LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Trois cent mille suffrages, en rappelant de l'exil notre concitoyen Louis- Napoléon Bonaparte, ont tracé la route qu'il devait suivre, et désigné la place qu'il devait ambitionner au milieu de nous. La France entière, s'associant au vote spontané de cinq départements, a salué son entrée à l'Assemblée nationale, comme présage de la fin prochaine de l'interminable provisoire qui pèse sur nous.
Pressé par des hommes inquiets de la grandeur de sa position, Louis-Napoléon vient, du haut de la tribune, d'accepter une candidature que de toutes parts lui offraient les vrais patriotes, les hommes d'ordre, de progrès et de liberté ; son programme a retenti dans le cœur de tous les Français.
Le moment est venu, citoyens, de manifester hautement nos sympathies pour celui qui sera bientôt l'élu de la nation ; préparons-nous, unissonsnous. En présence des malheurs qui pèsent sur notre patrie et de ceux qui peuvent la menacer encore, recueillons-nous dans notre conscience, et voyons si nous avons un nom plus glorieux, plus sympathique à la France que celui de Napoléon; si nous avons un homme qui, mieux que le neveu du grand Em-
pereur, le pelit-fils de la bonne Joséphine, l'écrivain qui s'est tant occupé du peuple (1), puisse se présenter comme symbole d'union, d'ordre, de clémence et de fraternité.
Élevé à l'école du malheur, éprouvé par l'exil, le prince Louis n'est plus au milieu de nous qu'un citoyen animé du plus ardent patriotisme. Pur de toute intrigue politique, étranger à iios discordes civiles dont son cœur a gémi, sa mission sera de réparer et non de venger; il n'aura d'autre ambition que celle de contribuer au bonheur de tous, en dirigeant la France dans des voies sages et libérales, sous l'égide du drapeau de l'inidépendanoe nationale et des libertés publiques.
L'Empereur, son oncle, a voulu le bonheur de la France par la gloire.
Il voudra, lui, la gloire de la France par le bonheur.
Vive la République !
Au nom d'une commission d'électeurs pour le département de la Seine,
Bésuchet, Ancien officier cle l'arniée impériale.
kn dos est écrit :
Approuvé par le prince.
40,000 exemplaires ont été distribués C'est à cette occasion que le prince me dit chez lui, à l'hôtel du Rhin :
■ C'est bien, mais cela coûtera cher et je n'ai pas d'argent. » Prince, dis-je, je ne viens pas vous en faire dépenser; c'est moi qui fais » tout cela, et, Dieu aidant, nous réussirons. » Alors il me prit la main avec effusion.
Sommes reçues par Madame de Montijo.
(Note lans date.)
Il a été envoyé en Espagne à W^ la comtesse de Montijo, par l'intermédiaire de MM. de Rothschild :
1» Le i février 600,000 fr.
2« Le 9 avril 89,739
3» Le 27 mai (Mocquard) 668,421
(1) Les écriti d« Louis-Napoléon expriment tous les plus nobles sentiments en favanr des «lasses êu- Trières; il a successivement traité diverses questions qui se rattachent ^ l'organisation sociale. Nous citarons, entra plusieurs ouvrages remarquables, celui qui a pour titre : Extinction du Paupérisme, publié k Hara, pendant sa captivité en i»U. — Son Manuel de l'artiUerie lui a conquit l'eslime de inus !ps nii'ilaires inslruils.