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nés à éclairer d'une vive lumière Thistoire du buddhisme méridional. Les années 1 848 et 1 849 ont été en partie remplies par de nombreuses copies de traités ou légendes, en pâli, avec glose en birman, qu'accompagnent toujours une traduction littérale et une analyse rigoureuse et concise. Ces documents n'ont pas eu leur emploi ; mais, dans l'état où ils se trouvent, ils forment une précieuse petite collection qui a sa valeur propre.
Vingt ans auparavant, d'autres manuscrits, parmi lesquels il faut citer le Mahàvamsa et une grammaire du Pâli en pâli, avaient été copiés avec autant de soin ; ils constituent des volumes dont la variété indique une inmiense étendue de lectures. Le fruit que ces lectures devaient produire, la Granunaire pâlie, n'a malheureusement pas vu le jour; presque terminée en 1 827 et souvent annoncée dans les lettres à Lassen comme devant bientôt paraître, elle est restée inachevée et incomplète (vol. 76). On doit exprimer les mêmes regrets pour bien d'autres travaux aussi neufs que profonds, tels, par exemple, que les c Recherches sur les écritures et la langue siamoise » (vol. 71), et les fragments d'un mémoire intitulé : c Recherches sur les principaux événements de l'histoire du buddhisme singhalais, depuis le vi* siècle de notre ère jusqu'à l'établissement des Hollandais dans rUe de Geylan » (vol. 58). Pour tous ces travaux, il faut chercher des renseignements, à la fois curieux et
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instructifs, dans la correspondance d'E. Bumouf avec Ghr. Lassen.
On éprouve un sentiment mêlé d'étonnement et de respect en considérant l'ensemble des matériaux rassemblés pour former un dictionnaire pâli et à sa suite des dictionnaires pâli -birman, pali-singhalais et siamois. Plus de 20,000 mots sont ici relevés avec renvois aux ouvrages d'où ils sont tirés, exemples, analyses philologiques, explications grammaticales, etc.
Les fiches portant chacune un mot avaient été, par Bumouf, rassemblées selon Tordre alphabétique dans une multitude de petites boites en carton, de même format, ce qui en rendait l'usage facile. C'est seulement depuis leur entrée à la Bibliothèque Nationale que ces fiches ont été disposées en volumes.
11 y a moins de confusion dans cette catégorie que dans les autres divisions. Gela tient à ce qu'Eugène Bumouf a fait relier plusieurs des volumes dont elle est composée. La copie du Mahàvamsa en deux volumes, celle de plusieurs légendes pahes, les études sur les textes pah-birmans ont été reliées pour lui en demi-maroquin rouge et témoignent du soin et de l'ordre qu'il voulait voir régner dans sa bibliothèque.
La cinquième section nous ramène encore à la jeunesse d'Eugène Bumouf. On y remarque le manuscrit
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presque complet du Mémoire qui a obtenu le prix Volney en 1831 (vol. 96); le cours de grammaire générale et comparée professé par lui à FÉcole normale de 1830 à 1833 (vol. 97), et même des travaux d'écolier, tels que des notes prises au cours de sanscrit de Ghézy, de 1822 à 1824, avec la traduction littérale du texte de Manu qui en était le sujet (vol. 98) ; enfin la rédaction des cours de philosophie de Cousin, 1819-1 820, et de JoufiFroy (vol . 99) . De ce dernier cours nous n'avons pas la date exacte, et nous le regrettons, car un certain intérêt s'attache aux résumés des leçons de Joufiroy qui eurent en leur temps beaucoup d'éclat et dont Eugène Burnouf fut une année le rédacteur. Le professeur lisait les rédactions, et sur plusieurs d'entre elles il a mis ici de sa main des annotations, éloges ou critiques.
Ce serait méconnaître l'union parfaite et la profonde intimité qui ont existé entre le père et le fils, aussi bien dans leurs occupations intellectuelles que dans tous les actes de leur vie commune, que de ne pas rapprocher des travaux d'Eugène Burnouf les rares papiers de son père Jean-Liouis Burnouf, qui portent quelques traces d'une prédilection avouée pour les études orientales. Gonmie l'a très bien dit Barthélemy-Saint-Hilaire dans les articles du Journal des Savants que nous avons déjà cités plusieurs fois, Eugène Burnouf a dû beaucoup aux leçons de son père, élève de Chézy dès la création du cours de sans-
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crit au Collège de France. II lui a dû surtout une connaissance parfaite des langues grecque et latine et cette méthode si sûre dont tous ses ouvrages portent l'empreinte.
