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EN LO DE LA NAVARRA

(Mémoires de Granvelle, XXXIV, 65 et suiv. )

Burgos , á 3o de julio , año de 1 5 1 1 .

Nos, el rey de Aragon, de las dos Sicilias, de Jherusalem, etc. etc. fazemos saber á todos los que la presente viéren , que , como á todo el mundo es notorio, estos dias passados viendo nos la empresa que el rey de Françia tomó de ocupar el patrimonio de la sancta yglesia romana nuestra madre , y de dividir la unidad della , con

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MANDEMENT

DE FERDINAND LE CATHOLIQUE, ROI D’ARAGON, au "Sujet .de la conquête de la navarre.

Burgos, 3o juillet 1 5 12 1 .

Nous (Ferdinand), roi d’Aragon, des Deux-Siciles , de Jérusalem, etc. à tous ceux qui les présentes verront, savoir faisons que nous avons, ces jours derniers, appris, comme tout le monde en est déjà instruit, le projet formé par le roi de France de s’emparer du patrimoine delà sainte église romaine, notre mère, et de détruire son unité par un schisme 2, au grand mépris de Dieu Notre Sei-

1 Cette pièce fut produite de la part à Milan , contre le gré du pape Jules II, d’Antoine de Bourbon aux conférences de qui lui opposa celui qui fut tenu à Saint Cercamp, le 18 octobre i558. Jean de Latran.

1 Allusion au concile réuni à Pise , puis

cisma, en tanta ofensa de Dios Nuestro Señor, y daño universal de toda la religion christiana, luego que supimos esta nueba, que fue estando para passar nos en persona con nuestro exército á prosseguir la enpresa contra los infideles enemigos de nuestra sancta fé catholica, sentimos della muy grabe pesar y dolor como liera razón de ver estorvar el daño de los infideles y poner tal fuego y guerra en la christiandat et inpiedat en nuestra sancta fé catholica; y como esto no podimos remediar por ninguna via de négociation , requeridos por nuestro muy sancto padre , que quisiessemos tornar por la defenssion y remedio de la yglesia, conociendo que esta es la mayor obligación que todos los principes christianos tenemos, fezimos lo assi \ assentamos con nuestro muy sancto padre , y con el serenissimo rey de Inglaterra, nuestro hermano y fijo, y con otros principes christianos, una sanctissima liga para defensión de la yglesia, y para recobrar el patrimonio que por el dicho rey de Francia y sus adherentes le havia seydo ocupado, y para destrucion della dicha cisma ; y porque pareçio que para acabar lo susodicho con ayuda de Dios Nuestro

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gneur, et au préjudice universel de la religion chrétienne. A la réception de cette nouvelle, qui nous est parvenue quand nous étions sur le point de nous mettre à la tête de notre armée pour continuer la guerre contre les infidèles, ennemis de notre sainte foi, nous avons éprouvé, comme de raison , la plus vive douleur, voyant la chrétienté et la sainte foi catholique ainsi troublées par l’audace et l’impiété , tandis que les efforts des infidèles étaient si heureusement comprimés au dehors. Toutes voies de négociations pour remédier à ce désordre étant devenues inutiles , et cédant aux instances que le saint-père nous faisait pour nous déterminer à prendre en main les intérêts de l’église , ce qui est le devoir le plus sacré des princes chrétiens, nous avons conclu avec sa sainteté, le roi d’Angleterre, notre frère et fils, et autres princes chrétiens, une très-sainte ligue pour la défense de l’église , le recouvrement de son patrimoine qui lui a été enlevé par le roi de France et ses adhérents, ainsi que pour la destruction dudit schisme. Afin d’atteindre ce but avec la grâce de Dieu Notre Seigneur, et pour détourner de l’Italie , où l’église a son siège principal , les forces des ennemis , il était né-

