‹ Papyrus de?motiques de LilleChapitre 10 sur 65 · AL · texte numérisé non relu

AL

Chap. 17, $ 13) apparaît dans les dénominations : Osiris de Neref (22—23—24; cf. Rylands, p. 423); Osiris de Busiris résidant à Neref (22); Harpsenisis de Neref (24). Nous sommes sans nul doute dans cette nécropole située au N. O. de la ville, sur le seuil qui sépare le Fayoum méridional de

la vallée.

nr TE ; ; k 4 Enfin l’éphitète Le à fréquemment accolée au nom du dieu Harsaphès, se retrouve dans le

nom d'homme Harmachoros (22 et 26).

Sur l'importance prise par Héracléopolis durant cette période, et ses relations étroites avec le

Fayoum, cf. Rylands, p.75 sqq.

Numéros des Roi régnant Dates initiales ou finales Dates dans le corps des textes papyrus 1 Ptolémée III an 4, Athyr depuis l'an 4, Athyr ÿ 2 ext. id. an 4—5, Phaménoth 9 depuis l’an 4—5, [Phaménoth 9] 2 int id. an 4, Phaménoth depuis l’an 4—5, Phaménoth 9 ya j , depuis l'an 4, Mésoré, 2° épag. k 5) id. an 4, Mésoré, 2° épagomène pus l'an 5, Thot 30 Fr } 4 jours 4 ext. | Ptolémée II an 38 — 39, Tybi 20 depuis l’an 38 — 39, Tybi 20 4 int. id. [an 38 —]39, Tybi 20 depuis l’an [38 — 39, TyJbi 20 5 Ptolémée IIT (?) | an 2, Épiphi 20 9 int. | Ptolémée III an 25 — 96, Tybi ner, Se et a 9 ext. id 1 Sn afetne 2e PORTES jusqu’à l’an 26, Athyr 30 10 id. an 25 — 26, Tybi jusqu’à l'an 26 — 27, Athyr 30 11 id. an 25 — 26, Tybi jusqu’à l'an 26 12—20 | Ptolémée II PSE \texte grec : an 35, Pachons à se: an 9, Épiphi 21 Ptolémée IIT | CE jan Di 10 UN(E) texte grec : an [10], Epiphi 20 22 Nectanébos an 8, Phaménoth 29 Ptolémée III an 24, Méchir He “- ren 1 an de 365 jours 32 |. Ptolémée {ÎT) 10/6 RE RE an 22 Épiphi jusqu'à Méchir 30 Phaménoth jusqu’à Pa[chons] 30 Payni 10 jusqu'à Payni 11 33 Ptolémée IT ou III | an 24 — 25, Phaménoth 18 | | (voir commentaire)

On trouvera groupées dans ce chapitre et traitées d'ensemble les questions relatives aux dates portées sur les documents. Les disperser dans le commentaire ne pourrait que nuire à la clarté. Il sera dérogé

quelquefois à cette règle, notamment au commentaire des N°5, I. 1; 4, 1.2 et 29, IL. 4 Le tableau synop-

tique ci-contre facilitera les comparaisons.

À. Papyrus ptolémaïques.

Parmi les pièces datées, la plus ancienne est de l'an 34 de Philadelphe: la plus récente de l’an 25 d'Évergète Ie. Quant aux autres, leurs caractères paléographiques ne les éloignent nullement de cette même période. Ceux des monuments non encore publiés ici qui sont datés confirment cette impression, et montrent que, dans l’ensemble, la collection appartient au règne de Ptolémée III, en débordant de quelques années sur celui de son prédécesseur et peut-être aussi de son successeur.

Si les questions de datation sont délicates à toute époque, elles atteignent rarement le même degré de complexité qu’au [IL siècle av. J. C. Les deux systèmes parallèles de double datation: année égyptienne et année macédonienne d’une part; années égyptiennes fiscale et régnale de l’autre, ont exercé la sagacité de nombreux papyrologues. Sans remonter au delà de l'étude de M. Bouoné-Leorerce (Lagides, IT, Appendice, p. 37 sqq et IV, Appendice II, p. 277 sqq), on citera: WILOKEN, Grundzüge, Einleitung, p. LVITSq; J. Lesqurer, Archiv, IV, p. 284 sqq et Papyrus de Magdôla, Introduction, p. 34sqq; CAVATGNAC, La Chronologie égyptienne au IT siècle av. J. C., ap. B. C. H., 1914, p. 5sqq; C. Encar, On the dating of early ptol. papyri, ap. Annales du Service, XVII, p. 209 sqq et À further note on early ptol. Chronology, ib., XVI, p. 58 sqq. Loin d'envisager l'ensemble des problèmes posés, je me bornerai à celui des années dites fiscales et régnales, et encore en n’en considérant qu'un seul aspect, la manière dont se comportent les documents égyptiens connus depuis peu, en face de l'hypothèse émise jadis par Suvyrx et qui tend à s'imposer chaque jour davantage. Je ne me réfererai pas même aux documents à double datation qui ont allongé la liste de Bouom-Lecrerce (IV, p. 291) et pour la plupart ont été déjà confrontés avec la thèse de Suyzy. Seront pourtant introduits dans la discussion les Papyrus démotiques HauswALDT, publication coûteuse, peu répandue en France, et, sauf erreur, restée inutilisée à ce point de vue.

