Volume olô
dent le payement des bleds fournis pour le siège de Barcelonne pour le S*"* Marguerit et Compas et Tarrest fait, sous prétexte des précautions contre la contagion, des pierreries que Daniel de Cleves faisoit passer par la poste en Espagne. Je n*ay pas esté plus heureux que M. de Maulevrier qui avoit déjà donné plusieurs mémoires sur ces deux affaires, et le Roy d'Espagne s'est contenté de me faire repondre que Tune estoit au conseil de fmance, et l'autre a la Jtinta de la santé. Sur quoy j'ay fait prier, M. de Grimaldo, parce qu'on ne le voyoit point alors, de représenter au Roy d'Espagne que je savois bien où ces affaires esloient, avant que S. H. G. me l'eût fait dire, et que c'estoit précisément par le longtemps qu'il y a quelles y sont, et par l'évidence de la justice de ces affaires, que je m'étois donné l'honneur de la|Suplier de les faire finir; mais quand il est question d'argent, et qu'on ne peut s'en défendre par la nature de l'affaire, on n'en peut obtenir aucune décision ; il y en a icy un grand nombre, plus criantes que je ne puis vous les représenter, qui ont ruiné ceux qu'elles regardent, a les sui^vre, fait mourrir les uns de chagrin et tourné la teste a d'autres. Quoy quelles regardent presque touttes uniquement des François, je n'ay point voulu m'en mesler, tant parceque je n'en ay point d'ordres, que parceque j'en sens l'entière inutilité; il est pourtant vray que je n'entends pas dire que les autres nations soient traittées avec la même demi justice, et qu'il est de l'honneur du Roy de chercher des moyens convenables pour faire cesser un usage si constant de vexations véritablement inconnues partout ailleurs.
Je n'ajoutteray point a cet article celuy de nos coih suis qui sont dépouillés de toute sorte de juridiction, qui ruine entièrement notre commerce par les avanies continuelles qui se font a nos bâtiments, et a nos marchands; je ne doutte pas que M. de Maulevrier, qui m'en parle souvent, ne vous en rende bon compte, ni que votre prudence qui est venue a bout de bien plus grandes choses ne remédie a celles-cy qui sont pourtant capitales, quand vos grandes occupations vous donneront le loisir d'y penser,
La 3*"*^ affaire, qui est celle de la pension de M"*- D*Aulnoy, m'a été nettement refusée parcequ'elle la luy a été, a elle même, dans un voyage quelle a fait icy exprès.
M. Burlet, pour le quel vous m'avez chargé de m'interresser, a esté mieux traitté, et bien qu'on n'accorde rien de nouveau, ou qu'on ne paye presque rien de ce qui est dû, le Roy d'Espagne s'est déterminé a luy donner une pension de cent pistoles, pour luy témoigner qu'on n'est pas venu a bout de luy persuader rien qui ait altéré Testime et l'affection qu'il a pour luy.
On augmente de A autres vaisseaux, et de quelques galères, Tarmement qu'on presse fortement a Barcelonne, d'où il est aisé de juger qu'il ne regarde point les costes de Barbarie, comme d" André de Pez l'a voulu dire, et il est arrivé cette semaine trois courriers d'Italie, en un jour, de ces matières; M. de Ghavigny, vous donnera meilleur compte que moy; je me contente de les marquer a Y. £. pour l'informer seulement de tout ce que j'apprends.
M. le Prince de Chelamar, qu'on appelle présentement le Duc de Giovenazzo, est fort en peine de n'avoir point eu de réponse aux lettres qu'il me remit deux jours avant le voyage de Lerma, pour le Roy, pour S. A. R., pour vous et pour M. le M^* de Villeroy et que j'eus l'honneur d'envoyer dans ce temps a V. E, Il me vient de remettre un paquet a cachet volant pour elle, qu'elle ti'ouvera cy joint, et qui contient une lettre et un mémoire, touchant une somme de 35000^ qui, par son énoncé, luy est très légitimement due et a un caractère très particulier de privilège, pour qu'il n'y perde rien et qu'il en soit incessament payé; après cela vous estes bien meilleur juge, et juge naturel, de ce qu'il convient d'y faire et d'y répondre.
La cérémonie de la réception de l'infant d" Philippe dans l'ordre de S' Jacques fut diifeiée, a hier, avec quelques chang'* pour ceux qui y dévoient servir ; le M. de Bedmar donna l'habit de l'ordre au jeune prince, le M, de S** Cruz fut parrain. Le duc de Larco, et M. de Montalegre sommelier du corps furent présentés par le Mq* de Grimaldo ; le roy et la Reyne y assistèrent incognito, dans leur tribune, et je fus placé avec ceux qui sont avec moy dans la tribune au dessus, d'où nous vismes tous très bien. Le petit Prince fut le plus jolly du monde ; ce malin j'ay vu partir L. M. G. pour Balzain, ou elles vont en un jour et y en demeureront deux, pour voir leur bâtiment et leur jardin qu'on fait a la Granxa, et reviendront le â™*^ au Buenretiro jusqu'à Pasques.
Elles sont uniquement suivies en ce voyage du Duc de Larco, de M. de S'« Cruz, du Comte de San Estevan,
cap"* des gardes en quartier, de M. de Valoaze, de
M*"* de Robec, de la nourice, et d'une cameriste.
J'avoue a V. £. que je suis peiné de n'avoir reçu
aucunes lettres de remerciement au Roy d'Espagne des
grâces, que la bonté de S. A. R. et vôtre activité m'en
ont procurées; cependant je compte prendre mon
audience de congé au retour de Balzain et partir la
semaine prochaine avec beaucoup d'impatience de
faire ma cour a S. A. R. et de vous reuouveller tous les
sentiments de reconnaissance et d'attachement fidèle
et respectueux avec les quels je suis inviolablement a
Le Diic de St-Simon.
AU CARDINAL DUBOIS
>ladridy 9 mars 17i2.
Je ne puis m'empescher de dire a V, E. que M* de S. Simon m'a fait la galanterie de m'envoyer vostre mandement sur le Jubilé dans lequel j'ay reconnu des tours qui m'ont fait vous reconnaître, et je ne conçois pas que vous avez trouvé le temps d'écrire vous mesme une sorte d'ouvrage dont beaucoup de prélats sans affaires ont coutume de se décharger sur des faiseurs.
Vous avez fait des coups d'état a la Richelieu et vous voulez comme luy vous montrer Evesquë par des