SCÈNE X
MADAME VÉRILL.VC, LOUISE, BERTHE, BALEINE, L'ENFANT. A la vue de Balbine, Louise et Bet-the esquissent un mouvement de retraite .
DALBiNE, nerveuse.
Ne vous en allez pas, mesdemoiselles, j'ai justement quelque chose à vous dire.
LOUISE, dédaigneuse.
A nous, mademoiselle?
BALBINE
Oui, mesdemoiselles, à vous-mêmes. Ça tombe à pic, comme on dit...
BERTHE
Dans le monde...
BALBINE
Non, chez nous... Prenez donc la peine de vous asseoir... J'ai à vous annoncer une nouvelle... une primeur... quelque chose comme de petits pois en février.
LOUISE
Charmant I
BERÏUE
Délicieux!
DIT LYONiNAIS LE JUSTE loi
BALEINE
Cette bonne petite nouvelle sucrée, c'est que je me marie avec Papillon ; Jules m'épouse.
LOUISE, un peu interloquée.
Ah!
BERTHE, sponlanémenl sincère.
Ah! tant mieux, mademoiselle.
BALEINE
A la bonne heure, vous êtes gentille, vous. Papillon ne s'est pas trompé sur votre compte. MADAME VÉRILLAC, qui vient d'entrer.
Va-t'en, Berthe.
BERTHE, s'en allant.
Bien, maman.
MADAME VÉRILLAC
Ce que vous dites est impossible, mademoiselle. C'est inexact.
BALEINE
C'est la vérité ; mais je comprends votre étonnernent, Vous ne savez pas les raisons. Voilà six ans que je couche avec Papillon.
LOUISE
Oh ! quelle horreur !
MADAME VÉRILLAC
Eh bien, qu'est-ce que cela prouve? Vous n'êtes que la concubine de M. Papillon.
BALBINE
Tâchez d'être plus polie, hein ? Vous êtes vexée
parce que vos manigances n'ont pas réussi- Papillon n'a pas été ébloui par vos belles robes, vos odeurs et vos belles manières. Dame, il sait ce que c'est qu'une femme qui a des cheveux à elle sur la tête, il en a déjà vu, vous savez. Et puis il aime les enfants, Papillon, il n'a pas attendu après vous pour en ^atve. <zy, :\ * : ., LOUISE, indignée.
Oh!
MADAME VARILLAC
Ne répondez pas marquise, ne répondez pas !
BALEINE
Oui, marquise, on lui en af4ait un, un garçon qui lui ressemble, qui est beau comme lui, qui sera fort comme lui, le voilà ! C'est ma dot, je le lui apporte eu mariage.
MADAME VÉRILLAC, contenant Louise.
Ne répondez pas, ne répondez pas... Mais si vous craignez pour votre avenir et pour celui de votre fils, ce qui est légitime, mademoiselle, on se charge de vous faire de bonnes rentes à tous deux.
BALEINE
Merci, madame ; je ne suis pas si bête que je suis mal habillée ; je me fiche de l'argent et je garde Papillon.
LOUISE
Vous avez beau faire, ma pauvre fille, je ne vous vois pas en châtelaine.
Vous tourmentez pas pour moi ; il y aun manoir à Saint-Sorlin, j'y allais souvent, et j'ai bien vu les simagrées qu'il faut faire> Une fois installée, je vous inviterai à mes five o'cloc, ma chère !
MADAME VÉRILLAC
Vous vous préparez bien des désillusions.
LOUISE
Je crois que M. Papillon aura bien vite assez des manières de « Marne » Papillon.
BALBINE
Miniature!
MADAME VÉRILLAC
Assez, mademoiselle ! vous vous conduisez comme une harengère. Je vais vous faire sortir d'ici. {Elle va pou7' sonner. Papillon paraît.)