ROSE, GEORGE
GEORGE, entrant.—Tu pleures, Rose ?
ROSE, se levant.—Ue n est rion, George; un moment d'émotion. ( Elle s'essuie les yeux.) J'ai tort. Ce n’est pas le moment de pleurer, n'est-ce pas? Je te comprends.
GEORGE.--En effet, ma chère sœur, c’est le moment de faire appel à tout son courage. Les troupes. anglaises marchent sur Saint-Denis, et dans quelques heurés, il fandra livrer bataille. Mais nous les battrons, Rose ; j'en ai l’intime conviction. En tout cas, si nous sommes vaincus, sois sûre que nous vendrons chèrement nos vies.
ROSB:-As-tu écrit en Angleterre ?
GEORGE.—Pas encore; car, en Somme, nous n'avons aucune preuve bien positive de sa mort... Ah k.. pauvre James !: |
ROSE.—Conserverais-tu quelque epdir ?
GEORGE.—Un bien faible, je l'avoue ; mais enfin, on a retrouvé le corps de son domestique, ainsi que le cadavre des deux chevaux, et de lui pas un indice, pas un vestige, pas une trace. Et, j'ai beau me chasser .cela de: l’idée comme absurde, je ne (sais comment il: se pl mais quelque chose me dit Ro nous le reverrons.
-ROSE.—Oh ! George. George. ne me. lentes pas d’espérances chimériques. FÉpEERTe est bien assez amère déjà.
GEORGE.-—Comment? Mais tu l'aimais donc La ( Rose fond en. sargiqus | Tu l'aimais!… Ah! Rose, Rose! pourquoi donc alors.
ROSE George, ne m 'jitorrege! point l Ji assez souffert.
GEORGE. — Toujours des mystères. enfin !….
Mais, ce pauvre James, Ta fatalité l’a donc poussé à revenir sur ses pas? Il y avait trois heures au moins qu'il m'avait quitté en me... Mais, j'y songe. cette lettre que je ne t'ai pas encore remise! { !! fire de sa poche un papier qu'il donne à Rose.) Tiens, en partant, il ma confié ceci pour toi, Le terrible événement me l’a fait oublier.
ROSE.—Pauve James! Mais ce n’est pas une lettre cela ; c’est un sauf-conduit du docteur Nelson.
GEORGE.—-Un sauf-conduit, dis-tu? (J} s'empare du papier.) Malheur ! je comprends tout maintenant. Il s’est trompé de papier. Sans ce sauf-conduit, il n’a pu passer à Saint-Ours ; il lui a fallu rebrousser chemin; et cette fatale erreur lui a coûté la vie, O mon pauvre ami! James! mon frère !… ( Rose se jelle dans ses bras en sanglôlant.) Allons, ma bonne petite Rose, du courage!
ROSE, avec résolulion.--Oui, tu as raison ;, mettons la douleur de côté, au moins pour aujourd’hui. C'est au pays, c’est à la Patrie quil faut songer en ce moment. Ta compagnie est-elle prête ?
GEORGE.—Oui, Rose.
ROSE.—Tes hommes sont tous déterminés ?
GHORGE.-—Tous ! |
ROSE.—Et toi? Voyons ! regarde-moi bien, là :estu bien décidé à mourir plutôt que de reculer ?
GEORGE.—Dix fois, s’il le faut !
ROSE.—C'est bien. Songe à ton pays, George, à
notre bon vieux un à Dieu, à la France, que sais-je? E promets ? LÉELA LEE
GÉORGE.--Oui, mon joe pee sœur | je te le promets. On m'a confié un poste d le Aéfendrai, sois tranquille ! ( embrasse sa sœur.) Où est mon fusil ?
ifin !… > pousres au onge...
A tire eng, en événe-
as une Velson.
empare tenant.
duit, il rousser ie. O Rose se |, bonne
n; metard’hui.
iger en
ROSE.—Le voici. ( Elle va chercher un fusil qui est accraché au mur, l'embrasse, el le remet à George.) Tiens, c'était l'arme favorite de notre père : elle te portera bonheur.
GEORGE.—Et ta carabine de chasse ?
ROSE.—-Je la garde; on ne sait pas, ce qui peut arriver.
GEORGE.--—-C'est juste.