‹ Papineau [microforme]Chapitre 10 sur 43 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LES PRÉCÉDENTS, GEURGE, puis PAPINEAU, NELSON e PACAUD,

GEORGE, entrant. —Messieurs, voici M. Papineau! Hip! hip! hourrah !.….

TOUS, avec enthousiasme. —Hourrah pour, Papineau |.

(Papineau entre, suivi de Nelson et de Pacaud. Les Patriotes se découvrent respectueusément.) ‘ CAMEL, à par!.—11l faut que je l'examine de près,

pour le mieux reconnaitre! ( Haut, en s’approchant dé Papineau.) Ms feriez-vous la charité d'uné: ‘coppe,

môn chër bon monsieur, pour l'amour du rs abs

et de la bonne vierge ? J’ai-t-un bon billet! :

-DULAC, bas à ceux qui une Vorons

mais chassez-moi done cet animal-

me Pl cm

PAPINEAU, cherchant dans ses poches.—Attendez; mon ami... Allons, comme de coutume. Nelson, avez-vous quelque argent sur vous? Je n'ai plus un sou,

NELSON .—{I n'ya rien d'étonnant, vous avez tout donné, ( Lui remetlant un billel.de banque.) Voici!

PAPINEAU.-Merci! ( A Camel.) Tenez, prenez ceci, mon brave. Si nous avions un gouvernement lus paternel, il y aurait des asiles pour les maleureux.

PACAUD.—Oh ! cela ne vous empôcherait pas de, vous dépouiller quand même. |

- CAMEL, à parl.—Je suis sûr de le reconnaître aisément-maintenant. gs

DULAC.— Voyons, les Patriotes, là, trois hourrah pour M. Papineau! hip! hip hs

LES PATRIOTES.--Hourrah ! hourrah! hourrah pour Papineau ! Q Pr

PAPINEAU.--Merci, nes amis: je vois avec plaisir que vous êtes animés de sentiments 'patriotiques. C'est bien. Soyez calmes; mais soyez unis! La voix d’un peuple opprimé s'élève jusqu'au ciel; et. il. .ar-: rive un temps où la Providence, non seulement .lui tend la main, mais encore lui donne l’occasion. .de faire du bien même à ceux qui l'ont persécuté.…

LES PATRIOTES.--Hourrah !...

PAPINEAU.—Mes amis, je ne suis, dans les destinées de mon pays, qu'un humble instrument entre les mains de la Providence ; mais elle me prêteræ la force de faire respecter. nos droits, ou de mourir en les défendant. J'ai déjà forcé l'Angleterre à traiter avéc moi, je l’obligerai à nous accorder les libertés sans lesquelles un peuple n’est plus qu’un oups Le ;40l de l'Amérique n'est pas fait pour les ilotes. C’est la terre de liberté sar excellence. L'esclave du

sud, le colon du, nord, sont des anomalies que :le temps fera disparaitre. Les vieux préjugés de l’ancien monde ne prendront jamais racine sur: ce sol providentiel, qui sera libre un jour, depuis le détroit. de Behring jusqu'aux confins de la Floride, depuis TerréNeuvé jusqu’au golte dé Caälifornie! On mac, cuse de vouloir l'annexion du Catiada aux EÉtats- Unis : ce que je veux, c'est que, d’une manière ou d'une autre, sous un drapeau ou sous un autre; tous les peuples. de ce: continent vivent un jour la main dans la main, dans la sainte fraternité du progrès. matériel, intellectuel et moral! Le despotisme, européeñ ne’ s’implantera jamais ici ; et, s'il faut ‘que l’un des deux hémisphèrés fasse un jour là loi au monde, ce ne sera: pas Europe qui fournira des rois à l'Amérique, mais l’Amérique qui donnera.des républiques à l'Europe! On nous persécute? serrons nio8trüngs; et protestons ! Que le cri &e liberté retentisse d’un bout à l’autré de la vallée canadienne! Rangeonsnous sous l'étendard de nos droits,et malheur aux sacrilèges qui oseraient y porter atteinte ! LES PATRIOTES.--Hourrah-pour Papineau!

PAPINENU.—Aflons, mes amis, l'heure avance, sé a. ns-nous jusqu'à démair. Demain, dix mille hôtnmies pousseront le cri de la protestation et de la résistaneé constitutionnelle ; ét cette voix, je l'espère, réleritira jusqu’au pied du trône de cètte jeune reine, qui, parait-il, n’est pas illustréè par $a couronne, mais au contraire, illustre. sa couronne par ses Yertus. À demain! L'assemblée des, six comtés, marquera dans l’histoire 1 ER Ne HE LES PATRIOTES:—Hourreh pour Papineau !

“JULES, se ‘précipilant sa casquetle à la main audevard, de Papineau quiva sortir.—Hourrah! hourrh pour Paprmeaut "pont on

-DESROUSSE LLES, essayant. de: d'écarter—vRe- (n0; » poatit-eretredp»: il 54 ohrocit 6h canot 6i 189 0)

CAMEL.--Au large, graine d'effronté !

PAPINEAU.—Mebdieure, meésiéurs.. Je ne vous reconnais plus... Pourquoi rebuter ce brave per homme ? Ne savez-vous pes-qué le Christ a dit: Laissez venir à moi les petits e ts? ty soulève Jules dans ses bras où Fornbréfte.. ME [BIC

DESROUSSELLES —C'est vrai ça RAT Sinie parvulos.…. »

DULAC, lui meltani la main sur la bouche —Ah ! sapristi ! par exemple.

| PAPINEAU. 8m que celui qui né res-

| pecte ni la vertu ni l'innocence, ni les femmes ni les enfants;—-les femmes, qui font les générations fortes, et les enfants, qui sont notre avenir;-n’est'pas digne du beau nom de patriote ! g2 sort avec Pacaud.)

DULAC, à Camel qu'il secoue un peu par le collet — Hein! toi, connaîtras-tu Papineau, à cette heure? (Camel s'échappe el sort.) 1, [El

NELSON, sorlant du méme côté que Papineau.— li Mi," ÿè die qu'il est temps de fondre nos cuillers | pour en fairé-dés balles ! |

MICHEL. > À “. chercher ‘bonne mamzelle Rose... -et puis. guétter mauvais soTage | (4 és du eôlé où Camel est sorti.) | $

| ( La toile tombe.)

Fin pu PREMIER ACTE.

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