Voiame
vouloir informer le Roy, et savoir quand je pourrois faire la reverance a L. M. C. avec tous les compliments convenables pour ce ministre, auquel je ûs demander aussy quand je pourrois laller voir, et jenvoyay cependant tous les messages quon a accoustumé quand on arrive. M. de Sartine revint peu de temps a près me dire, que M. le M. Grimaldo avoit esté ravy et surpris de ma diligence, qu'il était allé sur le champ au Pallais en informer L. M. C. et que du Pallais il viendroit chez moy; je voulois, suivant la règle, luy rendre la première visitte, mais outre que je ne leussepas trouvé chez luy, jenen eus pas le temps, il vint chez moy fort peu après, et je supleay a ce devoir, au mieux qu'il me fut possible, en compliments.
Je ne chargeray point cette lettre de ce qui ne pourroit estre que répété de la dépêche du Roy, et je my renfermeray dans la seule mattiëre que je me suis proposé dy traltter.
M. le M. de Maulevrier, venoit d'entrer dans ma chambre, et je ne puis m'empecher de vous faire observer, qu'encore que je luy eusse écrit et fait faire des divers compliments, c'est le premier signe de vie que jay reçu de luy; il na pas laissé de me dire qu'il avoit compté de venir audevant de moy a quelques lieues dicy, avec M. Robin. M. le Duc de Liria, qui me vint voir le moment d'après, sestoit disposé a me faire le même honneur et de mener >ï. de Sariine avec luy. Ce même jour, outre laccueil que je reçu au Pallais et ou les plus grands sempresserent, M. le M. de Villena Majordom^; Major, M. le M. de Montalegre Somelier du corps, M. le M. de Caslelare, vinrent chez moy, avec quantité d'au-
LETTRES ET DÉPÈCHES. 161
très seigneurs et depuis M. le Duc D'Arcos grand ecuyer, M. le M. de Santa Gruz grand maître de la Reine, M. le grand Inquisiteur, M. LArcheveque de Tolède, M. le M. deBedmard, M. le duc de Veraguas, et M. le Duc D'Arcos qui ont tous 3 le titre de Con®" d'estat, le Président du Conseil des Indes, mont fait le même honneur et tous avant que jaye esté chez eux. De cette manière je n'ay pas eu le moindre embarras, avec personne, pour la première visitte, et je nay pu macquitter de ce devoir envers ceux même a qui il estoit dû. Je les rends à mesure autant qu'il m'est possible, et corne je ne me mettray que demain en public, M. de Maulevrier, qui m'a toujours fait l'honneur de manger chez moy, ma fait celuy de me mener partout dans son caresse.
Gomme jachevois cette lettre M. le Président de Castille auquel je n'avois envoyé faire aucun compliment vient de men faire faire un, qui est une chose fort extraot&\ Je ne dois pas oublier que M. le Prince de €ellamare s'est extrêmement empressé tant au Pallais que chez moy à me témoigner sa joye des mariages et de l'union, son attachement pour la France et pour S. A. R., sa reconnoissance des bons traitements qu'il a reçu, ce qui ma surpris au dernier point; il a ajoutté qu'il vouloit écrire au Roy, a S. A. R. et V. E. et a M. le Mar** de Villeroy duquel il s'est informé avec un soin et une amitié extrême, et m'a prié, qu'il m'envoya ses lettres pour les mettre dans mon paquet, même par un extraord'* en cas que jen envoyasse un. Comme il mest prescrit de vivre avec luy dans la politesse généralle, sans marquer de souvenir du passé, j'ay reçu ses compliments aussy bien que mon extrême surprise
me la pu permettre et je nay point fait de difficulté de me charger de ses lettres que je mettray dans ce paquet, en cas quelles viennent à temps. M. le Duc de Popoli, me fit beaucoup dexcuses, chez le P^* des Asturies, de ce que sa captivité auprès de lui lavoit empêché de me venir voir, et il ne se peut rien ajoutter aux distinctions qu'on sempresse de me faire.
Je suis traitté magnifiquement et très délicatement a la Françoise a 2 grandes tables» aux dépens du Roy avec tout l'accompagnement, et Dom Gaspard Giron un des Majordome du Roy m'en fait les honneurs soir et matin. Cela doit durer jusqua mercredi 26 inclus, et cette cour part le 27. Jay reçu aussy dans les provinces d'Espagne ou jay passé beaucoup d'honneurs et je ne puis m' empêcher de prendre la liberté de représenter a V. E. que je croirois bien a propos que M. le Duc d'Ossone» se ressentît en France s'il en est encore temps» de quelque réciproque. Je la suplie de me faire la grâce et la justice désire entièrement persuadée, de mon inviolable attachement.
Le Duc de SiSimon.
Madrid, le 21 norembre 1721.
Je croy devoir avoir l'honneur d'informer V. E. qu'il ne se peut rien ajouster a l'impatience qu'on a icy dun