‹ Papyrus de?motiques de LilleChapitre 19 sur 65 · I D OO À À ND · texte numérisé non relu

I D OO À À ND

. [Tu] me l’[as confié] et je le ferai comparaître devant toi ou ton représentant dans le Bourg-de-

Souchos Arsinoé, du district susnommé, à partir de l'an [38],

. [qui est l’an 39,] le 20 [Ty]bi susdit, pendant tout le temps que tu passeras à inspecter le district

susnommé. Si tu le réclames, je te l'amènerai à l'endroit ou tu me diras de l’amener [dans le nome] Arsinoïte et dans les 5 jours de ta réclamation, pendant tout le temps que tu passeras

à inspecter le district susnommé, sans qu'il puisse se réfugier près

. [du temple d’un dieu], d'un autel du roi, d’un lieu de serment ou d'un lieu d'asile. Si tu le

réclames et que je ne te l’amène pas à l'endroit [où] tu me diras

. [de l’amener et dans] les D jours de ta réclamation, pendant tout le temps que tu passeras à

inspecter le district susnommé dans ledit nome, je me conformerai à toute condition

. [que tu m'imposeras] impérativement, le jour qui suivra les 5 jours susdits, obligatoirement et

sans délai. Toute chose, tout bien m’appartenant ou que je pourrai acquérir [constituera la garantie du] droit établi par l'acte ci-dessus, jusqu'à ce que j'aie agi envers toi en conformité. Je n'aurai pas le droit de dire : «J'ai agi envers toi conformément à tout ce qui est écrit ci-dessus dans l’acte ci-dessus qui est entre tes mains». C'est ton représentant [qui aura qualité pour rendre exécutoire] toute condition qu'il m'imposerà en vertu de tout ce qui est écrit ci-dessus et je me conformerai à son ordre, obligatoirement et sans délai. Écrit par Marrès, fils de Neitheus.

Scriptura exterior..

. L'an 38, qui est l’an 39, le 20 Tybi, [sous] le roi [Pto]lémée, [fils de Pto]lémée, le dieu destructeur

du mal, éternellement vivant, étant prêtre d’Alex[andre] et des dieux Adelphes Tlépolémos,

MSA TIADAES PR NE A , . fille de Ménémachos, étant canéphore

. d'Arsinoé Philadelphe. Le cultivateur royal du Bourg-de-Souchos Arsinoé,

. Téos, fils de P-‘o-zz, dont la mère est Hérieus, dit à Philoxénos, chef des vigiles ) du district de Thémistès, et à ..... sigénès, chef des vigiles du nome Arsinoïte.

. Je me porte caution pour le cultivateur [royal] Gyl-Isis, fils de Thotemheb, dont la mère est

Tatémounis, qui est emprisonné par ton entremise. Tu me l'as confié

. et je le ferai comparaître devant toi (ou ton représentant) dans le Bourg-de-Souchos Arsinoé,

du district susnommé, à partir de

. l'année 38, qui est l’année 39, le 20 Tybi susdit, pendant tout le temps que tu passeras à in-

specter le district susnommé, Si tu le réclames, je te l'amènerai

[a l'endroit où] tu me diras de l’amener dans le nome [A]rfsinoïte et dans les 5 jours de ta réclamation, ]

pendant tout le temps que tu passeras à inspecter le district susnommé, sans qu’il puisse se réfugier près du temple d'un dieu, d’un autel [du roi,]

d'un lieu de serment ou d’un lieu d'asile. Si tu le réclames et que je ne te l'amène pas à l’endroit [où tu me diras] ,

de l’amener dans le nome susnommé [et dans les] D [jours] de ta récla[mation, pendant tout le temps que tu passeras à inspecter]

le district susnommé, sans qu'il puisse se réfugier près du tempfle d'un dieu, d'un autel] du roi, d'un lieu [de serment ou d’un lieu d’asile, je me conformerai]

à toute condition que tu [m’Jimposeras [impérativement le jour qui suivra les 5 jours susdits,

obligatoirement et sans délai. Toute chose,]

16. tout bien m’appartenant ou que je pourrai acquérir constituera la garantie du droit établi par l'acte ci-dessus, jusqu’à [ce que j'aie agi envers toi en conformité.]

