‹ Papyrus de?motiques de LilleChapitre 5 sur 65 · LE PRÉSENT OUVRAGE. XI · texte numérisé non relu

LE PRÉSENT OUVRAGE. XI

M. J. BIENAIMÉ, phototypeur à Reims, à droit d’être félicité pour la bonne exécution des planches, en raison des grandes difficultés résultant de la teinte foncée de la plupart des papyrus.

Pour les pièces présentant, au moins par places, une mince couverte blanche, par suite d’une élimination insuffisante du plâtre, on a usé avec succès du procédé indiqué par B. P. GRENFELL (J. Æ. À., V, p. 16) L'huile de vaseline pure employée suffit à cet usage, mais ne ravive pas l’encre pâlie, comme le fait la paraffine, si l’on en croit cet auteur. Au bout d’une dizaine de jours, le plâtre reparait, jauni. En répétant l'opération plus de deux ou trois fois, on risquerait de trop renforcer la valeur du fond, et cela aurait des inconvénients graves, pour la photographie, sinon pour le déchiffrement.

On sait que la «reproduction mécanique » est actuellement, et avec raison, exigée par les démotisants. Cependant il s’est déjà trouvé deux personnes pour me réclamer des facsimilés au trait, comme plus aisés à lire. J’ai le regret de ne pouvoir accéder à leur désir, cela pour trois raisons :

1° Il m'est resté, après blessure, un léger tremblement que je ne puis maîtriser au bout de quelques minutes de cette application qu’exige un dessin soigné. Je n’ai pas encore d'élève assez exercé paléographiquement pour me suppléer dans cette tâche.

20 Les temps sont trop durs pour qu’on puisse se donner le luxe d’une phototypie et d’une zincogravure pour le même document. Dans les cas désespérés (N°5 3, 29 et 30 seulement), J'ai préféré retoucher. Ce procédé à des inconvénients que je suis loin de méconnaître.

30 Généralement, pour les passages de conservation imparfaite et où la photographie manque de netteté, il est impossible de faire une copie à la main satisfaisante. Ce n’est pas là, comme on pourrait le croire, une opération purement matérielle. IT s’y mêle, maloré qu'on en ait, un élément subjectif. J'en ai fait maintes fois l'expérience : un fac-similé d’un texte encore incompris se montre le plus souvent inexact, une fois le déchiffrement parachevé. (1) Si donc le dessin n’a de valeur que dans le cas où le passage est correctement interprêté par l'éditeur, on à autant fait de se fier à sa transcription. Ces remarques ne s'appliquent pas, bien entendu, lorsque l’écriture est simplement pâlie, sans avoir autrement souffert, et ne présente pas de difficultés spéciales de lecture.

Dans les transcriptions et les traductions, une ligne de points entre crochets |. .......] indique que le passage est entièrement détruit et que nulle restitution ne paraît s'imposer. Une ligne de points sans crochets ...... .. veut dire qu'il subsiste des traces du texte ou même que celui-ci est demeuré intact, tout en défiant les efforts du déchiffreur.

Les transcriptions sont uniformément en caractères italiques. Dans les traductions, sont seuls en italique les mots isolés ou les membres de phrase dont l’interprétation est donnée

(1) Un exemple, entre autres. Au N° 31, 1. 3, le trait vertical initial du mot ’ry a été omis sur la pl. XVII, retouchée, bien que la partie supérieure en soit visible et cela parce que la juste interprétation n’a été obtenue

qu'après coup. Cf. infra, p. 90.

comme plus ou moins douteuse. Ce qui est en caractère romain engage pleinement la responsabilité du traducteur.

Le mode de transcription adopté se rapproche beaucoup de celui qu'emploient les démotisants anglais contemporains. On sait qu'il n’est point de système parfaitement cohérent. A mon sens, on exagère souvent l'importance des questions de transcription, en donnant au choix de tel ou tel procédé la valeur d’une profession de foi, d’une adhésion publique aux principes généraux défendus par l’une ou l’autre des écoles rivales. Il tient à la nature des choses que beaucoup d’égyptologues soient amenés à transcrire des textes, bien avant d'avoir acquis des idées très personnelles sur les problèmes épineux de la parenté linguistique, de la vocalisation, etc. Il paraît illogique que les partis se comptent d’après ce signe extérieur qu'est la transcription, dont la forme est déterminée souvent, moins par la réflexion que par l’habitude, le préjugé ou de légitimes considérations d'ordre pratique. Il faut avant tout s'entendre, et, en pareille matière, l'unification est un idéal à poursuivre. Il y a encore des personnes qui mêlent aux questions de transcription des questions de nationalité. Est-il besoin de leur rappeler que le système longtemps appliqué et auquel a succédé la série purement Consonantique actuelle, avait été proposé en 1874 au Congrès des Orientalistes de Londres, par R. Lepsius ?

D'ailleurs, le litige porte avant tout sur les quatre premières lettres de l'alphabet. Or, si ce sont des consonnes, le rendu par *, y, ‘, w, est suffisamment adéquat. Si ce sont des voyelles, comme on n’en connaît pour ainsi dire jamais la coloration réelle, force est d'adopter une représentation conventionnelle qui n'engage à rien et on est ainsi ramené à la même solution. Aussi je ne me passionne point dans un tel débat, résidu d'anciennes querelles. Des tâches plus sérieuses nous attendent.

La transcription n’est intelligible — et encore pas toujours —— qu'accompagnée d'une traduction. Par nature, elle est amorphe, puisqu'il lui manque à la fois les différenciations vocalique et idéographique. C’est pourquoi je lui ai substitué, dans le commentaire, une transposition en copte, bien plus parlante, lorsque l’a permis la coïncidence des syntaxes démotique et copte. L’astérisque en tête du passage indique suffisamment qu'il s'agit d’une transposition et non de la copie d’un texte copte réel. On observera que ce procédé n’a rien de commun avec celui des premiers égyptologues qui transcrivaient les hiéroglyphes en lettres coptes, phonème par phonème, et non, comme ici, mot par mot, ou, plus exactement, membre de phrase par membre de phrase.

Quant au rendu des noms propres égyptiens sous une forme grecque, je m'y suis déterminé, non par esprit d'imitation, mais en tenant compte des considérations suivantes :

1° Les hellénistes sont ainsi mis à même de reconnaître, à première vue, les noms qui peuvent les intéresser. Les égyptologues n’ont qu'à se reporter aux transcriptions.

2° Comme il faut bien restituer la vocalisation et que les éléments en sont fournis, pour cette époque, surtout par les transcriptions grecques, mieux vaut adopter des formes existantes, même modifiées dans leurs terminaisons, que d'imaginer quelque produit bâtard.

On pardonnera quelques inconséquences orthographiques aperçues seulement au cours de la confection des index. Ceux-ci n’en tiendront pas compte, non plus que des variantes imputables aux scribes grecs.

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