‹ Papiers inédits du duc de Saint-SimonChapitre 9 sur 91 · Vol. 311. De la main du Duc · texte numérisé non relu

Vol. 311. De la main du Duc

de l'infante, et me prie de sa part de presser ma marche. II ajoute que L. M. G. ont résolu le voyage de Burgos aussytost après mon arrivée tant pour y mener l'infante que pour s'avancer le plaisir de voir M"'^ de Montpensier sans prétendre aucune parité a l'égard du Roy n'y de S. A. R. très content qu'ils ne sortent point de Paris, et me prie d'en rendre compte à V. E. a laquelle il n'a pas le temps de le mander. Ma réponse a esté toutte simple, que le voyage est fixé au 15 et a mon avis point du tout susceptible d'estre avancé a cause des relais et a plus de 50 jours de marche jusqu'icy, que mon arrivée plus tost n'eust pas pu presser l'eschange, et qu'outre la diligence que je crois avoir faitte, les passeports d'Espagne ne sont arrivés icy que le "29 moyennant quoy je n'ay lien pu trouver de près pour ma roulte qui m'est fixée d'Espagne par Vittoria bien plus longue que celle de Pamplune que j'eusse préférée. Je luy explique ma diligence que je reserve pour Y. E. en luy traittant le chapitre des postes et je luy marque que je partiray mardi, ne pouvant plustost a cause de l'audience de la Reine douariere.

Je m'estendrois davantage mais V. E. verra bien que je dors presque, en homme outré d'avoir passé une nuit et presque deux, arrivé icy en poste a cheval et qui vient de renvoyer le Courrier a M. de Sartine.

Elle excusera donc avec bouté le desordre de cette lettre pour ne pas perdre l'ordinaire de demain 6 heures du matin. Jauray l'honneur de vous en escrire davantage et plus vraisemblablement en vous rendant compte de l'audience de la Reyne douariere.

Je supplie en attendant la bonté de V. E. de me pardonner et de me compter attaché a elle avec tout le dévouement possible.

Le Duc de St-Simon.

Y. E. se souvient elle que je n'ay point de lettre du Roy ny de S. A. R. pour l'infante ?

AU ROI

A Bajonne, ce 10 novembre 1721.

Sire

J'arrivay avant hier au soir 8 de ce mois icy et j'y trouvay un Courrier du Roy d'Espagne qui ne m'y

avoit précédé que d'une demi heure, qui me rendit une \

lettre du sieur de Sartine dattée de Madrid, du 5 de ce mois a li h. du soir. 11 me mande que S. M. C. ayant appris par l'arrivée du sieur Pequet a Madrid, de la ville, qu'il y avoit lieu de croire que je ne serois icy que le 5 ou le 6 de ce mois, le sieur de Sartine avoit reçu ordre le 5 au soir, duRoy d'Espagne luy même, de dépêcher a ma rencontre, et de me mander de sa part, que S. M. C. étoit véritablement mortifiée de mon retardement, duquel il resulteroit, que les princesses essuyeroient le plus rude temps d'hiver, et quelle desiroit extrêmement que je pressasse ma marche le plus qu'il me sera possible.

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