‹ Papiers inédits du duc de Saint-SimonChapitre 28 sur 91 · Mot illisible. Probablement endormi · texte numérisé non relu

Mot illisible. Probablement endormi

du Contract, avec cette préface changée, pour la colationner luy même en la lisant tout bas, a mesure que D"" Joseph Rodrigo liroit tout haut l'original, et qu'il en auroit pareillement une en François, pour que je fisse la même chose tandis que D"' Joseph Rodrigo liroit l'original François que nous nous attendions qui seroit fait et signé. Nous ne revinsmes qu'a deux heures et demie del'Audiance; tandis que nous dinions, il envoya deux fois chercher ces copies, et nous partîmes enfin sans les avoir, espérant vainement quon les luy apporteroit au Palais.

Lorsque nous fusmes en place pour la lecture du contract, je luy dis, qu'encore que je ne doutasse point de la fidélité des Espagnols, je ne laissois pas d'avoir beaucoup de peine qu'il n'eut point de copie, en Espagnol, pour collationner le contract a mesure qu'il seroit lu, que je le supliois au moins d'apporter une grande attention a cette lecture qui rouloit toute sur luy puisque S. A. R. et Y. E. n'ignoriez pas que je ne scay pas un mot d'Espagnol. La longueur de la lecture ayant obligé la Reyne a s'asseoir et l'ayant assez ennuyée pour demander si cela dureroit encore longtemps, parcequ'elle s'attendoit elle même qu'il y auroit deux instruments en François, j'en pris occasion pour luy dire que pour le François on pouvoit passer la préface qui ne contient rien de substantiel, dans la pensée de cacher que cette préface nous manquoit; M. de Maulevrier n'en avoit aucune copie sur luy, et je n'avois dans ma poche que celle que j'ay apporté de Paris.

Touttes les lectures Espagnoles estant achevées, Dom Joseph Rodrigo, se rapprocha de la table pour

présenter la plume a L. M. G. Le Roy d'Espagne proposa de faire touttes les lectures de suitte, s'il en restoit encore quelques uns. D™ Joseph Rodrigo, dit qu'il ny en avoit plus ; sur quoy je représentay a demi bas que je croyois qu'il y avoit un instrument en François ; Dom Rodrigo, a qui le Roy d'Espagne répéta ce que j'avois dit, repondit qu'il ne le croyoit pas, et qu'en tout cas il n'en avoit point apporté. Sur quoy M. de Maulevrier qui jusque la estoit demeuré dans le silence repondit qu'il l'alloit envoyer chercher, et sortit de la place pour le faire. Dans cet intervale, le Roy d'Espagne me fit l'honneur de me dire qu'apparament il n'en falloit point puisqu'on n'en avoit point apporté, j'eus celuy de luy proposer, pour toutte réponse d'avoir agréable d'appeller M. de Grimaldo, qui n'estant qu'en fonction d'auditeur, ne s'estoit pas mis des premiers dans le cercle ; le Roy d'Espagne le fit chercher, il vint un moment aprèz, et dit qu'il ne falloit point d'instruments en François; je luy objectay ce qui s'estoit passé à la signature des articles, et il repondit que ce n'estoit pas la même chose. Je n'entendis que cela parceque S. M. C, qui prenoit la peine de servir d'interprète entre nous deux, ne m'en expliqua pas davantage; je luy repliquay modestement qu'il sembloit que la dignité des deux couronnes demandoit que chacune eut un instrument, signé en sa langue, et a ce moment M. de Maulevrier revint auprès de moy. M. le M. de Grimaldo me répliqua, avec beaucoup de politesse, qu'il ne croyoit pas que cela pût faire de difficulté, d'autant qu'il avoit vu une lettre de V. E. a M. le M. de Maulevrier qui le portoit expressément.

Je vous avoue, qu'a ce mot, je pensay tomber a la renverse d'autant que je m'estois figuré un Instrument et contract en François et qu'il me l'avoit été dit de la sorte ; au point que je dis à M. de Grimaldo, devant le Roy, que j'avois cette idée la, que je tacherois de me rappeller.