17. Je n'aurai pas le droit de dire : «J'ai agi envers toi conformément à tout ce qui est écrit cidessus dans l'acte ci-dessus qui est entre tes mains ». [C’est ton représentant qui aura qualité pour rendre exécutoire toute]

18. [condition qu'il m'imposera en vertu de tout ce qui est écrit] ci-dessus et je me conformerai à [son] ordre, [obligatoirement et sans délai. Écrit par Marrès, fils de Neitheus.]

Commentaire.

1. (d'après la scriptura exterior). — L’indication du quantième dans la datation (ici et au N° 2) est une rareté à cette époque. Of. Rylands, p. 33.

Nt lg kb. Nous avons là un des plus anciens exemples d'un prédicat correspondant à cuzfp. On cite cependant un papyrus démotique de l'an 29 de Philadelphe et une inscription de l’an 37 (cf. Revirrour, Revue Égyptologique, I, p: 14, et Lagides, IT, p.135, nd Ax décret de Canope (1. 22) on lit né mm. La transcription pure et simple swtr est plus tardive. Le choix de l’épithète ne paraît ni régional, ni chronologique, car on retrouve la même qu'ici au pap. Rylands N° 16 qui est de 152 av. J.-C. et de la Thébaïde.

2. Le prêtre d'Alexandre est ce même Tlépolémos, fils d'Artabatès, que nous font connaître, outre la pap. dém. du Louvre N° 2438 (Chrest. Dém., p.257), cinq mentions en grec des papyrus Petrie (cf. Lagides, III, p. 45). La lecture confirme le rapprochement avec TAnréheuoc 5 “Apramdrou, sauf la différence insignifiante de b à p; elle infirme la leçon Altibios de RevrrLour. Si le prêtre d'Alexandre est le même en l'an 38 de Philadelphe et en l’an 2 d'Évergète, par contre, la canéphore a changé : Irokepots % Obiwvos en l’an 2 (mêmes sources). Nous avons là un cas de maintien en fonctions du prêtre éponyme pendant plus d’une année, antérieur à celui d’Apollonidès, qui figure au décret de Canope. La question se pose de savoir si la place à été occupée par Tlépolémos pendant 2 ou 3 ans. Les «archives de Zénon» ont permis récemment à M. Encar (Annales du Service, XVIII, p. 61) d'obtenir la séquence des années fiscales au moment du changement de règne : LA; LG; Ly; Là, Logiquement on devrait avoir la série parallèle des années régnales égyptiennes : 38; 1; 2; 3; mais on admet que Philadelphe est mort en la 39° année de son règne et le problème touchant la suture n'est pas entièrement résolu. (Cf. Lesqurer, Rev. Eq., nouv. série, II, p. 143 et 161.)

3. Nous avons vu que la canéphore de l'an 38 ne bénéficiait pas de la même prolongation. Bien mieux, il doit y avoir eu cette année là deux canéphores successives. Jouquer me signale que le N° 521 des archives de Zénon, en date du 5 Pharmouthi de l’an 38, porte xayngépcu "Apouêns Dinadérgou Meylorns ts DlAwvoc. Un changement serait done survenu dans l'intervalle de deux mois et demi entre le 20 Tybi et le 5 Pharmouthi.

4. Sur le nom de ville Arsinoé, cf. J. A., p. 159 sq et 174 et aussi le commentaire du N° Gr. LA Apouwoñ % èmi toù Ceiyuaros (variante : yépatoc) n'a pas encore été située, à ma connaissance. Il n'est peut-être pas défendu de rapprocher yôua de ‘# au N° 2.