PAPIERS D’ÉTAT Señor, y para divertir de Italia, donde la yglesia tiene su principal silla, las fuerças de los enemigos, hera necessario que los exércitos del dicho serenissimo rey de Inglaterra nostro fijo , y nuestro ronpiessen, porquíayna contra el dicho rey de Françia,ypara ello fuymos reqniridos por nuestro muy sancto padre , y su sanctidat octorgó indulgentia plenaria á todos los que en los dichos nuestros exércitos del dicho serenissimo rey de Inglaterra nuestro fijo, y nuestro, por la parte de Bayona fuessen á servirla enpresa; y queriéndola poner por obra, los exércitos del dicho serenissimo rey de Inglaterra nuestro fijo, y nuestro, por lo parte de Bayona fuéron por via indirecta inpedidos por el rey y por la reyna de Navarra, nuestros sobrinos, assi con la liga que han fecho y assentado con el dicho rey de Françia en prejuyzio della dicha nuestra sanctissima liga y della dicha sancta enpresa y nuestro, como en las ayudas que del dicho reyno de Navarra, y del señorío de Bearne, han permitido para la fortification

cessaireque l’armée du roi d’Angleterre et la nôtre fissent une brusque invasion du côté de Bayonne, sur les terres de France, suivant que le saint-père nous y avait convié lui-même, en accordant une indulgence plénière à tous ceux, Anglais et Espagnols, qui prendraient part à cette entreprise. Mais au moment où ce projet allait être réalisé, nous avons vu le passage de nos troupes contrarié indirectement par le roi et la reine de Navarre h nos neveu et nièce , par suite de la ligue faite entre eux et le roi de France au préjudice de la nôtre, de la sainte entreprise que nous méditons et de nos propres intérêts. Non contents de cette première démarche, ils ont encore fourni , de leur royaume de Navarre et de leur seigneurie de Béarn , des moyens pour fortifier et défendre Bayonne et la Guienne. En conséquence , voulant assurer l’effet de notre sainte ligue et détruire tous les obstacles que le roi et la reine de Navarre pouvaient susciter à notre expédition , nous avons dû commander au duc d’Albe, notre capitaine général, d’entrer avec l’armée sous ses ordres dans la Navarre, ainsi que nous y autorisait suffisamment la conduite de ces princes. Or, il a été stipulé expressément par sa sainteté , dans le traité d’alliance , comme une chose également nécessaire pour le bien de l’église et de

Jean d’Albret et Catherine de Foix.

y defensión de Bayona et de Guiayna; por lo quai seguiendo el effecto délo assentado en la dicha nuestra sanctissima liga, y para que la dicha sancta enpresa no se podiesse estorvar por los dichos rey y reyna nuestros sobrinos , fué necessario que mandássemos al duque d’Alba, nuestro capitan general, que entrasse con nuestro exército por el reyno de Navarra , como justamente lo podíamos y debíamos fazer, pues della manera susodicha los dichos rey y rey na, nuestros sobrinos, se oponían á la dicha enpresa ; y en la capitulación della dicha nuestra sanctissima liga fué firmado por su santidat por ser assi necessario para el remedio de la yglesia y de la dicha christiandat , que lo que por alguno de nos los dichos confederados fuesse tomado fuera de Italia , de los que en qualquier manera se oposiessen á la enpresa della dicha sanctissima liga, liaun que fuessen reyes , lo podiessemos retener ; y visto que el dicho duque d’Alba , nuestro capitan general , prossiguiendo la dicha enpresa, despues de

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la chrétienté, que tout ce qui serait pris hors de l’Italie , pai' l’un des confédérés . à ceux qui s’opposeraient d’une manière quelconque au succès de ladite ligue . fussent-ils même rois , pourrait être légitimement conservé. En conséquence , le duc d’ Albe, notre capitaine général, s’étant rendu maître, dans le cours de son expédition, de la ville de Pampelune, capitale de la Navarre, ainsi que de plusieurs autres places, et voyant le royaume tout entier disposé à se rendre à lui, a conclu avec le roi notre neveu, tant au nom de ce prince qu’en celui de la reine son épouse, un traité contenant en substance qu’ils remettent entièrement à notre volonté et disposition l’issue de l’expédition dirigée contre eux et leurs états par le duc d’Albe , afin que nous en décidions à notre gré , ajoutant qu’ils s’y soumettront absolument et sans réserve. Nous, de notre côté, considérant toutes les choses susdites, et combien il importe aux intérêts de l’église et de la religion chrétienne que l’entreprise dirigée par nous contre les ennemis du saint-siège soit poursuivie jusqu’à entière destruction du schisme, réparation du tort qu’en souffre la chrétienté, et de l’injure faite à Notre Seigneur ainsi qu’à son église; sachant d’autre part que le succès de cette expédition réclame impérieusement que le royaume de Navarre et toutes ses forteresses demeurent en notre pouvoir jusqu’à son issue tinaie; usant en outre du pouvoir

