SEP 28 1908 — LIBRARY
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Deux campagnes de recherches en Égypte, entreprises sur l’initiative et aux frais du Ministère de l'Instruction publique et de l'École d'Athènes, ont fourni la matière de la présente publication. Les papyrus grecs que nous éditons sont extraits de cartonnages de momies trouvées dans les antiques nécropoles du Βαγοι. Ils proviennent de Ghorân, de Médinet-en-Nehas et d'El- Lahoûn. Due un cu
Les Bédouins et les fellahs de la région appellent Ghorân le petit Aém situé au N. O0. du bassin de Gharaq à trois quarts d'heure de marche environ vers l'ouest des ruines plus considérables de Medinet Ma’adi. On trouvera des détails sur le cimetière et les vestiges de ce hameau dans le tome XXV (1901) du Bulletin de correspondance hellénique (pp. 380-411), où j'ai donné un rapport assez étendu sur mes fouilles de l'hiver de 1901. Ce sont des momies de Ghorân qui contenaient les fragments de Comédies publiés en 1906 dans la mème revue (pp. 103-149).
Le 6m de Médinet-en-Nehas s'élève, à deux heures de marche vers le sud de Ghorân, à l’extrême ouest du bassin de Gharaq. D'après une inscription grecque trouvée sur le pylône d’un temple que nous avons déblayé, M. Gustave Lefchvre et moi, au cours de nos fouilles de l'hiver 1902, les débris que ce médiocre monticule
recouvre seraient ceux de Magdola, bourg souvent mentionné dans Fasc. I ι
les textes et qui tirait sans doute son nom des tours de garde ou migdols destinées à surveiller les abords du désert. J'ai signalé à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres les résultats de notre exploration de Magdola dans un rapport imprimé en 1902 dans les Comptes rendus des séances (pp. 346 et sqq.). Au retour de notre campagne, nous avons publié dans le Bulletin de correspondance hellénique (1902, pp. 94-128, et 1903, pp. 174-205) quarante et une pétitions tirées des momies de la nécropole. Nous en avons fait connaître une quarante-deuxième dans les Afélanges Nicole (pp. 281- 288). Magdola οὐ ses antiquités doivent faire l’objet d’une publication spéciale momentanément retardée par le séjour de M. G. Lefebvre en Égypte. On trouvera pourtant ici quelques textes de celte provenance.
Quant aux papyrus d'El-Lahoùn, village bien connu, situé sur le Bahr Yousef et que l’on identifie généralement avec Ptolémais Hormou, ils ne proviennent pas de nos fouilles, mais 115 sont extraits de cartonnages dont M. ἃ. Maspero nous ἃ confié l'étude.
Les papyrus de Magdola et de Ghôran, après complet déroulement, seront partagés entre la France et l'Égypte. Ceux 4 ἘΠ- Lahoun appartiennent au musée du Caire et doivent y revenir. En attendant, pour rendre possible l’accomplissement de ma tâche d'éditeur, M. Maspero a bien voulu m'autoriser à les conserver ἃ la Faculté des lettres de l'Université de Lille.
Le séjour de ces documents à Lille m'imposait un double devoir : 1] fallait les faire connaitre au public, 1l fallait aussi que cette collection momentanément réunie entre nos mains püt servir à initier des travailleurs à cette discipline encore nouvelle et qui compte en France peu de représentants. Étudier ces papyrus avec mes élèves, c'était d’ailleurs accorder les obligations de l’enseignement avec celles de mes missions et travailler à la publication des textes tout en me préparant pour un avenir prochain des collaborateurs. La Faculté des lettres et le Conseil de lUniversité de Lille sont entrés dans ces vues avec un cempressement
généreux; un crédit me fut accordé pour installer mes collections et organiser les conférences papyrologiques. Sans doute elles ne s’adressaient d’abord qu'à des débutants, mais le mouvement naturel des carrières universitaires aidé par une administration bienveillante à nos projets amena bientôt à Lille les collaborateurs que je souhaitais. M. Paul Collart, mon ancien élève ἃ la Faculté, fut nommé professeur au lycée de Douai, puis à celui de Lille, et l'an dernier deux de mes jeunes camarades, tous deux aujourd'hui professeurs au lycée de Douai, vinrent nous rejoindre : M. Jean Lesquier, connu de nos lecteurs pour la part qu'il a prise à l'édition des papyrus de Berlin et pour les travaux qu'il ἃ publiés dans la Revue de Philologie, et M. Maurice Xoual, ancien membre de l'École d'Athènes. C’est notre œuvre commune que nous soumettons aujourd'hui au public. |
Si les conditions de notre collaboration nous l'avaient permis, nous aurions préféré à l'exemple de MM. Grenfell et Hunt donner en une fois un volume. Mais sans parler de l'expérience sans égale des savants d'Oxford, — elle seule peut suflire à la lourde tâche que leur impose le succès habituel de leurs fouilles, — nous n'avons pas en France la même liberté de travail. Pour nous, la préparation d'un volume, trop souvent interrompue par nos obligations professionnelles, risquait d'être particulièrement longue, et, puisque le temps que nous pouvions donner à ces études était morcelé, il nous a paru préférable de publier par fascicules, à mesure qu'ils étaient acquis, les résultats de notre travail. Nous avions d'ailleurs l'exemple des Berliner Griechische Urkunden.. Toutefois nous ne pouvions nous y conformer tout à fait; devant la masse de leurs papyrus, les éditeurs de Berlin se sont contentés de donner du texte une transcription presque sans notes, et ils ont sans doute choisi la seule méthode possible ; 1l nous ἃ semblé que pour nos textes, moins nombreux, d'interprétation souvent difficile, on était en droit d'exiger de nous autre chose qu'une simple copie et que le lecteur non spécialiste pouvait avoir le légitime désir d'ètre
guidé. Nous avons adopté la combinaison suivante : aux éditeurs de Berlin, nous empruntons Île système des fascicules; pour le détail nous avons pris pour modèles les volumes de MM. Grenfell et Hunt; chaque texte sera donc précédé d'une introduction et suivi d’une traduction et d’un commentaire.
