‹ Papineau [microforme]Chapitre 38 sur 43 · PATRIOTES · texte numérisé non relu

PATRIOTES

PACAUD, en dehors.—Entrez, monsieur Papineau !

PAPINEAU, entrant.—Tiens, tiens ! Nous allons être comme des rois ici. {{/s secouent leurs vélemenis.) Quel bon feu! Et ce pauvre Indien qui court en éclaireur pendant ce temps-là, lui. Il est infatigable.

PACAUD.-—Ce ne sont'pas des lambris dorés ze nous , vous offrons, comme vous voyez, monsieur Papineau ; c’est une misérable cabane à. sucre. Mais telle von est, yous y serez en sûreté, je l'espère, usqu'à la nuïît. Après ceia, il faudra tâcher de passer la frontière.

PAPINEAU.—Est-ce loin d'ici®

PACAUD.—Un quart de lieue au plus.

PAPINEAU.-—-S"il n’y avait que la route à faire !...

DULAC, approchant un bane de bois.—Asseyezvoue, mopsieur. Papineau ; vous dovez être. bien ; faiguë. nt “4 Fons y)

:‘PAPINEAU, s'asseyant.—Oui, en. | trois - ours

dans les boi un pareil, le plus.

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LULAC:-Trois jours dans le bois ! Mais c'’est-v bon Diuu vrai que vous avez été trois jouré dans le bois? Heureusement que j'ai encore quelques gouttes de réconfortant.. Tenez, prenez ceci, monsieur Papineau ; ça vous fera du bien. (ll lui verse les dernières goulles du flacon.)

PAPINEAU.—Non, merci. C’est tout ce qui vous reste : gurdez cela pour ces pauvres blessés... Vous disiez, monsieur Pacaud, que les Patriotes ont. été battus à Saint-Charles ?

PACAUD —Rcrasés, monsieur ! et, après, cela, le leu partout ! Depuis dr cg jusqu'à la dernière masure, rien n’a été épargné.

PAPINEAU.--Ah ! c’est affreux ! Incendier les villages, ruiner de pauvres cultivateurs, priver d’abri des centaines de femmes et d'enfants à pareille ‘s&ison; c'est digne des temps barbares !

PACAUD. —Nous nous étions retranchés dans la maison de M. Débartchz, Vous connaissez la grande avenue de peupliers ? Tout avait été coupé et amoncelé autour de la maison. Il n’y avait que le canon pour nous déloger de là. Mais c'est malheureusemènt ce qui est arrivé. Les premières charges furent superbes ; Brown se multipliait; nos gens combattaient en héros; nous étions vraiment comme dans une tempête de balles. Au bout d’une heure et: demie d’une lutte acharnée, nous crûmes un instant.que les troupes allaient battre en retraite, lorsque tout, à coup nous fümes envelo dans une avalanche de mitraille. C'était l'artillerie de Wetherall qu'on aval réussi à transporter sur je ait garde.” N qui nous foudroyait La journée était Ne pas Mr

Dir se Cine ru gr jusqu'au do au dernier. lusieur Nr Pg ere t. Votre frère, is pine 4 ue freres, un, genou. en

> tre eut D iles comme er er ob dans le feu, pur et rechar-

geait son fusil, et à chaque-coup un ennemi torbait. On fut obligé de l'enlever du champ de bataille.

DULAC.—Si je me trompe pas, c'est lui qui a tiré le dernier coup de fusil. Cré batiscan ! c'était beau dele voir, c’est mui qui vous dis ça.

PAPINEAU.—Est-il sain et sauf?

DULAG.—Une écorchure à la maïin seulement.

PAPINEAU.—Et après la bataille, les vainqueurs ont mis le feu...

PACAUD.--Portout. Plus de quarante Patriotes, qui n'avaient pas voulu se rendre ont péri dans la grange de M. Debartchz. Ç'a été une boucherie. Ah! ils: se sont vengés royalement, là, en vrais.

PAPINEAU.--Arrôtez, monsieur Pacaud; je sais ce que vous allez dire. Il ne faut pas tenir le er anglais responsable de ces atrocités. Elles sont les conséquences malheureuses mais inévitablés dés guerres civiles. Les partis s'échauffent, les. haines s’enveniment, les vengeances et les représailles sont terribles; mais. elles sont le, fait des individus et ronpas celui des nationalités, Nos intérêts locaux sont en conflit avec les autorités anglaises, nous avôns subi la loi de proconsuls avides et barbares, ri am 9 qi ont pe pr « rar

e la France, sous la doMination britannique ; tou céla 4 éu Pour effet de LOT A armer les uns dbntre les autres, Mäis il ne faut pe confondre le peuplè anglais avec nr a ourreau Haldimand avec la grande'ñation doit le drapeau a promené la civilisàtion sur la moitié du globe. Aujourd’hui nous sommes des veineuset des fugitifs persécutés pous avoir hardimeént'afirmé nos droïîts; mais, le jour n’est pas loin peut-être où l’Agleterre, mieux éclairée sur ce qui se es Ah ee la justice de notre causs, et fera

réparation éclatante et généreuse. pu,

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28 Vainqueurs

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” PAPINEAU.—Fini? (Se levant.) Tout n'ést jamais fini pour une nation d'intelligence et dé Cœur. Oh! non, tout n’est pas fini. Rappeléz-vous cé que disait M. Nelson, il y a quelques jours : «Le sang versé pour la grande cause des droits dü péuple, dans une lutte légitime, est une semanée fécondé qui porte toujours ses fruits.» Nous n'aurons pas conquis d’un seul coup toutes les libertés que noùs avions révées ; mais le grand cri de la protestation est jeté. L’Angléterre l’a entendu;:et elle nous rendra justice. Degré par degré, sans secousse et sans conflit, ce vaste et riche t::-itoire que nos pères ont découvert et colonisé, bri:*r4 peu à peu les liens qui le tiennent en tutelle ; et, avant qtil soit un de siècle peut-être, notre jeune nation s’épanouira libre et puissante au grand soleil de l’iridépendance.

PACAUD.—Bravo !

DESROUSSELLES.—. Sic itur ad astral»

DULAC, à parl.—Sapré batiscan d’un manche de pipe ! quand j'entends ça, moi, je serais prékà Face mencer—cré maudits chouayens 1—à la peine d’être pendu deux: fois. Je suis toujours pas pour fairé ün seigneur !

PAPINEAU.--Pendant longtemps peut-être, vous et moi, nous’ subirons la plus rude preuve qui puisse atteindre des cœurs de patriotes, l'exil! Mais l'espérance nous consolera ; et nous pourrons, nous rendre cette justice que nous souffrons jüur une’ noble cause; et que, vaincus d’une lutte démesurément inégale, nous n'avons à nos mains que du sang : d'agresseurs sans pitié, versé dans un cas «le légitime

PACAUD et DULAC.—Bravo!

PAPINÉAU.—Quant 4 céut qui sont tombés à

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