PAPIERS D’ÉTAT haver se nos rendido la ciudat de Pamplona, cabeça del dicho reyno de Navarra, y otros lugares de aquel reyno, y estar todo el dicho reyno en disposición de fazer lo mismo, ha assentado con el dicho rey nuestro sobrino , en nombre dél y de la dicha reyna nuestra sobrina, una capitulación en laquai en sustantia se contiene que toda la enpresa causa y negocio que del dicho nuestro capitan general prosseguia contra los dichos rey y reyna, nuestros sobrinos, y su regno, los dichos rey y reyna la remiten enteramente á nuestra voluntad y disposición, para que nos podamos disponer y ordenar segunt mejor nos pareciére, y que aquello se cumplirá y terná por los dichos rey y reyna, nuestros sobrinos, sin contravenimiento alguno; nos, consideradas todas las cosas susodichas, y lo que va y inporta al bien y remedio della yglesia y de toda la religión christiana , que la dicha sancta enpresa que havemos tomado contra los que oííenden á la yglesia con el ayuda de Dios Nuestro Señor passe adelante , fasta que la dicha cisma sea del todo destruyda , y la yglesia, por la chris- 1 ¡anclad remediada, y la lionrra de Nuestro Señor y de su yglesia satisfecha; y porque conoscemos que para seguridad de la dicha enpresa es muy necessario y conveniente que el dicho reyno de Navarra y las fortalezas dél esten en nuestro poder, fasta cjue toda la

que nous accorde ledit traité de décider toutes choses à notre gré, nous disons par la présente que notre volonté est que le roi et la reine de Navarre , nos neveu et nièce , livrent et fassent livrer sur-le-champ toutes les villes , bourgs , villages et forteresses du royaume de Navarre, soit à notre capitaine général ou à toute autre personne qu’il désignera en son lieu et place, afin que ces villes, bourgs, villages et forteresses, ainsi que les sujets et naturels dudit royaume, de quelque état et condition qu’ils soient, demeurent soumis à notre pouvoir et obéissance, tout le temps que nous le jugerons convenable au succès de notre sainte entreprise , nous réservant exclusivement de décider à quelle époque et de quelle manière nous devrons plus tard faire la restitution dudit royaume à ses premiers maîtres ; le tout afin de nous assurer que par ledit roi, ni pour lui, il ne sera rien fait à notre préjudice ni à celui des terres

dicha sancta enpresa, con el ayuda de Dios Nuestro Señor, sea del todo acabada, declarando nuestra intención cerqua de lo contenido en la susodicha capitulación, que, como dicho es, fue remitida á nuestra voluntat , por la presente dezimos : que nuestra voluntad es que los dichos rey y reyna , nuestros sobrinos, nos entreguen y fagan entregar luego todas las ciudades, y villas, y lugares, y fortalezas del dicho reyno de Navarra, y que las reciba por nos el dicho nuestro capitan general , ó las personas que él embiáre á recebirlas , para que todas las dichas ciudades, y villas, y lugares fortalezas, y todos los subdictos y naturales del dicho reyno , de qualquiere estado et condición sean , esten en nuestro poder y á nuestra governacion y obediencia todo el tiempo que nos viéremos que convenga para el bien y seguridat della dicha sancta enpresa en la manera susodicha, y que despues quede á nuestra voluntat y disposición el quando, y la forma, y manera como ayamos de dexar el dicho reyno, para que dél ny por él no se pueda seguir daño á lo que se oviére fecho en benefficio de la dicha sancta enpresa , ni á ningunas tierras ni subdictos de las coronas de Castilla y de Aragon , ni á los subdictos , ni naturales de Navarra , ni alguno dellos; e que fasta que nos de nuestra voluntad fagamos dexacion del dicho reyno de Navarra, en la manera

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et sujets des couronnes de Castille et d’Aragon, ni des sujets et naturels de Navarre ; nous voulons en outre que , jusqu’à l’époque où , de notre plein gré , nous consentirons à la restitution du royaume de Navarre en la manière susdite , tous les sujets et naturels soient tenus de nous obéir sans réserve, comme au dépositaire légitime de l’autorité du roi, et cela sous peine de trahison et des châtiments encourus par ceux qui résistent aux ordres de notre couronne.

