LUI
AU CARDINAL DUBOIS*
Madrid, 1" mars 1722.
Je vois par l'honneur de la lettre du 17 de s'* de Y. K. qu'elle est assez incommodée pour garder le Ut et cela m'adige et m'inquîette véritablement quoy qu'elle se promette d'en sortir deux jours après. Je suis trop franchement et trop entièrement a vous et j'y dois trop estre pour ne pas ressentir vostre santé comme la mienne propre et c'est aussy ce que je fais bien eflectivement.
Je me suis avisé que nous n'avions point de preuves par écrit de la célébration du mariage de M* la Princesse des Asturies parceque les parties ne signent point icy avec leurs parents et leurs témoins sur le registre du curé comme en France. J'en parlay a M. de Grimaldo en partant pour Tolède, il m'expliqua sur cela l'usage d'icy et me promit pour mon retour une expédition en forme de ce qui supplée icy au nôstre. Il me la donna hier, et vous la trouverez cy-jointe. J'ay crû cette précaution bonne a prendre, surtout pour un mariage qui ne se doist pas consommer sitost, quoy qu'il le paroisse, depuis que tout le public les a vus au lit ensemble, le soir du mariage. La Princesse est maintenant en parfaitte santé et va tous les jours aux maisons royalles des -environs de cette ville, et usurpe une familiarité avec
J. Volume 32i. Minute conservée pir St-Simon.
L. M. C. qui leur plaît beaucoup, et qui est toujours parfailtement bien reçue; ce qui avoît le plus inquiété sur sa santé s'est tout a fait dissipé.
Je scay de M. le Duc de Liria, a qui M. Pez le dit avant hier, que l'armement de Barcelonne est contre les Algériens et qu il attend quelques vaisseaux bon voiliers hollandais pour aller ensemble leur donner la chasse.
L'Infant d" Philippe sera baptisé cet après midy et tenu par M. de S'* Cruz,etla Duchesse de laMirandole au nom de l'Électeur de Bavière, et de la Duchesse de Parme.
Demain il recevra l'ordre de St Jacques des mains du marquis de Bedmard président des ordres, et les espérons de celles du Duc de Veraguas et du marquis deMoya; le Duc de Larco sera son paiTain.
J'attends de jour en jour le courrier que Y. E. me promet avec une double impatience, et pour sa santé, et pour mon départ. L. M. C. vont de demain en 8 aBel- 2aïn, c'est un voyage de h jours et tout a la légère, pendant lequel je compte courrir la ville pour mes adieux, et prendre congé a leur retour, parceque je me flatte bien que le courrier ne m'apportera rien qui m'empêsche de partir le 16 ou le 17. M. de la Fare est déjà bien loin, et je n*ay pas manqué de dire a M. de Maulevrier ce dont vous me chargez pour luy. M. de Chavigny a eu ses audiences, dont il vous rendra compte; nous nous voyons souvent, je souhaitte qu'il soit aussy content de moy, que je le suis de luy, et je fais de 'mon mieux pour que cela soit et parceque vous l'honnorez de vôtre amitié, et pour luy mesme.
30A LETTRES ET DÉPÈCHES.
Tout ce que vous me fautes Thonneur de me mander pour S. A. R. et pour vous même, est si flatteur que je n*ay point de termes pour y repondre, si non un désir extrême de le pouvoir meritter, et de me retrouver auprès d'elle, et d'asseurer moy même V. E. qu'elle n'a point de serviteur sur qui elle puisse plus parfaittement compter, n'y qui soit a elle avec un attachement plus respectueux et plus entier.
Oserois-je vous supplier encore pour le Cli' de Resie que j'ay depcschc, pour porter la nouvelle du mariage, et qui par sa naissance, son application au sen*ice, et sa qualité* de l'' Cap"- au Régiment de mon fils aîné, meritte touttes les grâces qu il doit espérer de celte nouvelle, qui est le chef d œuvre de V. E.
AU CARDINAL DUBOIS
A Madrid, ce 9 mars 1722.
Point de courrier, ny de nouvelles de V. E. par rordinaire, ce qui m'inqnietteroit sur sa santé, si Une longue indisposition ponvoit eslre ignorée; comme on ne m'en mandcî rien, cela me rassure la dessus.
Je dois avoir l'honneur de vous rendre compte de trois affaires ej)tre autres, que vous m'avez chargé de recommander et de suivre ; les deux premières regar-