suite le bref, ainsi que tous les actes qui en ont été la conséquence , à retirer de son obédience tous les états de la couronne de Castille et d’Aragon, sans préjudice des autres dispositions que réclame l’extrême gravité de la matière. Pour vous, voici ce que vous avez à faire présentement. Si, lors de la réception de notre lettre, les ambassadeurs que vous vous disposiez à envoyer à Rome, selon ce que m’ont écrit Zoncb et d’autres, ne sont pas encore
Y si no le pudiéredeys aver, faréys prender á los que estuvieren ay, faziendo nuestra justicia sobre este negocio por los de Asculi; y tened los á muy buen recaudo en alguna cija en Castil-Novo, de manera que no sepan donde están ; y fazedles renunciar y desistir á qualesquier actos que sobre ello ayan fecho; y proceded á punición y castigo de los culpados de Asculi, que entráron con banderas y mano armada en ese nuestro reyno, por todo rigor de justicia, sin afloxar ni soltar les cosa de la pena, que por justicia mereciéren, y digan y fagan en Roma lo que quisiéren , y ellos al papa , y vos á la capa. Y esto vos mandamos que fagays y pongays en obra sin otra dilación ni consulta, porque cumple mucho e importa a nuestro real servicio. Quanto al negocio de la Caba, ya vos ayiamos escrito, que no embargante qualquier cosa que dixiesse ó fiziesse la serenissima reyna nuestra hermana, si ella no fazia luego justicia alos frayles del monasterio de la dicha Caba , la favoreciézedes vos en nuestro nombre , y sin que vos lo mandásemos, fiziestes gran yerro en no lo fazer. Y porque el duque de Fernandina, y sus hijos y consejeros pongan ala dicha
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eu route, ne les laissez point partir, parce qu’une telle démarche ne pourrait qu’affaiblir notre autorité et aggraver encore le mal. Si au contraire ils ont déjà commencé leur voyage, vous leur enverrez à l’instant l’ordre de revenir sur leurs pas, sans parler au pape, ni à qui que ce soit, de cette affaire; que s’ils étaient déjà entrés en pourparlers à ce sujet, ils quitteront Rome immédiatement, sans prendre congé ni ajouter un seul mot à ce qu’ils auront dit. De votre côté, vous allez prendre sur l’heure toutes les mesures convenables pour faire arrêter le messager qui vous a présenté le bref, s’il se trouve encore dans le royaume. En cas de réussite, vous le forcerez à rétracter par un acte authentique la présentation qu’il vous a faite de cette pièce, et le ferez pendre immédiatement après; dans le cas contraire, vous tâcherez au moins de vous assurer de tous ceux qui se trouvent compromis en cette affaire; vous les enfermerez sous bonne garde dans quelque cachot à Castel -Nuovo, de manière qu’ils ignorent le lieu où ils se trouvent ; vous les forcerez à déclarer nuis tous les actes auxquels ils auront coopéré. Vous procéderez ensuite au châtiment des coupables d’Ascoli:
PAPIERS D’ÉTAT serenissima reyna nuestra hermana, en que faga cosas con que eslorve la execucion de nuestra justicia, y lo que cumple á nuestro servicio, por eso no liavíades de dexar de fazer. Por ende nos vos mandamos, pues la dicha serenissima reyna nuestra hermana no quiere fazer justicia en el dicho negocio, que vos proveays luego sobre ello iodo lo que fuere justicia , castigando á los que tuvieren culpa, y desagraviando á los que estuvieren agraviados. Y si fazienclo esto, la dicha serenissima reyna nuestra hermana viniére ala Vicaria en persona, como dezis que vos han dicho que lo farà, á sacar los presos que porla dicha razón mandarédes prender, en tal caso, vos mandamos muy estrechamente, e sopeña de la fidelidad que nos debeys, e de nuestra ira e indignación, que prendays al duque de Fernandina, y
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nous voulons dire de ceux qui sont entrés bannières déployées et à main armée dans notre royaume de Naples, et cela avec toute rigueur de justice, sans faiblesse ni indulgence ; après cela qu’on dise et qu’on fasse à Rome tout ce que l’on voudra : eux au pape et vous à la cape. Tout ce que nous venons de vous ordonner, vous le ferez et exécuterez sans délai ni délibération, parce que les intérêts de notre service le réclament impérieusement.
Quant à l’affaire de la Gaba , nous vous avions déjà commandé , dans le cas ou la reine notre sœur 1 ne rendrait pas justice immédiate aux religieux de ce monastère, de la leur rendre, vous, en notre nom, sans égard pour tout ce qu’elle pourrait dire ou faire, et sans attendre de nouveaux ordres à ce sujet : vous ne l’avez pas fait et vous avez commis en cela une grande faute. Libre au duc de Fernaudine, ainsi qu’a ses enfants et aux conseillers de la reine notre sœur de lui suggérer des mesures propres à entraver l’exécution de notre justice et à compromettre nos intérêts; mais vous ne deviez pas pour cela négliger l’exécution de nos ordres. En conséquence, nous vous commandons de nouveau, puisque la princesse se refuse de faire justice à qui la mérite, de la rendre vous-même en entier, châtiant ceux qui se trouveront en faute et dédommageant ceux qui auront souffert quelque tort. Dans le cas où la reine notre sœur viendrait en personne à la Vicaria, comme on vous a assuré qu’elle en menaçait, pour délivrer
Jeanne, fille de Jean II , roi d’Aragon, seconde femme de Ferdinand, roi de Naples. Elle mourut en i5i8.
