SCÈNE XI
Les Mkmes, PAPILLON, PATHE
rAl'lLLON
Oh ! ce n'est pas bien, madame ; Balbine a peutêtre eu tort de s'emporter, mais vous êtes méchantes, cela n'est pas bien. Balbine est ma maîtresse, c'est entendu, mais nous sommes plus
lo4 PAPILLON
liés ensemble que si nous étions passés devant le maire, car c'est la misère qui nous a mariés, et c'est cela qui compte surtout. Vous ne savez pas qu'au moment de la grande grève qui a duré trois mois... Balbine a Irimé ferme pour que je mange de la viande à tous mes repas, pour que je sois toujours propre. Elle mangeait du pain sec en cachette.
Oh ! tu le savais.
Parbleu !
C'est touchant.
LOUISE
BA1.BLNE
Mais oui, c'est touchant, et j'étais heureuse de faire ça pour lui.
(PAPILLON Balbine, t'exalte pas ; tu t'exaltes
BALBINE
D'abord, vous ne l'aimez pas, Papillon ; si vous l'aviez rencontré quand il était tailleur de pierres vous en auriez eu honte, vous ne lui auriez pas seulement adressé la parole.
LOUISE
Venez, madame, venez.
MADAME VÉRILLAC
Soit. Permettez-moi seulement d'être étonnée
que vous ne teniez pas vos engagements, monsieur Papillon.
/ Je n'y manque pas, madame, mais je ne peux / pas, au moment où je deviens riche, abandonner 1 une femme et un enfant qui ont partagé mes maul vais jours.
MADAME VÉRILLAO
Cependant, vous m'avez juré...
CDe faire mon devoir et je le fais, d'abord envers les miens, puis envers vous.
MADAME VÉRILLAC
Comment cela?
/" Les instructions que je viens de donner à
/ M' Pathe vous prouveront que je reste votre ami.
/ Vous n'aurez pas Papillon, mais vous aurez toutes
l deux la part que vous espériez de la fortune de
\M. Destouches. N'est-ce pas, maître Pathe?
PATHE
Certainement. Si vous voulez me suivre, mesdames. [Elles sortent.)
BALEINE
Jules, t'en va pas. Les garces! elles me l'auraient pris.