‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 46 sur 153 · A HENRI, COMTE DE NASSAU · texte numérisé non relu

A HENRI, COMTE DE NASSAU

(Mémoires de Granvelle , 1 , 85 v°. )

Saint-Just sur Lyon , 3 mars [i525].

Monsieur mon cousin, j’ay esté par ce gentilhomme advertie de la fortune advenue au roy mon seigneur et fdz et qu’il est prisonnier ès mains de l’empereur. De quoy j’ay loué et loue Dieu, sçachant qu’il est tombé ès mains du prince de ce monde où je l’ayme le mieux, espérant que sa grandeur ne luy fera oublier la proximité du sang et linaige qui est entre eux deux, et davantaige le bien universel qui en peut advenir en la chrestienté par l’union d’eux. Et pour ce , mon cousin , que je sçay ce que pouvez en la conduicte de telles choses , et qu’en préférant l’utilité publique à la particulière , vous ne laisserez perdre l’occasion de la mettre en perpétuel repos, j’ay bien voulu vous en escrire et vous prie tenir la main de tout votre pouvoir à ce qu’il soit permis à mondict seigneur et fdz de me faire sçavoir nouvelles de sa santé le plus souvent que faire ce pourra. En ce faisant vous me ferez non-seullement plaisir, mais m’obligerez perpétuellement à vous. Priant Dieu , mon cousin , qu’il vous doint ce que désirez. Saint-Just sur Lyon, le me de mars.

Vostre bonne cousine LOYSE.

1 Ce seigneur élait fils de Jean, conile de Nassau, et d’Elisabeth, landgrave de Hesse. Né en i483, il épousa successivement Louise-Françoise, fille de Jacques de Savoie , comte de Romont et baron de

Vaud; Clauda, fille de Jean de Châlons-Arlay IV ( i5i5), et Mencia -Mendoza, marquise de Zenète. Devenu grand chambellan de Charles V et chevalier de la Toison d’or, Henri décéda le i U septembre 1 538.

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