‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 19 sur 153 · ARCHIDUCHESSE D’AUTRICHE, GOUVERNANTE DES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

ARCHIDUCHESSE D’AUTRICHE, GOUVERNANTE DES PAYS-BAS

A M. DE VERGY2 (Lettres à Vergy, tom. I, fol. 2.)

Mamies, 2 février i5n.

Mon cousin, nous avons receu voz lettres datées du xxe de janvier dernier passé, et par icelles entendu bien et au long de voz nouvelles. Et combien que en avons de plusieurs coustez , si nous avez-

1 Cette princesse , fille de l’archiduc depuis l’empereur Maximilien, et de Marie, héritière de Bourgogne, naquit à Gand en i48o, et mourut le ier décembre 1 53o. Promise à Charles VIII , roi de France , qui lui préféra Anne de Bretagne, elle épousa successivement Jean , prince d’Aragon , fils du roi Ferdinand le Catholique

(1497), et Philibert II, duc de Savoie papiers d’état. — I.

( 1 5o i ) , qui mourut trois ans après son mariage. Nommée régente et gouvernante des Pays-Bas et du comlé de Bourgogne après la mort de Philippe le Beau, son frère, elle déploya dans ce poste éminent les plus brillantes qualités.

2 Guillaume IV, fils de Jean de Vergy et de Pauline de Miolans, était seigneur de Saint-Dizier, Champlite, Autrey, etc. che-

vous fait plésir nous en escripre, et vous en remercions , et prions, quant aucune chose vous surviendra digne d’escripre, que nous en advertissez.

Mon cousin , nous nous donnons merveilles que dictes n’avez eu nulle responce de nous à ce que par autres voz lettres nous avez escript, faisant mention de la descente de ceulx des Lighes 1 en Bourgoingne , attendu que par trois fois vous avons escript de ceste matière : l’une par ung homme de Dole , autre par maistre Jehan Félix , et la tierce nostre secrétaire. Marnix avoit charge vous en deviser; et s’il advenoit que lesdites Lighes voulcissent faire la guerre au duché de Bourgoingne que tenons , ilz ne feront selon les nouvelles que avons , que sont telles , que le roy très-chrestien les fait pratiquer par tous moyens et leur fait de grandes offres, parquoy je tiens que quelque appoinctement se fera avec eulx, joinct que, comme vous sçavez, la pluspart le désirent; fauldra regarder, en ce cas , s’ilz délibéroient de passer par nostre pays , le meilleur moyen que l’on pourra, et en communiquer à nostre cousine la princesse d’Auranges2 et autres grans de nostre pays , pour par ensemble y trouver quelque expédient à la maindre foule et dommaige de noz subjects que faire se pourra. Car, comme vous sçavez, n’est en nous leur deffendre le paissage, s’ilz l’avoient délibéré. Aussi l’empereur, mon seigneur et père , nous escript que bon seroit prendre garde aux places , et en advertir les cappitaines, afin d’y mectre quelque bonne provision, de manière que nul dangier n’en puist advenir ; et nous semble que ferez bien le ainsi faire. Nous croyons fermement que lesdites Lighes , actendu l’aliance naguères faicte avez eulx par mondit seigneur et

valier de l’ordre de Savoie, sénéchal et maréchal de Bourgogne dès 1498, et lieutenant général des duché de Gueldre et comté de Zutphen. Il mourut en 1020. La glorieuse maison de Vergy le compte parmi ses membres les plus illustres. (Voyez, Histoire de la maison de Vergy, par Duchesne, I, 289-302.)

1 Suisses.

1 Phiîiberte de Luxembourg , douairière de Jean de Châlon-Arlay IV, prince d’Orange. Elle mourut sur la fin de mai 1539, au château de Mont -Saint -Jean , dans le duché de Bourgogne.

père, ne la vouldroient rompre en nulle manière, ne faire ou pourter dommaige en nozdits pays, ny aux subjectz et habitans en icelluy; touteffois , mon cousin , vous prie sur le tout faire le myeulx que pourrez , ainsi que nous confions en vous.

Au surplus, touchant les emendes dont nous avez fait parler, jà piéça l’empereur, mondit seigneur et père, donna à Helyon d’Andelost , en récompense de plusieurs pertes qu’il avoit faictes en son service, trois ou quatre cens 1. à prendre sur les biens de l’Espangnard. Du surplus, le vous accordons voluntiers, et nous desplaît que ne vous povons donner le tout, actendu ledici don faict audit Helyon; car voluntiers le vous eussions acordé.

Si nous avons nuiles nouvelles de la paix des Vénétiens, ou d’autre à escripre , vous en advertirons.

A tant, mon cousin, Nostre Seigneur soit garde de vous.

Escript à Malines , le 11e de février, A0 xvcxi.

Vostre cousine MARGUERITE.

Et plus bas :

BARANGIER.

A mon cousin le sieur de Vergy, maréchal de Bourgoingne.

MANDAMIENTO

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