On connaît la solution proposée par Smvry (The revenues years of Philadelphus, Evergetes T and Philopator, ap. Hermathena, 1906, p. 106 sqq) : l’année fiscale est «comptée à partir de quelque date toute proche de l'équinoxe du printemps ». On précise quelquefois davantage : le 1% Méchir. C’est là en quelque sorte, une moyenne, l’équinoxe vernal se déplaçant du 20 Tybi au 10 Méchir environ pendant la période considérée (285—204). Si l’on admet, avec la majorité des auteurs, que dans ces conditions, l’année de règne correspond à l’année vague commençant au 1e Thot, on aboutit à cette conclusion simple que pendant 5 mois de l'année de règne (Thot, Paophi, Athyr, Choiak et Tybi), les deux années portent le même numéro, tandis que, durant les 7 autres mois, l’année fiscale est en avance d’une unité. Done, en principe, nous devons trouver des indications de doubles dates seulement pendant les mois de Méchir, Phaménoth, Pharmouthi, Pachons, Payni, Épiphi et Mésoré. La vérification est aisée, du moins en apparence. Une remarque générale est ici nécessaire : malheureusement les saisons HP et Wu comportent en démotique des graphies fort peu distinctes, inconvénient qui résulte de la similitude des succédanés de a et de =. Des confusions sont toujours possibles et il convient de conclure avec circonspection quand les noms de mois, sauf ceux des 4 premiers, ne sont pas « recoupés ».

Les N° 1, d'une part, et 12 à 20, de l’autre, confirment la loi. En Athyr, une seule année; en

Pachons, deux années indiquées. Il en est très probablement de même pour le N° 33, bien que la dis-

position du texte laisse planer un très léger doute. Par contre, le N° 10 infirme nettement, puisqu'on y lit : an 26— 27, Athyr 30.

Entre ces deux extrêmes il y a diverses modalités. Tout d’abord, la date troublante apparaît aux Net 1l/#qui. sont pour ainsi dire calqués sur le N° 10, avec, à cet endroit, l'indication de la seule année 26. Ici chacun jugera selon son tempérament, les uns admettant une distraction du scribe dans le N° 10, les autres objectant qu'il a pu, dans 9 et 11, user de la faculté d'omettre la double datation, cas fréquent, comme nous allons le voir. Ceux qui tiendront pour valable la date de 10 se réfèreront au dernier document de la liste de Bouomé-Lecrerce, enregistré le 4 Tybi de l'an 12— 13 de Philopator et qui a été un peu perdu de vue, à ce qu’il semble. La cause paraît encore plus compromise si l'on fait état des dates initiales des N°9, 10, 11 et surtout 4, où le mois de Tybi est accolé à un double millésime. On neutraliserait ces 4 derniers témoignages défavorables en avançant le point de départ d’un mois environ. Pour éliminer la première difficulté, qui d’ailleurs, reste attachée à un exemple unique, il faudrait aller jusqu’à deux mois, plus même si l’on prenait pour base l'équinoxe.

