‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 37 sur 130 · V.-H. DUVERGIEU · texte numérisé non relu

V.-H. DUVERGIEU

12 octobre 1857.

Les trois lettres suivantes sont relatives à une dette considérable conlracii^c par le préleiidant Louis Bonaparte en 1848. Cette dette ne fut payée qu'après le coup d'État. — La première porte en marge : Répondu le 17, et envoyé : i" le modèle du reçu; 2» au consentement à la radiation ; 3» de la procuration à son mandataire. Donné avis que le semeslre d'intérêts échéant le i6 janvier sera payé à Gènes,

Gtnes, le 16 ooTembre ISSO.

Monsieur,

Dans le mois de juillet dernier, je reçus une lettre dans laquelle vous m'exprimiez le désir de M. le prince Louis-Napoléon Bonaparte de me rembourser à Paris la somme de 60,000 écus romains, soit 524,000 francs, du prêt que je lui fis dans l'année 1848, avec hypothèque sur les domaines du prince situés dans les États-Romains, près de Civita-Nova. Me trouvant en Toscane à cette époque, j'écrivis à mon homme d'afi'aires à Gènes, M. Arado, de vous répondre en mon nom pour vous prier d'interpeller le pi inco s"il aurait consenti h garder la somme totale jusqu'au 15 janvier 1851, afin que je pus. dans cet espace de temps, trouver un placement convenable.

Vous lui répondîtes que le prince y adhérait et que c'était chose convenue.

Le terme de ce remboursement s'approchant, je viens vous demander : i" que vous ayez la bonté de m'envoyer une formule de la procuration de quittance que je devrai envoyer à Paris pour ce remboursement, ainsi que de m'écrire si cette procuration devn être faite devant nol.iirc on le consul fran çais; 2° si c'est dans l'intention du prince de payer le seme^tIe des intéiêts

qui sera échu le 15 janvier proi^hain, à Gênes ou à Paris, et dans ce dernier cas, d'en faire la mention dans la quittance sus-énoncée.

^'«uillez agréer, 3Ionsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

E.-L. Pallavïcino.

M. MoCQtJARD, Sccréta'.redu cabinet particulier du Président de la Uépabliq . Paris.

A il/. Mocqunnl, chef du cabinet particulier du Président de la République française.

Monsieur,

Par votre lettre du 12 décembre courant, vous avez fait connaître au marquis E.-L. Pallavicino que M. le prince Bonaparte désirait obtenir un délai d'un mois pour la restitution des 324,000 francs, et opérer ainsi cette restitulion au 15 lévrier 1851 au lieu du 13 janvier, comme on était convenu.

M. le marquis Pallavicino me charge de vous communiquer qu'il est disposé à satisfaire en cela le désir de M. le prince Bonaparte, pourvu que Son Altesse lui corresponde, jusqu'à la restitution entière de la somme, les intérêts au 0 p. c, qui pourront ainsi être calculés à 55 fr. 26 cent par jour.

M. le marquis Pallavicino vous prie de lui écrire le plus tôt possible si répoque du 15 février reste définitivement arrêtée entre lui et M. le prince Bonaparte pour la restitution de la somme en question, et s'il peut y compter pour remplir d'autres engagements.

Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Votre très-humble et très-obéissant serviteur, Félix Arado.

Gfnes, le 19 décembre 1850.

Gènes, le 18 février 1851.

A M. Mocquard, chef du cabinet particulier de. S, A. M. le prince Louis-Napoléon Bonaparte, à Paiis.

Monsieur,

Monsieur le marquis E.-L. Pallavicino me charge de vous écrire pour vous dire que, d'après les accords pris entre iM. le prince Bonaparte et lui, il vient de nommer M. le duc de Galliera son mandataire spécial, pour toucher en son nom, des mains du prince Bonaparte, la somme de 324,000 francs. Veuillez donc, Monsieur, passer chez le duc de Galliera, qui demeure dans la rue d'Astorg, n" 16, pour fixer le jour qu'il lui conviendra pour régler cette affaire.

M. le duc vous remettra après le remboursement de la somme totale les pièces suivantes :

1» Quittance entière et définitive des 324,000 francs;

2» Pouvoir spécial à Raphaël Deflferari, duc de Caillera, de toucher au nom du marquis la somme susdite ;

ô" Consentement à la radiation de l'hypothèque sur le domaine du prince à Civita-Nova ;

Finalement, une quittance pour la somme de l,G6o fr. 50 cent, dus sur la somme totale, soit :

Pour intérêts depuis le 15 janvier jusqu'au 15 février. . . fr. 1,651 00

Procuration au vicomte de Casablanca pour la radiation d'hypothèque sur une partie du domaine du prince • . 15 00

Frais de procuration expédiée à Paris 19 50

Total fr. 1,665 50

Veuillez, je vous prie, m'accuser réception de la présente, et agréer l'assurance de ma considération très-distinguée. Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Félix Arado.

Note très-curieuse d'an sieur Besuchet, ancien officier dé l'Empire, mise au dos d'une circulaire en faveur de la candidature de Louis Napoléon à la présidence de la République. Cette note constate que, tout en approuvant la circulaire, le Prince a déclaré n'avpir point d'argent pour en assurer la publication.

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