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eut permis de les commencer plustôt avant le carême ; elles commancerent Dimanche jour de la naissance de Y. M., auquel, à la manière de cette cour, je receus, tant chez moy qu'au pallais, une infinité de compliments, a cette occasion, et parmis les quels, je remarquay un grand attachement pour la personne de V. M.; le soir il y eût illumination et un parfaittement beau feu d'artifice, dans la place du Pallais. Le lendemain, ces mes- •mes spectacles furent recommancés, de différentes manières, au même lieu, avec une mascarade a cheval de 7 ou 800 bourgeois, ou artisans de cette ville, tous diversement montés et parés. De la L. M. C. allèrent, a Notre Dame d'Atocha, dans un superbe carrosse, tout de glaces et de bronze doré, avec le prince et la Princesse, suivys de 30 autres caresses rempUs de personnes de leur cour, et de toutte leur garde a pied et a cheval ; touttes les rues de leur passage estoient tendues et ornées de pièces d'orfèvrerie, et plusieurs fontaines chargées de lestons et d'inscriptions dont la plus part etoient a la louange de V. M. et de l'Infante ; elles trouvèrent a leur retour ces mesmes riies illuminées, et se rendirent a la place Major, si remplie de monde et si brillante de lumières qu'elle formoit un spectacle 11' plus magnifique et le plus superbe; les trois cadrilles des Ducs de Medinaceli et de Larco et de la ville entrèrent en ordre dans la place, et firent leur comparse et leur course, un flambeau à la main, avec beaucoup d'adresse et de justesse; elles etoient differement vetiies, de jaune, de bleu, et de rouge, mais si superbement et pour leurs habits, et pour la parure des plus chevaux d'Espagne qu'ils montoient, que ce spectacle
étoît véritablement admirable et aussy distinctement éclairé qu'en plein jour ; Tordre y fut grand, et les deux Parrains si distingués, par leur bonne mine et par une quantité prodigieuse de pierreries sur les harnois de leurs chevaux ; ils ne courrurent point, et estoient en habiis ordinaires; cet espèce de tournois fut terminé par un feu d'artifice, très ingénieux, tiré de dessus dix galères, très galament ornées, qui representoient un combat naval, dont Texécution fut parfaitte. L. M. C. qui etoient sur un balcon de la place revinrent ensuitte au Pallais, dont la place êtoit illuminée d'une manière nouvelle ou on tira un autre feu d'artifice, le plus galant et le plus magnifique qu'il fut possible d'imaginer; les noms du Roy et de la Reyne d'Espagne y paroissoient, illuminés, et au plus haut de la Piramide, celuy de V. M. et de l'infante. La santé do la Princesse, qui ne luy peruiet pas encore de veiller beaucoup empêcha qu'il n'y eut de bals publics pendant ces trois jours, il y en eut seulement dans l'appartement de la Reyne, fort en particulier, ou L. M. C. m'ordonnèrent de me trouver, ce dernier jour. Il me paroît que l'on s'attend, icy, qu'il y aura des festes a Paris a l'arrivée de l'Infante, et que si V. M. en donne quelques unes a cette occasion le Roy et la Reyne d'Espagne en seront extrem^ touchés. Je crois aussy devoir rendre compte a V. M. de quelque chose de plus sérieux, c'est que le Roy d'Espagne fait armer a Barcelonne, avec une extrême diligence, six vaisseaux de guerre et quatre fregattes, sans qu'on en puisse encore pénétrer le sujet, et que le S' Patino vient d'être mandé icy en diligence; il est frère du Marquis de Castellar Secret" d' estât de la
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guerre et a été déjà chargé du soin de rembarquement» qui fut fait pour Texpedilioû de Sicile.
Je suis avec un profond respect
Sire de V. M. le très humble, très obéissant et très fidèle serviteur et sujet
Le Duc de St-Simon.
AU DUC d'oRLÉANS*.
Madrid, 22 février 1722.
Ce n*est pas que j'aye rien a vous dire. Monseigneur, mais seulement pour ne me laisser pas oublier. Faute de mieux V. A. R. scaura qu'il m'est arrivé deux miracles, l'un de baiser les mains du Q de Borgia l'autre de tuer un renard a une chasse du Roy ; il me falloit venir en Espagne pour faire ces deux prodiges. J'en vais en tenter un autre plus sérieux, c'est de voir si des prières pour vous en langue Mosarabique seront plus elTicaces que celles qu'on fait en latin et en Français, et je m'achemine après demain a Tolède en pèlerinage a cette occasion.
Mon fils a tant de peine a reprendre sa santé que je Tay enfin résolu de retourner a Paris. Je suis icy si poui'suivi de poisson puant et de sermons Espagnols et sans en entendre un mot et sans avoir