On peut avoir recours encore à d'autres données. Dans le N° 2, daté de Phaménoth, on lit : an 4 dans la scriptura interior, là où la scriptura exterior a : an 4—5, et alors que la scriptura interior ellemême donne plus loin la même date avec : an 4—5. Ainsi l'année fiscale n’est pas indiquée, bien que Méchir soit passé et, d'autre part, le seul millésime exprimé représente l'année régnale. De même le N°3, daté du 2° épagomène rattaché à Mésoré, ne porte pas : an 4—5, mais : an 4. Comme, en plus, il y à changement d'année entre la fin de Mésoré et la fin de Thot, c’est bien, si la théorie est juste, de l’année régnale qu'il s’agit. De cela on a confirmation par le texte déjà mentionné de l'an 12, Tybi, en démotique et de l’an 15, Tybi, 4 en grec, et mieux encore, car les faits isolés sont toujours sujets à caution, par le groupe des papyrus Hauswaldt. H. 2, 8 et 9 sont des actes de vente de terrains, du même scribe, datés, en égyptien, de l'an 7 de Ptolémée III, mois de Pachons ou de Phaménoth. L'enregistrement grec porte simplement Ln pour l'année et respectivement Ilayéve 14, Dapuoëï x et Ilæywvs x8. Bien que nous soyons en l’an 7—38, le texte égyptien n’accorde aucune mention à l’année fiscale, introduite seulement dans l'enregistrement. C'est ainsi que, parmi les autres contrats de vente de la même collection qui, on ne sait pourquoi, n’ont pas été enregistrés, une seule année intervient, même dans H. 3 (toujours de la même main), de l'an 2 d'Évergète, Payni; H.12, de l’an 2 de Philopator, Mésoré, et 25, de l'an 7 de Philopator, Mésoré. Par contre nos N° 12 à 20 ont an 34 — 35 dans le texte et an 35, Pachons, à l'enregistrement.

Ce faisceau de témoignages fournis par des documents, soit du Fayoum, soit d'Edfou, permet de formuler, avec autant de sécurité que la matière le comporte, les trois propositions suivantes :

1°. Quand, dans le texte démotique, une seule année est mentionnée, c’est l'année régnale.

2°. Quand, dans l'enregistrement grec, une seule année est mentionnée, c’est l’année fiscale.

3°. Dans les documents démotiques, l'indication de l’année fiscale est facultative, même quand son millésime est supérieur d’une unité à celui de l’année régnale.

Outre les exemples déjà signalés, la troisième règle se vérifie dans les N° 5 et 29.

On s’attendrait à trouver le comput par années fiscales spécialement sur celles des pièces qui ont un caractère fiscal plus ou moins accentué. Cette prévision du bon sens peut recevoir de formels démentis. Ainsi les N% 2 et 4, qui ont trait à des affaires de police, sont pourvus de la double date. Au contraire le N° 21, où la question d'impôts n'intervient pas seulement pour le paiement de l’éyxxev, mais constitue le fond même du contrat, on lit seulement : an 9 de Ptolémée II, Épiphi. Malheureusement l’année est effacée sur l'enregistrement ërous [1] èf<ie] xx, et les noms des éponymes sont aussi perdus. À moins de déroger aux règles énoncées précédemment, il faut restituer t. Une difficulté se présente à la ligne 8, où il est parlé de l'impôt, de la taxe de l année 9 qui est l’année 10. Il est bien étrange qu'en parlant

de l'impôt perçu ou à percevoir pour une année, on fasse intervenir l’année régnale.

Doit-on admettre que le hasard seul a présidé au choix des dates 1* Méchir et 80 Tybi, comme limites de validité des statuts du thiase d'Horus-Behoudti à Pisaï (N° 29)? Les documents similaires, il est vrai, indiquent d’autres mois, mais ils appartiennent à la deuxième période ptolémaïque. Au III siècle, on peut avoir fixé, pour l'acquittement de cotisations versées à une caisse de société, les mêmes termes que pour celui des impôts d'état. Il y a peut-être là un appoint sérieux à la thèse discutée.

Le N° 3, précieux à plus d’un titre, peut contribuer efficacement à lever un doute exprimé encore tout récemment par M. Encar (loc. cit. p.218). Reconnaissant que les datations par l’année régulière commençant au 1% Thot ont fini par prendre le dessus sur les autres computs, cet auteur se demande dans quelle mesure on les employait à l’époque qui nous occupe. Notre N° 3 montre clairement que pendant les 34 jours qui séparent le 2° épag. du 30 Thot, il y a eu changement d'année. Situer ce changement au 1% Thot est une interprétation d'autant plus acceptable qu'il faudrait admettre autrement que l’anniversaire de l'événement auquel se rattache le début de l'année a eu lieu pendant ce même laps de temps. Cela cadrerait fort mal avee les données du décret de Canope relatives à l'avènement d'Évergète, même en adoptant le système d'intercalation le plus favorable. La preuve n’est pas superflue, puisque trois procédés sont attestés, fixant l’origine des années de règne égyptiennes :

1°. au 1% Thot après l'avènement;

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