V. E. s'exprime d'une manière trop flatteuse sur les
motifs de son désir de mon retour, pour que j'y puisse rien repondre, elle peut estre parfaittement certaine, que si je voyois la moindre utilité a prolonger icy mon séjour, toutte autre raison y seroit sacrifiée, avec joye, mais encore une fois je n'y vois pas la moindre ombre d'avantage, pour le service du Roy et de S. A. R. que je regarderay toujours comme une seule et même chose. Je partiray doncla semaine prochaine, suivant la liberté que vous achevez de m'en donner, après avoir continué a prendre touttes les mesures qui me seront possibles pendant ce reste de séjour, et a mon départ, pour laisser M. de Chavigny instruit de touttes les connaissances que je puis avoir acquises en ce pays-cy, et avoir achevé tous mes efforts pour continuer a l'accréditer auprès de L. M. G. et de leurs Ministres, et de leur cour, a n'y pouvoir plus rien ajoutter quelque séjour que j'y fisse.
Je vous repetteray encore ce que j'ay déjà eu l'honneur de vous mander, les expressions de V. E. ne me gasteront point assez pour me persuader d'estre de plus d'usage a Paris, qu'en ce pays cy, et beaucoup moins d'être nécessaire, dans un lieu ou vous estes, mais vous y pouvez compter, de la façon la plus solide, sur mon plus inviolable attachement pour S. A. R. et sur ma plus parfaitte reconnaissance pour V. E. sans que rien les puisse altérer, et que ma plus pressante impatience est de vous en pouvoir asseurer moy même, et du respect très sincère que je vous ay voué pour toujours.
Le Duc de St-Sûnon.