Quant à l'impression du texte même, nous avions le choix entre deux méthodes. Dans l'édition des papyrus Flinders Petrie, soucieux de rendre autant que possible l'aspect de l'original et de laisser la plus grande liberté d'interprétation, MM. J. P. Mahaffy οἱ 4. G. Smyly s'interdisent les signes de ponctuation et les accents. C'est un parti qui a ses avantages; 1] a été suivi en Angleterre par M. F. G. Kenyon, en Autriche par M. C. Wessely, et chez nous par M. Th. Reinach. Nous nous sommes pourtant décidés à ponctuer et à accentuer nos textes selon l'usage de MM. Grenfell et Hunt οἱ de M. U. Wilcken dans l'Archuw für Papyrusforschung. Séparer les mots, c'est déjà interpréter le texte; il nous ἃ paru plus logique d'aller jusqu'au bout du système, plus avantageux aussi pour un recueil qu'on désirerait voir sortir du cercle un peu étroit des papyrologues : l'expérience ἃ montré que des textes ponctués et accentués étaient plus aisés à consulter. Quant au préjugé que l’accentuation et la ponctuation mettraient dans l'esprit du lecteur en faveur de l'interprétation proposée par l'éditeur, on ne conçoit guère que points ct accents aient ainsi le pouvoir de paralyser la critique et, en fait, on ne voit pas qu’ils aient jamais empêché les corrections.
La part de chacun de nous dans l’œuvre commune est parfois difficile à déterminer. Nous avons voulu cependant signaler le nom de ceux qui ont déchiffré les textes et rédigé le commentaire. Ce n’est pas à dire que pour bien des détails ils n'aient profité de l'avis des autres. Mais on doit tenir que la collaboration de ceux qui ne sont pas nommés n'a alors porté que sur des détails. Pour moi javais à diriger le travail et à reviser l'ensemble, transcriptions et commentaires, et mon nom ne
sera particulièrement mentionné que lorsque j'aurai pris une part plus active à l'établissement du texte et à la rédaction des notes. | |
Malgré nos soins, cette publication donnera lieu sans doute à bien des remarques. Nous serons heureux de pouvoir réunir à la fin du volume, après vérification sur les originaux, les corrections et conjectures que nos lecteurs voudront bien nous communiquer.
Nous exprimons noire reconnaissance aux personnes dont le concours a rendu notre œuvre possible ou moins imparfaite. J'ai dit ailleurs (2. C. Π.. 1901, p. 380, n. 1) ce que les fouilles d'où proviennent nos papyrus doivent à MM. Homolle, Maspero, Liard et Bayet. Depuis, M. [omolle ἃ toujours suivi les progrès de notre Institut papyrologique qu'il avait tenu à inaugurer. Quant à cette publication, si elle ἃ pu être entreprise, c'est grâce au Conseil de l'Université de Lille. Nous en remercions les membres et tout particulièrement le président, M. G. Lyon, recteur de l’Académie, qui nous a soutenu de ses encouragements les plus éclairés. Le doyen de la Faculté des lettres; M. G. Lefèvre, a bien voulu présenter nos vœux au Conseil et n'a cessé de nous prêter un appui quotidien. Enfin, on me permettra de rappeler le souvenir du regretté doyen Paul Dupont; bien que nos recherches fussent éloignées de ses études personnelles, 11 fut le premier à Lille à s'intéresser à leur avenir avec l'ardeur d’une amitié clairvoyante, dont je ressens douloureusement la perte.
Quelques-unes de nos copies ont bénéficié de plusieurs indications précises de MM. B. P. Grenfell, A. 5. Ilunt, et F. G. Kenyon; mais nous sommes tout particulièrement obligés à M. Gilbart J. Smyly, professeur à l'Université de Dublin; pendant un séjour à Lille, il a revu une grande partie des originaux ct nous ἃ fait profiter de son expérience, de sa science et de sa méthode avec une lhibéralité dont je lui garde une affectueuse gratitude. Nous avons marqué dans nos notes les principales leçons que nous lui devons :
mais nous n'avons pu indiquer tous les progrès du texte ou du commentaire qui ont eu leur origine dans cette amicale collaboration.