SCÈNE XVI MADAME VERILLAC, VÉRILLAC
VÉRILLAC, furieux^ avec éclat.
Oh ! oh! oh !... Non, jamais je ne pourrai sup-
porter cet animal... Je ne pourrai pas. J'ai envie de lui flanquer des gifles, de le jeter à la porte, lui et sa valise... de me sauver, de tout planter là... Quelle brute!... quelle brute!... Et c'est ça qui hérite!... Il est beau le produit de la gouvernante et du libertin. Ce n'était même pas une gouvernante, c'était une chambrière, une laveuse de vaisselle... Non, non, je ne supporterai pas cela davantage.
MADAME, très calmu.
. Songe à ce qui arriverait si nous étions obligés de sortir d'ici.
VÉRILLAC
Ça m'est égal, tu entends. (// scande ses mois.) Ça m'est égal!
MADAME VÉRILLAC
Ne dis donc pas de bêtises, ce n'est pas le moment... il me déplaît autant qu'à toi, ce Papillon de malheur.,. Il esthète, il est grossier, il est vulgaire, nous n'y pouvons rien; il faut le prendre comme il est. Sa bêtise nous servira .. Laisse-moi faire...
VÉRILLAC
Je ne pourrai pas, c'est impossible.
MADAME VÉRILLAC
Il le faut ! Fais taire tes répugnances; je fais appel à ta volonté, à ton caractère, à ton énergie. Songe à notre départ d'ici ; songe à ta fille sans
dot, songea moi qui en mourrais... Songe à la joie de nos amis.
VÉRILLAC
C'est de l'héroïsme que tu me demandes.
MADAME VÉRILLAC
Oui. Sois héroïque, tu en es capable... Que vais-je dire au marquis de Sandray?
VÉRILLAC
Ce que tu voudras. Celui-là ne m'inquiète guère. Quand il saura la vérité, il s'en ira tout simplement.
MADAME VÉRILLAC
Les voici. Fais attention à Papillon ; c'est une bète qui rue, il faut le caresser.