Je regarday M. de Maulevrier, qui me dit d'un air fort embarrassé, qu'il y avoit effectivement quelque chose de cela dans une de ces lettres : il m'eut extrêmement obligé de me l'avoir dit une heure plustot, mais a tout ce qui se passa de sa part a cette occasion, je ne puis doutter que cette lettre ne fut parfaitement sortie de sa mémoire. Je pris donc le parti sur le champ de dire au Roy d'Espagne et a la Reyne, que je ferois, aveuglement tout ce qu'ils me commanderoient, ce que j'assaisonnay, de tout ce que je pus, sur l'amitié, la candeur et la joye qu'ils faisoient paraître danstoutte cette action, et qui ne me permettoient des représentations que sur la forme, quoy qu'au fond, à vous parler vray, le défaut de collation de la lecture Espagnole m'eûst interrieurement refroidi a désirer la signature d'un instrument en François. J'ajoutay que j'esperois, que s'il se trouvoit par l'événement qu'il en fallut un en cette langue, L. M. G. voudroient bien ne pas faire de difficulté de le signer après coup en leur particulier; en même temps, je me mis comme en devoir d'approcher du Roy d'Espagne le contract de mariage, qui estoit sur la table, pour marquer mon empressement de le luy faire signer, et de le signer aprez, la famille Royalle, sans néanmoins y toucher parceque cette fonction appartenoit au Secrétaire d'Estat.

Il parut a quelques discours et a l'air du Roy et delà Reyne d'Espagne, que ce que je fis leur fut extrêmement agréable. Ils signèrent tous a l'instant, et, cette signature se passa, avec un redoublement de guayeté et de

Comme je me mis en devoir de signer a costé du dernier des Infants, ainsy que vous me l'aviez prescrit, D'" Joseph Rodrigo, qui estoit a coté de moy, m'arresta et me montra a coté du pénultième, j'en fis quelque difficulté, mais il me fit expliquer qu'il falloit que M. le M. de Maulevrier signât a coté du dernier, et je me rendis a cette raison d'autant que cette manière de signer, plus honorable, venoit d'eux et non de moy.

V. E. doit prendre pour exactement vray tout ce qui est exprimé de joye dans ma dépêche au Roy, si ce n'est ce qui regarde l'intérêt personnel de L. M. G. de S. A. R. que j'ay crûs ne point mal faire de grossir un peu dans une dépêche, qui sera apparement Itie, en nombreuse compagnie, mais ce qui est exactement vray, c'est qu'ils se sont exprimez, sur elle, en toutte occasion de la manière du monde la plus remplie d'attention, de considération, et de politesse, et de désir d'union et d'amitié.

Pour revenir a la signature, nous fusmes hier au soir chez M. le M. de Grimaldo, M. de Maulevrier et moy, a qui je m'estois plains très légèrement, avec beaucoup de mesures, de ne m' avoir pas informé de votre lettre, que ce Ministre, avoit alléguée ; il ne repondit rien sinon, qu'il me la feroit chercher. M. le M. de Grimaldo, maintint avec beaucoup de pohtesse ce qu'il avoit soutenu a la signature, et ajouta qu'il n'y

avoit qu'a se conformer a ce qui se passeroit a Paris, sur le contract de mariage de M^"" le Prince des Asturies, et qu'encore qu'il arriva, qu'il n'y fut point signé d'instruments en Espagnol, le Pioy d'Espagne le venoit de charger de m' assurer qu'il ne feroit aucune difficulté de signer un instrument en François du contract de mariage du Roy, si je perseverois, ce non obstant, a le désirer, et c'est un des points dont je remercieay le plus ce ministre, et hier matin le Pioy d'Espagne, dans l'Audiance particulière que j'en eus, vers lequel je me garday bien de m'excuser aux dépens de M. de Maulevrier, quoi qu'il ne fut pas avec moy a l'audiance, parce que, outre que je veux croire que ça esté un pur oubli de sa part, je ne crois rien de si indécent et de si préjudiciable que de montrer le plus léger manquement de concert, avec son collègue, et je m'asseure que la conduilte que j'observeray avec M. le M. de Maulevrier ne pourra pas estre soupçonnée de ce défaut, par qui que ce pusse estre.

