THÉÂTRE DE L'OPÉRA-COMIQUE
LE CAPITAINE HENRIOT (2), Opéra-comique en 3 actei.
(San» date).
L'ar ;! n se passe pendant le siège de Paris. Le héros est Henri IV, dont le portraii est retracé par l'auteur, tel que l'histoire et la chanson nous l'ont légué : ce diable à quatre, etc.
Le directeur du théâtre impérial de l'Opéra-Cnmique n'a pas voulu se lancer inconsidérément dans les études laborieuses et les grandes dépenses nécessaires pour monter un ouvrage capital. Il a désiré préalablement consulter l'administration sur la question de savoir si la censure admettait le principal personnage, le capitaine Menriot, ou plutôt Henri IV.
Les appréhensions du directeur ne pouvaient qu'éveiller davantage notre attention sur une pièce qui, par son titre et sa couleur, nous préoccupait déjà. Après avoir mûrement examiné la question, nous penchqns pour l'admission.
Le gouvernement de l'Empereur Napoléon lll ne repousse aucune gloire des rois ses prédécesseurs.
La monarchie française, qu'elle s'appelle royauté ou bien empire, que la maison régnante soit Bourbon ou Bonaparte, forme dans l'histoire un faisceau éclatant dont les diverses splendeurs réunies constituent le patrimoine di trône, quel que soit le nom de la dynastie et du souverain qui y sont assis. La •lynastie Bonaparte, en succédant à celle des descendants de saint Louis, n'a pas interrompu les traditions de l'histoire et de la monarchie.
Le personnage du Béarnais a été mis pliisieurs fois sur la scène depuis l'Empire, et toujom's sans inconvénient, devant le public qui fréquente plus
yi, Le vote du plébiscite.
(a) Le pofime est de M. Victorien Sardoii.
pnrficulièrement les théAlres populaires. ... Il est três-vraisomMable qn'ît B'en sera pas autrement à l'Opéra-Comique. Nous croyons qu'il serait regrettable de reconnaître, pour ainsi dire a priori, comme un drapeau d'opposition sur le théâtre, le personnage de Henri IV.
li nous paraît donc que, pour une pièce telle que celle dont il s'agit, il n'y a pas lieu, de la part de l'administration, d'agir préventivement. S'il arrivait, ce qui n'est pas à présumer aujourd'hui, que. méconnaissant la pensée libérale du gouvernement, quelques mauvais esprits cherchassent à profiter d'une occasion de ce genre pour se livrer à des manifestations hostiles, nous pensons qu'alors seulement il y aurait lieu d'user de mesures répressives. Le gouvernement de l'Empire est trop populaire pour avoir rien à craindre de pareilles entreprises, qui d'ailleurs ne se manifesteront probablement d'aucune mar.ière. Nous croyons donc qu'il convient d'admettre la pièce qui nous occupe. Toutelois, nous avons l'honneur d'appeler respectueusement l'attention de Son Excellence sur cet ouvrage.