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La vérité est sans passion.
Guizor.
L’axiôme qui me sert d’épigraphe ne souffre pas d’exception. Il est vrai partout et toujours. Aussi ai-je lu avec la plus complète indifférence l'incroyable avalanche d’injures contenues dans l’article éditorial de la Minerve du 12. Cet article prouve véritablement que la fureur chez mes adversaires est arrivée à son paroxisme et n’a pu sortir que de la tête d’un homme auquel la colère a fait perdre la raison. D'abord il est certain que tout mal écrit qu’il est, il dépasse de beaucoup le sbrillantes facultés intellectuelles de M. le propriétaire de la WM4nerve, qui, malheureusement pour lui, paraît avoir pris soin de laisser percer ses formidables oreilles dans sa poëtique description du char & Richelieu” que je conseille aux professeurs de rhétorique de donner à leurs élèves comme un modèle de style descriptif. (Article au bas de la 4me colonne du même No.) On y reconnait avec certitude, par exemple, le style furibond, cassé et pédantesque de l’homme qui ne s’est fâché à ce degré contre moi, que *
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parceque je l’ai attaqué avec le ridicule, moyen qu’on emploie toujours avec succès pour faire perdre toute mesure aux esprits faibles, aux têtes vaniteuses et vides. La Queue du Loup n'avait pas encore digéré T'uque-Bleue et Etoffe du pays: voilà tout le secret de cette impayable colère dont j'ai reçu les éclatsavec une espèce de satisfaction, car j'avais rempli mon but en la provoquant aussi échevelée, aussi ridicule. Ma foi, il est commode d’avoir affaire à
des adversaires auxquels la moindre piqûre fait
si complètement perdre toute raison, toute dignité, toute bienséance, car J'aime bien mieux après tout qu’on me réponde avec des injures, quelque déplacées qu’elles soient, qu'avec des raisons. Ce qui prouve que cette colère n’a pas été provoquée seulement par mon dernier article, c’est que M. /a Queue du Loup a été gauche au point d'admettre que j'ai déversé le ridicule sur des citoyens honorables. Or les seuls citoyens sur lesquels j'aie en effet déversé du ridicule sont Messieurs Nelson et Cartier, et c’est ce dernier qui dit en toutes lettres non pas que j'ai vainement essayé de lc faire, mais que je l’ai fait!!! J’avoue que je ne croyais pas avoir réussi au point d’arracher un aussi naïf aveu à un intéressé. J’ai presque le droit de l’accepter comme un compliment.
L'article en général constate d’abord bien peu de réflexion et de ressources chez l’écrivain, car il renferme force avancés gratuits, de Jourdes inadvertances et des contradictions palpables ; et je ne suis plus surpris que le Dr.
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Nelson n’ait pas jugé M. Cartier propre à un plus noble et plus difficile emploi que celui de porteur de cartouches. Pour un brave d’ailleurs, c'était se résigner à un rôle passablement secondaire. Je demande un peu au lécteur ce qu’auraient dit Ney, Lannes ou Murat, si Napoléon leur avait ordonné, dans le fort d’une bataille, d'aller chercher des pistolets! Deplus on a apporté dans la discussion une évidente mauvaise foi, soit en niantce qu’on savait, soit en qualifiant de preuves ce qui n’en a pas même l'apparence. |
Le libelliste de la Minerve dit que j'ai escamoté des affidavits à quelques pauvres diables ! Remerciez Dieu, M. le libelliste de ce que ces pauvres diables n’ont pas votre pétulance. Si M. Bonaventure Viger et M. Goddu allaient vous trouver, je soupçonne que vous changeriez bien vite de langage, et que vous ne les regarderiez pas longtemps en face, ni eux ni aucun des autres pauvres diables. M. Isaac Marchessault aussi, était sans doute à vos yeux un pauvre diable, et de vous deux, ce n’est pas Jui qui a fait la plus piteuse mine dans cet hôtel de Burlington où il vous a donné... je vous épargne la honte de le dire, mais si vous y tenez, je le dirai, et peut-être lui aussi vous le rappellerait-il sans trop se faire prier. |
Les lecteurs doivent voir que le fait de traiter dix hommes respectables de pauvres diables ne suffit pas pour diminuer le moins du monde le poids de leurs assertions assermentées, et à part cette niaiserie de traiter Messieurs Viger,
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Goddu, Louis Pagé, Préfontaine, Ménard, Guertin, Tétro, Fontaine, Lapré et Dragon de pauvres diables, vous n’avez pas même essayé de nier ce qu'ils ont dit. Votre article prouve que vous sentez invinciblement que les preuves que j'ai données sont péremptoires. Par le fait que vous ne faites pas l’ombre d’une réflexion sur leurs avancés; par le fait même que vous ne dites pas qu’ils ont faussé la vérité, vous admettez que ce qu’ils ont ditest vrai. Je suis le set que vous ayiez accusé de mensonge. En admettant pour un moment que votre accusation soit fondée, cela n’affaiblit pas le moins du monde les autres témoignages, car votre dénégation porte beaucoup moins sur ce que jai dit que sur le fait de ma présence à St.-Denis. Or, si j'étais vraiment à St.-Denis et si ce qu’ils ont dit est vrai, ce que j'ai dit l’est certainement aussi, dans ce qui a rapport à M. Papineau. De simples dénégations, d’ailleurs, n’infirment
‘jamais un serment. Vous ne m’avez donc at-
taqué avec autant de virulence que dans l’espoir de me discréditer et d’affaiblir par là l’effet de mes raisonnemens. Si vous croyez m'avoir fait beaucoup de mal dans l'esprit public, je vous félicite sur votre sagacité.