Comme dans mon article du J. À., j'emploierai les abréviations : A, pour désigner les personnes qui fournissent la caution; B, celles qui la reçoivent; ©, celles qui en bénéficient. Ici À est un facixdc Yewpyée, et cela entraîne deux conséquences. D'abord, l'appellation Bourg-de-Souchos, xoyn Zobyou, n'implique pas que le territoire d’une localité soit classé, du moins en totalité, dans la ispà ÿñ; une portion au moins peut être de la yñ Bas. En

second lieu, À agit en simple particulier, même s’il porte quelque titre officiel, comme cela arrive quelquefois. Cette constatation semble trancher une difficulté qui m'avait un peu arrêté en 1914 et éliminer certaines hypothèses nées de cette incertitude. Dans le Mdy (ms n) Kmy, À du N° 1, je ne vois plus un guhaxirie, mais un Ilépons ris mryovñc. Cf. Lagides, IV, p. 30 sqq, et SPIEGELBERG, Dem. Chronik, N° 332. Le dernier auteur admet, en fin de compte, pour Mdy une double interprétation : La nouvelle, soit «Mède», équivalant à Perse, et l’ancienne, soit KIKUÉ troupe recrutée, comme on sait, depuis une époque très reculée, dans la peuplade nubienne du même nom (devenue les Bedjas actuels, selon H. Scrirer). De ce qu'auparavant ces contingents ont été volontiers affectés à la police intérieure, ce qui est souvent le lot des troupes étrangères, il ne découle pas nécessairement qu'aux temps ptolémaïques on ait à identifier Mdy et guhaxirne, surtout si l’on tient compte du sens élargi de MàTOI.

C'est donc à un «Perse de l’épigonie» que nous aurions affaire, tout de même que dans des cautionnements grecs d'époques variées (Mrrrzis, N° 47, 101 et 353). Notre Mdy étant ainsi rendu à sa nationalité, rien ne nous empêche plus d'établir la coïncidence entre la hiérarchie des « vigiles », telle qu’elle ressort de nos documents, et celle des quhaïra. Cette dernière vient d'être étudiée à nouveau par M. Excærs (de Phylacitarum epistata, ap. Mnemosyne, XLV, 3; ©. R. par Joucuer dans Rev. Éq., nouv. série, [, p. 281) et les éléments essentiels se retrouvent dans les deux cas.

On est encouragé à soutenir cette interprétation par le fait que, ‘dans les documents grecs déjà mentionnés, le rôle de B est tenu, tantôt par un épyiguhautrne, tantôt par 6 reravuévos mods Th œuhaxt. L'analogie est complète. C’est pourquoi un titre comme ts rs m’apparaît aujourd'hui, non seulement comme l'équivalent, mais comme la traduction d'épyiguharirne, la population indigène ayant abandonné les anciennes appellations en ce qui concerne la hiérarchie policière. On comparera Haïte HOOTPIT Ha HME (Rev. Ég. X, p. 46 — Djême N° 115).

5.—6. L'archiphylacite du district de Thémistès sera le même Philoxénos en 244 (N° 1). Par contre l’archiphylacite du nome sera, la même année, un nommé Héraclidès (N° 2). Est-ce lui qui sera chargé, quelque 3 ans plus tard, de faire arrêter les trafiquants d'huile pour spéculation illicite ? (Lille grec, N°3, III, 57 — Wirogen, N° 801.)

Aïnsi il n’y a que B qui figure dans nos contrats en raison de son caractère officiel. Si À et C portent quelque titre, c'est là pur accident dont on peut dire simplement qu'il ne les exclut pas des transactions de cet ordre. Je m’arrète done à la troisième hypothèse que j'avais émise dans mon précédent travail (p. 172) : « C est un condamné de droit commun ayant à purger une peine de prison, mais que l'État, bon ménager de ses deniers, préfère donner comme esclave temporaire à un de ses petits fonctionnaires ou vétérans (ou même à d’autres individus) qui en deviennent responsables, plutôt que d'entretenir de dispendieux établissements pénitentiaires ».

Nous retrouvons là le même esprit d'économie que dans la réforme mise par Hérodote (11, 137) et Diodore (I, 65) au compte de Sabacon, lequel n'appliquait pas la peine de mort, mais employait les condamnés à des travaux utiles. La même tendance est attestée bien plus anciennement encore dans le papyrus hiératique 1116 de Pétrograd (Garniner, J. E. À. I, p. 26) : «Ne tue point, car tu n'en tireras aucun profit, mais punis par la bastonnade et l’emprisonnement et ainsi le pays sera prospère ».

