SCÈNE VI
DÜLAC, DÉSROUSSELLES, Parr:ores, puis GEORGE.
DULAC, du haul d'un escabcau, après avoir susaie le drapeau français sur l'arbre, au centre de ’estrade.--Bon ! il est bien’là, célui-là.- Un ütre}... Allons, parlez pas-tout ensembleil:(: jusselles lui. présente le pavillon anglais.) Pas: ce 4 l’autre! (On lui présente le pavillon américain.) Bon, c'est encore à nous autres, celui-là ! ( (L.le suspend à droite du pavillon français.) L'autreL.. Voyons, arrivez donc, sapristi ! Tâchez à aboutir ! 4
"DESROUSSÉLLES, lui présenle de nouveau le drapeau anglais.—Voici! voici. «Festina lente!»
DULAC, prendni le pavillon —Hein? Vous avez raison, je gg à être pas mal pr Le vd sant au pavillon.) Toi, jé sais pas ce! qui me retient de te pre la late en bas! En voilà une drole d’idée : le docteur qui dit que M, Papineau veut .absolument qu’on mefte. ce machin-làl.. Enfin !. c’est pas de mes affaire: RE à »
(George ar Be " se placer sur le devant de 1a soène pour
juger du coup d'œil.
.GEORGE:+-Allons, ça avancetil ? Oh !'oui! (A Duléc.) Un péu-plus haut. Un à gauche main-
FE RES | fre DOÜLAG. 4 va-t-il faire?
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DULAC, descendant de l'escabeau.--C'est pas malheureux, car je commence à ne plus me sentir les côtes sur le travers ; elles se faufilent sur le long, les gueuses ! C’est pas drôle, allez, d’être jouqué comme ça, pendant toute une après midi de temps. (A Des: rousselles en lui tapant sur le ventre.) J'espère que ça parail bien comme ça, hein ! le père ?
DXSROUSSELLES, vexé.—Hum !… Dites donc, vous, gac-à-papier ! qu'est-ce que çà veut dire ces manières-là ?
DULAC.—Bah ! allez-vous vous fâcher ? C’est pour büdiner, voyons.
DESROUSSELLKS.—Allez badiner avoc vos pareils! Vous apprendrez que je suis Athanase Chrysologue Desrousselles, Ecuyer, rentier, ex-instituteur et maître-chantre |
DULAC.—Tout de bon ?.… Eh bien, monsieur Damase Chryssstôme Dumotüchel... :
DESROUSSELLES.--Athanase Chrysologue Desrousselles, s’il vous plait. C’est bien différent.
DULAC.—-Eh bien, monsieur Anastase Chrystologue…
DESROUSSELLES.-—Athanase Chrysologue, je vous dis | DL LAC.—Ah bien. que le diable. vous emporte,
à lafin! A-t-on jamais vu s’affubler de noms pareils! Votre parrain est-il encore du monde ?
DESROUSSELLES.—-Oui ; pourquoi ça ?
DULAC.--Je l'aimerais pas, moi, à votre place. Mais il s’agit pas de ces cinq sous-là. Je voulais seulement vous demander comment ce que vous trou- 2 ça, { Montrant l'estrade.) C’est y monsieur ça an peu st clé
DESROUSSELLES.— Hum ! hum !.… C'est-à-dire
que. «distinguo...» j'aurais mieux aimé que les inscriptions fussent en latin ?
DULAC.—En latin.
DESROUSSELLES—Qui; ç'aurait donné à la chose plus de solennité.…. plus de cachet...
DULAC.—Allez vous cacher vous-même, avec votre latin! Le latin c’est bon à l’église, ça! ça vaut rien dans la politique.
DESROUSSELLES.—+ Profanum vulgus !»
DULAC.—-Dites donc, vous êtes chantre, vous ? DESROUSSELLES.-—Maitre-chantré !
DULAC.—Eh bien, je crois que vous avez été man- | pour faire un bedeau !. Mais vous avez beau
ire, si c'est pas du latin, c'est toujours pas de l’anglais, ça! Tenez, regarde Ça prend le sergent Dulac pour vous batifioler un husting. Ÿ avait pas un homme à Saint-Charles pour gréer ça comme moi! Oh! je parle pas latin, moi; mais prenez-moi pas pour un petit oiseau ! Me voilà déjà sergent, et je fais rien que commencer, Si y a de la guerre, je veux finir par être caporal.…
DESROUSSELLES.—Ah ! ah!
Et monté sur le faîte, il aspire à descendre! Ah! ah!
DULAC.-—-Qu'est-ce que vous avez à rire vous ?.…. Y a toujours eu des jaloux dans le monde, ça c'est connu! ( À George.) A quelle heure va-t-elle avoir lieu l’assemblée de demain, monsieur George?
GEORGE.--A midi gré Les gens des comtés voisins, Richelieu, Rouville, Chambly, l'Acadie et Verchères sont avertis. Ils arriveront ici cette nuit et demain dans la matinée. J'espère que les Patriotes de Saint-Charles vont faire des efforts pour les recevoir cordialement.
| —Y4 — | LES PATRIOTES.--Ouij oui ! .
DESROUSSELLES.—Est-ce de Lo M. :, Papineau ÿ sera ?
:GÉCRGE.—Certainement.
DÜLAC-—Bravo ! Hourrah pour M. Papineau !
LES PATRIOTES.—Hourrah pour Papineau !..
: JULES, sur le devani de la scène el faisant sauter sa casquelle en l'air.—Haurrah pour Papineau !
DULAG.—C'est ça, mon gamin; envoie fort !...
DESROUSSELLES.—
réntra Pour les âmer bien nées . La valeur n'attend pas.le nombre des années!
| DULAC.—Qui es-tu, petit bout d'homme ?
f J ULES.—Et vous, gros boudin ?
| DULAC.—Bigre… Il est suspèque, le mâtin|
| | DESROUSSELLES.— Ex ore parvulorum veritas !»
| DULAC.—Tenez, vous, fichez-nous la. paix, avec 1} | vos litanies !
DESROUSSELLES.--Et quand arrive-il, M. Papineau ? .
GEORGE.—IlL est hs: il doit être en cé mo+ ment. chez le docteur Duvert,
DULAC:=Mais alors on VR le voir à soir ?
GEORGE.—Peut-être même dans un instant.
DULAC.-—Dans, un. instant ? Sapristi ! (4 brosse rapidement sa casqueile avec sa manche.)
GEORGE Qui; et puisqué j'y pense, je vous LY pour aller au-devant de lui. Tabe. veillez bien
ce'qué tous les préparatifs soient complets, et que
Polen
== 96 = rien ne soit dérangé, Il pourrait bien rôder nes espions, vous savez. (} sort.)
DULACG. —Soyez tranquille, mon capitaine. Qu'il: en vienne des espions !…