AU COMTE DE BELLE-ISLE
De Bladrid, ce 16 nun 1722.
Vous aurez reçu, monsieur, une longue lettre de mo^ par mon fils sur ce qui regarde le passage de l'infant D° Carlos en Italie. L'occasion de Bannière que je vous renvoie me donne lieu de vous mander que l'augmentation de l'armement de Barcelonne et les galères que l'on y joint ne laissent plus doutter du dessin qui le regarde. Hier M. de Chavigny, causant familièrement avec moy, me dit que ces gens cy n'avoient point de système politique, qu'il leur en fallait faire un, les prendre par leur partie sensible, les conduire et se rendre maitres d'eux par leurs interests. Joignez à cela les courriers^ d'Italie qui pleuvent d'ici, vous veiTCz à quoi nous en devons tenir. M. de Grimaido et M. de Gastelar, malgré leur peu d'union et la place de ce dernier qui ne brille que dans les projets militaires, sont également contraires à celui cy et le protestent tous deux selon leur caractère, l'un tout bas à ses amis et l'autre tout haut à quk le veut entendre. Je scay un homme, parce qu'il me l'a dit, à qui M. de Grimaido s'est expliqué pendant que j'estois à Balzain que cette affaire ne serait jamûs de sesavis, mais que le roy d'Espagne ny entreroit jamais que de concert avec M. le Régent, qu'il etoitvray que ce prince