Dans nos documents, il ne s’agit pas de commutation de la peine de mort en celle des

travaux forcés, mais de mise en liberté sous caution fournie par un tiers, et avec cette nuance SOTTAS, Papyrus démotiques de Lille, 8

que le garant ne paraît pas faire simplement acte de complaisance, mais acquérir des droits au travail de son protégé. Sans quoi il n'aurait pas été spécifié, au N° 1, que C continuerait son service de policier. S'il avait recouvré sa liberté entière, la chose allait de soi. D'ailleurs je dois à la haute compétence de M. Ep. Cue ce précieux renseignement qu'un usage analogue était répandu dans l'Empire romain et pourrait passer pour un des nombreux emprunts faits aux institutions égyptiennes. On en retrouve des traces dans l'Égypte byzantine. Ex. : B. G. U., N° 255 (Fayoum, 595 ap. J.-O.) érnvixa xp voïroy éménriosræ [è]iagepév[ruc] mapa- Doouey duty dv rh dmuocla gpoupa vhs mpoavageponévns Mepgirvy [rokéu]. De même sous la domination arabe. Dans le papyrus de Djême déjà cité, on lit : HTeperunte HeoT OITOOTTHTTH ATETHENTOT ATETHIAPACRETATE MMOOD HAT EOOTM ETEPTARRH MITRACTPON 2 HME.

Les cautionnements tiennent une si grande place dans la présente collection qu'il ne sera pas superflu d'étudier d’un peu près les termes égyptiens qui se rapportent à ce genre de dispositions contractuelles. Déjà en 1914 j'éprouvais quelque scrupule à adopter d'emblée l'explication de wnrwpe fournie par les commentateurs allemands : « die Hand fassens. Après y avoir réfléchi maintes fois depuis il ne m’apparaît toujours pas que les choses soient aussi simples. Que Srerx (Aopt. Grammatik, p. 64) ait eu tort d'isoler un mot Twpe : Tps, «Bürge»; que Bruason (Thesaurus, p. 493 sq.) ait erré encore davantage en proposant l'étymologie es al que Serxe, au contraire (À. Z., L, p. 91) ait eu raison de confirmer que le deuxième élément remonte à D Re cela va de soi. La difficulté n’est pas là, mais bien plutôt dans l'hypothèse de l’évolution immédiate d'une expression de la forme #p-y drt en erwnrwpe. En copte le mot « main», pris dans son acception usuelle, a perdu son état absolu Twpe. Je ne connais qu'une exception : T&Pr dans le passage de Daniel, 5, 5, auquel renvoie Srerx (Gramm., p. 64). Par contre des sens dérivés et spéciaux comme TPE : TOpr «instrument» (Pevron, p. 249 sq) et Tope «poignée» (Serue, loc. cit.) ont mieux résisté. Quant à l’état construit Te-, on ne le trouve plus en copte, si ce n’est dans les prépositions composées. Sa présence devant le génitif en m-, soit TM- : Tei-, semble attester que la réduction du volume phonétique est déjà ancienne. En copte de transition, seul l'état pronominal TooT= est attesté. Enfin il est très remarquable qu’au papyrus magique de Londres et Leyde, sur une soixantaine d'exemples du mot, il n’y ait que emplois à l'état absolu (12/8, 13/18, 15/4, 23/5, Verso 32/8), tous écrits dans la «forme hiératique » (sans le t final, sauf 23/5, distinction non indiquée au glossaire, N° 981), fait qu'on peut interpréter légitimement comme une marque d'archaïsme. A noter encore l'existence de 61% : IX au Pap. mag. et ailleurs (cf. SrrecerserG, À. Z., LIL, p. 123); et encore les expressions FATOOT=, «laver les mains»; OTaOTOOT-, «continuer»; RATOOT:, «abandonner » ; +roor-, «aider»; OITOOT:, «attaquer», ERTOOT:, « terminer», toutes de composition limpide; enfin WNTOOT=, «saluer, fiancer». Cette dernière est particulièrement à considérer, comme englobant les mêmes éléments que wnrwpe. Elle est attestée en démotique dès le premier Seine (I* siècle av. J.-C., selon Grrrerrm, Stories, p. 14): VI, 1. 7: Sp-w dtf an qrw, «ils le reçurent sur le rivage». Si l'on en rapproche la tournure ATWNTOOTE MMAPIS, on peut en induire que le changement de conjugaison a eu lieu lorsque Twpe était déjà hors de l’usage. Ainsi WNTOPE ferait exception, et peut-être aussi prope, avarpobechar (SrErx, Gramm., p. 314; Crum, Cat. copt. Mss. Brit. Mus., p. 58), en ce sens que ces expressions seraient devenues des mots composés inséparables, avec fusion de sens des éléments, en un temps où Twpe existait encore à l’état libre. À moins de supposer, comme jadis Ermanx (Neuügyptische Grammatik, $ T) qu'un démotisant écrivait S#p-y et

