Volume 299. Minute conservée par Saint-Simon
i>/i8 LETTRES ET DÉPÊCHES.
AU DUC D*ORLÉA.-\S *.
A Madrid, ce 2 février 172i.
Monseigneur,
Je ne puis exprimer a V. A. R. tout ce que j'ay ressenti sur la maladie de M. le Duc de Chartres, ny toutte ma joye de sa convalescence, et je me flatte quelle est assez persuadée de mon attachement pour n'en pas pas doutter : ce danger a été très sensible a cette cour, qui a été aussy plus alarmée que de raison de la maladie de la Princesse, sur la quelle je ne m'estandray pas, parce que vous trouverez ci-joint une relation des médecins, qui la traitent; je ne puis dire a V. A. R. combien L. M. G. se louent de sa douceur, de sa patience et de sa docilité, dans cette occasion, combien la Reyne est touchée de toutte la confiance qu'elle luy marque, ni quels en sont leurs retours de tendresse et de soins, ils ont été jusqu'à luy présenter plusieurs fois ses bouillons, elle même, a la rallger dans son lit, el en user en tout avec elle comme la meilleure mère envers la fille la plus chérie. L. M. C. ont voulu absolument, que j'eusse Thonneur de lavoir tous les jours, et qiioy que je n'y aye été que des moments, j'y ay remarqué un intérêt et une complaisance dans ses dames, qui m'a fait un sensible plaisir.