‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 80 sur 153 · DO DÉPART DE BOURGOGNE, ROI D ARMES, ET DE SON ARRIVEE À FONTARABIE · texte numérisé non relu

DO DÉPART DE BOURGOGNE, ROI D ARMES, ET DE SON ARRIVEE À FONTARABIE

(Apologie de Charles V, 284-286.)

24 au 3o juin i538.

La très -sacrée magesté de l’empereur feit partir sondict rov d’armes Bourgoingne , ledict xxiiii® de juin ; mais avant rien conclure en si grandes affères , sadicte magesté voulsit avoir l’advis tant de pluseurs principaulx grands de ses royaulmes de Castille en grant nombre , comme aussi de ses royaulmes d’Arragon , Vallance et Cathelongne et d’autres royaulmes et nations à luy subjectes , et par bonne , meure et grande délibération de conseil , après avoir heu l’advis desdicts grands, fut faicte la dépescbe dudict roy d’armes Bourgoingne, selon que de mot à aultre elle est cy-devant insérée; et jà par avant, mesme dez que ledict Guyenne eust son audience audict Monson, avoient esté mandez courriers aux capitaines des places importantes d’Espaigne faisans frontière à France : assavoir à Sancho de Leyva , gouverneur de Fontarabye et capitaine général de la province de Guyposcoa , pour envoyer vers le sieur de Saint-Bonnet , gouverneur de Bayonne ; à don Martin de Cordova et de Velasco, vis-roy et capitaine général du royaulme de Navarre , pour envoyer au sieur de Hautbourdin, capitaine de Dacqs, et à don Françoys de Baulmont, capitaine de la conté de Rossillon, résidant à Perpignan , pour envoyer à Narbonne au sieur de Clermont, gouverneur de Languedoc; ausquelz capitaines de Fontarabye, Navarre et Perpignan fut ordonné

par sa majesté que non-seullement ilz envoyassent incontinant les pacquetz triplicatz que ledict Guyenne, roy d’armes, escripvoit audict roy son maistre, au sieur de Montmorancy, son grand-maistre d’hostel et aultres , pour à la requeste de l’empereur obtenir saulf-conduit dudict roy de France pour Bourgoingne , roy d’armes de sa magesté , afin d’aller exécuter sa commission sans délay; mais encoires sadicte majesté , pour plus diligenter cest affaire , ordonna à sesdicts cappitaines, que par trompettes ilz eussent à dépescher de huit en huit jours sollicitans, chacun en son endroit, devers lesdicts de la frontière de France pour obtenir ledict saulf-conduit, et la première dépesche que en viendroit l’envoyer incontinant audict Bourgoingne , roy d’armes, lequel alla actendre son saulf-conduit en ladicte ville de Fontarabye, pour estre plus prest à passer en France incontinant qu’il le pourroit avoir; et arriva ledict Bourgoingne audict Fontarabye le dernier jour dudict juing.

Lesdicts capitaines de Fontarabye, Navarre et Perpignan feirent leur debvoir de solliciter d’avoir ledict saulf-conduit comme dessus, et aussi fit ledict Bourgoingne dès qu’il fut audict Fontarabye ; mais ilz ne peurent pour lors avoir aultre response desdicts capitaines de la frontière de France, mesmes dudict Bayonne et Narbonne, synon qu’ilz avoient envoyé lesdictes lectres de Guyenne , roy d’armes de France, au roy leur maistre, et avoient escript pour ledict saulfconduit; que icelluy venu ilz l’envoyeroient, disans davantaige que semblablement ledict Guyenne estoit jà lors de retour en France , fort se louant du bon traictement, présens et desfrayemens que sa majesté luy avoit fait faire par deçà, et qu’il estoit allé par postes vers ledict roy de France, son maistre , faire son rapport, et ne faisoient doubte qu’il solliciteroit et envoyeroit ledict saulf-conduit.

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