Usant encore dans le même but du pouvoir que nous attribue le traité en question , nous voulons que le roi et la reine , nos neveu et nièce , envoient sur-lechamp le maréchal de Navarre, le comte de Saint-Estevan et don Jean de Beaumont avec ses fils résider dans les terres qu’ils possèdent en Navarre, de crainte que, restant au voisinage de la France, ils ne soient forcés de prendre parti en faveur des schismatiques contre notre sainte expédition. Pour le même motif, nous

susodicha, todos los subdictos y naturales dél sean obligados de nos obedecer enteramente como á depositario de la corona y reyno de Navarra y del señorío y mando dél, so pena de caer en caso de traycion, y so las otras penas en que incorren los que vienen contra la corona real.

Otrossi declarando mas la dicha nuestra voluntad por virtud de la dicha capitulación, dezimos que nuestra voluntad es que los dichos rey y reyna, nuestros sobrinos, envien luego al marischal de Navarra y al conde de Sanct-Estevan , y á don Johan de Beamonte y á sus fijos al dicho reyno de Navarra , para que vivan en él y tengan sus tierras y bienes, porque, estando á la parte de Françia, no sean necessitados de servir y ayudar á los cismáticos contra la dicha sancta enpresa; y por la misma causa los dichos rey y reyna, nuestros sobrinos, sean obligados de dexar venir á vivir al dicho reyno de Navarra á todos los otros Navarros que estoviéren de aquella parte de Françia , que quisiéren venir á vivir en el dicho reyno; otrossi declarando mas la dicha nuestra voluntad por virtud de la dicha capitulación, porque los dichos rey y reyna, nuestros sobrinos, teniendo de la parte de Françia al principe su fijo no sean constreñidos , so color de casamiento ó otro qualquiere color, ponerlo en manos del rey de Francia, queremos que los dichos rey y reyna, nuestros sobrinos, nos entreguen al dicho principe su fijo , para que esté en nuestra casa real , fasta que todo lo que toca a la dicha enpresa en la manera susodicha

obligeons ces princes à donner l’autorisation de venir habiter le royaume de Navarre à tous leurs sujets, vivant actuellement hors d’icelui et dans le voisinage de la France, qui voudraient rentrer dans leur patrie. En outre, comme le roi et la reine, en laissant en France le prince leur fils1, pourraient être contraints , ou par l’espoir d’un mariage ou par tout autre motif, à le remettre dans les mains du roi de France , nous voulons qu’ils nous le confient à nous-mème

Henri d’Albrel , né en 1 5o3.

sea del todo acabado con el ayuda de Dios Nuestro Señor. Otrossi declarando mas la dicha nuestra voluntad por virtud de la dicha capitulación, dezimos que los dichos rey y reyna, nuestros sobrinos, sean obligados de no consentimi dar lugar que por el señorío de Bearne se faga guerra ny daño directa ni indirectamente en los reynos nuestros de Aragón , ni den passo , para que por alli se pueda fazer daño alguno á los dichos nuestros reynos; y para que á todos sea notoria nuestra voluntad cerqua de las cosas susodichas, mandámos fazer la presente firmada de nuestra mano y sellada con nuestro sello.

Dado, en la ciudad de Burgos , á 3o del mes de jullio , año del nascimiento de Nuestro Señor Jesu-Christo , de mil quinientos y doze.

YO EL REY

ALMAÇAN , secr.

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pour vivre en notre cour jusqu’à entier et parfait accomplissement de l’expédition suivant nos vues. Nous ordonnons enfin, toujours en vertu des pouvoirs que nous accorde la sainte ligue , que le roi et la reine de Navarre n’autorisent et ne tolèrent aucune tentative directe ou indirecte qui serait faite dans le Béarn contre nos états d’Aragon , et qu’ils ne livrent passage à qui que ce soit pour y porter la guerre ; et, afin de rendre notoire à tous notre volonté , nous avons fait dresser la présente, signée de notre main et scellée de notre sceau.

Donné dans la ville de Burgos , le 3o juillet de l’année 1 5 1 1 depuis la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

MOI LE ROI

Et plus bas :

ALMAZAN, secrétaire.

L’ARCHIDUCIIESSE MARGUERITE

A M. DE VERGY

(Lettres à Vergy, t. I, P 4.)

Matines, 27 mars.

Dans cette lettre , l’archiduchesse recommande à M. de Vergy l'affaire du prieuré de Mouthe, en Franche-Comté.

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