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que le mien lestant allé trouver, sans estre chargé de ses réponses, il me prie de les luy renvoyer, et la retenu en attendant pour l'en charger : cest ce que j'aurois espéré qu'il feroit, comme je le luy avois mandé ce matin, en luy renvoyant les d'" depesches aussy tost que je les ay eu receiies et que je les aurois attendues, pour despecher le courrier, sans M. le M. de Maulevrier, ainsy que je luy ay expliqué par ma lettre de ce matin, et a V. E. par celle que j'ay jointe pour elle. Je me suis donc contenté de luy renvoyer son homms, et de luy mander que j'ay prévenu des le matin ses désirs.
M. le M. de Farre, m'a témoigné ce soir des prétentions que je desirerois fort qui pussent avoir lieu, et que j 'aurois essayé de facilliter par des Mezzotennine, si j'avois pu le mener moy-mème a L. M. G. Mais cela est impossible parce que la difficulté des logements les a empêché de me permettre de les suivre dans leur voyage, et que M. de la Farre a reçu ordre aujourd'hui de les aller joindre, pour le conliner a leur suitte.
Dans la difficulté de demander rien de positif j'écris pour luy, a M. le M. de Grimaldo, la lettre dont je joins icy la copie, ou vous ne reconaoistrez pas le serviteur le plus zélé pour la grandeur de S. A. R. et ou j'ay néanmoins évité de l'engager formellement en rien. Je ne sçay point précisément quels ordres il a apportées la dessus, mais il m'a parlé d'audiance publique et d'honneurs, que n'ont point eiis ceux que feu Monsieur a envoyés dans les cours étrangères, à ce qu'il m'a dit luy même; mais la passion que j'ay de pouvoir contribuer a quelque chose d'agréable a S. A. R. dans l'employ que je tiens d'elle me fait essayer d'user de la
faveur et de la conjoncture présente en evittant aussy de luy déplaire par en abuser, c'est, au moins, ce que je me propose de faire, et je souhaitte extrêmement que vous approuviez ce que j'ay tenté.
Je u'ay point oublié les ordres possitifs que j'ay receues sur ce qui regarde M. le Duc de Berwik. Mais M. son fils, qui m'a paru avoir bien de l'esprit et du sens, m'a engagé d'en différer l'exécution jusqu'à Lermâ, et m'a instruit de la manière de m'en mieux acquitter; ce court détail entrera dans le compte que j'auray a vous rendre lors de l'exécution que je projette pour les premiers jours que j'auroy rejoint cette cour.
Le Duc de Liria, me paroist, icy, universellement aimé et estimé, fort meslé avec tout le monde et lié avec ce qu'il y a de meilleur ; il est ami intime de M. le M. deGrimaldo, qui s'est bien souvenu qu'il l'a toujours cultivé, quand tout le monde l'abandonnoit du temps de M. le G' Alberoni et toutes les informations que le peu de loisir, que j'ay eu depuis que je suis icy m'a permis d'en prendre, et que j'ay pourtant recherché, m'ont fait naitre la pensée que son âge fort meuri par les différents pays qu'il a vus, et la bonne conduitte qu'il a eu partout, ne seroit point un obstacle a en faire un très bon ambassadeur; car je n'y en sçay point d'autres, et le peu de sujets qui sont icy propres a ce me confirme encore dans cette pensée, quelque convenable qu'il me parût d'avoir a Paris un Espagnol naturel; on ne pourroit avoir d'Ambassadeur plus affectionné a l'union, et il me paroit glorieux a S. A. Pi. que l'on choisit icy pour cet employle fils de M. de Berwik, après ce qui s'est passé. V. E. juge bien que c'est d'elle a moy,
que j'expose cette idée, dans celle que M. le Duc d'Ossone n'a pas plus d'envie de rester a Paris, un jour après ses fonctions achevées, que j'ay de demeurer en Espagne, du moment que M"" de Montpensier sera mariée, et qu'il paroit pourtant fort à propos qu'il vienne bientôt un Ambassadeur d'Espagne a Paris. V. E. y fera ses reflections, si elle juge que cela les meritte.
J'ay eCi l'honneur de vous mander que je n'avois point oûy parler de M. le Duc D'Ormond et que je l'avois rencontré, une seule fois au Pallais, sans nous estre mesme approchés. Je le trouvay le jour ou cette cour partit d'icy comme tout le monde attendoit a voir le Pioy et la Pieyne d'Espagne ; en sortant, il s'approcha de moy parmi le nombre des gens considérables qui me firent en même temps cet honneur, et me parla de choses indifférentes, comme les autres, ce que j'abregeay, civilement, en prenant occasion de m'aller promener dans un sallon joignant.
11 me vint voir hier pour la l""" fois et ne me trouva pas, je luy rendray tantost sa visitte, a l'heure ou je croiray ne le pas trouver; et comme je pars demain, et qu'il ne vient point a Lerma, nous nous sommes apparament vus luy et moy pour le reste de nôtre vie.
Il faut que j'aye rendu plus de 80 visittes que j'ay recetjes, parce qu'on a le bonheur de trouver assez peu les gens, et qu'on en expédie ainsy beaucoup, aussy est on très content de mon attention, a ce qu'il me revient, et j'ay l'honneur de vous rendre compte de cet article de M. le Duc d'Ormond et de celuy de la politesse pour vous faire remarquer que je n'oublie pas ce que vous me recommandés; quant a celuy de la constitution, et
de Rome, le nom de la première n'a pas esté prononcé icy depuis que j'y suis, ny rien qui en approche par moy ni par personne; il n'a pas esté plus question de l'autorité du Pape et j'ay rendu et reccû touttes sortes de civilités de M. le Nonce.
Je n'ay point l'honneur d'écrire par cet ordinaire, au Roy ni a S. A. R. a cause de l'expédition du Courrier d'hier et je vous suplie de me faire la justice d'estre de plus en plus ersuadé, de mon parfait attachement pour V. E.
Le Duc de Si- Simon.
AU DUC d'oRLÉAXS '.
Villalmanzo, G janvier 1722.
Monseigneur,
Je ne puis encore tesmoigner a V. A. R. toutte ma reconnoissance qu'en un mot. Je la conjure au moins d'estre persuadée que j'en ay le cœur pénétré, et que j'ay presque de la peine qu'il ne se puisse rien ajouter en moy aux anciens sentiments d'attachement et de respect avec lesquels je suis Monseigneur
de Votre Altesse Royale Le très humble et très obéissant serviteur