Les prétendues 2rdiscrétions échappées à certains quartiers sont uné pure invention qui ne prouve que de la gaucherie et de la faiblesse chez celui qui y a eu recours. Je vais faire voir qu’il est impossible que M. Papineau ait vu mon article avant sa publication. | Vous admettrez bien que j'ai dû nécessaire
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ment baser mon écrit sur les preuves et les témoignages que J'ai publiés, d’ailleurs la teneur même de l'écrit le prouve. Ma propre déclaration est datée du 23 sept: les autres sont datées des 26, 27, et 28 sept: celle de M. Viger Pest du 3 octobre jour de mon arrivée à Montréal. Mon article a été publié le 7.. La première partie de mon manuscrit ainsi que les affida vits ont été livrés pour impression, ie 4 au matin. L'article devant nécessairement être postérieur aux déclarations, je l’avais donc fait du 29 sept. lendemain de mon arrivée de St.- Denis et de $t.-Marc, au © oct: jour de mon départ pour Montréal. N’ayant eu qu’en route, le 3, la lettre de M. Bonaventure Viger, je n’ai évidemment terminé mon article qu’à Montréal le 4 Toute la partie qui sui les affidevits-a été livrée le 5 à l’impression. M. Papineau était et est encore à la Petite Nation. IL est donc physiquement impossible que j'aie pu int envoyer l’article. IF est évident aussi, par ce qui précède, que l’article a été écrit dans lintervalle du 29 sept. au 5 octobre, et qu'il n’a pas pu couter six semaines de travail. Si je me suis appesanti sur ces détails, ce n’est pas que J'attache beaucoup d’importance à c: que l’on sache que j’ai mis peu où beaucoup de temps à écrire quelque chose : que jy mette un jour ou que jy mette un mois, l’essentiel pour moi, c’est que vous n’ayiez rien de bon à répondre ; mais J'ai voulu faire voir avec combien peu de bonne-foi vous discutez, puisque ces rapprochements sautent aux yeux à première vue.
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Vous dites qu’il est contre toute décence que j'aie reçu, comme magistrat, quelques-unes des attestations. Je ne l’ai fait que parceque M. Perrault, magistrat de St.-Marc, était absent ce jour là: mais, comme je savais à quelle espèce J'avais affaire, j'ai eu le soin de prendre les déclarations et d’assermenter les individus en présence de témoins respectables. Les témois ont signé après moi: Je me suis donc mis à l’abri du soupçon: vous m'avez donc fait un reproche que vous saviez ne pas être mérite. (C'est par erreur que les lettres J. P. ont été mises à la suite du nom de Chs: Brin, écr., les lettres N. P. seules devraient y être, ce M. n'étant pas magistrat.)
Vous me dites que 7e suis le bully de la correspondance. Cette remarque indique un homme excessivement bien élevé. Néanmoins je pourrais peut-être rappeler à M. le propriétaire de la Minerve, (j'en ai Je droit, puisque l’article étant éditorial, c’est lui qui en est responsable) que le petit séjour qu'ila eu le plaisir de faire à la prison commune, il y a trois ans, Je crois, a du lui faire comprendre qu’il n’était ni honorable ni profitable d’être le bully des rues.
Quand à M. Cartier, il est bien plutôt le
grillon de la politique que toute autre chose.
J'ai fait quelques dupes, dites-vous. Vous ne vous fâchez peut-être tout rouge que parceque
vous n’en pouvez plus faire? Vous parlez de mes paroles mielleuses, de mes phrases limées et arrondies ! quinze lignes plus haut vous par-
lez de rienso aurez Vou injure.
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cité v vouloi Vot n’avie naux ( M. P:
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plutôt le chose.
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lez de “cette production toute dégoûtante de mensonges, d’injures et de calomnies !! Vous aurez oublié de relire votre article !
Vous me reprochez des personnalités et «les injures dans mes écrits signés “ Campagnard.”
Eh ! bien, je vous demande humblement pardon d’avoir, non pas dit en toutes lettres, mais prouvé, mais fait toucher au doigt et à l’œil que M. le propriétaire de la Minerve et son défunt confrère étaient les deux plus grands ignorants qui eussent Jamais barbouillé du papier. Voilà la seule personnalité que je me sois jamais permise ; et dans toute la sincérité de mon âme je crois m’avoir jamais dit une aussi grande vérité.
Je n'ai pas, dans déni ons circonstances, cité vos articles. Combien le pays va-t-il m’en vouloir pour l'avoir privé d’aussi selles choses !
Vous dites que vous m'avez prouvé que vous n’aviez pas reproduit un seul article des journaux du Haut-Canada à propos de l’adresse de M. Papineau au comté de $St.-Maurice. Jai lu moi-même dans la Minerve l'appréciation qu’en ont donné un journal de Rochester et un du Haut-Canada.
Cest M. Papineau, dites-vous, qui a provoqué l'opinion en demandant que quelqu'un écrivêt sous son propre nom. C'est donc lui qui a défié le Dr.
M. Papineau n’a jamais pu provoquer lopinion publique, qui ne peut en aucun cas discuter avec un particulier !! Vous voyez bien que vous ne savez ce que vous dites ; et vous
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