‹ Papineau et Nelson [microforme]Chapitre 5 sur 24 · PR RE OT · texte numérisé non relu

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le Judas de ses frères, qui dotait le pays d’un Dœutz Canadien ! mais non, heureusement cet homme n’est pas canadien ! il porte un nom anglais ; il n’est ni bon anglais ni bon canadien, et l’honneur canadien n’est nullement entaché de sa flétrissure ! ! !

Les hommes les plus perdus, les natures les plus bourbeuses ont eu horreur de la délation, ont résisté aux séductions et aux menaces, ont refusé de nommer leurs complices, de révéler leurs actes : même. parmi les criminels, celui qui consent à devenir témoin de la couronne est déshonoré. Le Dr. Nelson, lui, après avoir combattu avec ses frères pour une noble cause, celle de l’indépendance de leur pays, vient, dix ans après les évènements, sans äpropos, sans être provoqué, sans être sollicité ni menacé, sans qu’on ait fait miroiter à ses yeux, comme on le fait à ceux du criminel /a pes ‘spective du pardon, s’en vient, dis-je, publier ce qui, quand on croyait qu’il avait de l'honneur, avait été mis sous cette sauvegarde ; s’en vient, en un mot, offrir au gouvernement le sang de ceux qui ont été ses amis ; car pour ses révélations, de nouveaux procès pouvalent être intentés ; et de'ce qu’ils ne le seront probablement pas, ü ne suit pas qu’il n'a pas été offert !

Il y a donc eu des centaines de criminels qui ont mieux compris la foi jurée, qui ont mieux respecté leurs engagements formels ou tacites que M. le Dr. Wolfred Nelson ! ! avec cette différence encore en leur faveur qu’ils n’avaient affaire qu’à dés hommes mis au banc de la loi

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‘et de la société et envers qui la société et la loi les dispensaient de tenir leurs promesses ; pen- ‘dant que M. le Dr. Nelson a violé ses engagements envers des hommes liés avec lui pour faire triompher la plus sainte des causes, celle

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‘respectables et dont on ne me contestera pas ‘que cinq au moins m’avaient rien fait qui pût Æournir le plus léger prétexte à l’indiscrétion.

Ce qu’il y a de plus étrange, c’est qu’on ait ‘si furieusement calomnié un homme qui, après “avoir, une seule fois écrit pour sa légitime défense, s’est retiré à l’écart, parce qu’il a vu qu’il ne pourrait se défendre complètement sans violer des secrets, sans compromettre peut-être M. le Dr. Nelson s’est donc ‘acharné sur un homme qui ne disait rien, non parcequ’il n’avait rien à répondre, mais parce- ‘que lui est un homme d’honneur ; parcequ’il ne pouvait pas citer au public, même pour repousser des inculpations calomnieuses, des noms ou des faits qui n’ont jamais été connus et ne doivent pas l’être encore.

Ce qui prouve un brutal acharnement et aussi la plus dégoutante mauvaise foi, c’est cette persistance avec laquelle M. le Dr. Nelson a affecté d’attribuer à M. Papineau des écrits qu'il savait parfaitement n’être pas de lui ! Est-ce que le droit de défendre M. Parpineau n'existait pas pour tout le monde ? Est-ce donc que personne ne devait élever la voix en faveur d’un homme impudemment calomnié parce que cet homme s'appelait Papineau, c’est

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à-dire portait un nom qu'après tout les catias diens ne devraient pas läisser traîner dans la

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Nelson de n'avoir pas été brave à St.-Denis, un cri général d’indignation ne se serait-il pas élevé d’un bout de la province à l’autre pour démentir une pareille invention? Eh bien, quand des hommes indépéndants et honnêtes,qui savaient que M. Papineau n’était parti de St. Denis que sur les instances réitérées du Dr.

Nelson lui-même, ont vu ce même Dr. Nelson l’accuscr de s’être sauvé, est-ce aw’il leur était défendu de repousser une pareille calomnie ?