Voila donc ma confession, et la sienne, comme il arrive, quelque fois, aux maris de faire celle de leurs femmes portant leurs péchés aux pieds de leur confesseur : j'ay pris V. E. pour le mien, et comme elle n'est pas jeanseniste, je me flatte qu'elle voudra bien l'estre, avec toutte la bonté et l'indulgence dont j'ay besoin, et je l'en supplie très sérieusement.

Ce matin M. le M. de Maulevrier, qui est venu icy avec M. Piobin, sur l'arrivée de son courrier, m'a apporté la lettre en question de V. E. Elle marque nettement, a l'égard du contract de mariage, qu'il est de règle qu'il n'y en ait qu'un instrument, signé en la langue du

Pays de la princesse ou l'on contracte et qu'il suffît d'en faire expédier une copie translatée, en l'autre langue certifiée et signée du même Secrétaire d'Estat, qui a receu le contract ; c'estoit précisément ce que M. le M. de Grimaldo nous avoit dit, hier au soir, et ce qui me fit demeurer d'accord avec luy de différer, jusqu'à Lerma, a voir de quoy je pourrois me contenter.

Je suis donc entièrement battu sur cet article par vôtre lettre a M. de Maulevrier, dont je voudrois, pour beaucoup, quil se fut souvenu a temps et qu'il m'en eiit informé.

J'ay a écrire ce soir a M. le M. de Grimaldo pour le prier de faire mes très humbles remerciements a L. M. G. qui ont eu la bonté de faire arrester le courrier de ma livrée, quelles ont rencontré en chemin, pour luy demander des nouvelles démon fils, et quelles ont eu celle de luy faire ordonner de me témoigner leur joye des bonnes nouvelles quelles en ont apprises par luy.

Dans cette même lettre je luy vay marquer que M. le M. de Maulevrier m'a montré la vôtre, et que je suis parfaittement conte^it sans rien demander davantage, et plein de reconnoissance de la facilité que L. M. G. et luy m'ont fait la grâce de me témoigner dans cette affaire.

Vous remarquerez, s'il vous plaît, que vous en avez plus que vous n'en prescrivez par cette lettre, en ce qu'il a esté signé deux instruments, en Espagnol, dont vous recevrez l'un par ce courrier et cela s'est fait sans que nous l'ayons demandé. V. E. doit estre parfaitement asseurée que les témoins n'ont signés quoy que ce soit comme, par capitulation, il avoit été convenu.

Conformément à ce que j'ay eu l'honneur de vous mander, par le dernier ord''% que nous estions convenus M. de Grimaldo et moy, sur M. Laules- j'eù l'honneur d'en parler hier au Roy d'Espagne qui reçut avec beaucoup de satisfaction les témoignages de celle du Roy et de S. A. R. ; la Reine d'Espagne surtout y applaudit beaucoup. Je vis qu'elle a envie de lui procurer des marques de bonté du Roy, son mary, qui m'y parroit aussy fort porté.

Je crus aussi ne devoir pas différer le léger office qui m'a esté promis, à la prière de M. le M. de Rrancas. Je m'en acquittay donc, en la façon qui m'a esté prescritie, a la fm de mon audiance qui dura assez longtemps en conversation et en épanchement de satisfaction et de joye, et je supHay le Roy d'Espagne que j'en avais fait prévenir auparavant par M. le M. de Grimaldo de permettre à M. le Comte de Cereste de présenter à sa M. C. la lettre que S. A. R. a permis a M. son frère d'avoir l'honneur de luy écrire; elle fut receue beaucoup mieux que je ne me l'estois imaginé et je dois vous avertir que j'ay remarqué beaucoup de chaleur dans M. le M. de Grimaldo, pour M. le M. de Rrancas, non seulement en présence de M. son frère, et il nous a dit que le Roy d'Espagne l'honnoreroit d'une réponse.