prononçait e-y #p, hypothèse abandonnée, on voit qu'au ITIe sièele av. J.-C., l’amalgame n’est pas réalisé. Pourquoi dans un cas wnTooT- et dans l’autre WNTWpE? À mon sens, la conservation de l’ancienne forme est due à l’existence des substantifs composés &p-dr:t, « garant » ou «garantie >, conservés en wnTope et où la synthèse a pu s’opérer sans trouble, par suite de l’absence d’un pronom sujet intermédiaire et d'un régime qui permette la substitution de l'état pronominal à l’état absolu. D'où, normalement, les verbes Fwenropr, XIUENTOPE. L'infinitif wynrwpe aurait pu se constituer par analogie avec les substantifs, processus facilité peut-être par l'emploi fréquent de la 1 pers. +tunrope, devenant tunrope. De l'infinitif dériveraient subséquemment les doublets pequynrope et mnrpequynrope. La chute du p à produit yrwpe : WTopr, verbe et substantif, d’où METWTOPE et EPRUTOPE. Peut-être y a-t-il à l’origine de ces formes une métathèse suivie d’une confusion, p étant pris pour l’article. On paraît admettre communément, après Revirrour, que stvolucis est une transposition de wTwpr. C’est peut-être faire remonter un peu haut la chute du p, à moins qu’il y ait eu choc en retour et qu'on doive envisager la séquence WNTOPE > srvpluats >> JT PE qui expliquerait mieux d’ailleurs l'existence simultanée des deux formes coptes synonymes. Mais s’il est vrai, comme l’affirme Revircour (Précis du droit, p. 608), qu’<en droit national égyptien il n'existe pas de caution», n'est-il pas difficile d'admettre que ce soit la langue égyptienne qui ait imposé cet élément de vocabulaire au conquérant importateur de la coutume ?

En copte la mention du débiteur est introduite par H-, MMO= (aussi e-, epoz, avec une nuance particulière, par exemple dans Ürum, Ostraca, N° 42) et celle du créancier par ETI-, ETOOT= Où OROTH-, OàOTH=. La chose garantie est annoncée par K- ou une phrase, soit en € avec l'infinitif, « causatif» ou non, soit subordonnée avec xe.

En fait d'exemples de l'expression autérieurs aux temps ptolémaïques, on rencontre au pap. Ryranps N° 9, pl. 20, L 17 sq : &p-w € n n w'bao n p kd 10 (p. 246). L'éditeur traduit : «The hand of the priests was taken for the pieces of silver » (p. 105), et «take

promise of (?)» (p. 393), avec renvoi au pap. d'Éléphantine N° 1, L. 5. (Of. J. A. ur 152 2) (a > @ 0 S. Ken.

dans les Maximes d’Ani (CraBas, l'Égyptologie, p. 150) et dans un ostracon du Caire (Daressv, Cataloque général, N° 25245, pl. 51) : FE gr à qu | Malheureusement le contexte est peu clair. On remarquera la présence de la préposition m. Dans les textes

On relève des exemples plus anciens encore d’une tournure

démotiques ptolémaïques il est rare que w ou e de MTOOT- ou eTooT- soient exprimés nettement. Les exemples hiéroglyphiques à moi connus sont done difficiles à utiliser pour la question d’étymologie. D'ailleurs la recherche devient illusoire, si l’on tient compte de l'opinion de Revircour mentionnée plus haut,

«Tu me l'as confié». Cf. ‘Opohoyoïyey mapetkngévar did où "Alouuoy (Mrrreis N° 47).

