Volume 324. De la main du Duc
AU CARDINAL DUBOIS
De Villalmanzo, 0 janvier 1722.
J'oiïre à V. E. les prémices d'une main encore tremblante parce qu'ils luy sont dus en tant de façons, que les paroles me manquent pour luy témoigner ma reconnoissance. Je scais touttes vos singulières et persévérantes bontés pour me faire trouver du secours dans les embarras pécuniaires et mon courrier vient de ra'apporter le comble que vous mettez à mes désirs ; mais, quelques grandes que soient ces obligations de fortune, vous avez sceu encore les relever par d'autres tellement immédiates au cœur et pour moy et pour M" de St-Simon a l'occasion de ma petite vérole, que je proteste a V. E. que je ne voiidrois pas ne pas l'avoir eu par le plus de plaisir d'éprouver de telles marques de l'honneur de son amilié ; la mienne vous est consacrée à la mort et à la vie, et mon cœur brûle de trouver les occasions de vous en convaincre aussy pleinement que d'aussy sensibles effets et aussy grands que ceux que je reçois de vous me montrent avec tant d'évidence que je ne puis compter sur personne aussy solidement que sur V. E. Faittes moy donc la grâce après tant d'autres de compter aussy parfaittement sur moy, et agréez l'hommage sincère du cœur en échange des services