Dans cette même audiance le Roy d'Espagne me demanda, de luy même, si je n'enverrois pas un courrier. Je luy dis que je ferois ce que S. M. C. m'ordonneroit et l'envie qu'il me parut en avoir, et la Reyne avec luy, à travers toutte la mesure possible, me détermina a l'asseurer que j'en envoyerois un; comme il

sera maintenant chargé d'un original, signé, du contract de mariage du Roy et de plusieurs autres pièces importantes ce concernant. Je proposay a M. Pequet d'en estre le porteur ; il me parut avoir quelque dessein de s'arrester encore un peu icy, mais pour exécuter plus ponctuellement jusqu'aux moindres de vos inclinations, je le priay d'y faire ses réflections jusqu'au temps que je le depécherois et de me dire ensuitte son dernier mot la dessus : la fièvre, qui le prit hier, a malheureusement fait sa réponse. En sorte que je suis déterminé, a charger de ce paquet un garçon de condition, de beaucoup de valleur et de mérite, que son peu de biens retient lieutenant au Régiment d'infanterie de St-Simon depuis quinze ou seize ans, avec l'estime et le désir de tout le corps de le voir avancer ; si cette commission luy pouvoit procurer quelque petite gratiffication, et une commission de cap"% j'en aurois a V. E. la dernière obligation.

M. le M. de Maulevrier prévoyant bien que je pourrois envoyer un courrier de quelque distinction pour porter le contract de mariage, jne proposa, il y a deux jours, de donner cette commission a M. Robin, qu'il me dit avoir la maladie du pays, parceque tout son bien est en l'air, dans l'incertitude des papiers. Je luy aurois volontiers fait ce plaisir, M. Pequet se trouvant hors d'estat d'aller, mais je consideray qu'il se trouvoit icy par vos ordres; ainsi je n'ay pas osé prendre sur moy de l'envoyer a Paris dans Imcertitude si V. E. l'approuveroit, et depuis hier, que la fièvre de M. Pequet m'a décidé d'en envoyer un autre que luy, l'aventure de la signature du contract, qui ne seroit pas arrivée,

19i LETTRES ET DÉPÊCHES.

si je m'estois adressé a luy plustôt qu'a M. de Maulevrier, m'a encore mieux fait comprendre qu'il n'estoit pas a propos de l'éloigner de M. le M. de Maulevrier.

Y. E. verra dans une de mes lettres a S. A. R. cyjointe a cachet volant, ce qui regarde les jésuites, pour l'infante; sur quoy, elle aura agréable de faire ses réflections, et ce qui regarde aussy l'affaire du sieur Boucher; elle peut compter que, proportion gardée, je vois bien, qu'a travers touttes leurs mesures, L. M. C. ont ces deux points fort a cœur.

Le Courrier de V. E. ne pouvoit arriver plus a propos ; l'impatience de L. M. C. estoit parvenue au comble, jusque la que le Roy d'Espagne me laissa, hier matin, échapper quelques plaintes de son retardement, aux quelles, vous croyez bien, que je ne demeuray pas sans réponses, qui ont été justifiées par la lenteur étrange, avec la quelle ce courrier est venu depuis Burgos faute de chevaux; aussy la joye a t'elle este inexprimable de tout ce qu'il a apporté, comme vous le verrez par ma dépêche au Roy.

Je suis ravy que mon arrivée icy ait prévenu de 5 ou 6 jours l'opinion de Y. E. et que ces 5 ou 6 jours y ayent terminé tout ce dont j'étois chargé à l'exception de l'assistance au mariage de M"'= de Montpensier. Je ne puis assez vous témoigner ma très sensible et très sincère reconnaissance de l'employ si honorable, et si agréable, que vous m'avez procuré, en y concourrant avec autant de franchise que d'efficace, quoique j'aye l'honneur de vous la témoigner, parmi les glorieuses fonctions qui en sont l'essence : accordez moy la jus-

tice de bien compter que l'impression n'en viellirâ, ny ne s'en emousserâ point dans mon cœur.

J'ay aussi les plus sensibles grâces a vous rendre de ce que vous me faites l'honneur de me mander par celuy de vôtre lettre du 18 nov'"'*' tant sur l'adresse du courrier à M. de Maulevrier, que sur les copies, que vous me faittes la grâce de m'envoyer, de ce qu'il luy porte. Rien n'échappe a votre bonté et, en vérité, rien n'est perdu dans mon cœur.