8. «Et je le ferai comparaître, ete.» Cf. (r@t detva) Ilépon rc émiyovñs dyydur povis êo Gi rapéberat auroy év “HpaxAéous méder (1b., N° 353). — ’Ouviw. . ..... éyyvachar Zwxpdrnr . ...... DoY}s ka! éppavelac, Dv nai mapaoriaut ômére ëèy émiénrirer (1b., N° 354), — 6y ral mapaorhow Emnvixa dv aipobe (ib., N° 355). J'ai déjà fait observer en 1914 que Eyes povñs était rendu en démotique par *UNTOPE HO9E.

Je renonce à la leçon MMA O- (N° 1, L. 6), cette préposition ne s'appliquant plus alors aux simples mortels. Le N° 2 montre clairement a-kr-tn. On sait que parfois la graphie a-kr-k est employée pour epon. lei nous aurions la réciproque. Donc, dans les trois papyrus : eopa=. Ne sont-il d’ailleurs pas de la même main?

La forme dy e-“h-f est à remarquer. On la retrouve notamment au décret de Canope (K 20). Il faut en rapprocher la tournure. de la ligne 10 (de même dans les N° 1, 2 et 3) z ny en s ar-f où le pronom régime s montre que nous avons affaire à un mode personnel, l’affixe de la 1"° personne restant sous-entendu, comme il arrive si souvent. Le sens serait *eRMA €TRO Mar eTPINTY epoq. Cette forme verbale à préfixe e employée dans des phrases subordonnées montre que, même à l’orée de la période copte, il est loisible de parler de «subjonctif», appellation modale que Maspero avait combattue et qu'Erman avait depuis écartée de sa nomenclature. Cette observation confirme et renforce celles que j'ai faites à ce propos dans mon article de la ARevue Égqyptologique, nouv. série, I, p. 138 sqq et 267.

La mention «et ton représentant» doit avoir été oubliée, car on la lit sur la scriptura

interior.

