‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 79 sur 130 · II. — LA CAMPAGNE DE SEDAN · texte numérisé non relu

II. — LA CAMPAGNE DE SEDAN

Guerre à S. M, l'Empereur. «— Camp Cliâlons,

Paris, 17 ao&t 1870, 10 b.il m. soir.

L'Impératrice me communique la lettre par laquelle l'Empereur annonce qu'il veut ramener l'armée de Châlons sur Paris. Je supi)lie l'Empereur de renoncer à cette idée, qui paraîtrait l'abandon de l'arraée de Metz, qui ne peut faire en ce moment sa jonction à Verdun. L'arraée de Châlons sera avant trois jours de 85,000 hommes, sans compter le corps de Douay, qui rejoindra dans trois jours et qui est de 18,000 hommes. Ne peut-on pas faire une puissante diversion sur tes corps prussiens, déjil épuisés par plusieurs combats 3

L'Impératrice partage mon opinion.

Je prie l'Empereur d'agréer mes respectueux hommages.

Ministre de la guerre. — Paris.

Camp, 18 oo6t 1870, d b. 4 m.

Je me rends à votre opinion. Ne retardez pas le mouvement de la cavalerie. Bazaine demande avec instance des munitions.

Je vous envoie par Béville les dépêches du maréchal, qui ne contiennent rien de nouveau.

Le régiment de cuirassiers blancs de M. de Bismark a été totalement détruit.

Napoléon.

Maréchal Mac-Mahon à Guerre. — Paris.

Quartier ginéral, 19 ao6t 1870.

Veuillez dire an conseil des ministres qu'il peut compter sur moi et que je ferai tout pour rejoindre Bazaine.

Maréchal Mac-Mahon à maréchal Bazaine. — Metz.

Camp ChâloDS, 19 août 4S70, 3 b. 35 m. coir.

Si, comraejele crois, VOUS êtes forcé de battre en retraite très-prochainement je ne sais, à la distance où je me trouve, comment vous venir en aide sans découvrir Paris.

Si vous en jugez autrement, faites-le-moi connaître.

Guerre à maréchal Mac-Mahon. — Camp de Châlons

'9 aoàt 1870.

J'apprends de source certaine que les corps ne se gardent pas, qu'il n'y a pas de reconnaissance sérieusement organisée jusqu'ici. Je fais exception pour la division de cavalerie du général Fénelon, qui nous a fourni des renseignements utiles. J'ai su que le corps de Failly, à Cliaumont et à Blennes, n'était ni éclairé ni gardé; cette absence de vigilance permet à des partis isolés et sans importance de couper les chemins de fer. Cette opération a été exécutée déjà avec hardiesse et bonheur dans plusieurs endroits par quelques cavaliers qu'il eût été facile de chasser à coups de fusil, si l'on s'était gardé. Veuillez donner des ordres pour que l'on redouble de vigilance en ce moment. Vous avez sans doute eu connaissance d'un corps prussien peu considérable, 1,000 à 1,200 hommes environ et 200 voilures, qui paraissait séparé du reste de l'armée et semblait se diriger de Saint-Mibiel vers Monlmédy.

Mac-Mahon à Guerre.

Camp Cb&long,tO août 1870, 4 h. 45 m. loir.

Je partirai demain pour Reiras. Si Bazaine perce par le nord, je serai plus à même de lui venir en aide; s'il perce par le sud, ce sera ù une telle distance que je ne pourrai dans aucun cas lui être utile. Je laisse ici une division de cavalerie pour permettre d'enlever tout ce qui est possible. Donnez des ordres pour que la ligne de communication sQil établie par Soissons ou par Épernay.

Maréchal Mac-Mahon à Guerre. — Paris.

Reims, 22 août 1876, 10 b. 49 m. matm.

Le Maréchal Bazaine a écrit du 19 qu'il comptait toujours opérer son mouvement de retraite par Montmédy.

Par suite, je vais prendre mes dispositions pour v\o i^oiter sur l'Aisne. Prévenez le conseil des ministres et accusez-moi i4ceptJon de cette dépêche.

Maréchal Mac-Mahon au commandant supérieur de Sedan.

