‹ Papyrus grecs (volume 2)Chapitre 4 sur 100 · PLAN ET DEVIS DE TRAVAUX · texte numérisé non relu

PLAN ET DEVIS DE TRAVAUX

GHORÂN 9. 259-8 av. J.-C.

CE texte, qui provient d'un cartonnage auquel nous devons déjà un fragment de comédie (8. C. ., 1906, pp. 123 et suiv.), est écrit au recto et au verso; d’après Fécriture, il date du règne de Philadelphe, et cette vue est confirmée par la date L x, 1. 1; la 27e année de Philadelphe correspond à 259-8 av. J.-C. ; si le mois de Phaophi (Il. 2) représente l’époque précise où fut écrit le papyrus, celui-ci remonte à 259, puisque Phaophi en 259-8 tombe en novembre-décembre du calendrier julien *.

1. Nous n'avons pas employé le système de doubles dates, année de règne ct année financière différant d'une unité, qu'ont adopté dans P. Hlibeh, 1, MM. Grenfell et Hunt: cf. ibid., p. vi, et app. nu, pp. 359 sqq. M. Smyly a proposé (//ermathena, 1906, pp. 106-116) une nouvelle théorie de la relation qui existait entre Îles deux sortes d'annécs. La question reste ‘pendante ; ct nous avons converti en années juliennes celles que nous donnaient nos textes, ‘en ‘nous en tenant à titre provisoire à la double conjecture traditionnelle : 1. les années de règne commencent au cr Thoth de l'annus vagus; 2. l'intervalle entre l'avènement ct le 1°° Thoth suivant cst compté pour une annéc,

Il contient un devis de travaux, accompagné d'un plan au recto; ces travaux sont des travaux de terrassement, destinés à remettre en état les digues et les canaux d’un terrain de dix mille aroures, négligés sans doute ou abandonnés pendant un certain temps. Le devis se divise en trois parties : a) métrage et cubage des travaux (R°, 11. 4-15); δ) calcul des frais (ư, 1. 45 — V2, 1. 26), où deux cas sont considérés : 1. celui où les travaux sont achevés avant l'été (A0, 1.45 — V°, [.9); 2. celui où 115 ne le sont pas (V°, 11. 9-26): c) voyage d'enquête sur les travaux (V®, 11. 26-fin), dont le lien avec les deux premières parties n'apparaît pas nettement par suite d’une mutilation du papyrus (°, 1. 26), et du mauvais état du début (Re, IL. 1-2).

La première partie (a) nous permet de fixer la valeur du naubion. M. Smyly, le dernier critique qui se soit occupé de cette question (2. Petr., IT, App., notamment pp. 346 sqq.), est arrivé à cette conclusion que le naubion était une mesure employée dans les travaux de terrassement pour évaluer une quantité définie de terres travaillées : ce résultat est absolument confirmé par notre texte, 11. 40 sqq. Mais il n’a pu fixer la valeur de cette mesure : tout au plus un papyrus d'Oxyrynchus (IV, 669) lui suggérait-il l’idée qu'à l'époque romaine le naubion égalait 27 coudées cubiques, soit un cube ayant 3 coudées d’arête. Nous avons 101 toutes les données nécessaires pour déterminer cette valeur (Il. 8-11). La quantité de terres évaluée à 86 naubia (|. 11) forme un volume dont les dimensions sont : longueur, 1 schœne ; largeur, 4 coudées; profondeur, 2 coudées : le produit de ces trois dimensions donnera la valeur en coudées cubiques de 86 naubia, — si nous savons à combien de coudées nous devons estimer le schœæne. Il peut être égal à 100 coudées, — et alors nous avons affaire à des coudées vulgaires de 6 palmes ; — ou bien, comme pour les calculs d’aoilia (Smyly, loc. laud., p. 347), 1l s’agit de coudées royales de 7 palmes, dont 85 5/7 valent 100 coudées vulgaires; notons que dans la pratique le chiffre 86, qui n’entraîne qu'une différence de

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