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SCÈNE VII LES PRECEDENTS, PAPINEAU

PAPINEAU, entrant, —Bonsoir, messieurs!

(Nelson, George, Pacaud et Desrousselles s’avancent audevant de Papineau qui leur donne à chacun une poignée de ain.) ÿ # mA t NELSON.—Vous nous trouvez dans la joie, monsieur Papineau. Avez-vous appris la nouvelle de

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| ment mettre! Cet acte arbitraire, injuste, tyrannique, met | le comble à nos griefs. L’histoire dira que, péndant | cinquante ans, on a vu dans ce pays ju

PAPINEAU.---L'affaire du docteur, Davignon ?

Oui; cela pourrait bien précipiter les événements; c'est grave.

NELSON.—Oui, mais le premier avantage est à nous; c’est important.

PAPINEAU.—Tout cela dépend, mon cher Nelson, et c'est ce que nous allons considérer cette nuit, à huis-clos, si vous le voulez bien ;.0’est-à-dire en présence des chefs seulement, Ces braves gens n'auront pas d’objection sans doute à se retirer. pour nous permettre de discuter plus à notre aise.

NELSON.—-Sans doute, ( Aux Patriotes.). Allons, mes amis, maintenant que vous avez eu le plaisir de saluer nôtre illustre chef, vous voudrez bien, je l’es-

ère, nous laisser seuls avéc messieurs les officiers. ous avons à délibérer sur dés matières graves, et d’une nature toute particulière. Vous comprenez cela, n’est-ce pas ? [Les Patriotes s'apprètent à sortir.

DESROUSSELLES.—Certainement ! sans doute ! « Non licet omnibus adire Corinthum !»

PAPINEAU.—Mes braves amis, un mot avant d nous séparer. Comme vous le savez säns doute, la tête de votre ami le docteur Nelson, la mienne et celle de presque tous vos chefs politiques, viennent d’être mises à prix, c’est-à-dire que le premier venu peut nous tuer comme ds chiens, sans encoyrir la vindicte des lois. Au contraire, il aura même droit à une récompense considérable. On nous met hors la loi pour crime de haute trahison. Le gouvernee Lord Gosford n’a plus d‘iniquités à com-

ustice foulée aux pieds, la concussion triomphante, les honneurs, le pouvoir, le trésor public aux mains d'une poignée d’intrigants ma:honnêtes, la violation systéma que dé toutes les lois constitutionnelles, le mépris. des

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droits du peuple garantis par les .raités,'la majorité de la nation insultée, bafouée, humiliée, outragée, et que, lorsque des hommes courageux se sont levés pour protester, n'ayant à la ae d'autre erme que le drapeau d' la justice et de leurs droits, on les a traqués comme des bêtes fauves, et poursuivis comme’dés criminels dangereux. Nous, coupables de haute trahison! Est-ce parce que nous sommes constamment en butté à toutes sortes de persécutions odieuses ? Est-ce parce que des bandes de forcenés se ruën la nuit sur nos démeures paisibles ? Est-ce parce que l’on saccage nos imprimeries, et que l’on massaore les Patriotes en, pleines rues -de. Montréal? Nous, des rebelles! Mais qu’avons-nous donc fait, sinon réclamer paisiblement des privilèges que la constitution anglaise nous garantit? Depuis quand la rémnn ce Ie peut-elle constituer un crime de haute.trahison ? On parle de nos assemblées ! Mais la liberté de discussion est. l’une des premières fra :chises populaires reconnues par la couronne britannique. Estice parce que nous ne sommes que des colons, qu’on nous réfuserait les plus simples prérogatives des nets anglais? Ah} qu'on ;y prenne

arde! car si l’on s’obstine à nous refuser les privilèges de.sujets, nous.pourrions bien réclamer les droits de, citoyens! .

T'OUS.—Bravo! bravo!

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