‹ Papiers inédits du duc de Saint-SimonChapitre 27 sur 91 · Volume · texte numérisé non relu

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primerois entièrement si mon silence a cet égard pouvoit s'accorder avec mon devoir et je vous suplie très instament d'estre effectivement persuadé de la sincérité de ce déplaisir.

Le premier de ces inconvénients est léger quant au fond de la chose, mais il a été extrêmement remarqué, c'estqu'étant sur le point d'aller ensemble a l'audiance, et m'ayant fait la question s'il demanderoit aussi l'Infante, il pousscâ apparament la conséquence qu'il tirât de ma réponse, qui fut que je devois porter la parole tout seul.

Comme je fus en présence du Roy d'Espagne l'occupation de mon discours m'empechâ de faire attention a aucune autre chose, et je n'appris, qu'a mon retour chez moy, qu'il etoit demeuré aux audiances quelques pas derrière moy et qu'il ne s'estoit point couvert, sans que, par la même attention a ce que j'avois a dire, je l'eusse remarqué a pas une de ces audiances, ny avoit pas même fait aucun semblant de le faire.

Véritablement, il ne m'estoit pas entré dans l'esprit qu'il eut besoin d'estre averti la dessus, et l'ayant traitté d'ambassadeur dèz le premier moment que je lay vu et pour le cérémonial et pour la communication de nôtre plein pouvoir, et de nos instructions communes et pour le concert de toute notre conduitte, j avoue que quand jy aurois songé jen aurois rejette la pensée et cru faire une très grande grossièreté, de l'avertir de se couvrir. Je n'ay pu cependant m' empêcher de luy en parler aprez et de luy dire ingenuement qu'en cent ans, il ne me seroit venu dans l'esprit de convenir dece qu'il devoit faire, dans une fonction qui parloit si clairement d'elle même, a quoy il m'a uniquement répondu qu'il en estoit bien

fâché mais qu'il n'avoit pas cru le devoir faire, etqu'ilse trouveroit d'autres occasions a reparer ce manquemenl.

Celuy dont il va être question est beaucoup plus desagréable, et j'avoue que je n'entends pas bien comment il a pu arriver, il vous montrera mon ignorance mais il faut que V. E. sache tout au dépens de moy même; il ny a point eu. de mal néanmoins et il n'a servi qu'a faire voir dans le Roy d'Espagne et dans xM. le M. de Grimaldo une facililté a tout ce qui ne touche rien d'absolument essentiel, a leurs sens, qu'on ne peut assez estimer et reconnoistre.

L'instrument des articles qui a été signé double en François et en Espagnol, m'avoit persuadé qu'il devoit estre de même, de celuy du contract de mariage.

J'en parlay de la sorte a M. de Maulevrier qui n'en douta non plus que moy, et le mal a esté que M. Robin ne se trouva pas présent alors et quaft comi ^ par M. de Maulevrier je n'ay pas songé a lui en rien dire dans le tourbillon de nos occupations. Luy et M. le M. de Maulevrier, qui s'estoient chargés du changement de la préface du contract de mariage par rapport a la signature de L. M. G. qui y devoit estre apposée au lieu de celles des commissaires de leur part, en convinrent avec M. le M. de Grimaldo et, comme ce n'estoit qu'une affaire de stile que ce changement, je me contentay de savoir d'eux qu'il estoit fait, qu'ils le trouvoient bon et que ce ministre en estoit convenu ; mais ils m'en promirent une copie, en François et je convins avec M. de Maulevrier qu'il en porteroit une, en Espagnol, a la signature

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