Le CbesLe, 37 août 4870, S b. S5 m. soir,

Je vous prie d'employer tous les moyens possibles pour faire parvenir an maréchal Bazaine la dépêche suivante :

tt Le maréchal de Mac-Mahon, au Chesne, au maréchal Bazaine.

» Maréchal Mac-Mahon prévient maréchal Bazaine que l'arrivée du prince 9 royal à Châlons le force à opérer le 29 sa retraite sur Mézières, et delà à » l'ouest, s'il n'apprend pas que le mouvement de retraite du maréchal Bazaine » soit commencé. »

Mciuchal Mac-Mahon à GiieiTe. — Paris.

Le CbesDe, S7 août 1870, 8 h. 30 m. soir.

Les 1" et 2« armées, plus 200,000 hommes, bloquent Metz, principalement sur la rive gauche ; une force évaluée 50,000 hommes serait établie sur la rive droite de la Meuse, pour gêner ma marche sur Metz. Des renseignements annoncent que l'armée du prince royal de Prusse se dirige aujourd'hui sur les Ardennes avec 50,000 hommes; elle serait déjà à Ardeuil. Je suis au Chesne avec un peu plus de 100,000 hommes. Depuis le 9 je n'ai aucune n-'uvelle de Bazaine ; si je me porte à sa rencontre, je serai attaqué de front par une partie des 1" et 2® armées, qui, à la faveur des bois, peuvent dérober une force supérieure à la mienne; en même temps attaqué par l'armée du prince royal de Prusse me coupant toute ligne de retraite. Je me rapproche demain de Mézières, d'où je continuerai ma retraite, selon les événements, vers l'ouest.

Guerre à Empereur. — Quartier impérial,

Paris, 27 août t870, M h. soir.

Si vous abandonnez'Bazaine, la révolution est dans Paris et vous serez attaqué vous-même par toutes les forces de l'ennemi. Contre le dehors Paris se gardera. Les fortifications sont terminées. Il me -paraît urgent que vous puissiez parvenir rapidement jusqu'à Razaine. Ce n'est pas le prince royal de Prusse qui est à Châlons, mais un des princes, frère du roi de Prusse, avec une avantgarde et des forces considérables de cavalerie. Je vous ai télégraphié ce malin deux renseignements qui indiquent que le prince royal de Prusse, sentant le danger auquel votre marche tournante expose et son armée et l'armée qui bloque Bazaine, aurait changé de direction et marclierait vers le nord. Vous avez au moins trente-six heures d'avance sur lui, peut-être quarante-huit heures. Vous

n'ayez devant vous qu'une partie des forces qui bloquéîSt Metz et qui, vous voyant vous retirer de Châlons à Reims, s'étaient étendues vers l'Argonne. Votre mouvement sur Reims les avait trompées. Comme le prince royal de Prusse, ici tout le monde a senti la nécessité de dégager Bazaine, et l'anxiété avec laquelle on nous suit est extrême.

Guerre à maréchal Mac-Mahon. — Au quartier général.

(Urgent. — Faire suivre.)

Paris, 18 ao&t 4870, 4 b. 30 m. soir.

Au nom du conseil des ministres et du conseil privé, je vous demande de porter secours à Bazaine en profitant des trente heures d'avance que vous avez sur le prince royal de Prasse. Je fais porter corps Yinoy sur Reims.

Guerre à maréchal Mac-Mahon. — Sedan.

Paris, le 51 août 1870, 9 h. iO m. matin.

Je suis surpris du peu de renseignements que M. le maréchal de Mac-Mahon donne au Ministre de la guerre; il est cependant de la plus haute importance que je sache ce qui se passe à l'armée afin de pouvoir coordonner certains mouvements de troupes avec ce que peuvent faire MM. les commandantsdes corps d'armée. Votre dépêche de ce matin ne m'explique pas la cause de votre marche en arrière, qui va causer la plus vive émotion.

Vous avez donc éprouvé un revers?

Att Ministre de la Guerre. — Paris.

Sedan, le SI août 4870, 4 h. 4S m. matin.

Mac-Mahon fait savoir au Ministre de la guerre qu'il est forcé de se porter sur Sedan.

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