Je suppose que le Dr. Nelssn reçut d’un ami, dans uue conversation confidentielle, linterpellation de dire s’il croit sincèrement que les deux parents de M. Papineau auxquels il faitallusion ne soient que ‘des prête-nom (il n’y a pas d’ailleurs que ses parents qui l’aient défendu) n’y a-t-il pas certitude morale qu’il dirait que non ; mais qu’il a profité de cette circonstance que parmi les nombreux défenseurs de M. Papineau il se trouvait deux de ses parents, pouf lui attribuer avec un peu moins dinvraisemblance leurs écrits: qu’en employant cette tactique (qui n’était pour les gens sensés qu’une finesse cousue de fil blanc) il se donnait, vis-àvis des lecteurs peu attentifs, le droit de rappeler des faits personnels à ©, Papineau, qu’il n’aurait pas été justifiable, même aux yeux de ces lecteurs, de dévoiler, s’il avait admis les faits tels qu’ils étaient, s’il ne les avait pas dénaturés à dessein : qn’enfin il y aurait toujours

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de bonnes pâtes de lecteurs qui prendraient facilement pour argent comptant toutes ses assertions, et qui auraient une haute opinion d’un homme qu’il était si difficile de tromper !

Cette supposition toute gratuite de la part du Dr. Nelson indique de la mauvaise foi. Si le Dr. Nelson en a mis là, il a pu en mettre ailleurs. Le fait que le Dr. Nelson a violé les plus saintes lois de l’honneur en révélant des choses strictement secrètes doit mettre aussi les lecteurs sur leurs gardes ; car il est toujours à présumer que l’homme qui ne tient aucun compte de ses obligations d'honneur n’est pas très scrupuleux sur l’article de la véracité. Celui qui viole rn secret se décide sans grands efforts à mentir. Le lecteur verra un peu plus bas si cette phrase est bien appliquée.

.. Maintenant, Je vais poser la question, et la ramener à sa plus simple expression. On a cherché à tont brouiller au moyen d’incidents d’une importance tout à fait mineure amenés dans le but de faire perdre de vue la question principale ; je vais, moi, laisser les accessoires de côté, et aller droit au but. Je n’ai donc pas à examiner si M. Cartier a été brave ou non; si le choix qu’on a fait de lui pour aller chercher des Cartouches prouve qu’il était très utile au Dr; s’il portait un casque ou une tuque; cette dernière question surtout peut avoir beaucoup d’importance pour les amateuis de souve-

airs historiques, pour ceux qui savent que le

petit chapeau que portait Napoléon à Austerlitz a été vendu quinze cents francs, mais elle en a

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peu pour nous. Ce qu’il faut éclaircir, c’est le‘fait du départ de M. Papineau : ce qu’il faut

prouver c’est que le Dr. Nelson a insisté forte-

ment à ce que M. Papineau s’éloignât.

M. le Dr. Nelson a affirmé sur l’honneur qu’il n'avait jamais dit à M. Papineau de partir: je vais prouver qu’il le lui a dit, par le témoignage de sens qui étaient présents et l’ont entendu le dire : aussi par le témoignage de gens à qui le Dr. Nelson a dit avant la bataille qu’il le ferait et après la bataille qu’il avait fait !

M. le Dr. Nelson a affirmé qu’il n’avait pas vu M. Papineau après six heures du matin. Je vais prouver qu’il lui a parlé après neuf heures et qu’il a dit à M. Papineau de partir, peu de moments avant la bataille ! !

Les gens dont je donne les témoignages ont vu et entendii@ce qu'ils affirment, pendant que tous ces prétendus témoignages contre M. Papineau se réduisent à ceci: “ Nous n’avons pas vu M. Papineau en conversation avec M. Nelson : ilest impossible que cela soit arrivé: ” Voilà ce que druze hommes ont dit, et qu’estce que cela prouve ? rien autre chose que leur absencè‘au moment où M. Nelson 2 parlé à M.

‘Papineau ; car l’homme qui dit: “ je n’ai pas connaissance ” dit implicitement, ‘ j'ignore ” ou encore “je ne me rappelle pas,” et ne peut jamais contrebalancer le témoignage de celui qui dit “ Jai vu ou entendu.” .. |

Je dirai de plus pour ceux qui, ne cc.maissant pas les localités, seraient portés à croire ceux qui disent qu’il est impossible que M. Nel-

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