á sus hijos, y á todos los consejeros de la dicha serenissima reyna nuestra hermana, y los pongays. en Castil-Novo en la fossa del Millo adonde esten á muy buen recaudo; y que por cosa del mundo, no los soltéis sin nuestro especial mandamiento. Y si la dicha serenissima reyna nuestra hermana quisiere yr al dicho Castil-Novo para libración, dellos, con la presente mandamos á vos, y á nuestro alcayde del dicho castillo, que no la dexeys entrar en él, aunque haga todos los estreñios del mundo. Porque fijo, ni hermana, ni otro ningún deudo nuestro, no avernos de consentir que estorve la execucion de nuestra justicia; y los que en tal le pusieren, no han de passar sin castigo. Y quanto á loque cerca dello fizó el commissario del papa, si estuviére alli prendedle, y tenedle donde no sepan dél, y secreta-
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ceux que vous allez faire incarcérer suivant nos ordres actuels, nous vous enjoignons formellement, au nom de la fidélité que vous nous devez et sous peine de notre indignation, de faire arrêter le duc de Fernandine, ainsi que ses enfants et tous les conseillers de la princesse , et de les enfermer sous bonne garde à Castel-Nuovo , dans le cachot del Millo, ne les relâchant, pour quelque motif que ce puisse être, sans notre commandement exprès. Si par hasard la reine se rendait à Castel-Nuovo pour mettre ces prisonniers en liberté, nous vous ordonnons par la présente , ainsi qu’au gouverneur de ce château , de lui en refuser l’entrée , nonobstant tout ce quelle pourra dire ou faire , parce que nous ne souffrirons jamais que ni fils, ni sœur, ni aucun de nos parents, quel qu’il puisse être, interrompe le cours de notre justice. Quant à l’envoyé du pape, nous vous enjoignons encore une fois de vous assurer de lui, s’il se trouve dans le pays, de le faire enfermer dans quelque endroit secret, et de l’amener à signer sans bruit une rétractation de tous les actes qu’il a tentés au sujet des excommunications dont nous avons parlé ci-dessus. Cependant vous aurez soin, autant que possible , de commencer par rendre justice dans l’affaire de la Caba, suivant les instructions que nous venons de vous donner; car le fait est scandaleux au dernier point et mérite un châtiment exemplaire.
Maintenant que nos intentions sur cette matière vous sont bien et dûment connues, ne souffrez dorénavant pour rien au monde que personne porte atteinte à nos prééminences royales. En effet, si nous ne veillons à la défense de
PAPIERS D’ÉTAT mente fazedle renunciar y desistir á los actos que ha fecho, sobre las dichas descomuniones : pero si fuere posible precedan á esto las provisiones de justicia que haveys de fazer en el dicho negocio de los de la Caba, en castigo de los culpados, y desagravio de los agraviados, como havemos dicho ; porque fué caso feo y de mal exemplo y digno de castigo.
Pues vedes nuestra intención y determinación en estas cosas, de aqui adelante por cosa del mundo no sufrays que nuestras preeminencias reales sean usurpadas por nadie. Porque si el supremo dominio nuestro no defendeys, no ay que defender, y la defensión de derecho natural es permitida á todos, y mas pertenece á los reyes , porque de mas de cumplir ala conservación de su dignidad y estado real, cumple mucho para que tengan sus reynos en paz y justicia, y de buena governacion. Otrosi, luego en llegando este correo proverréys en poner buenas personas fieles, y de recaudo en los passos de la entrada de ese reyno ; que tengan especial cargo de poner mucho recaudo en la guarda de los dichos passos, para que si algún commissario, ó cursor, ó otra persona viniére á ese reyno con bulas, breves, ó otros qualesquier escritos apostólicos y vos los traygan, de manera que no se consienta que las presenten, ni publiquen, ni fagan
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notre autorité suprême, sur quoi veillerons-nous donc? Certes la défense propre est permise à tout le monde de droit naturel , mais plus spécialement encore aux rois, car, indépendamment de la conservation de leur dignité, elle assure encore dans leurs états le maintien de la paix, de la justice et des principes d’un bon gouvernement.
Aussitôt cette dépêche reçue , vous aurez soin de placer, sur les divers points qui donnent entrée dans notre royaume de Naples , des personnes de confiance qui surveillent attentivement tous ceux qui se présenteront à la frontière , afin que dans le cas où un commissaire , un messager ou tout autre agent du pape tenterait de pénétrer dans nos états avec des bulles , des brefs ou tous autres actes émanés du pouvoir pontifical , elles se saisissent de lui et vous l’amènent. De cette manière on les empêchera de présenter de telles pièces , de les publier,
ningún otro acto acerca d’este negocio. Dado en la ciudad de Burgos, á 22 de mayo año de i5o8.
Y mas abaxo :
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YO EL REY
ALMAÇAN, secrelarius.
et de faire à ce sujet une démonstration extérieure quelconque. Burgos, 22 mai
MOI LE ROI
Et plus bas :
ALMAZAN, secrétaire.
MARGUERITE