9. C'est ici le lieu de corriger une erreur de transcription qui en a entraîné plusieurs d'inter-

prétation dans mon rendu antérieur des N°% 1 et 2. Dans trois cas j'avais compris + en- (ou eTeTH-)OTAaU HTà OC MT Man (ou MwTN). La tournure au conjonctif rappelle les emplois «elliptiques» de ce mode et n'est pas sans exemple après une phrase dubitative, témoin la formule des contracts coptes neexnoTr uraoomooter. Mais il y a une difficulté plus sérieuse à introduire 96 entre l'auxiliaire conjonctif et le verbe principal. En y regardant de plus près on constate qu'il n'y a pas identité entre les deux passages répétés du N° 1, comme je l'avais admis (p. 155). On a, la première fois, * eROTauY nTar enr, et la deuxième *eroTaujy mTaTMnTy: «Si tu me le réclames, je te l’amènerai» et «Si tu le réclames et que je ne l'amène pas». Il n’y a donc pas répétition. Bien au contraire, dans le second passage (ici, L. 12), on envisage la non-exécution de la clause énoncée dans le premier. Mon erreur tient à ce que Marrès avait d’abord écrit dans le N° 1, la première fois MTATM-, et qu'il à corrigé ensuite en surcharge TM- en er-. L'identité de graphie de mTa- et rai, et le fait que le deuxième passage, celui en HTà-, figure dans le N° 2, prêtaient à cette confusion initiale du scribe. D'autre part, la graphie confuse résultant de la surcharge m'avait fait admettre ‘dans les autres cas pour er- une forme un peu aberrante. SLtdans lé Neal, lu 8., on .lit * EROT AUS HT ENT et dans le N° 4, I. 9, seulement # EROTAUY EINTA, ce n'est pas que Marrès ait négligé de compléter sa correction en effa- £ant l’auxiliaire conjonctif, puisque, dans le N° 8, 1. 5, il a lui-même écrit * ETETHOT AU MTAI OAUILEICOTO007, où le rôle de HTa1 ne comporte aucune ambiguïté. Cf., par exemple, Louvre N° 2429 (Chrest. dém., p. 215, Évergète I*, Thèbes) : # OH0007 MARÈ HOTAUOT MTAI eTEaa4y. Dans les dialectes coptes les mieux connus, la préposition MTE-, MTàz, anciennement. à", ne marque plus communément l'ablatif, comme en néo-égyptien (Eruax, Neuüg. Gramm., $ 110 : hinweg von). Son étymologie «de la main (de)» semble perdue de vue en démotique où elle est affaiblie de son et de sens. Elle y a été remplacée par une autre particule MTH-, HTOOT-, de composition semblable et dont la graphie accuse nettement l’origine. Ainsi l'emploi de wTe-, wTa= pour marquer l’ablatif peut, dès le démotique, être considéré comme un archaïsme, Dans le papyrus Ryzanps N° 8, de l’an 8 d'Amasis et provenant d'El Hibeh, on lit déjà 4 es «pour te le prendre» (1 5; p.217). Comme, plus tard, la préposition et l’auxiliaire ne se distinguent plus dans l'écriture, il est difficile de déterminer si la forme en nre-, employée pour l’ablatif dans la Moyenne Égypte (Srerx, Gramm., $ 535, 2), doit être envisagée comme une survivance de nTe-, MTà=, ou comme une forme apocopée, soit dans l'orthographe, soit dans la prononciation, de mTw-, où le démotique omet volontiers l’n final.

10. La rédaction de tout ce passage est un peu confuse. Si on la prend à la lettre, l'obligation paraît être double. Le garant serait tenu de présenter son protégé, soit sur place à l’archiphylacite ou à son fondé de pouvoirs, soit en un endroit quelconque du nome et après un préavis de 5 jours. Notre texte introduit la mention nouvelle : « pendant toute la durée de tes tournées d'inspection dans ce district». C'est ce qui me détermine à faire dépendre, à la ligne 8, n p dmy, du verbe et non pas de rd, car, s'il était question d'un représentant local, la mention de la tournée d'inspection serait superflue la première fois. Le personnage visé devait plutôt remplacer l’archiphylacite du district dans certains de ses voyages de surveillance. Quelque incertitude résulte du fait que, s'adressant à deux fonctionnaires, on emploie la 2° personne du singulier.

Dans hn hrw 5, la préposition rend bien éèvrès fuesp&v mévre. Cf. Pap. Caire, p. 7, n. 3.

11. Traduction greque : Ew iepod, Pumsod, remévous, oxérns méons (Pap. dém. Éléphantine, p. 18). — Sur ces différents lieux de refuge, cf. maintenant SrrEGELBErRG, Recueil, XXXVI, p. 1173, et l'intéressant mémoire de G. Lereevre, ‘leo àovla du Fayoum, ap. Annales du Service, XIX, p. 57 sqq. Les détails fournis par les papyrus du ITT° siècle permettent de supposer que le développement de l’asylie au Fayoum a été plus rapide qu’on ne le croyait d’après les inscriptions.

Dans l’un des documents coptes publiés par J. Krazz, Corpus Rainer, II, N° 118, ül est stipulé notamment qu'acte de présence pourra être exigé même les jours fériés: Tan TÈ MAT MaTAaT 1 /////] waTerar]poc HaTRTPIARH HATOOOT Ha ar HAT NMIM eTHAaUJINE HCOË etc.

