SCENE II
DULAC, DESROUSSELLFS, el les deux PATRIOTES blessés.
DULAC.--C'est ça. Pendant ce te:"ps là, nous autres, on va veiller à la cambuse. Cré nom que je suis dônc fatigué !.…. C'est pas drôle aussi de voyager, . comme ça, sans avoir le droit de passer dans les chemins. (/! se débarrasse de son havre sac el en tire: une miche de pain, un flacon el un gobelel.) Mes petits amis, il est temps qu'on passe les lignes ; v'là tout ce qui nous reste.
DEÉSROUSSELLES.—Hélas! «Nos patriam fugimus...
DULAC.—-Bon !
DESROUSSELLES:--...et duleis fnquimus arva !»
DULAC.—Dites donc, monsieur Athanase Chrysologue, c'est pas le moment de faire des farces, hé !
\! c'est ben 1e vérité, ce
chef... aux
"Est-il ici ?
igué.… fatir. Sauvage
is avec toi!
és.) Venez,
sort à la
à, nous auque je suis e voyager, , dans les esacel en elel:) Mes nes ; v'là
iam fugi-
us arva !»
se Chryso- 1rces, hé !
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Les temps sont trop durs. Cré mâtin, je suis trempé comme Ja soupe, moi! Ni y continue À mouiller, on n'aura pas grand chose à faire pour se débarbouiiler demain matin. Si ça pouvait empêcher les chouayens de brûler tout le reste au moins. (1! regarde à la fenélre.) Je m'imagine toujours que je vois là lueur d'ici, moi! Ah! les gueux !…
DESROUSSELLES.—A propos de feu, si nous en allumions.…
DULAC.—Vous avez raison; le sauvage a pas pensé à ca, lui. Voyons, y a des branchages, là, dans le coin; arrangez-moi ca tout prêt, pendant que je vas battre du feu. (/{{tire son briquel. el se net à baitre pendant que Desrousselles prépare le foyer.) Dire qu'il y a une couple de villages qui bràlent làbas, et qu’on est obligé de s’arracher Îles ongles avec un batte-feu, ici ! Oh! les véreux de chouayuns! ({ Allumant le feu.) Si c'était pas que ce maudit corps de gardé, là-bas, on serait déjà aux Etats; on n'aurait pas besoin de se cacher dans ï:e bois comme des malfecteurs. Cré nom! j'aime mieux jamais être corporal de ma vie que de retourner à la guerre, comme ça, pour nous battre contre des boulets de canon, avec du plomb à tourte. On les a taillés à Saint-Denis; mais c’est pas tous les jours fêtes. Cré mâtin ! c'était pas gai à Sain‘-Charles!
DESROUSSELLES.— La victoire infidèle a trahi nos drapeaux.
DULAC.—Broum !… V'là que ça commence à dégourdir.. Vous dites que vous étiez à Saint-Chariss, vous ?
DESROUSSELLES.—Sans doute. Ah! si vous m'aviez vu faire !… Vous ne m'avez pas vu faire ?
DULAC.—Non !
DESROUSSELLES, aur Patriotes —Vous ne m'evez pas vu faire, vous autres ?
EU
L'UN DES PATRIOTES.—Non.
DESROUSSELLES, à l'autre—Vous ?
L'AUTRE PATRIOTE —Non.
DESROUSSELLES.—C'est moi qui ai vu les troupes le premier.
DULAC.—C'est peut-être pour ça qu’on vous a pas vu après, vous |
BESROUSSELLES.—C'est moi qui ai donné le signal,
DULAC, à part.—Le signal de se sauver probablement.
DESROUSSELLES,.—Et à Saint-Denis donc ! sac-à papier ! ça me rappelait mon jeune temps, la guerre de”181?, Châteauguay, Saliberry, tout cela…
DULAC.—Ah !.. vous étiez à Châteauguay, vous!
DESROUSSELLES.—S"il vous plait !
DULAC.—C'est:y là que vous avez appris à parler dans les tarmes ? | DESROUSSELLES.—Non, mais c'est là que j'ai eu un bôulet étporté par Un bras... hum! un bras emporté par un hodlet: à DULAC.—Hein !!! “
DESROUSSELLES.—-Emporté.… c’est-à-dire pres-
que emporté. « Est modus in rebus,». Enfin, je suis un vieux guerrier, moi; ‘it { \ \
Les rides sur mon front ont marqué mes exploits. DULAC.-—-Bouh ! ouh... ouh !.. Ça fait du bien de se chauffer, le Canayen, allez!
DESROUSSELLES.--Ah! je vieillis, je ‘vieillis: us n'importe! «Impavidum ferient ruinæ |»
DULAC.—Ah! pour être ruinés, ya pas de difii-
ai vu les trouon vous 4 pas
ai donné le auver probas
is donc ! sac-à ps, la guerre ’ela…
Aguüuay, vous !
pris à parler
L là que j'ai n !.. in ont \E
-à-dire presfin, je anis
ploits, du bien de
je vieillis:
as de diff.
a Bus
culté pour ça, Si encore on éteit sûr de pas être pendu... Sapristi le bon feu !
DESROUSSELLES.—Pensez-vous qu'il v ait du danger pour moi?
DULAC.—Quel danger ?
DESROUSSELLES.-—-D'être pendu. DULAC.—D'être pendu ? Oh! non, pag pour vous! DESROUSSELLES.—Pourquoi ?
DULAC.—Eh ben! on pend un homme par le cou, vous savez.
DESROUSSELLES.—Bon.
DULAC.—Et puis pour pendre quelqu'un par le cou, il faut qu'il ait quèque chose au bout, pour empêcher de, glisser le nœud.
DESROUSSELLES.—Eh bin ?
DULAC.—Vous comprenez, pas ?
DESROUSSELLES,.-—Non.
DULACG.—Ah! vous serez jamais pendu, j'en réponds !.… Fiouh!... le bon feu, le bon feu !..
DESROUSELLES.-—Savez-vous à quoi je pense, sergent Dulac ?
DULAC.--Ah ! vous avez pas besoin de faire tant de cérémonies, allez. A c’t’heure j'suis pas plusse qu’un monsieur ordinaire. Appelez-moi monsieur |
DESROUSSELLES.-Eh bien, monsièéur Dulac, savez-vous à.quoi je pense ?
DULAC.—Non, mais j'ai pas de doute que ça doit être quèque chose de soigné.
DESROUSSE=LES. Eh bien, je me demande si,
M. Päpineau n’a pas ün peu de sang sauvage, lui.
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DULACU.—Ah?... C'est ça qui vous occupe dans le moment? Eh ben, franchement, là, vous êtes bon: Ce serait-dé valeur de pendré un home comme vous.
DESROUSSELLES.—Mais vous m'avez dit qu'il n’y avait pas de danger... f,}-, 0)
DULAC.—Ah ! non, non, sapristi!:y a-pas de danger... et je sais même pas ce qui vous. fait sauver, (On frappe à la-porte et il court ouvrir.)