‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 57 sur 153 · AD CONSEIL DE FLANDRE · texte numérisé non relu

AD CONSEIL DE FLANDRE

( Mémoires de Granvelle , I , g4 - g5. )

Anvers, 10 février i5a5. V. S.

Marguerite , archiduchesse d’Austriche , duchesse et comtesse de Bourgongne , régente et gouvernante.

Très-chers et bien-aymez, nous avons ce jour receu lettres de

secrétaire Commacre , qui arriva en Séville sa majesté y estant, et ledit président, estant sa majesté en Grenade , dirent et certifièrent à sa majesté , de la part du roy de France, leur maistre, qu’il n’y auroit faulte qu’il accompliroit ce qu’il avoit promis et juré par le traicté de Madrid, avec plusieurs autres promesses sur cet effect. Et pour plus grande vérificacion , le roy de France estant en son royaulme a maintes fois affermé et dit qu’il vouloit accomplir ce qu’il avoit promis , disant « qu’il « ne vouloit faillir à sa foy ny à son hon- « neur. » Voyres a maintes fois dit, luy estant à Coignac et en la cité d’Angolesme , qu’il se tenoit austant prisonnier de l’em-

pereur que s’il estoit encoires à Madrid. Sa majesté a aussi plusieurs actes auctenlicques que ledit roy de France et ceulx de son conseil ont donné aux ambassadeurs que sa majesté avoit lors en France, après qu’il y fut remis , persévérant qu’il vouloit et entendoit observer ce qu’il a promis audit traicté de Madrid, desquels actes, pour la prolixité et longueur des escriptures , ne se fait icy transcripción , mais le tout se mectra en impressions publicques avec translations en toutes langues chrestiennes,,affin que à tous soit notoire le tort et la faulte dudit roy de France. » ( Note tirée du volume des Mémoires de Granvelle intitulé , Apologie de Charles-Quint ,/° 266.)

l’empereur, mon seigneur et nepveu , d’advertissement du traicté de paix, amytié, alliance et intelligence perpétuelles d’entre sa majesté et monsieur le roy très-chrestien de France , grandement à l’honneur de sadicte majesté, et au bien, proufit , commodité, repos et seurté de leurs royaumes, pays et subjectz; vous ordonnant, de par mondici seigneur, faire publier ladicte paix par tous ses pays pardeçà, et la faire observer, ensuyvant ce que vous envoyons en cest escript , et par nostre ordonnance , soubzsigné de Laurens Du Blioul , audiencier, lequel , ou la copie d’icelluy, nous vous ordonnons envoyer en extrême diligence , par toutes les villes et bourgs du pays et comté de Flandres , esquelles l’on est accoustumé faire cris et publications , et le faire publier en dedans le xve de ce mois pour le plus tard, et observer et rendre , et faire rendre grâces et louanges à Dieu de ladicte paix, et de la grâce que Dieu, par sa divine bonté, nous faict et envoyé : et ce, par processions, prières, et cérémonies et aultres œuvres pieuses et méritoires , et avec ce en faire les feux de joye ; et oultre ce , faire bien estroictement observer icelle paix , et faire faire extrême et rigoureuse punition des infracteurs, se aulcuns s’y trouvassent, sans délay, simulation ou déport, et qu’il n’y ayt nulle faulte. Très-chers et bien-aymés, Nostre-Seigneur vous ayct en sa garde. Escript à Anvers, le xe jour de febvrier, l’an vingt-cinq.

MARGUERITE

Et plus bas :

DU BLIOUL.

A nos très-chers et bien-amés les président et gens du conseil de l’empereur, en Flandres.

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