12. Of. da dE ph rapacrioupev èTi Re N° + — day D ph mapaoriou (1b., N° 355). — êav DE ph maptor@ (1b., N° 354). dv DE ph Tapaoriowpat adtov Ev tais Totoiv fuépais (10, N° 85) et ENNEHNTÈ HHTH NpoC 6€ HTalHpnxæooc (Krazr, loc. Ge

15. On remarquera les formes en (1. 9 et 12) et xoTov. Sur Eine Ke avec le même sens en néo-égyptien, cf. SPreGezperG, À. Z., LIT, p. 110, 1.

La clause pénale n'est pas aussi précise que dans + be contrats. Ici, de même qu'à la ligne 18, dans a hrw-f le mot «voix» a le sens de «voix qui ordonne». À hr — xarà Drabéxny. Of. SPIEGELBERG, Annales du Service, VII, p. 251.

N hte — ërdvayroy. Rapprocher Rylands, p. 120, $ 10, et Hauswaldt, p. 9%, $ 18. —

’t mne — àvrephéruc (Mrrreis, N° — dveu néons dmepléoews (16, N° 356). 16. Cf. névra à Ündoyovré mor nai 6x &v Topos âowpar (Lagides, IV, p. 111 et 113 — Mrvrers, N° 302). — €PEOUU MIM ENOIE OTNOREICERT HaR WaNTI[....(Copt. Mss. Brit. Mus., N° 1039.)

L'indication «jusqu'à ce que» etc., est supprimée dans les N° 1 et 2. Ce qui suit est plus vague que dans les contrats où il est put d'argent. Cf. péypt rod éutioor to pèv Séveroy dv fuohlar (Mirreis, N° 356).

Je me rallie maintenant à la lecture #4, à condition que, pour cette époque, le sens de on. soit très élargi, puisqu'il est ici question, non d’une missive, mais d’un contrat. Sur 54 — «livre» dans certaines textes de basse époque, cf. Ermax et Sonirer, Sitzungsber. Berlin, 1908, N° 39, p. 6. L'expression ypdupara dé de Clément d'Alexandrie ne rendrait donc sh $‘+ qu'au sens étroit.

17. Pour le sens de d:t-k dans ce passage, cf. le commentaire du N° 9, 1. 28. Cf. ñ dE moëtixc Ecru ro Detva (Rylands, p.151, N°18). s 18. L'écrivain publie qui a rédigé les N° 1 à 4et 21 ne s'appelle pas Ma, comme je l'avais supposé, mais Moppñc, nom très fréquent au Fayoum. Cf. Rugexsonx, À. Z, XLII, p. 111, et Sprecer- BERG, t0., XLIII, p. 85. Au papyrus grec, de Magdôla publié ci-après à la suite du N° 29,

on à ce nom sous la forme Mavoñc. Quant au patronymique, le premier élément est certainement Neith; le second très probablement le verbe ‘w «venir», bien que l’accord en genre soit inobservé, ce qui, même à cette époque, peut passer, dans un nom propre, pour une incorrection. Peut-être le fait que le nom s'applique à un homme et l’analogie avec des formes comme @oxeis, où la personne divine est mâle, ont-ils contribué à l’ablation de la

finale, marque du féminin. Le nom de femme serait Nrÿrw.

Lettre supplique. — 245 (P) av. J.-C.

Ghôran 9. — Momie à couronne. — Inv. 281. — O0 m. 34 X O0 m. 08. — PI. II.

Chacun sait les difficultés inhérentes au déchiffrement des documents épistolaires, que la correspondance soit grecque, copte, hiératique, ete. Le démotique ne fait pas exception, loin de là. On ne s’étonnera pas si l'interprétation ci-après est incomplète, surtout pour le verso, moins bien conservé. D'autres travailleurs pourront y ajouter du leur, car la planche est fort bien venue et on y voit tout autant que sur l'original. "

Quoique, au recto surtout, l'écriture soit nette, elle comporte certaines bizarreries qui augmentent la difficulté.

Transcription.

Recto.

1. Pa-wë sy ‘Rr pntz 2 LUE NDS TAC) ADNTE TRES. : |. ] 3. bn (?) . . . mh-w dt-y a md [nb] (?)

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