Je suis véritablement aise, de ce qui s'est passé a Vienne sur les titres de Grandesse par la sensibilité infinie de S. M. G. sur cet article, elle a esté telle, qu'au premier mot de cette dépêche, le Roy d'Espagne, s'est atteré au point que j'ay crû nécessaire de lui dire vitteraent, qu'il seroit très content de ce quelle contenoit, comme il le doit estre, et comme il l'a esté en effet, au delà de tout ce que je vous en puis dire, et la Reine d'Espagne pour le moins autant. Je n'ay pas laissé, par parentaize, d'estre assez surpris de cette communication de dépêche, dont vous connoissez mieux que moy touttes la conséquence.

Lorsque le Roy d'Espagne a lu le nom du marquis de Rialp auteur du conseil de ces Grandesses, il m'a regardé d'un air piqué, en me disant : c'est un Catalan; a quoy j'ay repondu : Sire, rien de plus mauvais que les trans/uges, et ils font pis que tous les autres; sur cela la Reyne d'Espagne s'est prit a rire, et j'ay bien connu quelle entendoit a merveille que je tombois sur nos transfuges françois qui sont icy, quoique je n'aye dit que ce seul mot, et il estvray quejel'ay dit a dessin. Je suis ravy aussy que M. de Puzzobono ait enfin fait

ce qui auroit du l'estre, il y a longtemps, et que cet obstacle soit levé pour commencer a bon essient un ouvrage aussy nécessaire que celuy qui se meditte a Cambray.

Ce qui regarde le départ et l'accompagnement de M""" de Montpensier et la réception de M. le duc d'Ossone estant traitté dans ma dépêche au Roy, je me renfermeray icy a vous asseurer, que je suis dans tout le meritte de la délicatesse ce que Y. E. veut bien me mander sur le choix de M. le Prince de Rohan pour faire l'échange des Princesses. Encore qu'il y ait bien quelques petites raisons, que vous pouvez dsviner et qui très vraysemblablement se trouveront ecrittes dans les actes de cet échange, pour les quelles un autre auroit esté aussy convenable; il l'est tellement, par M"" la duchesse de Yantadour, qu'il ne sen pourroit franchement prendre d'autre; le personnel et l'accidentel se trouvent en luy si parfaittement propre a remplir cette grande fonction qu'il faut donc passer guayement carrière a cet égard.

Outre l'évidence de la raison je vous avoueray que je me trouve honnoré et flatté des démarchas vers moy, des deux frères, et beaucoup plus encore de vous y avoir trouvé derrière le rideau; mais voila fmir trop guayement pour avoir débuté par une lourdise, il faut mettre un post-script de mea cidpa, et attendre votre absolution en pénitence. Je vais la faire, par un silence de 15 jours, que le voyage de cette cour m'en séparera, a moins qu'il ne survienne des choses de vôtre part ou d'icy que je ne puis prévoir, tellement que, si je n'ay rien a avoir l'honneur de vous mander, je ne

feray point l'important, en vous faisant perdre un temps précieux, en vous donnant a lire des bagatelles, quelque plaisir que je me fasse d'asseurer souvent V, E. de mon inviolable attachement et de mon dévouement le plus sincère.

Le Duc de S t- Simon.

AU DUC d'oRLÉAXSI.

Madrid, 28 novembre 1721.

Monseigneur,

La dépêche du Roy, et le compte que M. le Gard' Dubois ne manquera pas de vous rendre de la sienne, vous justifieront si au long des choses publiques et particulières qui se sont passées icy depuis ma dernière lettre a V. A. R. que celle cy jointe doit estre uniquement consacrée a luy renouveller les plus vifs sentiments de ma reconnoissance au sortir des glorieuses fonctions pour les quelles il a plust aux aménités et persévérantes bontés de V. A. R. de me choisir. C'est au caractère dont il vous a plù de me revestir, dans une occasion si rare, et si singulièrement agréable en cette cour, que je dois touttes les distinctions personnelles dont je suis comblé de la manière la plus étendue; faites-moy donc la justice d'estre bien per-

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