Dans ses lettres à Bopp, J.-L. Burnouf exprime fréquenmient ses regrets de ne pouvoir se livrer, conmie il Teût désiré, à l'étude du sanscrit. Absorbé par de nombreux devoirs, par la rédaction de sa Granmiaire grecque, par la traduction des Œuvres de Tacite, par une classe de rhétorique au lycée Louis-le-Grand et un cours de littérature latine au Collège de France, il n'avait guère de temps à consacrer à d'autres occupations. Il avait cependant entrepris la traduction des ouvrages de Bopp sur la granmiaire comparative rédigés en allemand et en anglais. Laissant à son fils le soin de traduire la rédaction anglaise, il s'était réservé l'ouvrage allemand et se proposait de fondre le tout ensemble et d'y joindre des notes. Ce programme n'a pas été rempli. La traduction du premier traité allemand a bien été terminée ; mais la traduction de l'anglais par Eugène Burnouf n'est pas achevée. Ces deux ébauches sont rapprochées dans le volume 1 01 . Ce petit travail en conunun n'a pas d'autre intérêt que de laisser entrevoir la touchante conununauté de goûts et de pensées qui existait entre le père et le fils.
Nous avons ajouté à ces papiers le manuscrit d'une petite granmiaire persane abrégée, composée par
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J.-L. Burnouf, qu'Eugène Bumouf avait fait relier pour la garder dans sa bibliothèque.
Quelques orientalistes, amis ou disciples d'E. Burnouf, ont laissé entre ses mains divers papiers soigneusement conservés avec les siens et qui méritaient d'être énumérés dans ce catalogue. Les plus nombreux et les plus importants sont ceux d'Eugène Jacquet. Ce jeune savant, dont Burnouf estimait la science profonde et variée, lui avait légué en mourant ses notes et ses copies de zend et de sanscrit, avec tous ses travaux inachevés.
Théodore Goldstucker, qui avait déjà revu un certain nombre d'épreuves du Bhâgavata Purâna et fourni de précieuses observations souvent citées dans les notes de cet ouvrage, avait donné à celui qu'il appelait son c vénérable maître, » quoiqu'il n'y eût pas entre eux une très grande différence d'âge, la copie d'un index de Panini fait par lui sur un autre plan que celui de Bumouf.
P.-E. Botta avait laissé à son ami un petit carnet portant des caractères cunéiformes qu'ils essayaient de déchiffrer ensemble; Dulaurier et Bardelli, des cahiers de notes prises au cours de sanscrit.
Des inscriptions relevées et des estampages pris sur les monuments par des savants ou des voyageurs dont le nom n'est pas toujours donné, sont montés
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en volumes ou renfermés dans des étuis. Il n'y a dans cette classe rien de personnel.
Il est inutile de prolonger davantage cette énumération. Dans toute collection il y a des pièces qui n'appartiennent à aucune catégorie bien déterminée ; il en est de même ici ; mais isolées ou reliées avec d'autres, la table alphabétique aidera à les retrouver. Elle remédiera aussi à Tétrangeté de certains rapprochements entre des pièces de sujets et de dates tout à fait différents contenues dans un trop grand nombre de volumes hétérogènes.
La Collection embrasse donc ainsi Tensemble des études qui ont rempli la vie d'Eugène Bumouf, depuis les essais de l'écolier jusqu'aux hardies entreprises qui ont ouvert et frayé des voies nouvelles dans le vaste domaine de la philologie et de l'histoire.
Et cependant la Collection présente une lacune qui serait infiniment regrettable si le témoignage et les souvenirs des élèves de Bumouf ne venaient en partie la combler.
Ce qui a peut-être tenu le plus de place dans la vie intellectuelle et dans les préoccupations scientifiques d'Eugène Burnouf, c'est son enseignement, et malheureusement on n'en trouve que peu de traces dans